/0/23649/coverbig.jpg?v=7f5d83d4010ec60070e24ee0612e6ebb)
Ava se sentit engloutie par ses paroles, comme si chaque syllabe était une chaîne invisible, la reliant à lui d'une manière dont elle n'arrivait pas à saisir toute l'étendue. Les mots résonnaient dans sa tête, bouillonnant, se mêlant à la panique qui bouillonnait dans ses veines. Elle secoua la tête, dans un geste désespéré de rejet, comme pour chasser l'inévitable qui s'abattait sur elle.
- Non... non, ce n'est pas possible, murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.
Mais il ne semblait pas choqué par son refus. Il restait là, calme, presque apathique, alors qu'elle se débattait avec des émotions qu'elle ne comprenait pas. Elle sentait son cœur se serrer, ses pensées devenant floues, embrouillées, envahies par un sentiment de perte qu'elle n'avait jamais connu auparavant.
- Tout ce que tu veux, tout ce que tu croyais possible... tout cela va changer, Ava, dit-il d'une voix froide. Tu n'as plus le choix.
Elle s'éloigna à reculons, ses jambes faibles, son esprit noyé dans la confusion. Elle ne pouvait pas l'accepter. Elle ne pouvait pas croire ce qu'il lui disait. Mais dans chaque fibre de son être, quelque chose lui soufflait que ces paroles étaient la vérité, la seule vérité qu'elle devrait affronter.
- Je vais partir. Je vais m'échapper de toi, de ce... de ce monde, dit-elle, ses mots saccadés.
Il ne bougea pas, ne fit aucun geste, mais son regard resta fixé sur elle, impassible. Son calme la mettait plus en colère qu'elle ne l'aurait voulu.
- Tu pourrais essayer, répondit-il d'une voix monotone, mais tu reviendras toujours à moi. Tu n'as nulle part où aller, Ava. Ce que nous partageons est plus puissant que tout ce que tu pourrais fuir.
Un frisson glacial la traversa, mais au lieu de le fuir, elle s'arrêta, se tournant vers lui une dernière fois. Elle voulait se battre, vouloir plus que tout lui prouver qu'elle n'était pas un pion dans son jeu. Mais elle savait aussi, au fond de son âme, qu'il avait raison. Elle n'avait pas le choix. Ils étaient déjà liés, d'une manière qui défiait toute logique.
- Qu'est-ce que tu veux de moi, alors ? demanda-t-elle, la voix brisée, la résignation mordant ses mots.
Il ne répondit pas tout de suite. Il la regarda, comme s'il la scrutait en profondeur, cherchant peut-être à mesurer sa faiblesse, son acceptation.
- Je veux que tu comprennes, que tu acceptes ce qui est inévitable. Ce lien... ce n'est pas une malédiction, Ava. C'est un choix. Un choix que tu feras à un moment donné. Mais pour l'instant... il faut que tu vives avec. Il faut que tu l'acceptes.
Elle se sentait piégée, comme une proie prise dans un piège dont elle ne pouvait pas s'échapper. Tout ce qu'il disait, tout ce qu'il insinuait, c'était comme une vérité glacée qu'elle devait accepter. Mais accepter quoi, exactement ? Ce lien ? Cette âme-sœur ? Tout ce qu'elle avait cru savoir de la vie n'avait plus de sens. Et lui, il restait là, dans son silence imposant, attendant qu'elle accepte l'inacceptable.
Elle baissa les yeux, se sentant épuisée par cette lutte intérieure, par la bataille qu'elle perdait avant même de l'avoir commencée. Ses mains tremblaient, et une larme solitaire roula sur sa joue, qu'elle essuya d'un geste brusque.
- Pourquoi... pourquoi moi ? demanda-t-elle d'une voix à peine audible.
Il s'approcha d'un pas, mais cette fois, il n'y avait pas de menace dans son geste, juste une froide détermination. Il se pencha légèrement vers elle, comme s'il allait lui offrir une réponse qu'il n'avait pas donnée auparavant.
- Parce que c'était ton destin. Parce que c'est toi. Et peu importe combien tu te débats, tu ne pourras jamais échapper à ce qui t'attend.
Ses mots étaient comme des pierres jetées dans l'eau, perturbant l'étendue tranquille de ce qu'elle pensait comprendre. Elle n'était qu'une simple adolescente avant tout cela. Et maintenant, elle se retrouvait coincée dans un jeu dont elle ignorait les règles, entre ses mains, les siens et ceux de ce monde inconnu qu'il lui avait ouvert.
Elle serra les poings, puis se laissa tomber sur le lit, épuisée. Ses jambes ne la soutenaient plus, ses pensées étaient en tourmente, un chaos qu'elle ne pouvait pas maîtriser.
Il ne dit rien. Il la regarda une dernière fois, puis se détourna.
- Repose-toi, dit-il simplement. Il y aura beaucoup de choses à apprendre. Mais tout viendra en son temps.
La porte se referma dans un éclat de silence. Et Ava resta là, seule avec ses pensées, le bruit du cœur battant dans sa poitrine, le poids du destin qui reposait sur ses épaules.
Ava resta là, allongée sur le lit, les yeux fixés sur le plafond, une lourdeur dans la poitrine. Les mots de Zack tournaient dans sa tête comme une mélodie insupportable, s'infiltrant dans chaque recoin de son esprit, rendant chaque pensée plus confuse, plus douloureuse. Elle se força à respirer profondément, à se concentrer sur le calme apparent de la pièce. Mais le bruit de son cœur battant toujours plus fort trahissait son agitation intérieure.
Elle se redressa lentement, ses muscles tendus, son esprit à la dérive. Comment en était-elle arrivée là ? Comment avait-elle pu se retrouver piégée dans ce monde qu'elle ne comprenait pas, lié à un vampire ? Un sang-pur, disait-il. Le genre de créature dont elle avait appris l'existence dans les livres d'histoires fantastiques, mais qui semblait désormais être sa réalité. La pensée seule de ce lien, de cette connexion, la rendait malade. Tout ce qu'elle avait connu jusque-là n'était plus qu'un rêve lointain, une illusion fragile.
Elle se leva brusquement, cherchant une occupation, n'importe quoi pour faire taire ce tumulte intérieur. La chambre était trop silencieuse. Un silence lourd, oppressant. Le monde extérieur semblait distant, comme si elle vivait dans une autre dimension, coupée de tout ce qui était familier et rassurant.
Le froid la mordit en passant près de la fenêtre ouverte. Elle se dirigea vers elle, écartant les rideaux pour observer la nuit qui s'étendait devant elle. Le ciel était d'un noir profond, parsemé d'étoiles lointaines. Le vent soufflait doucement, mais il portait une fraîcheur qui n'avait rien de réconfortant. C'était comme si le monde extérieur lui offrait un dernier souffle de liberté, une illusion de normalité, avant qu'elle ne soit définitivement engloutie par ce qu'elle refusait d'accepter.
Son regard se perdit dans l'obscurité, cherchant un moyen d'échapper à ce destin. Elle pensa à sa famille, ses amis, à sa vie avant tout cela. Mais quelque part, une voix, faible mais persistante, lui murmurait que ce monde n'était plus le sien. Elle n'y appartenait plus. Il n'y avait plus de place pour elle, là-bas. Pas dans ce monde. Pas avec ce lien.
Un bruit soudain la fit sursauter. Elle se tourna brusquement, une sensation de malaise croissant. La porte s'ouvrit lentement, et Zack apparut, son regard perçant, comme une ombre qui s'infiltrait dans sa vie, menaçant d'en effacer les contours. Elle aurait voulu crier, courir, tout faire pour le fuir. Mais une force invisible semblait la retenir, la clouer sur place.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle, sa voix plus forte qu'elle ne l'aurait cru. Elle se tourna vers lui, déterminée à ne pas montrer sa vulnérabilité.
Il la regarda un instant, avant de s'avancer vers elle, son pas lourd et mesuré. Son regard était glacial, mais une pointe d'inquiétude y perça, comme une fissure dans un mur trop parfait.
- Ce n'est pas ce que tu penses, dit-il calmement. Je ne suis pas ici pour te menacer.
Ava plissa les yeux, méfiante.
- Alors, pourquoi es-tu là ? Pourquoi ne me laisses-tu pas tranquille ?
Il la fixa longuement, puis s'arrêta à quelques pas d'elle. L'air autour d'eux semblait chargé d'une tension presque palpable.
- Parce que tu dois comprendre ce qui t'arrive. Parce que tu ne peux pas vivre dans l'ignorance. Je sais que tu ressens la confusion, la peur, la colère. C'est normal. Mais c'est ce que nous sommes, Ava. Ce lien est un fardeau, oui. Mais c'est aussi une chance. Un privilège.
Elle secoua la tête, son cœur battant la chamade.
- C'est ton privilège. Pas le mien.
Une ombre passa dans ses yeux. Il se rapprocha un peu plus, mais cette fois, elle n'eut pas envie de reculer. Pas encore.
- Tu penses que je veux ça ? Que j'ai choisi cette vie ? demanda-t-il d'une voix plus basse. Tu crois que c'est facile pour moi ?
Il la scruta intensément, comme s'il cherchait à voir au-delà de sa façade, à percer ses défenses.
- Je n'ai jamais voulu cela. Personne ne le veut. Mais tu vois, Ava, je n'ai pas eu le choix. Et toi non plus.
Les mots tombèrent dans l'espace entre eux comme une vérité accablante. Elle lutta pour contenir la vague de désespoir qui menaçait de l'envahir. La colère, elle, était plus facile à gérer. Elle ne voulait pas montrer sa faiblesse, pas devant lui, pas devant quelqu'un qui semblait avoir toutes les réponses, même celles qu'elle ne voulait pas entendre.
- Je... je ne veux pas être liée à toi, dit-elle enfin, les lèvres tremblantes.
Il s'approcha encore, un sourire légèrement amer flottant sur ses lèvres.
- C'est trop tard pour ça. Mais tu apprends vite, je vois.
Elle se sentit engloutie par l'énormité de ses mots, par la puissance de ce qu'il insinuait. Il n'y avait pas de retour en arrière, pas de fuite possible. Elle devait accepter la vérité de ce lien, aussi détestable et contraignant qu'elle fût.
- Je vais t'aider à comprendre. Pas parce que je le veux, mais parce que c'est ce que tu dois faire, dit-il d'une voix basse, presque douce. Tout ce que je fais, je le fais pour toi.
Elle serra les poings, la colère prenant le dessus. Il voulait la contrôler. Il voulait la plier à sa volonté. Mais il y avait quelque chose dans sa voix, quelque chose dans son regard qui la faisait douter. Douter de son propre jugement. Douter de ce qu'elle pensait savoir sur lui.
Elle s'éloigna de lui d'un pas.
- Je ne te crois pas. Je ne crois rien de ce que tu dis.
Il la regarda sans rien dire, mais quelque chose d'autre, quelque chose de plus profond, se lisait dans ses yeux. Une sorte de tristesse, mélangée à une résignation qu'elle n'aurait jamais imaginée chez lui. Mais elle n'était pas prête à l'accepter. Pas encore. Elle se tourna, cherchant à fuir une fois de plus ce monde auquel elle n'appartenait pas.
Et pourtant, quelque chose en elle savait qu'elle n'échapperait pas à ce destin.