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La Réincarnation d'une Souveraine
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Chapitre 2

Le visage de Sophie s'est décomposé, passant de la surprise à une expression de pure injustice. Les larmes ont immédiatement rempli ses yeux, prêtes à déborder. C'était son arme la plus redoutable, celle qui avait trompé tout le monde dans ma vie antérieure.

« Jeanne... Votre Altesse... »

Sa voix était un murmure tremblant, chargé de larmes. Elle a fait un pas vers moi, les mains jointes en un geste de supplication.

« Je... je pensais que cela vous ferait plaisir. C'est votre anniversaire, je voulais juste... être belle pour vous honorer. Cette robe était dans votre garde-robe, je croyais que vous ne la mettriez plus. »

Elle a baissé la tête, son corps secoué par des sanglots feints.

« Pardonnez-moi si je vous ai offensée. Je ne suis qu'une pauvre orpheline, je ne connais pas toutes les subtilités du protocole. Je ne voulais pas mal faire. »

Plusieurs nobles, attendris par cette scène, ont commencé à murmurer entre eux. Je pouvais sentir leurs regards réprobateurs se tourner vers moi. La princesse cruelle qui humiliait sa pauvre petite assistante le jour de son propre anniversaire.

Mais je n'étais plus la Jeanne d'autrefois. Je connaissais ce jeu par cœur.

J'ai esquissé un sourire glacial.

« Vous ne connaissez pas le protocole, Sophie ? C'est étrange. Vous travaillez à mon service depuis deux ans. Vous savez parfaitement que cette robe, un cadeau de Sa Majesté le Roi, est réservée aux membres de la famille royale. Vous n'êtes pas de la famille royale. »

Je me suis approchée d'elle, ma voix restant basse mais audible pour tous ceux qui nous entouraient.

« Et vous n'êtes pas une "pauvre orpheline". Vous êtes ma cousine au troisième degré, la fille du baron de Valois, et mon assistante personnelle. Votre position vous oblige, plus que quiconque, à connaître et à respecter les règles. Cesser de jouer la comédie. »

Chaque mot était une pierre jetée contre sa façade d'innocence. Je voyais la panique grandir dans ses yeux. Ses larmes se sont taries, remplacées par une lueur de défi.

« Mais... c'est juste une robe », a-t-elle balbutié.

« Non », ai-je rétorqué sèchement. « Ce n'est pas "juste une robe". C'est un symbole. Un symbole que vous avez tenté d'usurper. Et cela ne sera pas toléré. »

Je me suis retournée vers les gardes, qui hésitaient encore, visiblement mal à l'aise. Mon ton est devenu tranchant comme l'acier.

« Suis-je la seule à donner des ordres ici ? J'ai dit, arrachez-lui cette robe. Maintenant. »

Les gardes ont sursauté et se sont finalement avancés vers Sophie. Elle a reculé, le visage tordu par la peur et la fureur. C'est à ce moment précis qu'une voix s'est élevée dans la foule.

« Jeanne, arrête ça tout de suite ! »

Louis. Mon fiancé. Il s'est frayé un chemin jusqu'à nous, le visage rouge de colère. Il a contourné les gardes et s'est placé devant Sophie, comme pour la protéger de son corps.

« Mais regarde-toi ! Comment peux-tu être si méchante et si capricieuse ? C'est ton anniversaire, tu devrais être heureuse. Au lieu de ça, tu t'en prends à Sophie pour une bêtise. »

Ses mots étaient les mêmes. Exactement les mêmes que dans ma vie passée. Le souvenir de ses mains me ligotant, de son regard vide, m'a submergée. La haine que je ressentais pour lui était encore plus profonde que celle que j'éprouvais pour Sophie.

« Louis », ai-je dit, ma voix dangereusement calme. « Ceci ne te regarde pas. Écarte-toi. »

« Non », a-t-il insisté, en me fusillant du regard. « C'est ma fiancée que je vois en train de perdre la raison. Sophie est ma cousine, je ne te laisserai pas l'humilier de la sorte. »

Il a baissé la voix, se penchant vers moi pour que seuls nous puissions l'entendre, son ton menaçant.

« Pense à notre mariage, Jeanne. Pense à ta réputation. Veux-tu vraiment passer pour une harpie jalouse aux yeux de toute la cour ? Fais ça, et je te jure que notre union sera un enfer. Personne ne respectera une princesse aussi cruelle. Fais un effort. »

Une menace. Il osait me menacer. Pour elle.

J'ai ri. Un rire sec, sans joie, qui l'a fait sursauter.

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