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Tom Busburry, mon ex petit-ami. Je pense que dans une vie, nous avons le droit à un quota de mauvaise nouvelle, et je crois que j'ai atteint ce quota il y a bien longtemps. Qui a la bonne idée de mettre en binôme un ancien couple ? Officiellement personne n'est au courant, mais c'est un infirmier, en principe il ne sort même pas de son infirmerie. Comment on va faire pour travailler ensemble ? C'est vrai qu'on s'est quitté sur un semblant de réconciliation, mais cela ne veut pas dire que je voulais déjà le revoir ! Un océan nous séparait et cela me convenait parfaitement !
« -Je croyais qu'il était infirmier ? Dit Erick en se levant de sa chaise.
Ce gars a autant de problèmes de mémoire que moi. Tom a fait le camp Robinson en même temps que lui.
-Il est aussi agent de bureau, agent Jones, vous devriez le savoir puisqu'il est sorti de la même promotion que vous. Dit l'agent Sperce en regardant Erick avec des yeux glaçant.
-Il est peut-être agent de bureau, mais je ne l'ai jamais vu quitter son infirmerie, comment pourra-t-il être un bon coéquipier pour l'agent Brandon ? Et puis c'est l'infirmier en chef du camp...
Ah maintenant il pense à mon bien-être ?
- Je pense, qu'il sera toujours meilleur que vous, agent Jones. Coupa notre supérieur. Et de toute façon, nous avons affecté un nouvel infirmier en chef au camp, nous ne sommes pas à ce point stupides !
Ouch ça fait mal, ce genre de phrase.
-Si tout est bon pour vous agent Brandon, vous pouvez partir, j'aimerais rester encore un peu de temps avec l'agent Jones et l'agent Busburry.
-Très bien, agent Sperce, agent Busburry, agent Jones. Bonne soirée.
Même si tout se termine bien pour moi, j'ai vraiment besoin de m'enfuir. Cette tension dans cette salle était vraiment violente !
-Bonne soirée agent Brandon, maintenant agent Jones... » Entends-je en sortant du bureau. Ce soir je ne veux vraiment pas être à la place d'Erick !
***
Je n'arrive pas à croire, Tom, ex-infirmier en chef du camp Robinson, agent de bureau, mon coéquipier. Il ne serait pas revenu pour moi quand même ! Cela ne fait pas un peu mec désespéré non ? Non je ne pense pas, cet homme est plutôt genre terre à terre. En tout cas la tête d'Erick lorsque j'ai balancé la vérité, restera graver dans ma mémoire. Je crois que l'agent Sperce sera mon agent supérieur préféré ! Même si j'ai du mal à digérer le nom de mon nouveau coéquipier je sais que ma glace pourra m'aider à le faire descendre sans problème !
« -Je vois que tout s'est plutôt bien passé pour toi. Me dit Arthur en m'ouvrant la porte.
Ah Arthur !
-Ce soir Arthur, à la fin de ta journée, nous allons découvrir les biens faits de la glace à la cacahuète ! »
***
Une semaine après la soirée glace à la cacahuète
Pas besoin de mot pour dire ce que j'ai ressenti lors de cette soirée avec Arthur. Mon visage rayonnait de bonheur. Lui et moi avons mangé comme des rois ! Le son du rire était omniprésent dans l'appartement ! Le point culminant de la soirée, c'est quand on a entendu la porte claquée d'Erick. Toute sa colère est passée à travers cette porte. Franchement, je n'ai pas envie d'être l'une des portes de l'appartement de Monsieur Erick Jones actuellement ! Malgré toute cette bonne humeur, nous avons décidé de travailler un tout petit peu. Vraiment un peu. Le minimum syndical. Arthur a eu la gentillesse d'accepter de regarder les vidéos d'enregistrement que j'avais récupéré avant de partir du boulot. Mais en voulant travailler le minimum syndical, une chose qu'on n'avait pas prévue est arrivée. On ne pensait rien trouver sur les vidéos, sachant que cela faisait à peine deux jours que j'avais mis en place les caméras. Nous avions bien eu tort. Un homme, grand, le visage toujours caché de la caméra, -comme s'il savait où j'avais posé mes caméras-, avec une casquette ou un chapeau sur la tête, présent de l'ouverture jusqu'à la fermeture du musée. Toujours en mouvement, et regardant des tableaux pendant parfois une heure. Je veux bien croire qu'une personne aime le Louvre mais là, c'est trop. Le pire dans cette histoire, c'est que celui-ci donnait l'impression qu'il connaissait le Louvre comme sa poche. Et quand je dis qu'il le connaissait comme sa poche cela veut dire aussi la localisation des caméras du musée. Lorsqu'on voulait le voir on ne le voyait pas, il disparaissait comme par magie. C'est pourquoi après avoir donné l'information aux supérieurs, une mission de surveillance a été organisée le plus vite possible pour le lendemain soir. Tom n'a pas eu le temps de soufflé, à peine avait-il atterri du Canada, qu'il alla tout de suite au bureau de l'agence pour pouvoir me suivre via les caméras et la connexion radio que nous avons mis en place.
Voilà pourquoi, pour la quatrième nuit consécutive, à deux heures du matin précisément, au lieu d'être au chaud dans mon lit, je me trouve dans les couloirs du Louvre à marcher avec une oreillette à l'oreille à être en conversation avec Tom. Tom qui a décidé de vraiment me faire payer cette rupture -finalement, nous ne sommes pas quittés en bon terme-. La mission commence tous les soirs à vingt-trois heures, les heures sont longues quand rien d'intéressant se passe.
« -Rien à signaler. Dis-je dans mon micro-oreillette
Qu'est-ce que je m'emmerde !
-Tu sais que je te suis avec les caméras, je sais qu'il n'y a rien à signaler.
Moi qui pensais qu'il avait bien accepté notre rupture...
-Tu n'es pas obligé de me répondre comme ça, j'essaye d'être aimable avec toi, alors arrête de me parler comme si j'étais une idiote.
Si on doit être une équipe, on pourrait s'entendre ! Marre des coéquipiers de merde !
-Fait attention à ce qui t'entoure agent Brandon. »
OK compris, équipier et puis c'est tout !
Quand je pense que j'y ai cru à notre nouvelle bonne entente, tu parles à peine qu'on s'est revu se fut bien claire « On est ensemble pour travailler et rien d'autre ». Je demande bien pourquoi, il a voulu être mon coéquipier si c'est pour me parler comme ça. Lui et Erick doivent être masochistes.
« -Je suis désolé Tom, vraiment désolé que cela n'est pas marché entre nous. Lui dis-je après encore cinq minutes de silence.
C'est ma faute, mais j'essaye vraiment de faire amende honorable.
-Je sais... Et moi je m'excuse de mon comportement enfantin que j'ai depuis mon retour »
Wow c'est possible de changer d'avis aussi vite que de chemise ? Non c'est louche, il me parlera comme une merde dans peu de temps, j'en suis certaine.
Mince je n'aurais pas pensé qu'il aurait accepté aussi vite ! On s'est revu pour la première fois depuis notre rupture il y a quatre jours lorsque je suis allé le récupérer à l'aéroport. Il m'a clairement fait comprendre que j'allais déguster, et lui, il change d'avis en cinq minutes quatre jours plus tard ! Il avait clairement décidé de rendre cette mission de surveillance difficile ! Est-ce que je dois penser que ce revirement de situation est louche ? Et ce n'est pas comme si j'avais le temps de réfléchir à ça enfin je veux dire... Je veux dire que je viens de voir une ombre passée aussi vite que la lumière il y a moins de cinq secondes !
« -Tom est-ce que tu l'as vu ?
Je ne suis pas folle hein ?
-Tom est-ce que tu m'entends ? Il vient de dessiner quelque chose sous le tableau ! Chuchoté-je dans mon micro
Matériel de merde !
-Tom est-ce que tu m'entends ? TOM ! ? »
Putain, en plus du matériel qui ne fonctionne pas, il faut que ce connard d'inconnu se mette à courir ! Et c'est partir pour une belle course-poursuite !
-Tom peux-tu me confirmer que toutes les portes de secours sont bloquées ? »
Pourquoi je m'entête à parler dans un micro qui ne fonctionne pas !
C'est dingue il connaît le Louvre par cœur ! Non, je ne dirais pas mieux que moi, cela serait un affront à moi-même ! Il sait que je le suis, nous sommes seuls dans le Louvre, même si je cours le plus discrètement possible, il est très facile de m'entendre à l'autre bout du musée. Ce connard anticipe tous mes mouvements, je n'aime pas ça, je n'aime vraiment pas ça. Je ne me suis pas entraînée pendant deux mois pour abandonner maintenant ! J'ai des poumons en bétons maintenant, ce n'est pas aujourd'hui que je vais les perdre dans le Louvre !
***
Vingt minutes plus tard
Enfoiré ! Un putain de petit enfoiré ! Mais comment il a fait ? Les sorties de secours qu'il a utilisé, avaient été bloquées au début de notre mission, j'en suis certaine et surtout peu de personnes les connaissent. Les portes de ces sorties mettent un temps fou à s'ouvrir, il n'aurait jamais dû s'échapper. Je n'arrive pas à croire. Car pouvoir s'échapper par les portes de secours qui ont leurs sorties sur la place principale du Louvre et ne pas se faire attraper est vraiment incroyable ! Et Tom qui ne répond toujours pas ! Personne n'est inquiet apparemment ! Essoufflé comme un chien en été, je vois qu'une seule chose à faire. Voir quelle est la chose que cet enfoiré a mise sous le tableau. Mon cerveau n'arrive même pas à commander correctement mes jambes, il m'a fait courir pour les trois mois à venir ce con ! J'ai l'endurance, mais sprinté et gardé la distance et la vitesse requise, non ça, je n'ai pas ! Alors voyons voir, aile Richelieu et notre petit bonhomme était dans la salle sept. Un tour, deux tours, trois tours et rien. Non sérieusement il n'y a rien ! Je ne suis pas folle, Je sais que je deviens un peu parano, mais j'ai vu le mouvement, j'ai vraiment vu quelque chose ! Je suis certaine qu'il a dessiné quelque chose sur le mur ! Il était juste devant François Ier ! Rien, il n'y a rien, mais ce n'est pas possible ! On se calme et on réfléchit ! C'est sûr et certain qu'il n'était pas là pour un vol. Plutôt un repérage. Il connaît les localisations des caméras, sinon Tom m'aurait dit quelque chose. Si c'est un repérage, cela veut dire qu'il a mis un signe ou un truc pour reconnaître le tableau à voler. Un symbole... Une tache... Quelque chose qui ne choquerait pas les visiteurs et les employés le lendemain... Quelque chose qui peut être invisible à l'œil nu... Peut-être de l'encre invisible. Est-ce que j'ai une lumière noire dans mon sac ? Je me souviens même plus de ce que j'ai mis à l'intérieur, je suis tellement fatigué que ma mémoire est vraiment nulle. Maintenant je dois vider tout mon sac pour chercher ce que je veux.
C'est fou comment on pense énormément lorsque nous sommes seules ! Je suis si pipelette que ça ? Je suis peut-être un peu stressé. Ah voilà la lampe, sérieux j'en avais pris une ? Comme quoi ! Alors voyons voir. Wow.
« -Agent Brandon ! Agent Brandon tu m'entends ? Dit Tom dans mon oreillette, il a l'air paniqué.
Tiens un revenant !
-Oui je t'entends.
C'est quand tout est fini que monsieur revient !
-C'est la panique, nous avons été piratés, nous ne savons pas comment ça a pu arriver, ce genre de chose n'aurait jamais dû se passer ! Dit-il carrément en me criant dans mon oreille.
Pour une agence d'espionnage, ils ont vraiment une sécurité de merde !
-Je rentre chez moi, je viendrai demain pour faire mon rapport.
-Le protocole veut que lorsqu'on trouve quelque chose, on doive l'emmener dans l'heure qui vienne.
Finalement je préférais quand je ne l'entendais pas !
-Le protocole voudrait que pour une organisation secrète, elle ne se fasse pas pirater bêtement. »
Bonne nuit !
***
J'ai mal partout, voilà ce qui arrive lorsqu'on ne s'échauffe pas avant de partir en mission. Quatre heures du matin et je vais devoir aller travailler dans quatre heures trente. Je ne sais pas si je vais réussir à supporter ces doubles journées. Aucune excuse pour ne pas être présente à mon poste d'hôtesse. Depuis une semaine j'ai à peine quelque heure pour me reposer. Je pourrais me faire porter pâle ? Non ce n'est vraiment pas professionnel, même si l'idée est vraiment tentante ! Est-ce vraiment une bonne idée d'aller se coucher pour quatre heures ? Je devrais, quitte à gratter un peu d'heures de sommeil.
***
Je crois que mon réveil a fait une rencontre amoureuse. Une magnifique rencontre amoureuse avec le mur de ma chambre. Je savais que c'était une mauvaise idée de m'endormir. Maintenant je vais être de mauvaise humeur pendant toute la journée ! Je sens que cette journée va être pourrie mais bien pourrie. Un café, une douche et c'est parti.
« -Bonjour agent Brandon. Me dit Erick sur le palier en attendant l'ascenseur.
Pourrie, je savais que cette journée allait être pourrie
-Erick.
-Tu es rentrée tard, hier soir, ou plutôt ce matin. Me dit-il joyeusement.
Et en plus il me surveille.
-Je vais prendre les escaliers. »
Si c'est pour supporter son visage pendant la descente de treize étages, je préfère encore prendre les escaliers. Et encore j'ai été gentil, j'aurais pu le dire d'aller se faire foutre. Je suis restée calme et polie.
Comment il peut être de bonne humeur. Il est consigné dans les bureaux -apparemment se faire consigner dans les bureaux est un message codé pour dire les archives, merci Arthur pour le décodage de ce code- et il est heureux ! Est-ce que je suis la seule, à le trouver barjot malgré le fait qu'il a des fesses ultra sexy ?
« -Bonjour tout le monde !
Mais comment fait cette fille pour être toujours de bonne humeur ! Raphaëlle n'est pas humaine !
-Tu n'as pas une très bonne mine toi ! Dit-elle en se tournant vers moi
Elle vient de m'apprendre une évidence !
-Je ne passe pas de très bonne nuit depuis une semaine, je n'ai pas arrêté de faire des cauchemars. Je commence vraiment à ressentir le manque de fatigue.
C'est dingue comment les mensonges viennent de plus en plus vite.
-Tu es sûr que ça va ? Ce n'est pas normal ce genre de chose.
Ça sent l'analyse psychologique à des kilomètres cette question !
-Oui ne t'inquiète pas, allons travailler. » Lui dis-je pour clore la conversation.
Garder les yeux ouverts et rester souriante furent vraiment difficiles. Heureusement que Raphaëlle était là pour me garder éveillé. Kassandra m'aurait laissé dormir j'en suis sûr ! En tout cas la pause de midi est la bienvenue !
« -Tu devrais manger et te reposer dans la salle de repos. Me conseille Raphaëlle après m'avoir vu bailler pour la centième fois de la matinée.
Cette fille est un ange gardien.
-Ne t'inquiète pas pour moi, je vais aller me promener dans les jardins, l'air frais va me réveiller. »
Elle n'a pas l'air de me croire mais, elle ne dit rien. Mais je pense vraiment que cela va me faire du bien. Il fait beau aujourd'hui, le printemps est bien arrivé cette année et cela fait du bien. Je me poserais quelque part pour me reposer. Je me change vite fait pour être à l'aise et cela devrait aller.
Le jardin des Tuileries et vraiment magnifique quand il fait beau. C'est agréable de se promener. Et puis il n'y a pas autant de monde. Pourtant j'aurais pensé voir plein d'enfants en ce mercredi.
Ce petit carrée d'herbe sous le soleil m'appel, je suis vraiment fatigué, pourquoi organisé des missions de nuits quand ils savent que je travaille le lendemain. Comme si, ils ne pouvaient pas faire les surveillances seulement le lundi soir. Non, faisons-le tous les jours de la semaine ! Ma veste en boule pour faire un oreiller, ma paire de lunette de soleil sur mon nez et c'est parti, une petite sieste allongée dans l'herbe frais des tuileries. Mettons quand même une alarme, il manquerait plus que j'arrive en retard cette après-midi, moi qui ai eu tellement de mal pour arriver à l'heure ce matin.
***
« -Les garçons, ce n'est pas parce que nous ne sommes pas au stade, qu'il ne faut pas travailler ! » Dit une voix au loin.
Je dois être vraiment fatigué, maintenant j'entends la voix d'Erick jusque dans ce jardin. Comme s'il pouvait parler si gentiment, c'est juste impossible ! Je n'arrive pas à croire, maintenant il s'invite même dans mes rêves. Mon portable n'a pas sonné donc je suis toujours en train de dormir.
« -Allez les poussins, plus vite ! »
Mon Dieu, je viens d'entendre la voix d'Erick Jones dire « poussin », mais c'est quoi ce rêve ! Je demande à être remboursé à ce stade-là !
« -Clément tu n'es pas tout seul, fait des passes ! »
Je ne dors pas j'en suis sûr ! Je crains presque d'ouvrir mes yeux. Mais je les ouvre quand même et ce que je vois, est la chose la plus bizarre que je n'ai jamais vue. Et pourtant j'en ai vu des choses bizarres. Erick Jones, le Erick Jones, instructeur en Chef au camp Robinson, mon ancien coéquipier, mon enquiquineur préféré -préféré ? -, est en train de faire du football avec des enfants. Je sais que je ne rêve pas, mais j'ai vraiment l'impression d'être dans un monde parallèle. Il ne devait pas être en train de s'emmerder dans les archives de Léonard X ?
« -Monsieur Erick ! Monsieur Erick ! Y a une dame qui te fixe ! »
Est-ce que j'ai déjà dit que je n'aimais pas les enfants ?
Je ne les aime pas, mais voir le visage d'Erick... Ce visage je ne l'ai jamais vu. Un visage de biche pris dans les feux d'une voiture. Ce visage lui va tellement bien. J'ai réussi à surprendre Monsieur Jones.
BIIIIP biiiip BIIIP biiip BIIIP
Il fallait que mon alarme sonne maintenant. Zut je me serais bien approché !
« -Elle est jolie la dame, hein Monsieur Erick ! »
Mon Dieu j'adore les enfants !
Je crois que cela va être mon tour de faire le pied de grue devant sa porte ce soir, chacun son tour j'ai l'impression. Tout ça vient de me réveiller totalement. Je me sens tellement de meilleure humeur.
***
« -Ça a l'air d'aller mieux ! Me dit Raphaëlle en me voyant rentrer dans la salle du personnel.
Oh Raphaëlle si tu savais...
-Oui vraiment mieux ! »
***
Toute la mauvaise humeur que j'avais ce matin à disparue ! C'est fou ! Voir son visage effrayé, comme si je découvrais un secret qu'il fallait que personne ne découvre est tellement exaltant !
Pourtant ce secret n'a pas l'air si terrible. Il montre juste qu'il a un cœur et qu'il est doué avec les enfants. On pourrait dire qu'il est un bon parti... Je viens juste de penser à Erick Jones et bon parti en même temps ? Je suis quand même un peu fatigué.
Finalement cette journée est passée vite -heureusement ! ¬ -. J'ai même retrouvé le sourire plus tôt que prévu !
« -Avec les filles nous allons nous poser dans un bar à côté, ça te dit de venir avec nous ? Ça te fera du bien de te sociabiliser un peu, tu ne parles qu'avec moi ! Il faut que tu t'intègres ! Me demande Raphaëlle en fermant la porte de son casier de vestiaire
Cela serait tellement bien, mais comment se sociabiliser lorsque tu dois mentir sur la moitié de ta vie ? Pourtant elles sont toutes gentilles ... Je pense que ma vie sociale risque de totalement disparaître.
-Non je ne peux pas, j'ai un rendez-vous important que je ne peux pas louper.
J'ai enfin l'impression de me faire une vraie amie, et je ne peux même pas aller boire un verre et me faire de nouvelles amies.
-Peut-être une autre fois, promis ! » Dis-je en fermant mon casier.
J'aurais peut-être dû écouter Tom et allez donner l'information tout de suite. J'aurais pu aller me détendre ce soir. OK, OK, j'ai compris, lorsqu'on n'obéit pas aux règles on peut facilement se faire taper sur les doigts par l'univers ! J'aurais dû obéir à Tom.
Plus vite j'aurais donné mon information et plus vite je pourrais me détendre et peut-être enfin avancer sur la reproduction de la Joconde.
***
À peine rentrer dans le bureau de l'agent Sperce, que je comprends enfin pourquoi Erick a peur de lui. Pour ma survie je vais rester debout près de la porte, plus facile pour fuir...
« -Agent Brandon.
Je n'aime vraiment pas ce ton. J'ai l'impression de me faire congeler sur place par son regard.
-Agent Brandon, pourquoi n'avez-vous pas écouté votre coéquipier ? Pourquoi n'êtes-vous pas venu directement dans les locaux pour nous donner les informations que vous avez trouvé ? Pourquoi faites-vous toujours qu'à votre tête ? Me demande mon chef.
Que cela soit Erick ou Tom, ils sont tous les deux des balances.
-Monsieur avec tout le respect que je vous dois, vous savez que je travaille au Louvre le lendemain des surveillances, cela fait presque une semaine que je suis en surveillance de nuit. Je sais que nous sommes entraînés, mais tout ce que je voulais à ce moment-là était dormir. Ce salopard connaissait le Louvre comme sa poche.
Heureusement que j'ai dit avec tout le respect que je vous dois, sinon je suis sûr qu'il m'aurait étripé !
-Vous n'êtes pas la seule à avoir ce genre de mission de surveillance, agent Brandon. Et aucun d'eux ne s'est jamais plaint.
-MAIS AUCUN AGENT A ÉTÉ OBLIGER DE DEVENIR ESPION CONTRE SON GRÉ ! » Crié-je
Je suis tellement fatigué !
Il me regarde, rien sur son visage ne laisse filtrer ses pensées. Mais je devais dire ce que je pensais. On m'a obligé à devenir agent du Léonard X. On ne m'a pas laissé le choix. Eux ont choisi, moi pas. C'est vrai que j'ai commencé à m'habituer à ma situation, mais cela ne veut pas dire que je l'ai accepté.
« -Je vois. Qu'est-ce vous avez trouvé agent Brandon ? Me dit l'agent Sperce après deux minutes de jeux de regard et de silence.
Autrement dit : fin de la conversation, donnez-moi l'information et c'est tout.
-Ce salopard dessinait à l'encre invisible sous le tableau de François Ier, et je pense que ce n'est pas la première fois. Alors maintenant j'ai une question pour vous ? Cette technique de repérage est la plus basique, comment cela se fait-il que vous n'ayez jamais rien vu ?
L'encre invisible est vraiment une technique pas très compliquée à appliquer. On peut retrouver cette technique dans n'importe quel film, série ou bien dans des romans. C'est quoi leur surveillance bidon !
-Quel était ce dessin agent Brandon ? Me dit Sperce en ignorant ma question, concernant leur surveillance plutôt inexistante.
Ne répondez pas à ma question surtout !
-Un serpent, un serpent enroulé, comme... Comme un boa. »
Je crois que l'agent Sperce est en train de faire un arrêt cardiaque. On ne peut pas devenir blanc si vite.
« -Êtes-vous sûre de vous agent de Brandon, est-ce bien un serpent enroulé ?
-Sûre monsieur. Vous allez bien monsieur ? Voulez-vous un verre d'eau ? Lui demandé-je en le voyant devenir de plus en plus blanc.
Il va me mourir dans mes bras celui-là !
-Vous pouvez partir agent Brandon, merci pour l'information. Me dit-il en me donnant son dos.
C'est bien la première fois qu'on me congédie ainsi.
-Bien monsieur » Dit-je en sortant.
***
J'ai l'impression qu'on se moque vraiment de moi. Comment je peux effectuer mon travail si je n'ai aucune information. C'est incroyable ! Je suis dans le flou le plus total et personne n'en a rien à faire. Envoyons la petite au front sans renseignement ce n'est pas grave. Je dois toujours courir derrière les informations, est-ce que c'est comme ça pour tout le monde ? Est-ce que tout le monde doit rester dans le noir ?
Quand est-ce que j'aurais une petite soirée tranquille, sans mission, sans que je me pose de question ? Depuis que j'ai déménagé dans cet immeuble j'ai dû avoir deux soirées rien que pour moi. Heureusement que pour ce soir il me reste un joker pour pouvoir passer une bonne soirée : le joker Jones !
***
Je n'étais jamais rentré chez moi aussi vite. Je suis passé tellement vite dans l'entrée, que je crois qu'Arthur n'a pas entendu mon « bonsoir, comment ça va, as-tu passé une bonne journée ! ». Si je vous assure j'ai eu le temps de lui demander tout ça ! Il a dû me prendre pour une folle, ou que j'avais une envie pressante ! Le ding de l'ascenseur me fait revenir sur terre, à peine les portes ouvertes que je suis déjà devant la porte d'Erick en train de cogner à la porte depuis déjà cinq minutes !
« -Je sais que tu es là Jones ! Ouvre cette fichue porte ! Et n'essaye pas d'appeler le concierge, tu sais qu'il ne t'aidera pas !
Que c'est bon d'échanger les rôles !
-Que veux-tu Kassidy ? Me dit Erick en ouvrant sa porte d'une voix blasée.
Incroyable, aucune arrogance dans sa voix, aucune colère, rien, comme s'il savait qu'il y aurait une confrontation ce soir. Je ne comprends pas. Son « secret » n'est pas si terrible que ça, moi-même je n'appellerais pas ça un secret !
-Des réponses à mes questions.
-Entre. » Me dit-il en me laissant passer devant lui pour me faire rentrer.
Je n'ai même pas eu à le menacer pour rentrer !
Son appartement est magnifique, il ne lui ressemble absolument pas. Moi qui imaginais un appartement froid et sans âme comme lui. Eh bien je me suis trompé. Son salon est chaleureux. Avec des photos. Un couple de personnes âgées revient assez souvent sur les photos.
« -Ce sont mes grands-parents, ce sont eux qui m'ont recueilli après que mes parents m'ont mis à la porte. M'explique Erick en me voyant bloquer sur les photos accrochées sur le mur de son salon.
Erick qui répond aux questions avant même que je lui demande ? Est-ce qu'il va enfin être honnête avec moi ?
-C'est magnifique chez toi.
Je ne vais pas mentir pour me faire plaisir.
-Merci, tu veux quelque chose à boire ? Dit-il en se dirigeant surement vers la cuisine.
Ah non là c'est trop bizarre pour moi !
-Ça va Erick ? Non parce que sérieusement tu me fais très peur à cet instant précis. »
Il ne me répond même pas. Je suis passé dans une quatrième dimension, ce n'est pas possible. Il s'assoit et c'est tout. En principe il aurait dû répondre, ou même se moquer de moi. Jamais, au grand jamais le Erick que je connais aurait réagi comme ça. C'est peut-être un clone ?
« -Oui je vais bien, je n'ai juste pas envie de m'engueuler avec toi et entendre des moqueries de ta part.
Des moqueries ?
-Des moqueries ? Pourquoi je me moquerais de toi ? Lui dis-je en m'essayant dans le fauteuil en face de lui
Je ne comprends plus cet homme... Déjà que je ne le comprenais pas bien !
-Tu ne viens pas ici pour te moquer de moi ?
Il pense que j'ai quel âge ?
-Tu crois que je vais me moquer de toi parce que tu entraînes des enfants au football ? Mais où tu as eu cette idée ? ! Je veux bien qu'on ne s'entende pas bien, mais de là à me moquer de toi pour ça !
C'est vrai au départ je voulais un peu me moquer, mais avec du recul je trouve cela un peu mignon.
-Les agents qui sont au courant de mon job se moquent souvent de moi.
Son job ?
-Attend c'est ton job ? C'est ce que tu fais lorsque tu n'es pas agent pour Léonard X ?» Dis-je surprise.
Je n'aurais jamais pensé ça, en fait je ne comprends pas...
-Je croyais que notre travail à côté, devait avoir un lien avec l'agence, pour faciliter la récupération d'information.
-C'est le cas, mais avant que je reprenne mes études à Paris pour les besoins de l'agence, j'avais commencé à donner des cours de sport à des enfants à Adelaïde en Australie, pour pouvoir gagner de l'argent pour me payer mon billet d'avion pour Londres. Je pense que si l'agence ne m'avait pas engagé après cette compétition, et malgré le refus de mes parents de m'ouvrir leur porte, je serais resté en Australie et j'aurais monté mon club pour enfant. Lorsqu'ils m'ont engagé, c'est la seule chose que j'ai demandée lorsque j'ai signé, c'est de continuer de faire ça.
-D'accord.
Qui l'aurait cru !
-Et voilà, vas-y moque toi. Oui le grand Erick Jones est entraîneur de football et judo pour enfant.
Grand, grand c'est un bien grand mot
-Attends tu m'as regardé, je suis hôtesse d'accueil au Louvre, est-ce que tu crois que je vais me moquer de toi ?
Sérieusement, de nous deux c'est lui qui a le meilleur job !
-Tu ne te moque pas ? Sérieusement ?
Il a un problème d'audition le petit ou quoi ?
-Non je ne vais pas me moquer, je suis plutôt surpris, toi t'occupant d'enfant. Toi leur parlant gentiment, c'est juste... Bizarre ! »
Il me regarde comme si j'étais une personne venant d'une autre planète. Je ne cherche pas toujours à l'embêter. Je sais quand je dois fermer ma bouche. Je ne suis pas une personne sans cœur.
« -Et puis de toute façon, il y a quoi de drôle ? Tu es entraîneur pour jeune et alors, ils font quoi les autres ?
C'est vrai quoi, je suis sûre qu'il y en a qui doivent faire bien pire ?
-C'est plus compliqué que ça. Il faut que tu saches que les hauts gradés, travaillent soient à cent pour cent pour l'agence ou ont des postes plutôt légers pour pouvoir faciliter notre temps et notre champ d'action. Les agents ayant la double casquette comme toi ont eux aussi, des postes pas très haut gradé pour pouvoir faciliter les choses lorsque l'agent doit partir en mission. Mais ici, c'est moi qui ai décidé de faire ce poste à côté. Cela a été mon choix. Et généralement les autres agents se moquent bien de moi.
-Je ne comprends pas, ils connaissent ton grade, quand même, tout le monde sait que tu es l'instructeur en chef au camp Robinson ? Et puis tu as plusieurs missions réussites à ton actif ! Dis-je choquer.
Je suis plutôt choqué par cette mentalité, Erick est plutôt haut placé dans cette tour d'espionnage !
-Peut-être, mais je ne devrais pas l'être, trop jeune. C'est pour ça que les grands patrons ont accepté que j'ai ce job à côté. Pour que les cris de scandales et d'injustice puissent enfin s'arrêter.
Je ne sais vraiment pas jusqu'où va la bêtise humaine, mais là, elle est allée vraiment loin !
-Je n'arrive pas à croire ce que j'entends, on est plus à l'école primaire ! On est adulte ! J'ai l'impression d'entendre des gamins en train de crier « ce n'est pas juste », je trouve ça vraiment ridicule ! »
Je ne serais pas en train de voir son visage si sérieux, que je ne le croirais pas. Je ne pensais pas que ceci pouvait le déranger autant. Lui qui a l'air si insensible. Cet homme est un vrai mystère.
« -Je ne me moquerais pas de toi, si tu peux répondre à deux questions ?
-J'en étais sûr, c'était vraiment trop bizarre que Mademoiselle Brandon ne me demande rien !
Voilà, il est revenu mon Erick. Enfin je veux dire... Je n'arrive pas à croire que j'arrive à m'embrouiller moi-même dans mes propres pensés.
-Si tu détestes tant qu'on se moque de ton statut d'entraîneur de football pour enfant, pourquoi tu es si ingrat avec Arthur ?
-Mais c'est juste un concierge !
-Et alors, lui aussi a fait le camp Robinson ! C'est un agent comme toi et moi ! Toi-même tu l'as dit, les agents hauts gradés travaillent soit à cent pour cent pour l'agence soit ont un poste pas très important pour pouvoir agir rapidement. Tu ne tu ne t'es jamais dit que peut-être qu'Arthur était un haut gradé ? Lui posé-je comme question ?
Si ce que Erick me dit est vrai, alors Arthur est un haut gradé. Lui aussi est jeune, cela ne m'étonnerait même pas qu'il subisse ce qu'Erick subit.
-...
-Vous êtes vraiment de vrai bébé dans cette société secrète, j'espère que tu vas y penser la prochaine que tu parleras mal à Arthur. Et la deuxième question que j'ai pour toi est : est-ce que tu as une cuillère ?
-Une cuillère ?
-Oui une cuillère, j'ai une envie subite de glace, et avec la fin de journée que nous avons eue tous les deux, je pense qu'une bonne glace ne nous fera pas de mal » Lui dis-je en tendant la main pour avoir une cuillère.
Cela se voit qu'il ne s'attendait pas à ça, mais au moins j'ai réussi à le faire sourire. Je sais que je peux être une garce, mais je le vois bien, lorsqu'une personne a besoin de se vider l'esprit. Je trouve ça vraiment étrange, qu'il est pensé que je me moquerais de lui. Enfin je veux dire je suis hôtesse d'accueil ! Je dois sourire et accueillir les gens dans un musée. J'espère qu'il ne pense pas que mon job est meilleur parce que dans ces cas-là, on échange tout de suite ! C'est vrai que c'est au Louvre et que j'ai toujours voulu travailler là-bas, mais en tant que conférencière ! Pas en tant qu'hôtesse d'accueil ! J'ai la double casquette, donc selon les dires d'Erick, je suis destiné à ce genre de poste et de ne jamais monter en grade -Quand je pense qu'Erick m'avait dit que je pourrais monter en grade avec le temps... Bon tant pis, je dois faire avec je pense... -
« -Tiens. Me dit-il en me tendant une cuillère et un pot de glace.
À nous deux, pot de glace !
-Comment ça, tu as eu une mauvaise fin de journée ? Me pose-t-il comme question.
Est-ce que j'ai le droit de le dire ? Il est plus mon coéquipier ? Mais il pourrait m'aider ?
-C'est en rapport avec ta mission de surveillance nocturne au Louvre ?
Il est au courant ?
-Tu es un vrai livre ouvert par moment ! Oui je suis au courant, même si je suis relégué aux archives quand je n'entraîne pas les enfants, je te suis toujours Kassy.
C'est moi où j'apprécie le fait qu'il m'appelle Kassy ? J'aime comment mon surnom sort de sa bouche, mon Dieu, faut vraiment que je me trouve un mec !
-Puisque tu es au courant, hier soir, je n'ai pas pu rattraper le mec qui faisait du repérage, c'est dingue il connaissait le musée par cœur, il évitait les caméras comme un fantôme. Il connaissait tous les passages secrets, c'était juste flippant. Quand j'ai vu qu'il était sorti, je suis retourné sur mes pas pour voir le dessin. Celui-ci était en encre invisible. Quand j'ai mis la lumière noire j'ai vu un serpent enroulé.
-Un serpent enroulé ?
Il a l'air de comprendre, c'est peut-être bon pour moi !
-Oui. Mais je n'ai pas écouté Tom, il m'avait énervé, je n'ai pas eu de contact avec lui pendant plus de 20 minutes, il n'a pas pu me guider pour que je puisse lui couper la route. Et quand tout a été fini, monsieur est revenu en me disant qu'il était désolé, qu'ils avaient été piratés et que c'était la panique dans le bureau. J'étais tellement en colère que je ne suis pas allée à l'agence tout de suite pour leur dire ce que j'avais trouvé. J'y suis allé ce soir.
-Kassidy. Dit-il en roulant des yeux et en mettant une grosse cuillère de glace dans la bouche.
Même si c'est un son de reproche, je trouve ça vachement sexy ! Oh mon Dieu, je crois que je vais m'inscrire sur un site de rencontre !
-Je sais, je sais, on ne doit pas faire ça, mais j'étais tellement énervé et crevé que j'ai préféré rentrer à la maison. Et vu l'état de l'agent Sperce, Tom lui a tout balancé avant que j'arrive.
-Tu es allée voir l'agent Sperce seule ? Tu es vraiment suicidaire.
Je sais, je sais.
-Bref, quand je lui ai dit que le dessin dessiné sous le tableau était un serpent enroulé, il est devenu tout blanc et m'a renvoyé chez moi, sans explication, tout ça pour un serpent qui ressemble à un boa.
-Tu as visé tout juste agent Brandon.
Hein ?
-Quoi ?
-Le dessin que tu as trouvé est bien un boa, c'est un symbole. Commence-t-il à m'expliquer
Oui dit m'en plus...
-Oui et ?
-C'est plus particulièrement le symbole de la Black Organisation Art, comme je vois, ils sont de retour. » Dit-il en enfournant encore une fois une grosse cuillère de glace.
Je savais bien que tout ça n'était qu'un mauvais film d'espionnage !