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Juste 5ans , pour t'oublier
img img Juste 5ans , pour t'oublier img Chapitre 7 L'ombre d'emilliana
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Chapitre 10 Tu te marie img
Chapitre 11 Plus jamais img
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Chapitre 13 Tueur ou sauveur img
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Chapitre 16 Un pas avant l'autre img
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Chapitre 7 L'ombre d'emilliana

«Soso take my pain away . Soso take my pain» - Omar lay

Ryan.

Allongé sur mon lit, l'insomnie me tenaille, alors que l'aube du 25 février se profile timidement.

Des rayons de lumière filtrent à travers les rideaux épais, annonçant le début du jour. Je pose les pieds sur le sol, me débarrasse des vêtements épars et me dirige vers la douche.

L'eau chaude parcourt mes muscles engourdis, mais peine à dissiper ma fatigue persistante.

Je sors de la cabine, m'essuie, puis me rends dans le dressing pour choisir une chemise et un pantalon noirs, symbole de deuil.

Une fois vêtu, je me coiffe et quitte la chambre. Mon regard se pose sur la tête de mon lit, où plusieurs photos sont accrochées comme un album de souvenirs, Notre album. Je les connais par cœur, chaque sourire, chaque moment figé.

Je détourne les yeux, quitte la chambre et descends les escaliers. Je prends mes clés et mon téléphone sur le bar où traîne encore la bouteille de la veille.

D'habitude, cela m'aide à dormir, mais ce matin, rien ne fonctionne.

Je sors dans le jardin, où Monsieur Pérot, le jardinier, taille les buissons avant le lever du soleil. Je lui adresse un salut poli auquel il répond en s'avançant vers moi.

Il se retire lorsqu'il comprend que je préfère faire le travail moi-même.

Je coupe quelques fleurs que j'emballe soigneusement avant de retourner au salon, de saisir la bouteille laissée sur le bar, puis de monter dans ma voiture.

Je conduis jusqu'au cimetière, désert mais vibrant de souvenirs pour moi. Sur la tombe, je dépose les fleurs, puis la bouteille, que j'ouvre et dont je bois une gorgée.

- Joyeux anniversaire, Emy , murmurée à l'adresse de la pierre tombale.

Sa photo commence à s'écailler, un détail que je devrais faire corriger bientôt.

Je reste là, devant sa tombe, sans autre mot à dire. Aujourd'hui, il n'y a rien de nouveau à raconter. Je contemple ce qui reste de ma femme, celle que je n'ai jamais pu épouser.

Un coup léger sur mon épaule me ramène à la réalité : le gardien du cimetière. Il me fait un signe pour que j'essuie mon visage, et je sèche mes larmes. Je peux les contenir toute l'année, mais chaque 25 février, elles reviennent.

- C'est difficile, mais les vivants ne devraient jamais être trop proches des morts , essaie-t-il de me réconforter.

-Je le sais, vieil homme , réponds-je. Mais je n'y arrive pas.

- Essaye de venir une fois par an, plutôt que chaque fois que tu en as l'occasion , ricane-t-il.

- Vous êtes vraiment cruel , lui dis-je, sans détourner le regard.

- Oui, c'est pourquoi je m'occupe d'un cimetière. Il est temps maintenant de partir.

- Il est à peine six heures.

- À qui racontes-tu des mensonges ? , me dit-il en regardant sa montre. Il est presque huit heures. Je ne vois jamais le temps passer quand je suis ici.

Je lui souhaite une bonne journée et pars.

Je reviendrai bientôt.

Je reprends ma voiture en direction de l'entreprise familiale. Une fois arrivé, je demande un café avant de me rendre dans mon bureau.

- Enfin te voilà , s'exclame mon jumeau. Tu te faisais branler ou quelque chose du genre ?

Je lève un sourcil d'agacement. Ce matin, je ne suis pas d'humeur à discuter de fait divers

- Je t'ai appelé en vain ce matin ? continue-t-il en soupirant.

- Que veux-tu ? , lui demande-je, blasé, après m'être assis à mon bureau

- Si c'était moi, tu serais en paix. Papa veut qu'on soit à Lagos pour la signature de la fusion.

- Pourquoi la signature ne pourrait-elle pas se faire ici ?

- Demande à papa, très cher vice-président.

Ce titre sonne parfois comme une insulte venant de lui.

Je soupire. Cette idée de mon père m'agace. J'espère que ce sera la dernière de ses idées farfelues. Bien que cette fusion soit plus bénéfique qu'autre chose, la montée en puissance des LONGUTI en Afrique de l'Ouest est stressante.

- C'est tout ce que tu avais à me dire ?, lui demandai-je alors que ma secrétaire entre avec mon café.

Il était temps.

- Désolée pour l'attente, monsieur , s'excuse-t-elle en posant le café et en m' offrant une vue peu discrète sur ses seins.

Seigneur, j'y ai droit tout le temps maintenant.

Je fais un geste pour qu'elle s'en aille. Elle en profite pour faire sa démarche de dinde de Noël.

Mon frère nous observe, remarque mon agacement, et se met à rire au moment où elle ferme la porte.

- Tu dis un mot, et je t'enterre, Lyan , le menace-je pour qu'il évite de faire des remarques déplacées.

- Je croyais que tu voulais savoir ce que j'avais d'autre à te dire ?

- Je t'écoute.

- Elle a des putains de petites fesses ! , s'exclame-t-il alors que je lui lance un carnet au visage. Ce n'est pas rien d'être le célibataire le plus convoité de Jozy.

- J'en informerai Solaya , le menace-je, que tu complimentes les fesses de ma secrétaire.

Il sait que sa femme prendra mes mots comme parole d'évangile . Il abandonne aussitôt son sourire confiant pour un visage plus sérieux.

- Je t'en supplie, frangin . D'accord, je te laisse tranquille. Ce n'est pas mon affaire.

Il fait signe de sceller ses lèvres.

- Je ne la baise pas , rectifie-je en buvant mon café. Clore cette parenthèse ,revenons-en.

- Si tu le dis, boss.

Son regard trahit ses paroles, mais aujourd'hui, je ne suis pas d'humeur à discuter davantage.

Quelques jours plus tard, nous voilà enfin sur le tarmac de Lagos. Je mets mes lunettes de soleil en soulevant ma nièce Ewia, endormie, pour faciliter la tâche à ses parents. Solaya me remercie d'un regard, et nous prenons la direction de l'hôtel qui nous a été réservé. Après avoir déposé nos affaires, nous nous rendons au building des OLAMI où mes parents nous attendent déjà.

À travers la vitre, j'admire Lagos. C'est ma première visite dans cette ville, elle est aussi magnifique que colorée, avec une ambiance urbaine vibrante. Les embouteillages commencent à me frustrer.

Pourvu que tout se passe bien et que nous puissions repartir rapidement. Je n'aime pas traîner à l'étranger.

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