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Une seconde vie, un nouveau jeu
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Chapitre 3

Antoine, dans ma vie précédente, n'a jamais été un homme fidèle. Son mariage avec moi était une affaire de convenance. Son amour pour Mireille, une passion éphémère basée sur l'interdit et la nouveauté. Mais au-delà de Mireille, il y avait toujours eu d'autres femmes. Des danseuses, des chanteuses, des veuves en quête de protection. Il aimait être entouré de beauté, être le centre de l'attention.

Sa plus grande faiblesse était son ego. Il avait besoin de se sentir désiré.

Mireille pensait qu'elle était unique, qu'elle était la seule à pouvoir le captiver. C'était son erreur. Elle n'était qu'une option parmi d'autres.

Cette fois, je n'allais pas la laisser devenir la seule option. Je vais noyer Antoine dans un océan de choix, jusqu'à ce que la présence de Mireille devienne banale, voire agaçante.

Quelques jours plus tard, j'ai organisé une petite réception intime, sous prétexte de célébrer ma grossesse. J'ai invité quelques dames de la cour, mais aussi une troupe de musiciens et de danseuses renommées.

"Mon cher mari," avais-je dit à Antoine avec un sourire innocent, "la maison est si silencieuse. Maintenant que je dois me reposer, tu dois t'ennuyer. Un peu de musique et de danse égayera nos soirées."

Il avait été ravi de l'idée.

Le soir de la réception, la maison était remplie de rires et de musique. Antoine était dans son élément, passant d'une jolie femme à l'autre, distribuant des compliments, son verre de vin jamais vide.

Mireille était là, bien sûr, essayant de conserver son air de supériorité intellectuelle, mais je pouvais voir la pointe d'agacement dans ses yeux chaque fois qu'Antoine riait un peu trop fort avec une danseuse aux cheveux de feu.

Le lendemain, Sylvie est venue me faire son rapport en me servant mon thé du matin. C'était notre nouveau rituel.

"Monsieur le Comte a beaucoup apprécié la soirée," dit-elle, les yeux baissés. "Il a demandé à ce que la troupe de danseuses reste pour quelques jours. Il a dit que leur art l'inspirait."

Je hochai la tête, savourant mon thé.

"C'est une excellente nouvelle. Assure-toi qu'elles soient bien installées et ne manquent de rien."

Sylvie hésita un instant.

"Mademoiselle Mireille n'avait pas l'air très contente. Elle a dit que tout ce bruit la dérangeait pour lire."

"Ma pauvre sœur," dis-je avec une fausse compassion. "Elle est si sensible. Peut-être devrais-tu lui suggérer de se promener dans les jardins ? L'air frais lui fera du bien."

Je pris une broche en saphir de mon coffre à bijoux.

"Tiens, c'est pour toi, Sylvie. Pour ton excellent travail."

Les yeux de la jeune femme s'illuminèrent. La broche valait probablement plus que six mois de son salaire.

"Madame... je ne peux pas accepter..."

"J'insiste," dis-je fermement. "La loyauté doit être récompensée. Et j'ai un autre conseil pour toi. Monsieur le Comte apprécie les femmes intelligentes, pas seulement les jolies. Tu sais lire et écrire, n'est-ce pas ? N'hésite pas à lui montrer tes talents. Aide-le à classer ses lettres, à organiser ses livres. Il appréciera une aide aussi compétente."

Sylvie comprit immédiatement. Je ne lui donnais pas seulement des bijoux, je lui donnais une voie vers le cœur, ou du moins l'attention, du maître de maison. Je la positionnais comme une rivale potentielle pour Mireille, non pas sur le plan de la beauté, mais sur celui de l'utilité et de l'intelligence discrète.

Les jours suivants, la maison s'est transformée en une véritable cour des miracles.

Antoine passait ses après-midi à "discuter poésie" avec une jeune veuve, ses soirées à "apprendre les pas de danse" avec la danseuse rousse, et ses matinées à "dicter son courrier" à une Sylvie de plus en plus audacieuse.

Il était comme un coq dans un poulailler.

Et Mireille ? Mireille, qui pensait être le soleil autour duquel tout tournait, se retrouvait soudain une planète parmi d'autres. Elle redoubla d'efforts, se faisant plus douce, plus prévenante, essayant de monopoliser l'attention d'Antoine. Mais plus elle essayait, plus elle semblait désespérée.

L'inaccessible devenait accessible, et donc, moins désirable.

Moi, pendant ce temps, je restais dans mes appartements. Je lisais, je brodais des vêtements pour mon enfant, je gérais les affaires de la maison d'une main de fer dans un gant de velours.

Je les regardais s'agiter, se déchirer, se jalouser.

J'étais la reine sur l'échiquier, et toutes les autres pièces dansaient selon ma volonté.

Je me sentais parfaitement calme, en sécurité.

Je protégeais mon enfant. Et je savourais le début de ma vengeance.

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