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Le serment de la femme trahie
img img Le serment de la femme trahie img Chapitre 3 Laisse-moi vous serrer dans mes bras
3 Chapitres
Chapitre 5 Je ne t'aime plus img
Chapitre 6 Quelle casse-pieds, cette Isabelle ! img
Chapitre 7 L'épouse parfaite img
Chapitre 8 Ses amis méprisaient Isabelle img
Chapitre 9 Ils se connaissaient depuis l'université img
Chapitre 10 Peut-être que c'était ce qu'il voulait toujours img
Chapitre 11 Sept ans img
Chapitre 12 Elle vivrait pour elle-même img
Chapitre 13 Qui préfères-tu img
Chapitre 14 Je ne te quitterai plus img
Chapitre 15 On dirait que tu ne pourras jamais te débarrasser d'elle img
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Chapitre 3 Laisse-moi vous serrer dans mes bras

La Bentley noire s'est immobilisée devant une villa.

Kolton a porté Isabelle hors de la voiture pour l'installer dans le fauteuil roulant avant de la conduire vers la maison.

Derrière ses lunettes de soleil noires, Isabelle contemplait silencieusement la maison qui se dressait devant elle.

C'était celle qu'elle avait partagée avec Kolton après leur mariage, l'endroit où ils avaient vécu avant son coma. Elle ne l'avait pas revue depuis cinq ans ; elle avait l'impression qu'une vie entière s'était écoulée.

« Belle, nous sommes chez nous », a-t-il tendrement chuchoté à son oreille. « Peux-tu sentir cette odeur ? Les tulipes que tu as plantées pour moi sont toujours là. J'en ai pris grand soin. »

Le regard d'Isabelle s'est posé sur les rangées de tulipes qui fleurissaient dans le jardin devant la maison. Elles se dressaient, hautes et lumineuses sous le clair de lune, aussi belles que lorsqu'elle les avait plantées.

À l'époque, elle avait planté chaque bulbe elle-même, simplement parce qu'il lui avait dit un jour que les tulipes étaient ses fleurs préférées.

À ce moment-là, elle avait avalé chacune de ses paroles, sans jamais se demander pourquoi il les aimait tant, même après avoir rempli tout le jardin de milliers de ces fleurs.

Après qu'elle avait été plongée dans un état végétatif, Joelle lui avait rendu visite avec un bouquet de tulipes, lui murmurant avec un sourire cruel : « Isabelle, tu ne sais pas encore, n'est-ce pas ? Les tulipes sont mes fleurs préférées. Merci d'en avoir planté autant dans le jardin. Elles me rendent heureuse chaque fois que je viens chez toi avec Kolton. »

...

Isabelle a ressenti une montée de haine. Elle s'est baissée pour casser la tige d'une tulipe en deux d'un geste violent.

Elle ne regrettait pas les années passées à aimer Kolton, mais il n'avait pas le droit de piétiner cet amour.

Il l'a conduite jusqu'à la porte d'entrée.

La villa avait été conçue par elle. Elle avait tout choisi, jusqu'à la serrure biométrique de la porte d'entrée.

Lorsque le fauteuil roulant s'est arrêté, sa main s'est instinctivement tendue pour appuyer sur le verrou, mais la main ferme de Kolton l'en a empêchée.

Sa main était moite de sueur. Il était nerveux.

« Belle, laisse-moi faire », a-t-il doucement dit.

Elle a esquissé un petit sourire amer en réalisant soudain qu'il était allé jusqu'à effacer son empreinte digitale du verrou.

Elle a réussi à étouffer le rire amer qui lui brûlait la gorge. La douleur était trop intense pour qu'elle puisse la surmonter.

Elle a lentement retiré sa main, le regardant tranquillement se pencher pour déverrouiller la porte. Juste avant que le loquet ne s'enclenche, une main fine et manucurée l'a ouverte.

Joelle se tenait là, dans l'embrasure de la porte, calme et confiante, comme si elle faisait partie de la famille.

Isabelle a serré les poings sur ses genoux, la rage brûlant en elle.

Joelle avait-elle toujours vécu dans cette maison ? Avait-elle dormi dans son lit ? Lui avait-elle arraché son mari ? Lui avait-elle volé ses enfants durant ces cinq années ?

Joelle a ouvert la porte avec un sourire, mais dès que ses yeux se sont posés sur Isabelle assise dans le fauteuil roulant à côté de Kolton, elle s'est figée sur place.

« Kolton, pourquoi ne m'emmènes-tu pas à l'intérieur ? », a-t-elle soudainement demandé.

Du coin de l'œil, reflétée faiblement dans le miroir accroché au mur, elle l'a aperçu faire un petit signe à Joelle pour qu'elle se taise.

Réalisant qu'Isabelle ne pouvait pas la voir, Joelle s'est discrètement écartée, laissant le temps à Kolton de la faire traverser le seuil.

Derrière ses lunettes de soleil, son regard est devenu glacial lorsqu'il s'est posé sur la main de Joelle appuyée contre le chambranle de la porte.

« Kolton, j'ai un peu froid », a-t-elle dit d'une voix douce. « Pourrais-tu m'apporter quelque chose de chaud et de confortable ? »

« Bien sûr. Il y a une couverture sur le canapé. Attends ici », a-t-il répondu en se dirigeant vers le salon.

Joelle le suivait inconsciemment du regard, donnant à Isabelle l'occasion qu'elle attendait. Elle a claqué la porte avec force.

La main de Joelle, trop lente à se retirer, a été douloureusement écrasée dans le cadre. Elle s'est mordu la lèvre, étouffant le cri qui lui montait à la gorge.

« Kolton ! », s'est écriée Isabelle, feignant la panique, ses bras s'agitant comme si elle cherchait quelque chose à tâtons. « J'ai essayé de fermer la porte, et quelque chose s'est coincé ! J'ai tellement peur ! »

Kolton s'est tourné vers Joelle pour voir si elle allait bien, mais Isabelle l'a frénétiquement attrapé par le bras. Il devait d'abord l'apaiser.

« Ce n'est rien, juste un jouet des enfants. Ne te fais pas du mouron. Tu ne vois rien pour l'instant, Belle, alors laisse-moi m'occuper des portes à partir de maintenant. »

Son ton était posé, mais Isabelle a perçu une lueur d'irritation dans ses yeux.

« Kolton, où sont Jim et Emmy ? Où sont mes bébés ? », a-t-elle demandé avec insistance.

Elle avait choisi les prénoms de ses jumeaux bien avant leur naissance. À cet instant précis, elle était impatiente de les voir et de les serrer dans ses bras. Quant à cette maîtresse sans scrupule, elle s'en fichait éperdument.

Son amour pour ses bébés avait été son seul point d'ancrage pendant ces cinq années difficiles.

« Ils ont école demain matin », a-t-il répondu à voix basse. « Ils dorment déjà. Ne t'inquiète pas, Belle. Tu les verras bientôt, dès que ta vue s'améliorera. »

Derrière ses lunettes, ses yeux se sont assombris.

Elle ne devait pas paraître trop impatiente, sinon Kolton allait se méfier.

Mais alors qu'elle s'apprêtait à parler à nouveau, de petits pas se sont fait entendre dans l'escalier. Elle s'est spontanément retournée pour voir Emily et James descendre ensemble, main dans la main.

Ils portaient des pyjamas assortis, leurs pantoufles frottant doucement contre le sol : Emily en rose, James en bleu.

Elle a failli fondre en larmes d'émotion.

« Papa », a appelé James lorsque son regard s'est posé sur Isabelle dans son fauteuil roulant. Il semblait deviner qui elle pouvait être. Sa petite main a fermement agrippé sa chemise tandis qu'il hésitait, nerveux.

Emily, quant à elle, a levé les yeux vers Joelle, le regard brillant d'affection.

Elle a entrouvert les lèvres comme pour l'appeler, mais Joelle a fermement secoué la tête. Elle a obéi en fermant la bouche sans poser de questions.

« Ce sont Emmy et Jim ? », a demandé Isabelle, la voix tremblante, en ouvrant les bras vers eux. « Je suis votre maman. Venez ici, laissez-moi vous serrer dans mes bras. »

Emily a reculé, effrayée. James a hésité un moment avant de finalement s'approcher lentement d'Isabelle.

Il lui a tendu sa petite main pour effleurer sa joue, comme pour s'assurer qu'elle était bien en chair et en os. « Es-tu vraiment notre maman ? »

« Oui, mon chéri. Je suis ta maman, et celle d'Emmy aussi », a-t-elle gentiment murmuré.

Tout son corps la poussait à le prendre dans ses bras, mais elle s'est retenue, de peur de l'effrayer.

Pour eux, elle n'était guère plus qu'une étrangère qui avait dormi pendant toute leur vie.

« Bon, il est tard », a déclaré Kolton en intervenant. « Jim, ramène ta sœur dans votre chambre. Demain après l'école, je vous expliquerai tout à tous les deux au sujet de votre mère. »

James a hésité, jetant sans cesse des regards en arrière vers Isabelle, tandis qu'il remontait les escaliers avec Emily.

Isabelle l'a désespérément interpellé : « Chéri, puis-je te prendre dans mes bras ? » Sa voix s'est brisée, et une larme a coulé sous ses lunettes de soleil.

James s'est arrêté, partagé, sur le point de faire demi-tour, lorsque Kolton a dit d'une voix ferme : « Jim, va dans ta chambre. »

Il a posé une main sur l'épaule d'Isabelle, le regard doux. « Les enfants t'ont perdue de vue pendant des années, Belle. Ils ont besoin de temps pour s'adapter. »

Son cœur s'est serré de douleur. Kolton agissait ainsi délibérément. Il ne voulait pas qu'elle se rapproche d'eux.

James a emmené Emily avec lui, se retirant docilement à l'étage. Emily a jeté un regard en arrière, non pas vers Isabelle, mais vers Joelle pour lui envoyer un petit baiser.

Ce geste a poignardé Isabelle en plein cœur. Elle a fermé les yeux, écrasée sous le poids de la trahison et du chagrin.

Elle pourrait se débarrasser de Kolton, mais elle ne laisserait jamais personne lui voler ses enfants.

Une fois les jumeaux partis, Kolton a emmené Isabelle dans leur chambre pour la mettre sur le lit.

Son regard s'est rapidement posé sur le mur. La photo de mariage qui y était autrefois fièrement accrochée avait disparu, jetée dans un coin, à moitié recouverte d'un tissu qui dissimulait son visage.

Un rire amer a éclaté en elle.

Il la détestait tellement maintenant qu'il ne pouvait même plus supporter sa photo.

« Belle, couche-toi tôt. Je dois finir un petit travail dans le bureau », a-t-il dit à voix basse.

Elle lui a répondu par un sourire serein. « D'accord. »

Dès qu'il est parti et que la porte s'est refermée, son sourire s'est estompé.

Elle ne croyait pas un seul instant qu'il allait dans le bureau.

Avec effort, elle a posé ses jambes faibles sur le sol. S'appuyant contre le mur, elle s'est péniblement redressée pour se diriger lentement vers la fenêtre.

Chaque pas était une torture.

Ce qui aurait dû prendre quelques secondes a duré cinq minutes interminables, et son corps était trempé de sueur lorsqu'elle a finalement atteint la vitre.

Et là, sous la pâle lumière de la lune, elle les voyait : Kolton et Joelle enlacés.

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