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Chapitre 4
Livia se réveilla dans un monde flou, sa tête lourde comme un bloc de pierre. Le tumulte de la douleur l'envahit aussitôt, l'obligeant à refermer les yeux. Elle essaya de se lever, mais une vague de vertige l'écrasa. Des chaînes... Elle pouvait sentir le métal froid à ses poignets, le bruit métallique d'un verrouillage derrière elle. Chaque mouvement semblait brûler sa peau, chaque respiration l'aspirait plus profondément dans le gouffre. Les souvenirs revenaient par bribes : la fuite, l'agonie, l'étreinte impitoyable de Caïn, et... la promesse de sa survie.
Elle se redressa lentement, essayant de concentrer son esprit sur autre chose que la douleur. Son regard balaya la pièce, vide et morne, comme une prison construite pour briser sa volonté. Les murs étaient faits de pierres froides, les fenêtres hautes, étroites, hors de portée. Elle était enfermée.
La porte s'ouvrit avec un grincement métallique qui fit battre son cœur plus fort. Elle releva les yeux, attendant l'irruption de son bourreau. Caïn entra, son regard glacial posé sur elle comme un fauve scrutant sa proie. Il ne dit rien au départ, se contentant de la fixer avec une froideur presque amusée. Livia serra les dents. Il n'y avait rien de plus dégradant que d'être à sa merci.
« Comment te sens-tu ? »
Il prononça ces mots d'un ton détaché, comme s'il s'agissait d'une simple question de politesse. Mais il y avait quelque chose de plus dans sa voix, une note d'ironie qui fit naître un frisson dans le bas du ventre de Livia.
Elle se redressa un peu plus, sa mâchoire serrée, et tenta de se donner une contenance malgré l'épuisement. « Pas mieux », répondit-elle d'une voix rauque. Elle observa ses poignets, les chaînes cliquetant sous le moindre de ses mouvements. « Tu veux que je sois ton esclave ? »
Il s'approcha lentement, sans précipitation, chaque pas lourd et mesuré. Ses yeux restèrent fixés sur elle, presque dévorants. « Non », dit-il enfin, sa voix aussi tranchante qu'une lame. « Pas ton esclave. Mais tu m'appartiens. Et tu vivras tant que tu accepteras cette condition. »
Livia le dévisagea, incapable de cacher la colère qui montait en elle. « Je préfère mourir que de me soumettre à toi. »
Il éclata d'un rire sec, presque cruel. « La bravoure est une qualité, Livia. Mais elle ne t'aidera pas ici. Tu veux survivre, n'est-ce pas ? Alors accepte la vérité : tu n'as plus de pouvoir ici. Tu as perdu. Tout ce que tu as, ce sont tes chaînes, et ton corps qui te trahit. »
Elle se tourna légèrement sur le côté, essayant de repousser la douleur qui montait dans son ventre. « Je ne ferai pas ce que tu veux. »
« Tu n'as pas le choix », répondit-il, son ton glacé. Il se pencha un peu plus près d'elle, ses yeux brillant d'une lueur amusée, et effleura ses cheveux d'un doigt. « Tu peux te battre, te débattre, mais au bout du compte, tu cèderas. Parce que tu n'as nulle part où aller. »
Livia déglutit, serrant les poings. L'idée de se soumettre à cet homme était au-delà de toute limite. Mais la vérité s'insinuait, aussi implacable que la douleur qui pulsat dans chaque fibre de son être. Elle était capturée, sa liberté volée, son corps épuisé par des jours de torture. Sa fierté ne l'aiderait pas à échapper à cette situation. Elle serra les dents, refusant d'abandonner complètement sa dignité.
« Tu veux savoir ce que je pense de ton offre ? » murmura-t-elle, les yeux pleins de défi. « Je pense que je mourrais de faim plutôt que de te donner ce que tu attends. »
Il haussait un sourcil. « Très bien. Tu veux mourir ? Je vais te laisser choisir. » Il fit un geste vers la table où reposait un petit bol de nourriture. « Tu peux essayer. Mais sache une chose, Livia : ta fierté ne te sauvera pas. »
Il tourna les talons et s'éloigna, laissant un silence pesant derrière lui. Livia se laissa tomber sur le lit, la douleur intensifiée par l'effort qu'elle avait fait pour se redresser. Elle regarda les chaînes autour de ses poignets et sentit une vague de désespoir l'envahir. Elle n'avait rien d'autre. Rien, à part sa propre colère et une haine brûlante contre cet homme. Mais au fond, elle savait que ça ne suffirait pas. Pas contre lui.
Elle savait qu'il avait raison. Elle n'avait plus de pouvoir ici. Si elle voulait survivre, elle n'avait d'autre choix que de s'adapter. Mais comment ? Comment accepter d'être la proie de cet Alpha, d'être sous son joug sans jamais pouvoir le briser ? Une larme solitaire roula sur sa joue, et elle la laissa tomber. Elle était une louve, mais aujourd'hui, elle n'était qu'une bête capturée, tout juste assez vivante pour ressentir la douleur.
Caïn revint quelques instants plus tard, son regard toujours aussi impassible. Il s'approcha du lit et se pencha légèrement, observant Livia avec une curiosité presque glacée.
« Tu as pris ta décision ? » demanda-t-il. Il savait que la question n'avait pas de réponse immédiate. Il savait que son corps affaibli finirait par céder.
Elle se redressa lentement, sa respiration saccadée, et dévisagea Caïn avec un défi toujours présent dans ses yeux. « Je vais me battre. Jusqu'à ce que je ne puisse plus. »
Il la scruta un instant, comme s'il mesurait sa détermination, avant de secouer la tête, un sourire en coin. « Tu es tenace. Mais cela ne te sauvera pas. Accepte cela, et tu vivras. Résiste, et tu mourras. »
Ses mots étaient durs, froids, et perçaient droit au cœur. Mais Livia les ignora. Elle n'avait plus rien à perdre. Pas maintenant. Pas face à lui.
« Je ne me soumettrai pas. »
« Tu t'y feras », répliqua-t-il, presque indulgent. « Tout comme tu t'es fait à la souffrance. Tout comme tu t'es fait à la douleur. »
Caïn tourna les talons, mais avant de quitter la pièce, il se retourna une dernière fois, ses yeux fixés sur elle. « Ne t'inquiète pas. Tu survivras. Mais il y a un prix à tout. »
Livia le regarda partir, la tête pleine de questions sans réponse, de frustrations amères. Mais une chose était certaine : elle allait survivre, même si cela signifiait accepter de vivre sous la domination de cet Alpha. Pas pour lui, pas pour ce qu'il voulait d'elle, mais pour elle-même. Elle le haïssait plus que tout, mais elle ne se laisserait pas briser. Pas maintenant. Pas encore.