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Cruauté Maternelle, Vengeance Paternelle
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Chapitre 2

Le déni a frappé en premier, une vague glaciale qui a paralysé mon cerveau. Non. C'est une erreur. Une coïncidence. Pas ma Léa.

Puis la rage a déferlé, une lave en fusion qui a brûlé toute pensée rationnelle.

Je me suis relevé, titubant. La grille. Le cadenas semblait me narguer. J'ai cherché autour de moi, frénétiquement. Un vieux pied de biche rouillé traînait près d'un établi. Je l'ai saisi, mes mains tremblantes.

La porte de la cage a résisté. J'ai frappé, encore et encore, le bruit du métal contre le métal résonnant dans le silence mortel de l'entrepôt. Mes mains saignaient, mes muscles hurlaient, mais je ne sentais rien. Juste cette urgence folle de la rejoindre.

Le cadenas a fini par céder. La porte s'est ouverte dans un grincement sinistre.

Léa était allongée sur le côté, immobile. Trop immobile.

"Léa ?" ai-je soufflé, rampant vers elle.

Je l'ai retournée doucement. Son visage était bleu. Ses lèvres étaient entrouvertes, et c'est là que je l'ai vu.

Quelque chose bloquait sa bouche.

Avec des doigts tremblants d'horreur, j'ai glissé mes doigts dans sa bouche froide. C'était un morceau de pain dur, rassis, enfoncé si profondément qu'il avait dû l'empêcher de crier, et peut-être même de respirer correctement.

Un haut-le-cœur m'a secoué. Ce n'était pas seulement de la négligence. Ce n'était pas un simple oubli du générateur. C'était une cruauté calculée, délibérée. Ils l'avaient non seulement laissée mourir de froid et de gaz, mais ils l'avaient aussi bâillonnée pour ne pas entendre ses plaintes.

Tremblant de tout mon corps, j'ai sorti mon téléphone pour appeler les secours, le SAMU, n'importe qui. Pas de réseau. L'atelier était un point mort. J'ai cherché un téléphone fixe. Le fil avait été arraché du mur.

La panique m'a saisi. Je suis sorti en courant, criant à l'aide, mais il n'y avait personne. Juste le vent qui sifflait entre les entrepôts désaffectés.

C'est alors qu'une voiture est arrivée. Pas celle de Sophie, une petite citadine. Un jeune homme en est sorti, l'air nerveux. Je l'ai reconnu, c'était l'assistant de Sophie à la galerie.

"Monsieur Dubois ? Madame Bernard m'envoie voir si... tout va bien."

"Bien ?!" ai-je hurlé, le saisissant par le col. "Rien ne va bien ! Appelez une ambulance ! Vite !"

Le jeune homme a blêmi en voyant mes mains ensanglantées et mon visage dévasté. Il a reculé, effrayé.

"Je... je ne peux pas. J'ai des instructions. Juste vérifier et repartir."

"Donne-moi ton téléphone !"

Il a secoué la tête, terrorisé.

"Non, je risque de perdre mon travail. Madame Bernard a dit de ne pas vous laisser l'utiliser."

La haine m'a submergé. J'ai attrapé le téléphone de sa main et j'ai composé le numéro de Sophie. Elle a répondu presque immédiatement.

"Alors ? Il t'a dit qu'elle faisait sa comédie ?"

"Elle est morte, Sophie," ai-je dit, ma voix un fil cassé. "Léa est morte."

Un silence. Puis un petit rire sec.

"Arrête ton cinéma, Pierre. Elle est juste en train de simuler pour que tu la sortes de là. Elle a toujours été comme ça, une drama queen."

"Il y avait une fuite de gaz, Sophie ! Le générateur... Et elle avait du pain dans la bouche, tu m'entends ? Tu l'as bâillonnée !"

"Du pain ? N'importe quoi. C'est Chloé qui lui a donné, elle avait peur que Léa ait faim. Tu vois, elle a un bon cœur, ma Chloé. Pas comme ta fille qui se plaint tout le temps. Laisse-la. Une nuit au froid ne lui fera pas de mal. Qu'elle arrête de jouer la victime."

Elle a raccroché.

J'ai regardé l'assistant, qui tremblait de tous ses membres.

"Dégage," ai-je grogné.

Il n'a pas demandé son reste et a filé.

Je suis retourné près de Léa. Le monde autour de moi s'estompait. Le sang qui coulait de mes mains, la douleur dans ma poitrine, tout semblait lointain. J'ai senti mes forces m'abandonner. La pièce a commencé à tourner. J'ai essayé de me relever, de faire quelque chose, n'importe quoi, mais mes jambes ont flanché.

Je me suis effondré sur le sol en béton, à côté du corps de ma fille. Tout est devenu noir.

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