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Le Faux Mariage de l'héritière muette
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Chapitre 5 5

Le vent sur la terrasse était mordant, fouettant des mèches de cheveux sur le visage d'Isabeau. Julien était assis dans le fauteuil, dos à la fête, la lumière des lustres projetant de longues ombres sur le sol en pierre.

Il fouilla dans la poche de sa veste et en sortit un étui en argent. Il extrait une cigarette et l'alluma avec un briquet en or. La flamme illumina son visage - dur, inflexible.

Il tira une bouffée, les braises rougeoyant. Il expira un panache de fumée qui dériva vers Isabeau.

- Retourne à l'intérieur, dit-il sans la regarder. Dis à tes parents que je ne suis pas intéressé. Dis-leur que j'ai senti la pauvreté sur toi et que ça m'a rendu malade.

Isabeau ne bougea pas. Elle regarda la fumée s'enrouler dans la nuit.

- Es-tu sourde en plus d'être muette ? claqua Julien, faisant pivoter le fauteuil pour lui faire face.

Son agressivité était rodée, un bouclier conçu pour repousser.

Isabeau mit la main dans sa poche. Elle ne sortit ni téléphone ni carnet. Elle parla simplement. Sa voix était rauque de ne pas avoir servi, mais stable.

- Cinq heures du matin.

Julien se figea. La cigarette brûlait, ignorée entre ses doigts.

- J'ai accédé aux flux de sécurité du domaine de l'Épine par une porte dérobée dans le serveur périmétrique, continua Isabeau, sa voix clinique. Hier matin. Vous courez sur le sentier privé derrière le mausolée. Rythme de quatre minutes trente au kilomètre.

Le silence qui suivit fut lourd, suffocant. Les yeux de Julien se plissèrent en fentes. Le masque de l'invalide brisé se dissolut. À sa place se trouvait un prédateur qui avait été acculé.

- Tu hallucines, dit-il doucement.

- Votre pied gauche frappe le sol plus fort que le droit, dit Isabeau, ignorant son déni. Vous favorisez le genou gauche. Une vieille blessure ? Peut-être. Mais le développement musculaire de vos quadriceps est symétrique. Vous n'êtes pas paralysé.

Julien ne se leva pas. Il savait qu'il ne fallait pas. Au lieu de cela, il fit rouler le fauteuil vers l'avant avec une vitesse soudaine et terrifiante, coinçant Isabeau contre la balustrade en pierre. Les repose-pieds percutèrent ses tibias. Il se pencha en avant, envahissant son espace, sa voix tombant dans un murmure létal.

- As-tu des envies de mort ? siffla-t-il. Pour qui travailles-tu ?

Isabeau ne recula pas. Elle grimaça sous la douleur dans ses tibias mais soutint son regard.

- J'ai besoin d'un moyen de sortir de cette maison. Vous avez besoin d'une couverture.

Julien la fixa. Il fouilla son visage à la recherche d'un micro, d'une tromperie. Il ne vit qu'une intelligence désespérée et froide.

- Explique, ordonna-t-il.

- Ma famille veut me vendre à vous pour sécuriser un accord. Ils pensent que je suis une idiote muette qui restera assise dans un coin pendant que vous pourrissez, dit Isabeau. Si vous me rejetez, ils enverront Tiphaine. Ou quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui parle. Quelqu'un qui remarquera que vous n'avez pas besoin de ce fauteuil.

La prise de Julien sur les accoudoirs se desserra légèrement. Il écoutait.

- Pourquoi cette comédie ? demanda-t-elle.

- Ce ne sont pas tes affaires, grogna-t-il.

- Restructuration du conseil d'administration de l'Épine Corporation, devina Isabeau. Si vous êtes incapable, les vautours sortent. Vous attendez qu'ils abattent leurs cartes avant de frapper.

Un sourire lent et sombre s'étira sur le visage de Julien. Il n'atteignit pas ses yeux, mais il était là. Il se rassit dans son fauteuil et ajusta ses boutons de manchette.

- Tu es plus intelligente que tu en as l'air, dit-il. Ce qui ne veut pas dire grand-chose, vu la robe.

- Épousez-moi, dit Isabeau. Je jouerai le rôle. L'épouse silencieuse et terrifiée. Je ne me mettrai pas en travers de votre chemin. En échange, j'obtiens le nom de l'Épine. J'obtiens la protection. Et quand vous aurez fini votre jeu, nous divorçons. Je prends la moitié de l'argent du règlement et je disparais.

Julien tira une autre bouffée de sa cigarette. Il regarda la fête à l'intérieur - Gontran de Valance riant, Victoire tenant cour.

- Un contrat, dit Julien. Un an. Tu vis dans ma maison. Tu ne vois rien. Tu ne dis rien.

- Marché conclu, dit Isabeau.

- Et si tu me trahis, ajouta Julien, sa voix tombant dans un murmure qui fit se dresser les poils sur les bras d'Isabeau, je m'assurerai que tu ne parles plus jamais. De façon permanente.

- Si je vous trahis, répondit Isabeau, vous n'aurez pas à le faire. Je le ferai moi-même.

La porte vitrée s'ouvrit. Gontran passa la tête, le visage rouge de vin.

- Tout va bien ici ?

Julien laissa tomber la cigarette et l'écrasa sous la roue de son fauteuil. Son visage devint mou, ses épaules s'affaissèrent. Il leva vers Gontran des yeux morts et vitreux.

- Elle est calme, marmonna Julien. J'aime le calme.

Isabeau baissa les yeux vers ses chaussures, se recroquevillant sur elle-même.

- Nous avons un accord, dit Julien.

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