Des câlins me manquent, des baisers me manquent, des étreintes qui durent cinq minutes me manquent, des regards coquins, des effleurements, des attouchements, toutes ces choses que je faisais avec mon imbécile d'ex-mari et qui savait bien le faire me manquent. Je ne puis imaginer comment j'ai pu aimer ce monstre, comment ses insultes, ses frappes, ses coups de poings et ses menaces me faisaient plaisir. Je souffrais mais, avec un plaisir inextinguible et ce salaud savait comment s'y prendre car connaissant mon talon d'Achille. Il était, un très mignon et très coquin imbécile.
Que vais-je faire pour sortir Mbagnick de mes pensées ?
C'est décidé, je vais vivre ma vie sans laisser une place à mon passé et à cet homme qui pense m'avoir comme esclave.
Me rompant de ma discussion avec ma voix intérieure, la voiture s'arrêta brusquement.
- on est arrivés mes dames.
- vas-y mon chéri on te rejoint dans une minute.
- comme vous voulez, à tout à l'heure.
- Eva? Dit-elle juste après que papis a fermé la porte.
- humm
- pas de hum, s'il te plaît ne me fais pas faux bond comme l'autre soir, tu t'intéresses ou pas fonce après on verra les dégâts mais fonce je t'en supplie. Comment il peut être, visage renfrogné, nez démesuré, petit de taille, traits simiesques, ma chérie fonce...
- et tu vas gérer les dégats?
- je te le promets.
- j'ai peur, on dirait qu'il y a un monde fou à l'intérieur.
- c'est évident. Aller on y va. Que la chance te sourit.
- dis-moi, tu vas gérer les dégâts ?
- oui ma belle.
Et nous nous laissâmes dans un fou rire.
Comme deviné, la maison était bondée de monde, la musique qui, trop forte à mon goût nous empêchait de nous entendre et nous obligeait de crier à chaque fois.
- j'ai le tournis Boury. Criai-je
- non ne me fais pas ça, ce sont des humains vous habitez ensemble sur la même planète, regarde les bien ils ne sont pas des extraterrestres à moins que tu les voies comme Gog e Magog.
- je me suis trompée, je n'aime pas les fêtes.
- oh mon Dieu, Eva tu recommences.
- j'aurais mieux fait de rester chez moi.
- en train de gribouiller sur tes papiers là, des histoires de romances alors que tu ne les vis point? Mais arrête bon sang!
- en tant qu'auteure on n'est pas obligé de nous inspirer de notre propre vie il nous faut transcender le moi pour aller vers la fiction.
- tes lecteurs ne méritent pas ça.
- quoi?
- tu as bien entendu. Ils ne méritent pas une écrivaine qui leur sert des citations d'amour, qui leur incite à aimer à s'ouvrir pendant qu'elle s'en foutait de l'amour, c'est du n'importe quoi.
- en quoi cela les dérangerait, j'écris des fictions ?
- parce que tu penses que la fiction n'est pas la réalité. À chaque fois que tu fictivises sache que tu en fais une réalité que d'autres vont vivre et parfois même grâce à toi. Tu crées une réalité en écrivant ma chère. Je suis plus douée avec les pinceaux à fard qu'avec les stylos mais, sache que je connais très bien la fine différence qui les sépare.
- je le sais ma belle, mais pour mon cas j'ai peur d'aimer encore une fois.
- à cause de ton ex mari?
- oui.
- Eva je ne cesse de te le répéter, si tu l'aimes encore vas-y, si tu peux supporter ses vices vas-y rien ne t'y empêche.
- il ne s'agit pas de ça. Je ne l'aime plus...
- alors qu'y a t-il ?
- c'est ce que je n'arrive pas à déceler.
- ne t'arrive t-il pas de te sentir seule parfois.
- c'est mon ressenti de tous les jours mais ....
- papis arrive, s'il te plaît oublie ce sentiment négatif et profite de cette soirée je t'en supplie, tu as une mauvaise mine s'il te plaît souris un peu...
- tout va bien mes dames?
- oui, c'est Eva qui se lamente de ce bruit assourdissant.
- tu aimerais peut être un bon café Eva, ta drogue légère ?
- oui papis j'ai la tête qui tourne je te jure.
- attend moi je reviens.
- merci.
Les deux amis se firent face juste après le départ de papis.
- inspire, expire. C'est normal que tu te sentes dépaysé, je sais que les fêtes demeurent en moins ta tasse de thé mais, je ne vais jamais te laisser croire que profiter de la vie n'en vaut pas la peine. Tu te caches derrière tes écris, tes romances mais, si seulement tu pouvais devenir une de tes personnages et t'évader je te jure que tu sauras que vivre la belle vie ou un conte de fée ne sont pas uniquement prédestinés aux personnages. À propos, si on te demandait de choisir de te mettre dans la peau d'une de tes personnages tu allais choisir laquelle?
- parmi mes trois livres, tous mes personnages sont folles, audacieuses et capricieuses de vraies pétasses en quelque sorte.
- tout ce que tu n'es pas.
- oui effectivement.
- alors tu en choisirais qui?
- Alida.
- pourquoi ?
- elle est audacieuse, prête à tout pour son bonheur, elle est courageuse, avec un coeur débordant d'amour, tout ce qu'elle veut c'est vivre le bonheur malgré son passé sulfureux.
- quand tu écrivais ce roman, tu t'es inspirée de ta vie et la fin de cette histoire était tout simplement magnifique, pourquoi ? Parceque le courage de Alida surpassait le naturel, elle ne s'est pas laissée faire des préjugés de cette société infâme. Elle n'a pas porté l'étiquette d'une femme divorcée, elle était tout simplement une femme comme toute autre. Et quand tu nous peins l'histoire de cette Alida, je ne vois que toi ma meilleure amie. Ce courage tu l'as mais, tu fais semblant de ne pas l'avoir. Ressaisis-toi ma belle tu mérites tout le bonheur du monde.
- je t'aime ma bestie.
- je t'aime aussi mais si tu veux vraiment me faire plaisir, oublie ta peur et fais toi désirer. Promis?
- oui promis.
- sage décision.
- je vais chercher ton cher mari il est passé par là, ce café j'en ai vraiment envie.
- café à cette heure, seule ma chérie en désire durant son stress. Bon d'accord je t'attends dehors c'est plus libre.
- parfait, tout à l'heure.
En allant chercher son café, elle discutait avec sa voix intérieure.
écoute ce que Boury vient te dire, elle a parfaitement raison. Pourquoi avoir peur de vivre pendant que ton salaud d'ex-mari croque la vie à pleine dent? _ On est pas pareil?_ C'est vrai raison de plus, car tu es là victime dans cette histoire et lui le coupable et regarde, la société lui a pardonné son forfaiture. Tu devrais en faire pareil ? _Quoi lui pardonner ? Non passer à autre chose._ D'accord petite voix je suivrai tes conseils. _Parfait alors.
En foulant le carrelage des Sarr, Eva se retrouva dans une pièce qui, pour elle était la mieux battit et ornée de cette maison. La bibliothèque.
Il n'y avait personne, aucune âme qui vit, alors elle décida de lire un livre par tirage au sort. Elle ferma les yeux marcha doucement vers la bibliothèque , avança d'un pas, deux puis trois, posa sa main sur un livre avant de l'ouvrir. La couverture du livre en disait long sur le contenu même si on ne juge pas un livre par sa couverture mais cette dernière avait une couleur de rouge sang et le titre plus frappant que la couleur confirmait ses pensées : Rouge sang, noie ma douleur était titré le livre. Elle le prend avec prudence comme qui en avait désormais peur se vautra sur un fauteuil oubliant ainsi la fête et son café. La quatrième de couverture résumé le livre par ces mots : " je suis né dans la misère j'ai grandi dans la misère toute ma famille a vécu dans la misère sans que la vie nous donne la chance de sortir des pattes de cette misère. J'ai décidé de changer la donne de changer cette misère et ceci que le destin me l'autorise ou non"
_ assez flippant. Se dit-elle.
Sans attendre elle mis son téléphone en mode avion comme à chaque fois qu'elle veut se concentrer dans ses lectures ou écris et commença à lire le fameux livre Rouge sang dont le nom de l'auteur est aussi flippant que le titre: RAS.
- RAS, comme Rien À Signaler ? C'est quoi ce nom?
15 minutes plus tard, Eva prit goût à la lecture avec laquelle elle s'évadait, tantôt c'étaient des rires, tantôt une moue de colère, mais le pire c'est qu'elle avait peur. Elle y était à fond au point de ne rien entendre même pas les pas qui venaient vers elle.
Elle sentit une présence derrière elle et se retourna brusquement.
Face à un inconnu avec un visage ferme, elle cria de toutes ses forces en laissant tomber le livre.