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La Pénitence Lointaine
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Chapitre 1

« Sors de là, putain de bâtard ! »

La voix stridente de Manon résonna dans le jardin luxueux, un son aigu qui détonnait avec la tranquillité du matin. Elle donna un coup de pied violent dans la cage en fer, faisant trembler le métal.

À l'intérieur, Damien Dubois se recroquevilla, pressant son corps contre les barreaux froids. La cage était destinée au grand Dogue Allemand de la famille, mais aujourd'hui, c'était lui l'animal. Ses vêtements étaient déchirés et maculés de terre, son visage portait les marques rouges des griffures de la veille.

« Je n'ai rien fait, Manon, » murmura-t-il, la voix rauque. « Je n'ai pas cassé ta poupée. »

« Tu mens ! » hurla-t-elle, son visage d'adolescente déformé par la rage. « Il n'y a que toi qui oses toucher à mes affaires dans cette maison ! Tu es un moins que rien, un intrus ! »

Un autre coup de pied, plus fort cette fois, fit vibrer la cage si fort que la tête de Damien heurta les barreaux. Une douleur sourde traversa son crâne. Il ferma les yeux, essayant de se dissocier de la douleur et de l'humiliation.

« Manon, arrête ! »

Une petite voix se fit entendre. Chloé, sa demi-sœur de huit ans, se tenait à quelques mètres de là, les yeux remplis de larmes. Elle tenait dans ses bras la poupée à la tête arrachée.

« Ce n'est pas Damien, » dit-elle en reniflant. « C'est Brutus qui l'a prise. Je l'ai vu. »

Manon se tourna vers la petite fille, le mépris dans le regard. « Toi, la ferme ! Tu le défends toujours, ce bâtard. Vous êtes pareils tous les deux, des sangsues qui vivent de notre argent. »

Elle s'apprêtait à frapper de nouveau la cage quand une voix glaciale les interrompit. « Que se passe-t-il ici ? »

Sophie Moreau, sa femme, se tenait sur le perron de la terrasse. Vêtue d'une robe de soie impeccable, elle les observait avec une froideur calculée, son visage parfaitement maquillé ne trahissant aucune émotion. Le pouvoir qu'elle dégageait était palpable, et Manon cessa immédiatement ses gestes.

« Maman, » geignit Manon en courant vers elle. « Damien a encore cassé mes affaires ! Et Chloé le défend ! »

Sophie ne jeta même pas un regard à Damien, toujours enfermé. Elle caressa doucement les cheveux de sa fille adoptive. « C'est bon, ma chérie. Ne te mets pas dans des états pareils pour un moins que rien. »

Elle fit un signe à un garde du corps qui se tenait en retrait. « Sortez-le de là. »

Le garde obéit, ouvrant la cage. Damien sortit lentement, ses membres endoloris. Il essaya de se redresser, de garder une once de dignité, mais son corps tremblait. Il refusa la main que le garde lui tendait, se relevant seul. Son silence était sa seule armure, un mur qu'il avait construit au fil des six dernières années pour survivre.

Sophie s'approcha enfin de lui, son parfum coûteux agressant ses narines. Elle examina ses vêtements déchirés et son visage meurtri avec un dégoût à peine voilé.

« Tu as l'air pitoyable, » dit-elle d'un ton neutre. « Manon est encore une enfant, tu devrais savoir comment ne pas la provoquer. »

Elle sortit un portefeuille de son sac à main et en extirpa une liasse de billets. Elle la lui jeta au visage. Les billets flottèrent jusqu'au sol, se posant dans la boue.

« Tiens. Va t'acheter des vêtements neufs et ne te montre plus devant moi aujourd'hui. Considérez cela comme une compensation. »

Damien regarda les billets souillés, puis le visage impassible de sa femme. Quelque chose en lui se brisa. Ce n'était pas la douleur physique, ni même l'humiliation publique. C'était ce geste. Cette façon de le réduire à un objet, une nuisance que l'on pouvait calmer avec de l'argent. Six ans. Six ans de mépris, de coups, d'insultes. Six ans à espérer un regard, un mot gentil, une reconnaissance qui n'était jamais venue.

Il releva la tête, et pour la première fois, le désespoir dans ses yeux fut remplacé par une lueur froide et déterminée. C'en était assez. Il allait partir. Il allait divorcer.

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