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La Chevalière Brûlée
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Chapitre 3

Le visage de Léo devint blême. Il fixa mon téléphone, incrédule.

L'enregistrement continuait, diffusant sa moquerie, sa provocation, sa confession implicite de manipulation.

"C'est un montage ! Il a trafiqué ma voix !" balbutia-t-il en se tournant vers Isabelle.

Je m'attendais à ce qu'elle hésite, qu'un doute s'installe.

Au lieu de ça, elle arracha le téléphone de mes mains et le jeta sur le lit.

"Assez ! Je ne sais pas comment tu as fait ça, Étienne, mais je te connais. Tu es capable de tout pour arriver à tes fins. Léo est trop pur, trop sensible pour imaginer de telles bassesses."

Sa foi en lui était absolue, aveugle. Toute preuve était inutile.

Léo, enhardi par son soutien, reprit son assurance. Il s'approcha de la table où le dîner venait d'être servi. "Isabelle a raison. Tu devrais avoir honte."

Il prit la soupière. "Tu as l'air d'avoir besoin de te calmer."

D'un geste faussement maladroit, il trébucha et renversa le contenu bouillant sur mon bras et mon torse.

La douleur fut fulgurante. Je hurlai, reculant contre le mur. Ma peau virait au rouge vif.

Isabelle eut un mouvement de recul, une lueur d'inquiétude dans les yeux. "Étienne !"

Mais Léo gémit. "Aïe ! Mon doigt ! Une éclaboussure m'a touché !"

Il lui montra son petit doigt, où une minuscule rougeur apparaissait.

Instantanément, toute l'attention d'Isabelle se porta sur lui. Elle attrapa sa main, l'examina avec une anxiété démesurée.

"Mon pauvre chéri, viens, on va à l'hôpital tout de suite. Il faut soigner ça."

Elle me jeta un dernier regard, dénué de toute compassion. "Toi, tu restes ici. La gouvernante appellera un médecin."

Elle partit, soutenant Léo comme s'il était un grand blessé de guerre.

Je restai seul, la peau en feu, le cœur gelé. J'avais définitivement perdu toute importance à ses yeux.

Une heure plus tard, un jeune interne – le même que la veille – arriva enfin. Il était essoufflé.

"Désolé du retard, Monsieur de Valois. Tout le service des urgences était mobilisé. Le professeur Dubois a exigé que les meilleurs spécialistes s'occupent de la brûlure de Monsieur Martin."

Il appliqua une pommade apaisante sur mes cloques. La douleur physique n'était rien comparée à l'humiliation.

Alors qu'il finissait le pansement, son téléphone sonna. C'était l'hôpital. Il répondit, le visage soudain grave.

"Oui... Oui, je comprends. La patiente du 302... Isabelle Dubois. Test de grossesse positif. Je lui transmets. Merci."

Il raccrocha, mal à l'aise. Il ne savait pas que j'avais tout entendu.

Isabelle. Enceinte.

Un rire silencieux et amer me secoua. C'était impossible. Du moins, ça aurait dû l'être.

Avant notre mariage, les médecins avaient été formels. Un accident de cheval dans sa jeunesse l'avait rendue stérile. La nouvelle l'avait anéantie. Pour la protéger, pour ne pas ajouter la pitié à ses blessures, j'avais menti. J'avais falsifié mes propres analyses. J'avais endossé la responsabilité. J'avais accepté d'être, aux yeux du monde et aux siens, l'homme stérile qui ne pourrait jamais lui donner d'enfant.

Et maintenant, ce miracle. Un enfant. Mon enfant.

Le fruit d'une unique tentative de FIV que nous avions faite des mois plus tôt, "juste au cas où", avant que Léo n'entre dans nos vies. Une tentative que nous pensions tous les deux avoir échouée.

La porte de la chambre s'ouvrit. Isabelle se tenait là, son visage rayonnant d'une joie que je ne lui avais pas vue depuis des années.

"Étienne, tu ne devineras jamais..."

Léo apparut derrière elle, son doigt bandé de façon ostentatoire. Il lui passa un bras autour de la taille.

"Nous allons avoir un bébé," dit-il, comme si c'était le leur. "Ne t'inquiète pas, on te laissera être le parrain."

Isabelle ne le corrigea pas. Elle me souriait, mais son regard était un avertissement.

Je demandai au jeune médecin de sortir. Une fois seuls, je le regardai dans les yeux.

"Cette grossesse. Personne ne doit être au courant pour l'instant. Surtout pas elle. C'est un secret médical."

Il hocha la tête, intimidé.

Je savais ce que je devais faire. Partir. Disparaître. Ce plan de "fausse mort" que Claire m'avait proposé n'était plus une option. C'était une nécessité.

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