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Une seconde vie, un nouveau jeu
img img Une seconde vie, un nouveau jeu img Chapitre 4
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Chapitre 4

Quelques semaines s'écoulèrent dans cette atmosphère de chaos contrôlé. La maison Leclerc était devenue le sujet de conversation de toute la noblesse. On parlait de la "ménagerie" du Comte Antoine, de ses nombreuses protégées, et de sa pauvre épouse enceinte, si digne et si discrète au milieu de tout cela. Mon image de victime parfaite se consolidait jour après jour.

Ce matin-là, on m'annonça une visite que j'attendais avec impatience.

Ma belle-mère, Madame Dubois, la mère de Mireille.

Elle entra dans mon salon comme une furie, traînant derrière elle une Mireille à l'air pitoyable, les yeux rougis par des larmes que je savais feintes.

"Jeanne !"

La voix de Madame Dubois était stridente, accusatrice. Elle ne prit même pas la peine de saluer.

"Regarde ce que tu as fait à ta sœur ! Elle est au désespoir !"

Je levai lentement les yeux de ma broderie, prenant soin de montrer un visage surpris et inquiet.

"Belle-mère ? Mireille ? Que se passe-t-il ? Asseyez-vous, je vous en prie."

"Nous asseoir ?" ricana Madame Dubois. "Comment oses-tu faire semblant de ne rien savoir ? Cette maison est devenue un véritable bordel ! Des danseuses, des chanteuses, des intrigantes de toutes sortes ! Et ma pauvre Mireille est obligée de supporter tout ça !"

Je me tournai vers ma demi-sœur, qui sanglotait doucement dans son mouchoir.

"Mireille, qu'est-ce qui ne va pas ? Si ces... invitées te dérangent, il suffisait de me le dire. Je ne voulais que le bien-être de mon mari, le distraire pendant que je dois me reposer."

Mon ton était celui de la plus pure innocence.

"Elle ne te l'a pas dit parce qu'elle est trop bonne !" s'écria ma belle-mère. "Elle ne voulait pas t'inquiéter dans ton état ! Mais c'en est trop ! Cet endroit n'est plus digne d'une demoiselle de bonne famille !"

Je soupirai, l'air affligé.

"Je suis sincèrement désolée. Je ne savais pas que cela vous causait tant de peine. Mais où est Antoine ? Il devrait être là pour régler ce problème."

C'était la question piège. Je savais parfaitement où il était. Sylvie m'avait rapporté qu'il était parti chasser à l'aube avec la jeune veuve, Madame de Courville.

Le visage de Madame Dubois se crispa.

"Antoine n'est pas là. Il est... sorti."

"Et toi, Mireille," continuai-je, en la fixant. "Où étais-tu ce matin ? Je ne t'ai pas vue."

Mireille sursauta, et sa mère répondit à sa place, un peu trop vite.

"Elle était dans sa chambre, bien sûr ! Éprouvée par tout ce vacarme ! Elle voulait juste un peu de calme pour lire près du pavillon d'été, mais même là, elle est dérangée !"

Le pavillon d'été. Qui se trouvait, comme par hasard, juste à côté du bureau personnel d'Antoine. Un bureau où il ne recevait habituellement personne.

Dans ma vie précédente, c'est là que leur liaison avait commencé. Mireille prétendait y aller pour "le calme", mais en réalité, elle attendait qu'Antoine la remarque. Elle se présentait comme une fleur délicate et intellectuelle, se démarquant des beautés plus "vulgaires" qui l'entouraient. C'était sa stratégie.

Je savais qu'elle avait recommencé le même manège.

"Le pavillon d'été est un endroit charmant," dis-je pensivement. "Mais n'est-il pas un peu isolé ? J'espère que tu ne t'y ennuies pas toute seule."

Juste à ce moment-là, on entendit un grand bruit dans le couloir. Des cris, une lutte.

La porte de mon salon s'ouvrit à la volée. Deux gardes robustes tenaient fermement une personne qui se débattait.

C'était Mireille.

Pas la Mireille en larmes qui était assise sur mon canapé, mais une autre Mireille. Ou plutôt, la vraie.

Ses cheveux étaient en désordre, sa robe était légèrement déchirée au niveau du col, et une égratignure rouge marquait sa joue. Elle avait l'air furieuse et prise au piège.

Les gardes la jetèrent presque à mes pieds.

"Madame la Comtesse," dit l'un des gardes, essoufflé. "Nous avons trouvé Mademoiselle Mireille en train d'essayer de forcer la porte du bureau de Monsieur le Comte."

Le silence dans le salon était total.

Je regardai la Mireille en pleurs sur le canapé, puis celle, furieuse, à mes pieds.

Non, ce n'était pas Mireille.

C'était sa femme de chambre personnelle, habillée exactement comme elle. Un subterfuge classique. La vraie Mireille était probablement en train d'attendre sagement dans le pavillon.

Mais le plan avait mal tourné.

Je levai un sourcil, feignant la confusion la plus totale.

"Mais... comment est-ce possible ? Mireille est juste ici, avec nous."

Tous les regards se tournèrent vers la "Mireille" sur le canapé, qui venait de comprendre la catastrophe. Son visage est devenu blanc comme un linge.

Oh, ma chère sœur. Tu voulais jouer ? Le jeu devient intéressant.

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