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Renaissance Amoureuse
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Chapitre 3

Les jours suivants ont été un spectacle surréaliste. Ma maison, autrefois un sanctuaire de calme et de travail, s'est transformée en quartier général d'une conspiration de bas étage. Mes parents et Chloé étaient en permanence chez moi, consumés par leur plan.

Ils passaient des heures à fantasmer sur ce qu'ils feraient avec l'argent de la récompense.

« J'achèterai une villa sur la Côte d'Azur ! » déclarait ma mère pour la dixième fois, les yeux dans le vague. « Avec une piscine à débordement et un chef personnel. »

« Moi, je veux une collection de voitures de sport, » renchérissait mon père, un sourire béat sur le visage. « Une pour chaque jour de la semaine. »

Chloé, elle, était plus concentrée. Elle passait ses journées à étudier des vidéos de Marie Moreau. Interviews, apparitions publiques, reportages volés... elle analysait tout. La façon dont Marie hochait la tête en écoutant, son rire discret derrière sa main, la manière dont elle croisait les jambes.

Elle s'entraînait devant le miroir, répétant les gestes jusqu'à ce qu'ils deviennent une seconde nature.

« Regardez, » disait-elle en se tournant vers nous, adoptant une expression timide. « C'est comme ça qu'elle regarde Antoine quand il parle en public. Avec admiration, mais une pointe de mélancolie. Vous trouvez que c'est bien ? »

« C'est parfait, ma chérie ! » s'extasiait ma mère. « On dirait elle ! On dirait vraiment elle ! »

Parfois, Chloé se tournait vers moi, son nouveau visage affichant un air de supériorité condescendante.

« Alors, Camille ? Tu vois ? Ce n'est pas si compliqué. Il suffit d'un peu d'ambition. Une chose que tu n'as jamais eue. »

Je ne répondais rien, me contentant de la regarder avec une neutralité qui semblait l'irriter encore plus. Mon silence était ma seule arme.

Finalement, le jour J est arrivé. Le plan était fixé. Mon père "découvrirait" Chloé errant, désorientée, près d'un parc à la périphérie de la ville. Il appellerait immédiatement le numéro mis en place par Antoine Moreau. Ils avaient répété la scène des dizaines de fois.

« Je dirai que je l'ai vue et que son visage m'a semblé familier à cause des informations, » expliquait mon père avec l'assurance d'un grand acteur. « Je jouerai le bon samaritain inquiet. »

« Et moi, » ajoutait Chloé, « je serai confuse. Je dirai "Marie... Je crois que c'est mon nom. Mais je ne me souviens de rien d'autre." C'est parfait. L'amnésie partielle est impossible à réfuter. »

Leur stupidité était abyssale. Ils pensaient vraiment pouvoir tromper un homme comme Antoine Moreau, un homme qui avait bâti un empire sur sa capacité à voir les failles dans n'importe quelle structure, qu'il s'agisse d'un bâtiment ou d'un mensonge.

J'écoutais leurs délires, le cœur lourd de dégoût. Je ne pouvais plus rester. Je devais partir avant que tout n'explose. Je ne voulais pas être là pour voir les débris retomber.

Cette nuit-là, alors qu'ils dormaient enfin, épuisés par leur propre excitation, j'ai agi. Discrètement, j'ai fait un petit sac. Juste l'essentiel : un peu d'argent liquide, mon passeport, quelques vêtements. Mon plan était simple : prendre ma voiture et rouler, rouler le plus loin possible, changer de nom, recommencer ailleurs. Loin d'eux. Loin de ce désastre annoncé.

J'étais sur la pointe des pieds dans le couloir, ma main sur la poignée de la porte d'entrée, quand la lumière s'est allumée.

« Tu vas où comme ça ? »

La voix de mon père, dure et suspicieuse, a claqué dans le silence.

Je me suis figée, le cœur battant dans ma poitrine. Ils étaient là tous les trois, debout dans l'embrasure du salon, me regardant avec des yeux froids et accusateurs.

« Je... j'allais juste prendre l'air, » ai-je bafouillé, sachant que le mensonge était inutile.

Ma mère a ricané. « Prendre l'air ? Avec un sac ? Tu nous prends pour des imbéciles ? Tu essayais de t'enfuir ! »

« Tu voulais nous laisser tomber ! » a crié Chloé, son visage de Marie se tordant en une grimace de rage. « Tu voulais nous abandonner juste avant le grand moment, pour ne pas être impliquée si ça tourne mal ! »

Mon père s'est avancé et m'a arraché le sac des mains. Il l'a jeté par terre.

« Tu n'iras nulle part, » a-t-il grondé, me saisissant brutalement par le bras. « Tu restes ici. Tu fais partie de ça, que tu le veuilles ou non. On a besoin que tu sois là pour confirmer l'histoire si besoin est. Tu es la chirurgienne, tu pourras dire que tu as soigné ses "blessures". »

Il me serrait si fort que je sentais ses doigts s'enfoncer dans ma chair. J'ai essayé de me débattre, mais il était trop fort.

« Lâchez-moi ! Vous êtes fous ! »

C'est à ce moment précis, alors que nous étions figés dans cette confrontation sordide, que la sonnette a retenti.

Pas un son bref, mais une pression longue et autoritaire qui semblait résonner dans toute la maison.

Nous nous sommes tous tus instantanément, le regard tourné vers la porte.

Une seule personne pouvait sonner à ma porte à cette heure, avec une telle assurance.

Antoine Moreau.

Le chaos de notre dispute a été remplacé par une panique glaciale. Le plan n'était pas censé se dérouler ici. Il était arrivé trop tôt.

Le jeu venait de commencer, bien avant qu'ils ne soient prêts.

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