Magdeleine Villemaire a de nouveau levé la main. Son regard acéré a transpercé Célien. "Cet enfant n'est pas un Villemaire. Nous ne reconnaissons pas sa lignée." Elle a prononcé chaque mot comme une sentence. "C'est un orphelin, que nous avons eu la charité de recueillir. Éléna, tu seras sa gouvernante, rien de plus."
Mon sang n'a fait qu'un tour. Mes mains ont tremblé. J'ai serré Célien contre moi. Je ne pouvais pas le laisser dire ça. Mon fils n'était pas un orphelin.
Dans mon esprit, une seule pensée résonnait : je ne les laisserai pas détruire mon enfant. Jamais.
Célien s'est détaché de moi. Il a regardé Magdeleine, le menton tremblant. "Mais je suis le fils de Papa Liam ! Je suis un Villemaire !"
Liam a fait un pas en avant. Son visage était marqué par la gêne. Il a ouvert la bouche, comme pour dire quelque chose.
Mais Prunelle a posé sa main sur son bras, le retenant. "Chéri, ne perds pas ton temps avec ça. La fête est pour nous, pour notre avenir." Ses yeux, brillants de malice, se sont posés sur moi.
Liam a hésité. Son regard a fuyé le mien, puis celui de Célien. Il a baissé les yeux, incapable de nous affronter. Sa lâcheté m'a écœurée.
"Très bien," j'ai dit, ma voix étonnamment calme, bien que mon cœur batte à tout rompre. "Si c'est votre volonté, Madame Villemaire. Je ne suis plus rien ici. Mais Célien n'est pas un orphelin. Et il n'est plus un Villemaire non plus."
J'ai regardé Liam droit dans les yeux. Mon regard était vide de tout sentiment. "Cet enfant est à moi. Seulement à moi."
"Et il n'a aucun lien de sang avec vous, Liam Villemaire." Chaque mot était un coup de marteau, assené avec une précision chirurgicale. "Célien n'est pas ton fils."
La trahison de Liam m'a frappée de plein fouet. Il s'était tenu là, silencieux, me laissant m'effondrer.
Sa faiblesse m'a répugnée. Il n'était qu'une marionnette entre les mains de sa mère et de Prunelle.
Le sourire de Prunelle, plein de suffisance, m'a donné envie de la gifler.
Mon amour pour lui était mort. Une mort lente et douloureuse.
Ses paroles étaient des couteaux, plantés dans mon dos.
Son toucher, autrefois si doux, était devenu une agression.
Ma confiance était anéantie. Il avait tout détruit.
Le désespoir m'a submergée. J'étais au fond du gouffre, mais je savais que je devais me battre.
Il n'y avait plus d'espoir. Juste l'amertume et le vide.
Mon cœur était une ruine. Un champ de bataille désolé.
Sa froideur m'a gelée jusqu'aux os.
Sa lâcheté m'a emplie d'une rage froide et silencieuse.
Son silence était assourdissant. Une condamnation.