Chapitre 2 Voyager

Le ciel est orange, avec plein de barbes à papa pour nuage. Oh avec plein de chocolat pour étoile. Je vole, oui ça y est je vole. Liberté ! Les oiseaux tournent autour de moi. Une musique indienne en fond sonore. Mes épaules sont si légères. Je respire enfin un air pur.

« -Réveillez-vous... »

Depuis combien de temps les oiseaux ont appris à parler.

Il vient me chatouillez le nez.

« -Réveillez-vous mademoiselle... »

Mais je ne dors pas, pourquoi me parle-t-il de me réveiller. Le volume de la musique diminue de plus en plus.

« -Réveillez-vous Kassidy... »

La voix devient de plus en plus claire et moins lointaine. Suis-je enfin de compte en train de dormir. Si c'est le cas je ne veux pas me réveiller, jamais !

« -Non laisse-moi voler en paix. » Dis-je la tête dans l'oreiller.

Je ne sais même pas si je parle dans le vide ou si je parle réellement à quelqu'un.

Je suis libre ici, il n'y a pas de problème à l'horizon. Je peux enfin être... Mouillé par de l'eau froide ?

« -AAAAAAAAAAAHH !

De l'eau ! Pourquoi j'ai de l'eau sur moi ?

-Je n'arrivais pas à vous réveiller, c'est le seul moyen que j'ai trouvé !

Mais c'est qui ?

-Mais qui êtes-vous ? Comment être vous rentrer chez moi ? Dis-je paniquer.

Où est le téléphone pour que je puisse appeler la police ? Ah ce téléphone, il n'est jamais là quand on a besoin de lui !

-Mademoiselle, c'est moi, Erick ! On s'est vu hier, est-ce que vous allez bien ?

Erick ? Erick ? Je connais un Erick ? Il me regarde avec des yeux inquiets ? Peut-être que je dois le connaître ? Attendez... Erick... Erick...

-Erick Jones, le malade qui vit dans un monde d'espionnage !

Est-ce que j'ai dit cela tout haut et devant lui ?

-Je vous rassure je ne suis pas malade et mon monde va devenir le vôtre. Dit-il avec sérieux.

À l'occurrence, il m'a entendu ! Et depuis quand son monde deviendra mon monde, je n'ai jamais dit oui aux dernières nouvelles !

-Je n'ai jamais dit que j'étais d'accord pour votre offre. Dis-je en haussant la voix.

Ça y est je suis bien réveillée cette fois !

-En fait vous avez déjà dit oui, lorsque vous avez accepté de prendre un café avec moi.

Hé hé on se calme, j'ai dit oui pour aller prendre un café -café que je n'ai jamais eu finalement- et non l'acceptation pour un poste.

-Je crois qu'on n'a pas la même définition de prendre un café et accepté un job ! Et puis, et puis ça ne répond pas ma question : comment êtes-vous rentré dans ma chambre ? Dis-je en paniquant de plus en plus

Heureusement que je me suis endormi toute habiller, la honte s'il m'avait trouvé dans mon pauvre pyjama ! Attends, je viens vraiment de penser à ça ? !

-Il est très facile de rentrer dans votre chambre, ce qui par ailleurs est très dangereux. Je suis venu pour préparer vos affaires, pour gagner du temps.

Minute, pause, rembobinage...

-Vous avez fait mes valises ? Mais co... Pour... Où allons-nous ?

Bon gagnons du temps et arrêtons de poser des questions. Je n'ai pas mon mot à dire dans cette mini dictature apparemment. Même si la toute suite la seule question importante qui me vient à l'esprit est : A-t-il touché à mes sous-vêtements ?

-Nous partons trois mois au Canada pour vous entrainer. Tout futur agent passe par ce camp avant toute première mission.

OK bon il me semble qu'il est temps que je parte.

-Est-ce que je peux aller aux toilettes où là aussi vous voulez dire quelque chose ?

Ne montre surtout pas tes intentions ma belle !

-Non je crois que vous pouvez y aller sans recommandation. » Dit-il encore une fois avec un sérieux à faire peur.

Il se moque de moi ou pas ?

Pour la première fois que j'habite ici, je bénis le fait que les toilettes soient sur le palier. On ferme la porte doucement pour ne rien montrer et on COURT.

Mais pourquoi j'ai accepté de parler à ce type, besoin d'aventure ? Elle est bien bonne cette excuse. Mais pourquoi je n'ai pas suivi la première option du dilemme qui était de partir en courant sans se retourner. Je n'ai jamais descendu les escaliers aussi vite. Je me suis toujours plein du fait que ma chambre soit au dernier étage, mais promis je ne le ferais plus jamais !

Ah enfin le bas de mon immeuble, je suis à une marche de réussir ! Plus que la porte à passer et je pourrais aller au premier poste de police que je croiserais.

« -Excusez-moi monsieur est-ce que vous pouvez me laissez-passer s'il vous plaît ?

Il faut que cela tombe aujourd'hui qu'un type, -type aussi grande qu'une armoire à glace-, bloque tout le passage !

-S'il vous plaît ?

Il pourrait me répondre ou me regarder quand même !

-Vous me croyez si bête que cela, Mademoiselle Brandon ? Dit une voix dans mon dos.

Même de dos et rien qu'au son de sa voix je sais qu'il sourit.

-Je ne vois pas de quoi vous parlez Monsieur Jones. »

Se retourner et faire comme si on n'est pas au courant. Faire comme si on n'essayait pas de s'enfuir. Je suis la pire menteuse au monde !

Je me retourne vers le son de sa voix et je me rends compte, qu'il est bien en train de sourire. Et donc de se moquer de moi. Mais je remarque surtout des sacs à ses pieds. Des sacs qui sont clairement à moi.

« -Vous avez pris toutes mes affaires ! Crié-je.

Toujours ce même sourire, arrogant, et sûr de lui !

-Vous allez adorer le voyage Kassidy.

Mais je ne veux pas partir, je veux rester en France !

-Vous ne pouvez pas m'obliger à partir ! Et puis d'abord je n'ai même pas de passeport !

Heureusement que j'ai eu la merveilleuse idée de ne jamais en faire ! Pas besoin de passeport pour aller au Royaume-Unis ... Thanks God !

-Tout est réglé ne vous inquiétez pas, vous pouvez partir sans crainte de la France. Votre lettre de démission a été correctement envoyée à votre employeur, votre uniforme a été rendu et votre bail a été rompu.

MAIS JE N'AI JAMAIS FAIT CELA !

-Et maintenant vous allez faire un gros dodo. Dit-il en s'avançant vers moi avec une aiguille à la main.

Mais je n'ai pas envie de dormir, c'est quoi cette grosse aiguille, il ne va pas faire ça ! Nous sommes dans la rue à la vue de tous, il ne va pas faire ça !

-Bonne nuit Mademoiselle ! »

Je sens une petite piqûre au niveau de mon bras. Je vois son sourire au coin, ses yeux qui se moquent de moi, avant que tout devienne flou.

Eh bien si, il l'a fait !

***

Du bleu, rien que du bleu. Que l'océan est magnifique vue de dessous. Quel plaisir de respiré sous l'eau. Voir tous ces petits poissons de toutes les couleurs fait chavirer mon cœur de joie. Les coraux sont magnifiques. Les dauphins sont si doux et si gentils ! Quelle joie de ne pas avoir la peau qui se fripe à force de rester dans l'eau.

« -Madame, Monsieur, nous abordons notre descente vers Toronto. »

Alors là ce n'est pas normal !

Je ne savais pas que les profondeurs des océans s'appelaient Toronto !

« -Nous vous invitons à regagner votre siège et vous assurer que vos bagages à main sont situés sous le siège devant vous ou dans les coffres à bagages.

Mais je suis en train de nager ! Je ne peux pas regagner mon siège, je n'en ai pas !

-Les portes et issues doivent rester dégagées de tous bagages.

Les portes ? Mais quelles portes ? Il n'y a pas de porte sous l'eau ? À moins que...

-Si vous changez d'aéroport avec une correspondance sur un vol Léonard Airlines France, veuillez-vous présenter aux comptoirs correspondants au numéro de votre agence régional et récupérez ensuite vos bagages enregistrés. »

« -A vous êtes enfin réveillé ! C'est vrai que j'ai un peu exagéré sur le somnifère, mais je voulais être sûr que le voyage se passerait bien.

Somnifère ? Exagéré ?

-Exagéré sur la dose ? Mais vous êtes un grand malade ! Là aussi vous allez dire que vous ne m'avez pas kidnappé ? Dis-je d'une voix pâteuse.

Mais qu'est-ce qu'il m'a donné comme somnifère. Il y avait autre chose dans son truc ce n'est pas possible !

Maintenant je peux le confirmer : ce type devrait être enfermé dans un hôpital psychiatrique !

-Heureusement que nous avons une compagnie aérienne de Léonard X parce que sinon, je pense que j'aurai eu de gros problèmes ! Dit-il en rigolant

Mais c'est qu'il rigole en plus !

-Qui vous dit que vous n'en auriez pas eu en sortant ! »

C'est sûr que cette réplique est nul mais au moins j'ai balancé une réplique !

Wow Monsieur, je suis le plus beau, le plus fort, ne répond pas à mon attaque ! Il ne sourit même pas ! Difficile à croire mais oui je gagne une manche, avec une réplique si pourrit ! Attends, il ne peut pas ne pas répondre à cette attaque, elle est totalement nulle !

On descend de l'avion le tout en silence -C'est moi qui ai fait ça ? – Nous descendons sur le tarmac. Une voiture noire -J'en suis sure blindée ! - nous attend au pied de l'avion.

Pas un bruit jusqu'à ce qu'on monte dans celle-ci. Seules les indications lancées par Erick au chauffeur font office de conversation dans la voiture.

J'aime le silence mais il y a des limites !

« -Nous aurons combien d'heure de route jusqu'à notre destination ?

À savoir pendant combien de temps encore je devrais supporter ce silence de mort !

-Nous avons une journée de route. Dit-il en regardant son téléphone portable.

Une journée de route ? UNE JOURNÉE DE ROUTE ? Mais il veut provoquer un meurtre !

-QUOI ?

-C'est toujours un bon moyen pour apprendre à mieux connaître les futures recrues. »

Le silence avant la tempête j'aurai dû m'en douter !

Et c'est avec un magnifique sourire d'Erick et une envie de vomir de ma part que le voyage continue.

« -Puisque nous allons passer plus de vingt heures assis dans cette voiture...

-ON NE VA PAS FAIRE DE PAUSE ? Le coupé-je

Je veux bien comprendre qu'il faut une journée pour aller de notre point A à notre point B, mais je n'ai pas une super vessie moi !

-Oh nous ferons des pauses ne vous inquiétez pas pour cela, donc comme je le disais avant que vous me coupiez, nous allons profiter de ces heures pour mieux nous connaître et apprendre à nous faire confiance.

Il a vraiment dit confiance ?

-Je croyais que vous saviez déjà tout de moi. »

Et voilà comment terminé une conversation aussi vite qu'elle a commencée

Pourquoi je ferai la conversation avec un homme qui m'a kidnappé. Il ne veut pas le dire mais appelons un chat, un chat !

***

C'est vrai que je disais que le silence ne me dérangeait pas, mais à l'occurrence lui a horreur de ça. Donc donnons à monsieur ce qu'il n'aime pas, comme ça, il y aura au moins une heureuse dans cette voiture.

« -Vous n'allez pas parler du voyage ?

Je savais qu'il n'aimait pas le silence, je suis fier de l'avoir instauré dans cette voiture !

-Je vois... Vous savez quand j'étais petit, je rêvais d'être un cow-boy. Je vous assure un vrai cow-boy. Sentir le vent dans mes cheveux lorsque j'aurai été sur mon cheval...

Il est en train de me raconter sa vie ? Mais il veut vraiment qu'un meurtre se produise dans cette voiture !

-... Il aurait été blanc, avec des tâches couleur caramel...

Et si je faisais semblant de dormir ?

-... Le plus rapide que le monde aurait pu voir... Ne faites pas semblant de dormir, vous avez dormi pendant plus de sept heures dans l'avion.

Il est trop malin pour mon propre bien celui-là !

-Donc comme je disais... »

Tuer moi !

Je crois que je risque de craquer avant son huitième anniversaire, qui je cite : « Était le meilleur anniversaire qu'un enfant de huit ans pouvait avoir ». Phrase qui a été dite pour soi-disant me mettre l'eau à la bouche.

Mais que quelqu'un aplatisse sa tête sur la vitre !

« - ...Mes parents m'avaient emmené à Disneyland à Tokyo, le rêve de tous les enfants, d'autant plus que nous vivions à Adelaïde ...

C'est bon je craque !

-OK ! C'est bon, arrêtez cette torture ! J'abandonne ! Je vais parler. Hurlé-je.

Limites atteintes !

-Vous avez tenu deux heures trente, pas mal du tout. L'ancienne recrue avait tenu une heure. Vous avez d'excellents nerfs. Ceci peut être une bonne base. Dit-il en regardant sa montre.

Il se moque de moi !

-Ceci était... Un test ?

Garde ton calme, garde ton calme !

-Ceci est un moyen pour voir votre aptitude à garder vos nerfs au calme. Cette technique n'a jamais loupé !

Il n'y a pas de couteau et des gants pour que je puisse le tuer sans laisser des marques !

-OK, vous voulez qu'on fasse connaissance, nous allons faire connaissance ! Depuis quand kidnappez-vous des gens ? Vous les endormez tous pour les emmener au Canada ?

Inspire, expire, inspire, expire

-En principe ils sont plus coopératifs, je n'ai pas à faire tout cela.

Ne pas craquer, ne pas craquer...

-Mais sinon cela fait maintenant dix ans que je fais ça, j'ai commencé à vingt ans. Explique-t-il.

Il n'a pas compris que c'était de l'ironie cette question ? !

-À mon tour de vous poser une question : Pourquoi avoir arrêté le sport ?

WARNING WARNING ! Pente glissante !

-Selon certains rapports de vos professeurs, vous étiez très doué en escalade et en boxe, vous aviez même d'excellent résultat puisque vous avez été championne national junior plusieurs fois dans les deux disciplines. Vous auriez pu facilement être championne olympique en boxe, si vous aviez accepté d'y participer.

Les freins ! Où sont passés les freins !

-Vous avez d'ailleurs arrêtez ces deux sports à vos dix-sept ans, juste avant votre BAC. Vous n'avez même pas passé l'option escalade pour avoir des points en plus lors de l'examen de sport.

Bon je pense que vingt-et-une heures de silence ce n'est pas si mal enfin de compte.

-Vous ne parlez plus. Pourtant vous venez de dire que vous voulez faire connaissance. Cela doit être un sujet qui fâche. Dit-il en souriant.

Mais il va se taire !

Il trouve cela marrant, de remuer les couteaux dans des blessures encore ouvertes ce connard !

-Taisez-vous ! TAISEZ-VOUS ! » Hurlé-je

Comment ose-t-il se moquer du passé des gens, il ne sait rien de moi et il ne sera rien.

Les paysages sont magnifiques. Il n'y a pas à dire le Canada est vraiment magnifique.

Il me regarde, je le sais. Je sens son regard sur mon visage.

« -Mademoiselle Brandon, cela fait une heure, je suis désolé, si la question que je vous ai posée vous a énervé, ce n'était pas voulu.

Bien sûr, « Vous ne parlez plus. Pourtant vous venez de dire que vous voulez faire connaissance. Cela doit être un sujet qui fâche ! » Tout ça avec un sourire qui en dit long !

-Monsieur cela fait plus de trois heures que nous roulons, je voulais savoir si c'était possible de faire une pause pour manger un bout et aller aux toilettes. Demandé-je au chauffeur.

J'ai vraiment besoin de m'aérer un peu !

-Oui Mademoiselle, à la prochaine sortie, nous pourrons nous arrêter pour faire un arrêt.

Enfin un homme qui ne m'énerve pas et qui me comprend !

-Merci. »

À peine ce mot dit, la voiture prit la sortie menant vers une aire de repos et s'arrêta. J'ai vraiment bien fait d'ouvrir ma bouche à ce moment-là.

« -Kassidy...

Il m'énerve !

-Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas mettre à courir et m'enfuir. » Le coupé-je en sortant de la voiture.

Je ne connais pas les horizons de toute façon !

L'air est vraiment différent ici. Ça change ! Moi qui n'ai vu que le Royaume-Uni et la France dans ma petite vie.

Cela fait du bien de déplié ses jambes. Je n'arrive pas à le croire, une journée pour rejoindre notre point de rendez-vous. Il n'y a pas qu'un seul aéroport au Canada pourtant !

Amusant, tu parles !

« -Kassidy, je ne voulais vraiment pas vous blesser avec cette question, j'en suis désolé, sincèrement.

-Ma mère et mon père faisaient de l'escalade et de la boxe. Ce sont eux qui m'ont donné le virus pour ces sports. J'étais leur plus grande fan. Ma mère et mon père m'ont tout appris. À toutes mes compétitions, ils étaient présents. Ils étaient là pour crier mon nom ou à me lancer des conseils dans la foulée...

-Kassidy...

Ah non il ne va pas me couper, c'est assez difficile comme ça !

-Il y a dix ans, le coupé-je, ils ont eu un accident de voiture, par bonheur ils sont en vie, mais tout ne pouvait pas être rose. Tous les deux par je ne sais quel malheur, ont été touchés à la moelle épinière lors de l'accident. Et tous les deux sont aujourd'hui dans un fauteuil roulant. Au début, ils venaient à mes compétitions, mais je voyais bien dans leurs yeux la tristesse ne plus pouvoir faire le sport qui les passionnait. Donc j'ai décidé d'arrêter lors de mon année de terminal, pour ne plus voir cette peine dès que j'escaladais ou que je boxais. On ne se voyait pas souvent avec mes parents, même si on vivait sous le même toit, donc ils ne se sont pas vraiment posés de question lorsque j'ai arrêté. Et puis comme ils le disent, malgré leur handicap, ils sont en vie et toujours ensemble et c'est le plus important.

-Kassidy je suis...

-Ne dites pas que vous êtes désolé, ce n'est pas vous qui étiez dans la voiture qui a foncé dans celle de mes parents. Ne dites pas que vous êtes désolé, ce n'est pas vous qui m'avez annoncé que mes parents ne pourront plus jamais remarcher. Ne dites pas qui vous êtes désolé si vous ne le pensez pas vraiment.

-Mademoiselle Brandon, Monsieur Jones, nous allons reprendre la route. Nous dit le chauffeur en remontant dans la voiture.

-Très bien nous arrivons dit Erick au chauffeur avant de se retourner vers moi, Kassidy même si vous ne le voulez pas je vais vous le dire, je suis désolé, pas pour vos parents, mais pour vous, je suis désolé de vous avoir fait rappeler de mauvais souvenir. »

Étrangement, pour la première fois, je vois de la sincérité dans ses yeux.

***

On remonte dans la voiture. En silence. L'ambiance n'était pas folle au début mais là, c'est encore pire.

Allez Kassy, tu peux faire un effort pour les heures à venir !

« -Comment êtes-vous rentré à Léonard X ?

-Vous êtes lunatique ou bipolaire ?

Voilà ce que ce qui se passe à vouloir faire des efforts, on vous traite de bipolaire !

-Mais vous le faites exprès ! Je fais un effort et voilà ce que vous me dites !

Mais c'est vrai ! Aucun respect !

-Mais que voulez-vous que je dise, vous avez pourri l'ambiance !

Pourris l'ambiance ? !

-C'est vous qui l'avez pourri... Depuis le début ! Dis-je en haussant la voix

Monsieur je kidnappe des gens innocents !

-Moi ? Vous dites que c'est moi qui ai pourri l'ambiance ? Mais c'est l'hôpital qui se moque de la charité ! Dit-il en haussant la voix encore plus fort.

Il pense m'impressionner, il se met le doigt dans l'œil !

-Vous vous moquez de moi et de mes sentiments, vous savez ce que vous êtes, vous n'êtes qu'un beau salopard ! Crié-je !

Ouf, ça fait du bien quand ça sort !

-Beau ?

Attend... attend, on est en pleine dispute et lui il a retenu que ça de ma phrase ?

-Je savais que je vous faisais de l'effet, ce n'était pas possible que vous restiez froide à mon charme !

Après c'est moi la bipolaire ?

-Vous êtes sérieux, mais vous êtes qu'un petit prétentieux de merde ! Un petit PRÉTENTIEUX DE MERDE ! Hurlé-je !

C'est bon je suis paré, le match peu commencé

-Moi, un prétentieux de merde ? Moi ? Vous, vous êtes qu'une petite...

-CELA SUFFIT ! crie notre chauffeur en arrêtant la voiture

WOW ! Ça c'est un stop !

-Je suis peut-être qu'un chauffeur mais moi aussi je veux arriver en vie au camp ! Quatre heures de voyage avec vous et j'ai déjà en vie de sauter pendant que la voiture roule ! J'ai dix heures de route au total à faire avec vous, ne m'obligez pas à vous traiter comme des enfants !

-Oui monsieur. » Dit-on même temps.

Comme des enfants pris en faute on baisse la tête et on fait silence ! Oui papa.

Wow j'aimerais bien savoir son nom. Il a réussi à boucler le bec à cet espion de pacotille.

« -Donc maintenant, si vous vous voulez parler c'est pour vous parler avec courtoisie sinon je vous abandonne sur la prochaine aire d'autoroute, c'est clair ?

-Oui monsieur !

Franchement, là tout de suite j'ai trop peur pour répondre autre chose !

-Et vous Monsieur Jones, cette demoiselle a fait un effort et vous, la seule chose que vous avez trouvé à faire c'est de la blesser avec vos mots, vous êtes un idiot ou vous le faites exprès !

Enfin une personne qui est avec moi dans cette voiture !

-Julian...

Julian, enfin je peux mettre un nom sur la personne qui doit nous supporter. Le pauvre, coincé dans son costard cravate, il doit mourir de chaud !

Et puis il a l'air bien costaud le Julian, en sortant de la voiture, on pouvait clairement voir qu'il faisait bien plus d'un mètre quatre-vingts. Brun avec la peau claire, on voit bien qu'il n'a pas pris le de soleil depuis longtemps !

-Oui je sais ce que vous allez dire, le coupe Julian, « Je vous emploie donc ayez du respect envers moi », mais c'est facile à dire quand ce n'est pas vous qui conduisez pendant dix heures avec deux enfants de sept ans à l'arrière !

Ouch il n'est pas content le Julian !

-gnangnangnan heureusement gnangangnan heures ! Dit Erick dans sa barbe.

-Vous avez dit quoi Monsieur Jones ? Heureusement que vous changez de chauffeur dans six heures, c'est ça ? Ne vous inquiétez pas je préviendrais Randy lors du changement.

Julian 3 – Erick 0, à ce stade, cela s'appelle une raclée.

-Maintenant vous allez répondre à la question de Mademoiselle Kassidy et le reste du voyage se fera en toute sérénité... Est-ce bien clair ? Dit-il en faisant redémarrer la voiture

-Oui Monsieur. Dit Erick avec une petite voix d'enfant prit en faute.

L'envie de répondre oui chef est forte mais vaut mieux évitez les problèmes et finir seule sur une aire d'autoroute d'un pays inconnu !

-Donc Monsieur Jones la question de Mademoiselle Kassidy était comment êtes-vous rentré à Léonard X ?

-...

-Arrêtez de faire votre enfant ! Je ne vous ai pas punis n'ont plus.

-Je suis rentré car j'ai été...

-On ne vous entend pas Monsieur Jones. Dit Julian en regardant Erick dans son rétroviseur.

Il croit qu'il me fait peur avec son regard noir ? Pff j'ai Julian de mon côté maintenant ! Il peut le ravaler son regard noir !

-Je suis rentré à Léonard X car ce fut le seul moyen pour moi de m'en sortir. J'ai été repéré lors d'une compétition d'art martial à Londres, j'avais arrêté l'école pour me consacrer seulement à cet art. Mes parents étaient contre et pour me faire comprendre leur choix, ils m'ont viré de la maison. Après ça je me suis juré de réussir dans cet art pour leur montrer que j'étais le meilleur. Je me suis entraîné tous les jours tout en travaillant à côté pour pouvoir me payer mon billet d'avion pour Londres. Puis un jour après une victoire lors d'une compétition, un homme de Léonard X m'a arrêté et m'a proposé un poste.

Wow même lui a son lot de malheur en fin de compte !

-Vous avez accepté comme ça ? !

C'est vrai quoi, moi on m'a forcé !

-Quelques jours avant j'étais retourné en Australie voire mes parents, pour leur annoncer que je commençais vraiment à me faire connaître dans ma discipline. Ils n'ont même pas voulu ouvrir la porte pour me voir. Le choix était donc vite fait. Après avoir accepté, les chefs de Léonard m'ont renvoyé à l'école, mais cette fois à Paris et plus précisément dans la section Art et...

-C'est là que vous avez rencontré le professeur Gaultier. Coupé-je Erick

-C'est exact.

Il ne mentait pas alors

-Wow je pensais que vous m'aviez menti concernant le professeur Gaultier.

-Non ceci est la vérité, d'ailleurs le professeur Gaultier, est un agent du bureau. Il est dans le meilleur endroit pour trouver les meilleurs agents de bureau. C'est lui et un autre agent qui vous ont recommandé à notre service.

Ça, je ne l'ai vraiment pas vu venir. Mon professeur préféré pendant mes études est un agent, un espion. Non mais dans quel monde je vis !

-À mon tour de vous poser une question.

-Non pas question !

Pas envie, il va m'en faire baver, j'en suis sûre, je veux bien qu'il soit touchant cinq minutes, mais je suis sûre que c'est un ange avec des cornes !

-Mademoiselle Kassidy, à moins de cinq kilomètres, il y a une magnifique aire d'autoroute. Dit Julian en me regardant cette fois dans le rétroviseur.

Ouch j'avais oublié. Le méchant chauffeur fait son retour !

-Quelle est la question ? Dis-je avec un grand sourire pour montrer que je suis impliqué dans cette conversation.

-Pourquoi travaillez-vous dans un musée qui n'a aucun rapport avec vos connaissances. Vous étiez la meilleure de votre promotion et pourtant vous êtes hôtesse d'accueil. Cela n'a aucun sens !

Je ne m'attendais pas à cette question !

-C'est simple, je ne suis pas un homme, je n'ai pas de service trois pièces pour satisfaire une RH et comme je n'ai pas voulu demander d'aide à mes parents, j'ai pris le premier job qu'on me donnait pour pouvoir me payer ma chambre. Et depuis je suis resté là. »

Quand je pense que c'est Benjamin qui a eu cette place, ah si je pouvais un jour me venger de lui.

Après plus de cinq heures de question, acceptation que celui-ci me tutoie et des fous rires -si je vous assure-, j'étais plus à l'aise avec Erick. Même si pour moi il sera toujours le connard qui a changé ma vie.

Comme il l'avait dit, au début du voyage, au bout de dix heures, celui qui a réussi à nous faire dresser le drapeau blanc entre Erick et moi, parti.

« -Ne rendez pas fou Randy, je ne suis pas sûre qu'il tiendra tout le chemin »

C'est vrai, grâce à lui le drapeau a été dressé, mais pour le malheur de celui-ci, on s'est rendu compte qu'on avait quand même plusieurs points en communs. Et ce pauvre Julian a dû supporter des tonnes et des tonnes de fous rires incontrôlables. Et si ce Randy est plus fragile, alors c'est sûr qu'il ne tiendra jamais le pauvre !

« -Julian, je sais qu'on se connaît depuis longtemps, et que je vous considère comme un ami, mais n'oubliez pas qui vous embauche !

La voix a parlé !

-Oui Monsieur Jones.

-Rentré bien à Toronto, et faite à attention.

-Oui Monsieur Jones. »

Alors ça, c'était étrange ! Quand je pense que c'est ce même homme qui a réussi à faire taire Erick.

« -Monsieur, Mademoiselle, nous pouvons reprendre la route. »

Je ne sais pas si c'est l'intuition féminine, mais lui, je ne l'aime pas.

À peine assis dans la voiture, qu'Erick et moi-même nous nous rendons compte que Julian avait tort.

« -Je vous préviens, j'ai horreur de conduire dans le bruit. »

Ça au moins c'était clair et net. Les dernières heures de voyage allaient être dures.

Même si j'ai dormi pendant tout le voyage en avion, je suis encore fatigué. Le coup émotionnel ? Je n'en sais rien. Mais en tout cas, les dernières quarante-huit heures ont littéralement changé ma vie. Les heures passent et les paysages sont de plus en plus magnifiques mais le fait que ce chauffeur me demande de ne pas parler, Morphée est arrivé bien plus vite que prévu.

« -Kassidy...

Cette voix...

-Kassidy...

Elle est tout le temps là !

-Kassidy réveille-toi.

Elle me réveille tout le temps et cela devient réellement fatigant !

-Kassidy, ne m'oblige pas à utiliser la manière forte.

-MAIS PUTAIN LA FERME ! LAISSEZ-MOI DORMIR ! Hurlé-je.

C'est vrai quoi je veux faire un rêve complet !

-Kassidy, c'est moi Erick.

Ah oui.

-Oh excuse-moi, qu'est-ce qui se passe ? Dis-je en finissant de me réveiller.

-Kassidy Brandon, bienvenue au Camp Robinson ».

            
            

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