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Je me réveille avec un gros mal de tête, mes yeux peinent à s'ouvrir. Mes mains sont attachées ainsi que mes jambes à ce que je pense être une chaise, ma tête est lourde et je n'arrive presque pas à la tenir droite. Quand j'arrive à ouvrir mes yeux et que je reprends enfin mes esprits, je me rends compte que je suis attachée dans une pièce, assez petite, sans aucun puit de lumière. Il fait froid, très froid, ce doit être un sous-sol. Je balaie la pièce des yeux et tombe sur un petit bureau à ma droite, il y est disposé différentes choses.
Malheureusement, je ne vois pas grand-chose, la salle est presque plongée dans le noir. Seule une petite lumière vient éclairer cet endroit plus que macabre.
J'essaye de défaire les liens qui me retiennent, mais c'est peine perdue. Je n'ai plus aucune force. Je laisse tomber ma tête et étouffe un sanglot, ce n'est pas le moment de pleurer, ils en jubileraient. Je dois me promettre d'être forte, pour papa, maman et Ava. Je cris, dans l'espoir que quelqu'un vienne m'aider, avec un peu de chance on m'entendra. Malheureusement ce n'est pas la bonne personne que mes cris attirent. Je le reconnais, c'est l'un des hommes qui était avec Alejandro quand ils étaient dans ma putain de maison. Malgré mes yeux fatigués j'arrive à le voir assez distinctement.
Il s'approche de moi tel un lion affamé qui a détecté sa proie. Il est imposant, grand et très musclé, je ne ferais jamais le poids face à lui, mes années de boxe ne me servent à absolument rien.
- J'espère que je n'ai pas arrêté ma petite séance de sport pour rien, tu crois que quelqu'un viendra t'aider ? Vraiment ? Eres realmente estùpido mi belleza.
Je grimace en comprenant de quel sport il fait allusion, par contre je ne comprends pas sa phrase en espagnol.
- Je m'en fou de ta séance de sport, détachez-moi ! Ses yeux ne quittent pas les miens et un sourire narquois prend place sur ses fines lèvres. Sans me quitter des yeux, il s'approche davantage de moi, il se baisse légèrement pour être à ma hauteur et avance ses lèvres de mon oreille pour me murmurer :
- Je crois que tu es bien trop idiote pour comprendreà qui tu as affaire mi belleza, tu es naïve, c'est presque excitant. Ne voulant plus en entendre plus, je lui donne un coup de tête, il s'éloigne instantanément et lâche quelques jurons en espagnols que je ne comprends pas. Son regard noir se pose une nouvelle fois sur moi, sans que je ne comprenne quoi que ce soit, ma tête part sur la gauche.
Il m'a giflée. Putain l'enfoiré. J'aurais été tentée de lui cracher dessus mais malheureusement je n'étais pas en très bonne position pour riposter.
- Mi belleza, tu viens de faire une grosse erreur, je vais te faire comprendre qui je suis et crois-moi, tu regretteras d'avoir un jour eu le malheur de croiser mon chemin. Il m'attrape mes cheveux d'une main et tire ma tête en arrière. Son autre main vient trouver place sur ma mâchoire qu'il serre avec une telle force qu'elle pourrait se briser sous ses doigts. Il me détache ensuite de la chaise et me jette par terre. Je ne pleure pas, mais ma vue est embuée. Je ne crie pas, mais ma gorge est prête à la faire.
Il tire son flingue de sa poche et me le braque dessus. Je lève les yeux et plante mon regard dans le sien. Je ne baisserais pas les yeux, je me lève à mon tour sans manquer de tomber à quelques reprises. Je me mets devant lui tout en continuant à le regarder droit dans les yeux.
- Vas-y tire. Lui dis-je sans crier mais sans murmurer non plus. Une voix douce dont je ne me connaissais pas capable. Il ne faiblit pas, ne baisse pas les yeux, ne laisse pas paraitre une once d'étonnement, il resserre sa prise sur son glock et le pointe sur ma tempe.
Boum.
Je ne sens rien, c'est donc ça le paradis ? Je n'ai pas mal, je ne vois rien, je me sens encore vivante, ce n'est pas normal, si ?
- Juan joder tu fous quoi là ?! Cette voix, elle m'est familière, je l'ai déjà entendue, où ? Je ne sais pas. J'ouvre les yeux ne sachant pas ce qu'il allait m'arriver. Je mets du temps à m'habituer à la lumière, c'est lui.
Alejandro Diaz. Pourquoi intervient-il ? Après tout, c'est lui qui m'a enlevée, pourquoi ne veut-il pas que le fameux Juan mette fin à mes jours ? Que veulent-ils de moi, je ne leurs serviront à rien.
- Juan dégage tout de suite, je vais te faire bouffer ton glock. L'air menaçant qu'il arborait me fait comprendre qu'il pourrait très bien mettre ses menaces à exécution. Quand l'homme part de la pièce, il se retourne en me dévisageant et en me scrutant de la tête au pied.
- Arrêtez de me regarder comme ça pauvre fou. Je ne pouvais pas m'en empêcher, sa manière de regarder chaque parcelle de mon corps me répugnait. Un rictus prend forme sur ses fines lèvres. Il ne parle pas, il rigole. Il rigole ? Il se fout clairement de ma gueule ? Mon regard s'ancre au sien et je fronce les sourcils quand je remarque que son fou rire est parti et qu'il a laissé place à l'impatience. Ses yeux ancrés dans les miens me déstabilisent. Et pour la première fois de ma vie, je baisse les yeux face à un homme.
- Tu t'es prise pour qui ? Sa phrase, pourtant simple, était d'une dureté et dite d'un ton plus que menaçant me fait tressaillir. Je ne réponds pas, que faut-il répondre ? Je ne suis même pas sûre que ce soit vraiment une question. Son regard ne quitte pas le miens, il tire son flingue de sa poche et le braque sur moi. Une impression de déjà-vu.
- Tu vois ça, c'est un Colt Automatic 22 LR à canon silencieux. Je pourrais te tuer sans que personne ne le sache. Tu ne le verrais même pas arriver. En un claquement de doigt tu es morte. Tu veux peut-être que je te fasse une démonstration ? Sans attendre une quelconque réponse de ma part, il tire. La balle se loge derrière moi, elle a frôlé mon oreille, et même si effectivement le coup a été silencieux, mon oreille bourdonne. Mes yeux s'étant fermés, se rouvrent et s'ancrent dans les siens qui me fixaient déjà. Il range son glock et s'approche de moi doucement.
Je suis toujours debout au milieu de la pièce, mes yeuxtoujours ancrés dans les siens cherchent des réponses, que va-t-il me faire ?Pourquoi ne pas avoir laissé son homme me tuer ? Quand il est devant moiil m'attrape les poignets, attrape des menottes posées sur la petite table, mefait asseoir et m'attache finalement, encore une fois, à la chaise. La panique s'emparede moi, je me débats, je ne supporte pas d'être attachée, encore moins avec desmenottes, il s'est pris pour un policier ? En me débattant, mon coude atterris sur sa mâchoire. Il se stoppe net et me gifle. Ils ont quoi tous à me gifler ? Nos yeux toujours accrochaient, il retourne près de la table et prend un couteau.Il le fait tourner sur ses doigts et reviens vers moi. J'appréhende déjà la suite. Je m'étais promis de ne plus jamais revivre ce moment. Je calme une imminente crise d'angoisse.
Ressaisis-toi Davina. Tu vas t'en sortir.
Comme la dernière fois.
- Ok, nous allons jouer à un jeu tous les deux, tu veux bien ?
- Non. Mon ton sonna plus glaciale que je ne l'aurais voulu. Un faible sourire se dessine au creux de ses lèvres, sans crier mégarde, il m'entaille la joue avec son putain de couteau. Je ne peux pas empêcher un gémissement de douleur. Je me débats davantage sur la chaise mais rien n'y fait, il tourne autour de moi en jouant avec son couteau de malheur. Je sens ma joue s'ouvrir un peu plus à chaque fois que je cris. Je mords ma lèvre inférieure et un goût de fer prend place dans ma bouche. J'entrouvre les yeux et l'observe, il jubile. Il aime faire ça, ça me fait vraiment peur. J'ai peur de croiser à nouveau son regard qui n'éprouve aucune humanité, alors je garde mes yeux clos.
- Tu vois, à chaque mauvaise réponse j'abimerais ton joli petit corps, donc essaye de me donner les bonnes réponses. Tu t'en sortiras peut-être indemne.
Indemne ? Je ne le suis plus depuis que je suis dans cette pièce.
- Première question, qu'as-tu vu ce soir-là ?
- Rien.
- Ouh, mauvaise réponse. Il entaille ma deuxième joue.
- On réessaye, qu'as-tu vu ce soir-là ?
- J'ai dit, rien. Ma joue me fait mal mais je reste sur mes positions. Je ne dirais rien, à quoi bon ? Il me tuera de toute façon.
Il s'arrête derrière moi et me fais une queue de cheval haute. Il me coiffe sérieusement ? A quoi il joue ?
Il entaille mon cou, plus profondément que ma joue. Je cris. J'ai mal. Pour accentuer ma douleur il tire ma tête en arrière, ce qui me fait appuyer sur l'entaille. Deuxième cri. Mes yeux ont quitté les siens et des larmes menacent d'y sortir.
- Je vois, on va passer à une autre question. Qui est tu ?
Qui je suis ? Je suis partagée entre lui dire mon vrai nom, ou mentir et prendre le risque qu'il s'en rende compte. Mon regard cherche le siens et le trouve, adossé contre le mur en face de moi, les sourcils froncés en continuant de jouer avec son foutu couteau. D'un ton monotone je réponds à sa question.
- Davina. Davina Torres.
- Torres hm, intéressant. Autre question, que sais-tu sur mon cartel ?
- Sur votre cartel ? Je ne suis au courant que de ce que les journaux disent. Je n'en sais pas plus. Et je n'ai franchement pas envie d'en savoir plus.
- Oh , arrête de me donner des mauvaises réponses. Il s'avance vers moi en riant, tandis que moi, je panique. Et cette fois ci, je pleure. Oui, je pleure. Mes larmes coulent à flots, mais ça ne l'arrête pas.
Il entaille le haut de ma cuisse jusqu'à mon genou. Mes cris redoublent d'intensités, j'ai mal, je suis fatiguée. Je ne sais pas combien de temps encore je vais réussir à supporter cette douleur. Cette fois ci, il ne recule pas. Il avance son visage près du miens et chuchote.
- No tientes al diablo Davina, podrías lastimarte. Il se recule et range le couteau dans une mallette posée sur la table. Sans aucun regard, ni aucune parole, il quitte la pièce.
Mes larmes perlent sur mes joues, je suis encoreattachée et mes plaies me font horriblement mal. Je tire sur mes poignets, en espérantme dégager de ces menottes. Mais rien n'y fait. Je sens mes poignets se déchirer.Je cris encore et encore, dans l'attente que quelqu'un vienne me détacher. Maispersonne ne vient. Mes larmes ne coulent plus, ma tête tourne et mes yeux seferment. Je revois l'ancienne Davina et mes larmes reprennent de plus belle. Jeme sens mourir. Entre la vie et la mort, c'est ce que je suis, et je pense que c'est l'une des pires sensations. Tu n'es plus maître de ton corps, mais tu es consciente. Mais tu ne peux rien faire pour t'en sortir.
***
Je me réveille en sursaut quand de l'eau glacée glisse sur mon corps meurtri, réveillant la douleur de mes plaies. Je rencontre ses prunelles malicieuses qui observe mon visage en attente d'une quelconque réaction de ma part. Mais je reste impassible. Pas de pleure, pas de cris. Rien.
- Davina, ça ne sert à rien de faire la fille forte, tu craqueras j'en suis sûr, comme tu as craqué hier. On va continuer notre petit jeu, je ne suis pas totalement satisfait de tes réponses. Je finirais par trouver ce que tu me caches.
Hier ? Cela fait déjà deux jours que je suis enfermée. Je commence à avoir faim, soif, et ma vessie ne tiendra pas longtemps. Je ne jouerais pas à son jeu débile plus longtemps, je dois partir, je veux partir. D'une voix peu sûre je lui demande.
- Avant, j'aimerais aller,vider ma vessie.
Il ne répond pas et rebrousse chemin. Il revient avec un sac. Il pense sérieusement que je vais faire mes besoins dans un sac ? Un putain de SAC ?
- Vas-y. Dit-il en me montrant de sa main le sac posé par terre.
Je le regarde incrédule, se sachant pas comment réagir. Malheureusement, ma vessie ne tient plus et je suis obligée d'accepter.
- Détachez moi. Il s'approche avec un sourire moqueur et me détache. Par reflexe je joins mes mains entre elles et caresse du bout des doigts les traces des menottes sur mes poignets. Je m'approche du sac et je souffle, quelle connerie je fais là. Son regard pesant trainait sur mon corps.
- Vous pouvez vous tournezs'il vous plaît ? Dis-je en serrant les dents. Il le fait sans omettre derire en même temps. Quel idiot. Je baisse le plus vite possible mon short et maculotte en faisant attention à me cacher le plus possible. Je remarque alorsque je n'ai absolument rien pour m'essuyer, j'expire bruyamment et me rhabille. Je me retourne et me rassoit sur la chaise, sans lui dire que j'ai fini. Quelques minutes après il se retourne et ses yeux rencontrent les miens. Il part chercher le sac et le met à côté de la porte. Il se replace devant moi et ses prunelles azur rencontrent les miennes, encore. Je baisse les yeux, incapable de soutenir son regard. Il revient avec ses menottes, pleines de sang séchés. Je me bondis de la chaise et me place loin de celle-ci. Mes yeux le supplient presque de m'épargner. Son légendaire sourire en coin revient et il avance, déterminé.
Il avance, je recule.
Il avance, je recule.
Il avance, je ne peux plus reculer, mon dos heurte le mur.
Il avance et je mets mes mains devant moi pour le stopper dans sa course.
Il avance et prend mes mains pour les mettre au-dessus de ma tête. Son souffle s'abat contre mon oreille, et sans que je le sente, il me met les menottes. Sans reculer sa tête il me murmure :
- On continue notre jeu cariña ? Il recule, mais reste toujours très proche de moi. Autre question, pourquoi tu le protèges ?
- Je ne protège personne.
- Mauvaise réponse, encore. Je le regarde ne sachant pas ce qu'il va me faire, puis je sens du métal froid prendre place sur mon ventre. J'écarquille mes yeux en comprenant de quoi il s'agissait. Mon souffle devient irrégulier et saccadé. Sa main tenait les miennes et je n'arrivais pas à m'en défaire. Il continuait d'appuyer sur mon ventre avec son flingue tout en souriant sadiquement. Mes yeux s'embuent à nouveau, un sanglot échappe de mes lèvres et son sourire à lui accroit. Je ne supporte pas de le sentir si près de moi, je suffoque. J'ai besoin qu'il se recule pour respirer correctement. Et le seul moyen que je trouve sur le coup, c'est de lui cracher dessus.
Lui cracher dessus, pire idéede ta vie Davina
Ses yeux se ferment instantanément quand ma bave atterrit entre eux. Il se recule et s'essuie d'un revers de main.
Moi, je tombe, je m'écroule complètement. Ce moment, je ne voulais plus jamais le revivre, et voilà que je le vivais. Suis-je maudite ? Ai-je fait quelque chose de mal ? Je ne le mérite pas. Ma crise d'angoisse pointe le bout de son nez, et malgré mes tentatives pour la faire partir, elle est bien présente. Lui, revient en vitesse vers moi, je n'ai plus aucune force. Je ne cherche même plus à le fuir, après tout, ça ne servirait à rien. Il m'attrape par les cheveux et me plaque contre la chaise. Il m'assoie et attache les menottes sur celle-ci.
- Parle putain, je perds patience, ça a assez duré ton petit jeu. Et je te préviens, je serais beaucoup moins hésitant que Juan, s'il le faut, je te mettrais une balle entre les deux yeux. Et ça, sans aucun putain de regret. Comprendido ?
Je tremble de tout mon être, il pourrait me tuer rien qu'avec ses yeux. J'hoche la tête malgré tout. Il se redresse et me gifle. La plaie que j'avais sur la joue, s'ouvre à nouveau et je sens le sang couler. Je pleure, encore. Je ne me suis jamais sentie aussi faible qu'aujourd'hui. J'ai peur de ce qu'il pourrait me faire. J'ai peur de ne pas m'en sortir. Peur de ne jamais pouvoir revivre normalement. Revoir mon père, ma meilleure amie, ma maison.
Il tourne en rond dans la pièce en massant son menton. Que va-t-il faire ? Il s'immobilise et plante ses yeux dans les miens, il scrute mon visage avant de s'approcher de moi brutalement et d'attraper mes poignets. Il me détache et me tire par les cheveux. Je me débats en souhaitant qu'il me lâche enfin. Sa prise se fait plus dur et il continue de marcher. Il attrape un sac et puis nous passons la porte et une forte lumière vient éclairer mon visage. Mes yeux se ferment presque immédiatement sous la lumière. Il marche vite, trop vite. Mes jambes n'ont plus aucune force, s'il me lâche je suis presque sûre que je m'effondre par terre. Mes yeux s'habituent à la lumière et je remarque que nous sommes dehors. Dehors ?! Il me relâche ? Impossible, il ne risquerait pas que j'aille tout raconter à quelqu'un.
Nous continuons de marcher jusqu'à arriver dans un bois.Il me tient toujours par les cheveux et moi, je cris inlassablement. Mes cordesvocales se fatiguent et je n'ai bientôt plus aucune voix. Il ne dit pas un mot pendenttout le trajet. Nous nous enfonçons dans le bois et ce n'est que quand noussommes complètement entourés d'arbres qu'il me lâche les cheveux. Il me tient maintenant par les poignets.
Toujours sans me donner un regard, il sort de son sac une corde. La panique s'empare de moi. Il va me pendre ? Me fouetter ? Je continue de me débattre et je cris le plus fort que ma gorge me l'autorise.
Je cris. Il me gifle.
Je me débats. Il me gifle.
Il enroule chaque extrémité de la corde à mes poignets et m'accroche à un arbre. Je suis dos à celui-ci et je continue de crier. Il va me laisser mourir là, attachée à un arbre. Je l'appelle, le suppliant de me détacher, de me laisser partir. Je lui promets que je ne dirais rien, mais non. Il me regarde d'un air sévère me gifle une dernière fois et tourne les talons, me laissant seule, dans le bois.
A suivre...