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La Black Organisation Art. Les professionnels des professionnels. Selon Erick, la génération avant nous avait réussi à démanteler leur réseau il y a maintenant vingt-cinq ans. Apparemment, il y avait un chapitre sur le BOA lors des passages des agents au camp Robinson, mais au fil des ans, certaines personnes ont décidé que cela ne servait plus à rien. Du fait de la disparition totale de cette organisation, ils pensaient qu'il n'était pas important de parler de cet épisode si important de Léonard X aux nouvelles recrues.
Les abrutis ! C'est pour ça qu'on a des cours d'histoire pendant notre scolarité, pour ne pas oublier. Pour ne pas commettre les mêmes erreurs ! Je ne comprends pas, ils se sont vraiment relâchés, ce n'est pas parce que ces dernières années, la Joconde était bien en sécurité, que la vente de tableau au marché noir s'est faite plus rare. Ils se sont vraiment reposés sur leurs lauriers. Une chose est sûre, si cette organisation avait bien été réduite au néant, jamais ils n'auraient dû revenir. Le réseau avait été démantelé morceau par morceau. Il y a eu des pertes des deux côtés. Et si je me rapporte encore une fois aux dires d'Erick, ce fut la plus grosse perte de Léonard X. Ces hommes ne faisaient pas que voler les tableaux. Il y avait vraiment un trafic derrière tout ça. Apparemment les truands adorent l'art. Ces voleurs ne sont pas que payés à voler les tableaux, ils le sont aussi à tuer et à vendre de la drogue. Encore heureux qu'ils ne font pas de trafic d'être humain. Bref, des mafieux très bien organisés. Une mafia qui aimait être présente dans plusieurs pays. Plus Erick me racontait l'histoire du BOA, plus je me demandais pourquoi moi ? Mais pourquoi moi nom de Dieu ! Je crois que je vais maudire Erick sur au moins cinq générations ! Mais pourquoi je voulais que ma vie soit plus de pimenté. C'est sûr que maintenant ma vie c'est du piment oiseau ! Comme dit Erick, pour une première mission je vais morfler ! Merci c'est vraiment très encourageant. Finalement je ne sais plus ce que je dois faire. Est-ce que je dois me concentrer sur la réplique de la Joconde, ou est-ce que je dois me creuser les méninges, pour pouvoir stopper le BOA. J'aurais dû prendre une assurance vie. J'aurais dû voyager plus. J'aurais dû rendre plus souvent visites à mes parents. Je parle déjà comme si j'étais morte. Génial. Erick m'a promis qu'il me ramènerait des informations des archives. Il paraît qu'ils ont un sacré dossier sur eux. Lui s'est intéressé au BOA, lorsqu'un jour il était descendu aux archives et est tombé sur leur dossier. Il a trouvé ça super à intéressant et à chercher pourquoi cette affaire, n'était pas étudiée lors de l'entraînement au camp. C'est là qu'il a découvert, que cela faisait à peine deux ans qu'ils avaient retiré ce chapitre pendant les cours de théorie et d'histoire. Erick va essayer de faire sortir ce dossier des archives pour moi. Mais comme il me le disait, il ne sait pas si je devrais être au courant ou pas. C'est vrai que l'agent Sperce m'a renvoyé chez moi sans information. Peut-être que je ne devrais pas lire ce gros dossier. Je ne sais vraiment pas quoi faire.
***
Cela fait maintenant quatre heures que j'ai laissé Erick, cela fait quatre heures que je tourne en rond dans mon lit. Je suis pourtant fatigué, mais je ne sais pas si c'est de la fatigue physique ou moral. Je ne mentirais pas si je disais que la fatigue morale est la plus probable. Mais dans quelle merde je suis. Je comprends pourquoi, des psychologues sont à notre disposition jour et nuit. Franchement, je ne comprends toujours pas pourquoi il n'y a pas plus de fou à Léonard X.
Mon plafond est plutôt pas mal. J'aurais voulu repeindre ma chambre. Mais je n'ai pas vraiment eu de temps pour moi depuis que j'ai changé de vie. À chaque fois que je me dis que je vais me garder un peu de temps pour personnaliser mon chez-moi, je finis par m'endormir. Cet appartement ne me ressemble toujours pas. Il fallait qu'une autre merde arrive et que je ne puisse toujours pas m'occuper de ma maison. J'aurais presque préféré foirer le test du voleur et ne pas avoir débloqué mon traumatisme. Je serais resté dans les bureaux. Comme une bonne fouine qui se respecte. J'espère qu'il va réussir à me donner les documents. Quand je pense qu'il a fallu qu'on ne soit plus coéquipier pour pouvoir travailler ensemble.
Oooooo I really don't care ! Ooooo I really don't care !
Mais qui est assez stupide pour m'appeler à ... Deux heures du matin ? -Déjà deux heures ! Je cogite depuis si longtemps ? - Tom. Ok, Tom est en train de m'appeler au plein milieu de la nuit ... Normal !
« -Allô ?
-Rendez-vous demain à huit heures trente dans les bureaux de Paris centre, réunion d'urgence, tu auras une excuse pour ton absence au Louvre. Ne sois pas en retard !
-D'acc... »
D'accord, pas un bonsoir ou excuse-moi de te déranger, ni un au revoir... Connard !
Pourquoi j'aurais besoin d'une excuse pour le Louvre, on est mardi, je suis logiquement en repose aujourd'hui ! Cela devient vraiment bizarre. J'espère qu'Erick ne dort pas !
TOC TOC TOC
Non il ne dort pas !
« -C'est quoi cette histoire ? ! Dis-je en ouvrant ma porte d'entrée à Erick.
-Kassidy ce n'est pas une histoire, c'est bien plus grave que tu ne le penses. Il est rare que tout le monde soit rappelé pour une réunion d'urgence. Ce n'est pas normal. Et surtout à deux heures du matin. Ils m'ont appelé moi, alors que je suis « consigné » aux archives. Ça ne sent pas bon Kassy vraiment pas bon ! Dit-il en rentrant chez moi et en s'asseyant sur mon canapé.
Même inquiète, sa voix est vraiment s... Mais reste concentré ma vielle fille !
-Cela ne s'était jamais arrivé ? Lui dis-je en le rejoignant.
-Si, mais la dernière fois remonte justement il y a vingt-cinq ans et c'était pour le BOA. On me l'avait raconté lorsque je cherchais des informations sur cette organisation. J'avais posé la question à je ne sais plus quel agent, je crois que celui-ci doit être à la retraite aujourd'hui. Je voulais savoir ce qui se passait lors de crise. Et la réponse à ma question était cette fameuse réunion ! C'est la merde ! Comment veux-tu dormir maintenant !
Ah non c'est mort, je ne fais pas de nuit blanche moi, j'ai déjà donné hier !
-Je ne sais pas toi, mais moi je crois que je n'aurais aucun problème m'endormir. Je suis crevé, avec les nuits extras courtes que j'ai eues dernièrement, mon lit m'appelle avec aucune difficulté !
-C'est pour ça que tu es bien réveillé à cet instant, alors qu'on s'est quitté il y a maintenant plus de quatre heures.
Même si je trouve sa voix sexy, -mais je vais mettre ceci sur le compte de la fatigue et sûrement sur le manque de sexe-, ce mec est vraiment un salop ! Comment ça, il dit la vérité ? Tout le monde sait qu'on n'est pas obligé de dire la vérité lorsqu'on se parle à soi-même ! Quoi ? Tout le monde fait ça ! Comment ça, j'essaye de trouver des excuses pour le détester ? Attendez ? Je suis vraiment en train de me parler à moi-même, je suis vraiment entrain de m'auto-contredire ?
-Kassy ça va aller ? Me demande Erick en passant sa main devant mes yeux.
Depuis combien de temps je suis en train de me parler ?
-Je crois que tu as raison tu devrais aller te coucher. Reprit-il.
-Comment ?
-Cela fait maintenant cinq minutes que tu regardes dans le vide, avec un visage très concentré, on a l'impression qui tu vas tuer quelqu'un !
Je n'aurais jamais pensé que les disputes avec moi-même donnaient l'impression que j'allais tuer quelqu'un !
-Je vais te laisser, repose-toi bien. Dit-il en se levant et en se dirigeant vers la sortie.
-D'accord. »
Il va me prendre réellement pour une folle maintenant !
***
Il avait tort, je me suis endormie vraiment vite. Donc encore une fois j'avais raison et lui tort. Ce n'est pas une petite réunion d'urgence, qui va m'empêcher de dormir. Mais pour la première fois, depuis que je suis arrivé ici, j'ai entendu du mouvement dans le bâtiment. Comme si une alerte à incendie avait été sonnée. J'ai dû attendre trois ascenseurs pour pouvoir sortir du bâtiment. Ça ne doit pas être très discret de voir des dizaines de personnes sortir d'un même bâtiment à la même heure. Et on appelle ça des espions. Ils n'ont jamais vu des films d'espionnage. Monsieur est peut-être ingénieur ou je ne sais quoi mais ils ne sont pas très intelligents. On dirait un troupeau de loups qui vont chasser ! Je préfère prendre un chemin plus long que de suivre le troupeau qui a un panneau écrit au-dessus de leurs têtes : « NOUS SOMMES DES ESPIONS ET NOUS ALLONS A UNE RÉUNION DE CRISE ! » dessus. Non mais on ne devrait pas se séparer, prendre des différents chemins - Ne dit-on pas que tous les chemins mènent à Rome ? -, partir à des heures différentes. Pourtant ces personnes ont l'air beaucoup plus âgées que moi, avoir beaucoup plus d'expérience que moi ? Très peu ont l'air d'être dans la même tranche d'âge qu'Arthur, Erick et moi. On a tous eu la même formation, alors pourquoi ils sont si idiots ? Je pense que la formation devrait être comme le permis, au bout d'un certain temps, on devrait la repasser. Parce que je pense que certains ont oublié la base de l'espionnage.
***
Si je fais bien attention au bruit de pas qui sont derrière moi, je pense confirmer que je ne suis finalement pas la seule à avoir pris un autre chemin.
« -Je vois que nous avons eu la même idée. Dis-je en reconnaissant la personne qui vient de me rattraper.
-Ces espions sont vraiment bêtes, et absolument pas discret, nous avons pourtant eu la même formation !
Je ne suis pas la seule à penser ça, je suis rassuré.
-Mais je ne pensais pas que tu serais convié à cette réunion, qui va surveiller l'immeuble ? Demandé-je à Arthur.
Je sais qu'Arthur, a lui aussi fait le camp, et selon mes déductions, et avec les explications qu'Erick m'a confiées, je pense qu'Arthur est un haut gradé.
-Tu sais quel est le job d'Erick lorsqu'il ne travaille pas à l'agence n'est-ce pas ? Et je pense qu'il t'a un peu expliqué comment fonctionne les postes des agents hauts gradés et les agents ayants le double caquette ?
-Oui et oui il m'a expliqué. Et si je suis mon sixième sens, je pense que les personnes qui vivent dans cet immeuble n'ont pas compris que tu n'es vraiment pas qu'un simple portier/concierge.
Vu le sourire qu'Arthur me fait, je pense que j'ai bien raison.
-Finalement, certains agents ne sont pas si aveugles ! Me dit Arthur avec un sourire au coin.
-Je savais que je pouvais faire confiance de temps en temps à mon sixième sens !
J'espère au moins qu'Erick a réfléchi sur cette conversation, parce qu'il fait subir à Arthur, ce que lui, il subit !
-Tu sais, il n'est pas si méchant finalement. Repris-je.
-Encore une demoiselle qui tombe sous le charme, du ténébreux Erick Jones !
Une autre demoiselle, combien de demoiselle est tombé sous le charme de ce mec ? !
-Moi ? Jamais de la vie, je ne tomberais jamais amoureuse, du connard qui m'a fait rentrer dans cet enfer ! Il devrait changer de prénom et se faire appeler Lucifer !
-Bien sûr, bien sûr, je vais te croire ! » Me dit-il en rigolant
T'inquiète, je ne me crois pas moi-même !
***
C'est tellement facile de parler avec Arthur de tout et de rien. On est facilement d'accord sur tout. Faire le chemin à deux est quand même plus fun ! On n'a rencontré aucun autre agent sur notre chemin. Je sais que je n'ai pas réellement écouté les cours pendant que j'étais au camp, mais je crois que je ne suis pas la seule !
« -Mot de passe ?
-Léonard n'était pas droitier. Dit Arthur.
-Entrez »
Sérieusement ils n'ont pas changé le mot de passe !
Je regarde Arthur, et je crois que lui aussi pense la même chose, c'est quoi cette sécurité de merde. Mais ils font quoi ces grands patrons ! Je serais la bosse de cette organisation, je changerai les mots de passe en moyenne tous les mois si ce n'est pas toutes les deux semaines ! C'est Arthur qui me dirige. Je ne connais toujours pas le bâtiment. Donc quand on me dit, la réunion se passe dans l'amphithéâtre ELADRON, j'ai juste envie de lui demander si un GPS est fourni pour le trouver. Heureusement, que je ne suis pas seule, vraiment !
Cet amphithéâtre est juste... Géant. Nous ne sommes pas les derniers arrivés mais celui-ci est déjà bien rempli. J'ai l'impression de me retrouver en Grèce antique, dans le théâtre d'Epidaure. Cette pièce est vraiment incroyable.
« -Je dois te laisser ici. Me dit Arthur
-Oh mais pourquoi ?
Ne m'abandonne pas dans cette jungle !
-Je dois aller avec les autres au centre.
J'avais raison, pour qu'Arthur descende au centre c'est qu'il est bien est placé dans cette foutue hiérarchie ! Et si je compte bien le nombre de personne sur l'estrade, je peux dire qu'Arthur fait partie du Pentagone de Paris. Le pentagone travaille toujours à visage couvert. Aujourd'hui, nous pouvons tous connaître leur identité... La situation est vraiment grave.
-D'accord. »
Bon maintenant, trouver une place, la plus discrète possible. J'ai vraiment horreur de ce genre de foule. Ils ont tellement l'air intelligent ! Ils sont tous habillés de noir. Et bien sûr, c'est aujourd'hui que j'ai décidé de m'habiller avec un pantalon vert pomme et un haut blanc. En regardant bien sur mon front il y a plus marqué « PERDU » qu'« ESPION ». Finalement je ne suis peut-être pas la plus discrète ! Et c'est quoi ce code vestimentaire. Où est-ce que s'est écrit qu'on doit être tout de noir pour être espion ! J'ai l'impression de me retrouver à un enterrement !
« -Un peu de silence s'il vous plaît ! » Dit un homme sur l'estrade avec un léger accent anglais. De taille moyenne et les cheveux poivre et sel, celui-ci impose vraiment le respect.
Ah ça va enfin commencer !
Erick est sur scène, lui aussi fait donc partie du Pentagone. Arthur est à côté de lui à droite. J'aimerais bien savoir à quoi il pense à ce moment même. Depuis sûrement des années, il bosse avec Arthur sans le savoir. J'espère qu'il repense à ce que je lui ai dit. Parce qu'aujourd'hui nous avons tous la preuve qu'Arthur est au même niveau que lui dans cette hiérarchie bien compliquée. En fait j'espère que tous les agents présents réfléchissent à leur comportement enfantin et puéril qu'ils ont eu envers Erick et Arthur. Dans la vraie vie, tu as ce comportement avec ton supérieur, tu te fais virer pour faute grave. Que font les boss dans cette boîte, comment ils peuvent laisser ce genre de comportement être si présent dans les couloirs dans leur organisation.
L'agent Sperce est là, ce qui ne m'étonne pas personnellement, cet homme impose vraiment la crainte et la peur. Cela me fait bien rire, Erick craint cet homme alors qu'en réalité ils ont les mêmes pouvoirs. Deux autres agents grisonnants sont à côté de lui. Je ne les ai jamais vus dans les couloirs de l'agence.
« -Merci d'être venu pour cette réunion de crise. Dit l'homme qui se trouve à la gauche d'Arthur. Légèrement plus grand que la personne qui a demandé silence, celui-ci fait vraiment peur. Oui encore plus peur que l'agent Sperce.
On n'avait pas le choix non plus, pas besoin de nous remercier d'être venu, ils me font rire avec leur formule de politesse à deux balles ! Et puis il pourrait se présenter celui-là ! J'aimerais bien savoir le nom de la personne que je suis obligé d'écouter !
- ...Depuis 25 ans.
Oups je devrais vraiment écouter !
-La Black Organisation Art est de retour, et c'est vrai que plus de la moitié d'entre vous, vous aviez à peine une dizaine d'années lorsque nous avons démantelé le BOA. Cette affaire fut un vrai carnage. Des deux côtés. Et aujourd'hui, l'un des nôtre à retrouver leur symbole sur l'un des murs du Louvre. Cette fois c'est le tableau de François Ier qui a été visé.
C'est vrai que ce n'est pas un tableau extraordinaire mais de toute façon la Joconde était déjà volée !
-C'est pourquoi, toutes les missions de récupération de tableau des différents musées en cours, s'arrêtent tout de suite.
Ah oui quand même.
-Notre priorité aujourd'hui est d'arrêter le BOA... Encore une fois.
-Et pour la Joconde ? Dis-je le plus fort possible.
C'est vrai quoi ! Cette pièce est juste la plus importante du musée du Louvre, jamais je ne pourrais l'abandonner !
-Qui a parlé ? Demande l'agent Sperce, qui a pris la suite de son confrère.
Oups !
-Moi, euh l'agent Brandon.
Voir les mains d'Erick rencontrés sa tête veut tout dire... Kassidy pourquoi tu ne t'es pas tu ! Moi qui voulais être discrète, eh bien j'ai droit à toute l'attention de la salle !
-Pourquoi je ne suis pas étonné de vous entendre agent Brandon. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans ce que l'agent Thomas a dit, toutes les missions de récupération sont annulées.
D'accord... Le mec qui est à la gauche d'Arthur est l'agent Thomas. C'est bon à savoir.
-J'ai très bien compris, mais on parle de la Joconde, la pièce la plus importante du Louvre.
C'est dingue, je crois qu'Erick essaye de me dire de me la fermer... Comme si je l'avais déjà vraiment écouté depuis qu'il m'a forcé à rentrer dans cette organisation secrète !
-Toutes les missions sont annulées. La conversation est terminée agent Brandon.
Mais qu'est-ce qu'il peut être con celui-là !
-Non elle n'est pas terminée. Coupé-je l'agent Sperce. Elle n'est pas terminée, parce que franchement pour des agents, des espions d'envergure internationale vous n'êtes vraiment pas malin.
-Continuez votre phrase agent Brandon, et je peux vous suspendre pendant les semaines ou les mois à venir. Dit l'agent Thomas en coupant la parole à Sperce.
Attends, mais je veux bien, oh oui suspendez-moi !
-Rien à faire ! Vous ne vous êtes pas dit que ce sont peut-être ces salopards, qu'ils l'avaient ? Sérieusement, de l'encre invisible, le truc le plus simple au monde. C'est bien joli d'avoir de la nouvelle technologie, mais il ne faut pas oublier les anciennes techniques ! Personnes à penser à vérifier à la lumière noire, pour voir s'il y avait ce symbole sous tous les tableaux et sculptures qui ont été volés ces dernières années dans les différents musées où nous sommes en surveillance !
Ça, c'est du silence, même l'autre vieux ne parle plus.
-Mais merde on a tous suivi la même formation pourtant ! Poursuivis-je, et puis sérieux, c'est quoi cette sécurité ! Ça fait seulement deux mois et demi que je travaille ici, et c'est toujours le même mot de passe pour entrer. C'est ça votre sécurité ? Mais putain c'est tellement facile de voler un mot de passe tel que celui-ci, vous ne vous êtes jamais dit que peut-être que le BOA pouvait rentrer ici comme dans un moulin, et était dans nos bureaux en train de se refaire ?
Oh alors un petit con, deux petits cons, trois petits cons...
-C'est bien, vous utilisez les nouvelles technologies pour trouver les tableaux, mais vous n'avez jamais pensé à le faire pour la sécurité des bâtiments ?
Et après on me dit qu'il y a des ingénieurs dans cette assemblée ? Des personnes ayant des connaissances dans la haute technologie ? Vous me faites rire !
-Cette organisation a été fondée il y a plus de deux siècles, on ne vous a jamais dit que même s'il faut se renouveler, il ne fallait pas oublier les techniques de nos prédécesseurs. Combien vous pariez que si on trouve la Joconde, on trouve une partie de votre BOA ? Dis-je pour finir.
Pitié maintenant obligée moi à rester dans mon superbe appartement !
-Je veux que les bureaux de recherche et développement nous mettent au point une nouvelle sécurité pour nos bâtiments, tous nos bâtiments le plus rapidement possible pour la France et l'international. Ordonne l'agent Thomas après quelques secondes de silence.
Oh des regards noirs, tous dans ma direction, certainement les agents de la recherche et du développement...
-Agent Brandon puisque c'est vous qui avez trouvé les symboles avec votre coéquipier l'agent Busburry...
Mais il n'a rien fait celui-là !
-...Je veux vous voir dans mon bureau à la fin de cette réunion. Termine l'agent Thomas en me regardant avec un regard glaçant.
J'espère vraiment de tout mon cœur que je vais être mis aux archives ! Je ne viens pas de faire un scandale pour rien.
-Tous les agents de terrain, qui sont sur une mission de récupération de tableaux et objet d'art, veuillez aller sur place pour vérifier les murs. Vérifier les dates de vol pour savoir si nous pouvons créer une chronologie. Que les agents de bureaux planchent sur les informations que les agents de terrains auront trouvées. Que l'équipe de recherche et développement bosse sur un nouveau système de sécurité, je veux différents niveaux, je veux de la haute technologie. Nous avons les capacités alors je veux que le meilleur. Je pense que cette réunion est terminée, TOUS LE MONDE AU TRAVAIL ! Hurle Thomas.
Bon mouton, à peine le berger a dit courez qu'ils se sont tous mis à galoper !
***
-Agent Brandon, connaissez-vous l'obéissance ? Me demande L'agent Sperce, après que nous nous sommes installés dans le bureau de l'agent Thomas.
À la blague !
-Oui monsieur, mais j'oublie souvent ce que sait, lorsque je sais que j'ai raison.
J'aime à croire que j'ai tout le temps raison !
-Agent de bureau et de terrain, je comprends mieux pourquoi les grands patrons vous voulaient.
J'ai l'impression, d'être un objet qu'on a vendu aux enchères et qu'on a eu à très bon prix.
-Vous avez soulevé, de très bonne question agent, je vois que l'instructeur Jones a fait du très bon boulot avec vous. Et vous n'avez pas tort sur beaucoup de points. Et je vous remercie, bien que vous m'ayez désobéi. Maintenant je vais vous donner à vous et votre coéquipier une mission différente des autres. Vous allez faire un petit tour à Milan. La dernière fois qu'on a eu affaire au BOA, c'était là-bas. Vous serez accueilli par nos agents là-bas. Je sais que vous parlez italien, donc vous n'aurez pas trop de problèmes, mais sachez qu'il y a des agents français sur place. Ramenez le plus d'information possible.
-Vous n'avez jamais pensé à centraliser les données, sur un serveur général de l'agence qui aurait différents niveaux de sécurité selon l'agent et le code pays qui voudrait y accéder ? Demandé-je
Ce n'est pas bon les gros yeux, j'ai compris
-Oui Chef. » Terminé-je, ayant compris que j'avais assez mis les pieds dans la merde aujourd'hui.
***
C'est parti pour un petit voyage pour Milan. Depuis le temps que je voulais aller en Italie, c'est vrai que ce n'est pas pour du tourisme, mais c'est déjà mieux que rien. Milan, la cité de la mode, j'espère avoir quand même un peu de temps pour aller faire un tour dans les rues commerçante. Abandonner l'autre monsieur je-ne-veux-pas-te-parler-parce-que-tu-m'as-briser-le-cœur, serait juste génial. On a été ensemble un mois et demi et il pleure comme si je l'avais plaqué après dix ans de relation. Pire qu'une fille. Franchement, j'aurais pu partir sans lui. C'est juste une récupération de données !
« -On rentre ensemble ? Me dit Erick dans mon dos.
Erick ?
-Tu m'attendais ?
La réunion avec l'agent Thomas et Sperce a duré une bonne trentaine de minutes quand même !
-Non enfin, on vit dans le même bâtiment on pourrait rentrer ensemble. Dit-il comme si nous étions amis depuis des années.
-Ok pas de problème. Lui dis-je en me remettant en route
-Tu es vraiment suicidaire. Je ne me souviens pas la dernière fois qu'un agent à parler comme ça devant l'agent Old.
-L'agent Old ?
-Oui l'agent qui était à ma gauche.
Alors il y avait Arthur, Erick, Sperce, Thomas. Donc, logiquement la personne qui avait demandé le silence et qu'il a eue avec le plus grand respect est l'agent Old !
-Pour tout dire, je ne savais pas qui c'était, il faudrait que la direction donne un livret avec l'organigramme de la boîte. À part toi, Arthur et l'agent Sperce je ne connaissais pas les deux autres.
La seule chose qui m'a motivé est la menace que j'ai reçu !
-Quand j'ai entendu Sperce faire sa menace, je me suis surtout dit qu'il était en train de creuser sa propre tombe. » Me dit Erick en rigolant.
Il me connaît si bien maintenant !
Je n'arrive pas à croire que j'ai abandonné Arthur pour faire le chemin retour avec lui. Quand Arthur va le savoir, il va me faire mijoter jusqu'à ce que je crache la vérité ! Et je sais qu'il sera capable de me faire tout balancer, ce mec est Dieu, il voit tout, entend tout, sait tout ! Franchement quelle idée a eu Erick de s'en faire un ennemi alors qu'il bosse ensemble dans le Pentagone !
« -Je vois que tu es heureuse de partir avec l'agent Busburry à Milan. Continue Erick pour faire la conversation.
Qu'est-ce que l'agent Jones veut savoir ! ?
-Je suis folle de joie, quel bonheur d'être sa coéquipière pour cette mission !
Mon Dieu j'ai envie de vomir rien que d'y penser ! Je suis vraiment sorti avec lui ? Sérieusement ! ?
-Avoue-le, tu me regrettes ? Me dit-il en me donnant un petit coup sur mon épaule avec son épaule.
Oui je te regrette
-Moi ? Te regretter ? Jamais ! Je suis vraiment heureuse d'être avec Tom sur cette mission. On s'était tellement bien entendu au camp !
Je n'arrive même pas à croire à mon propre mensonge !
-C'est vrai que vous étiez comme cul et chemise au camp, comme des amoureux.
Il le sait l'enfoiré, j'en suis certaine maintenant !
-Amoureux, pfff moi amoureuse de ce type, plutôt mourir ! Et puis il n'est pas du tout mon type d'homme.
-Si tu mens comme ça lors d'un interrogatoire, tu es fichue agent Brandon. Ne me mens pas, je t'ai vu en pleine séance de lavage d'amygdales dans l'infirmerie et surtout j'ai vu votre rupture. Qu'est-ce qu'on apprend des choses lors des petites balades sur le camp.
La honte ne tue plus, la honte ne tue plus, la honte ne tue plus, mais mon qu'est-ce qu'elle amoche bien !
-Mon Dieu ! Heureusement que je ne bosse pas aujourd'hui, je n'avais vraiment pas envie !
Détournement de conversation !
-Nous avons tous été excuser pour aujourd'hui. C'est tellement rare ce genre de réunion pendant nos journées de travail, qu'il est facile pour les supérieurs de nous excuser.
Une journée rien que pour moi... Je vais peut-être enfin profiter pour la première fois mon jour de congé ! Il est temps de faire un petit tour dans un magasin de bricolage ! Je ferai mes bagages pour Milan, ce soir ce n'est pas grave !
-C'est dingue, je sais déjà ce que tu vas faire... Shopping !
-Tu n'es pas si doué que ça Monsieur Jones, je vais juste acheter de la peinture pour enfin personnaliser mon appartement ! Passe une bonne journée agent Jones » Lui dis-je en tournant à gauche au lieu de la droite qui m'aurait emmené à la maison.
Jamais je n'aurais pensé que j'aurais pu avoir une conversation comme celle-ci avec lui. Finalement c'est vraiment facile. Mais je devrais vraiment l'éviter. Tomber amoureuse de lui serait la cerise sur le gâteau de ma vie. Hors de question. Il faut que je parle à quelqu'un maintenant ! Il faut que je me change l'esprit avant de changer d'avis et que je me retourne pour repartir avec Erick ! Il faut vraiment que j'appelle Arthur ! Heureusement que j'ai enregistré son numéro de portable pendant notre soirée glace !
-Pitié répond, répond, répond-
« -Allô !
Merci Seigneur
-Arthur, est-ce que tu crois que tu pourrais m'aider aujourd'hui ou tu as déjà quelque chose de prévu ?
Dis-moi que tu n'as rien, dis-moi que tu n'as rien, j'ai vraiment besoin de parler à mon meilleur ami !
-Je n'avais rien de prévu après cette réunion, je pensais que celle-ci allait durer plus longtemps, Et comme je suis de semaine de nuit encore une fois, je n'ai rien de prévu sauf peut-être un peu dormir.
OUI !
-Tu peux passer à la maison dans une heure ?
-Il n'y a pas de problème, même si tu es partie sans moi ! Tu veux que je ramène quelque chose à manger pour le déjeuner ?
J'aime ce mec !
-Non ne t'inquiète pas, au pire on commandera.
-OK, à tout à l'heure alors !
Ce mec est en or. Enfin je ne sais pas s'il serait venu si je lui avais dit que c'était pour peindre ma chambre et me changer les idées ! Mais ce qu'il ne sait pas ne lui fera pas de mal ! Je vais enfin mettre un peu de ma personnalité dans cet appartement et oublier un peu mes soucis ! C'est vrai que le fait de voir l'appartement d'Erick, si chaud, si agréable, m'a donné envie de faire le mien le plus vite possible !
***
À peine arrivé dans le magasin de bricolage le plus proche de la maison, que je me dirige vers le rayon peinture. Le lever de soleil que j'ai vu le premier jour dans l'appartement me donne plein d'idée. Orange, rose, blanc, jaune, rouge. Je veux pouvoir voir ce lever de soleil même quand il fait nuit. Mon premier souvenir dans mon nouveau et bel appartement ! Je n'oublie pas d'acheter des pinceaux ainsi que des bâches de protection, même si je n'ai pas grand-chose dans ma chambre, il faut quand même protéger le peu qui est présent. Une grande bâche pour mon armoire, mon lit et mon bureau et c'est bon ! Je vais enfin pouvoir me sentir chez moi ! Et puis je vais profiter d'Arthur pour me faire des trous dans les murs pour que je puisse accrocher moi aussi des photos de ma famille. Si Erick Jones, le sexy emmerdeur de service peut le faire, moi aussi !
***
« -Euh c'est quoi tous ces pots de peinture ? Me dit Arthur en rentrant dans mon salon.
-Merci d'être venu m'aider ! Je t'adore Arthur ! Lui dis-je en le prenant dans mes bras pour l'accueillir.
-Mais moi je ne suis pas venu faire ça, je croyais que tu voulais parler de tes déboires amoureux !
Ce mec commence réellement à connaître très bien aussi !
-Mais on va parler, mais on va aussi occuper nos mains ! »
***
Ce fut tellement amusant ! Pour tout dire je crois que je ne me suis jamais autant amusé depuis longtemps ! Cela fait du bien ! Et puis c'est plus facile de tout lâcher ce qu'on a sur le cœur quand on est dans une bonne ambiance. Cela fait moins interrogatoire. Et Arthur est vraiment de bon conseil !
« -Tu es sorti avec Tom Busburry ? Toi ? Kassidy Brandon ? Tu étais en manque de sexe ou quoi ?
Le pire dans cette histoire c'est qu'on n'a rien fait ensemble ! Trop fatigué par nos longues journées.
-Non pas du tout, il était le seul mec sympa avec moi, et puis en fil et en aiguille on a appris à se connaître. Et cela s'est fait tout seul. »
C'est tellement plus facile de parler de quelque chose de sérieux avec une personne qui a de la peinture orange sur la joue !
« -Tu sais qu'on n'aura pas fini ce soir. Dit-il assis sur une chaise ayant une protection et un verre d'eau dans la main.
-Je sais mais je voulais vraiment commencer, sinon jamais cet appartement aurait eu la touche Kassidy Brandon.
Je n'aurais jamais eu l'impression d'être chez moi !
-Et puis comme ça, tu auras une bonne occasion pour revenir. Continuais-je.
-Tu crois que je ne serais pas venu de te voir après ton retour, tu rigoles ma chère, tu pars avec ton ex à Milan ! Je veux avoir tous les détails à ton retour. Même si je dois avoir de la peinture sur tout le visage ! »
Au moins je suis sûre que quelqu'un m'attend à mon retour.
***
Après une journée entière de peinture et avoir mangé chinois, il est temps pour moi de faire ma valise et il est temps pour Arthur de prendre son poste pour la nuit. Je dois rester une semaine à Milan pour faire de la recherche et de l'analyse avec Tom. Je n'ai tellement pas envie de partir avec lui ! Si je me roule par terre dans les bureaux de Léonard X, peut-être que je ne vais pas partir avec lui ou pas partir du tout ! Mes parents ont vraiment raison, ils ont fait une petite fille capricieuse ! Ils m'auraient donné une petite sœur ou un petit frère j'aurais peut-être appris le sens du partage et à être moins capricieuse. Oui je suis consciente de mes défauts. La seule fois où j'ai décidé de voir un psy celui-ci m'a balancé ça en moins de 20 minutes de séance. Les vingt minutes suivantes il m'a balancé le résultat de mes traumatismes enfantins que j'ai eu, ainsi que le problème que j'avais avec mon poste dans mon ancien musée... En conclusion, il ne m'a rien appris sur moi et de deux, il a allégé mon porte-monnaie de quatre-vingts euros ! J'ai bien fait de n'être jamais retourné le voir ! Alors que nous étions en pleine conversation avec Arthur, Tom m'a appelé pour nous donner rendez-vous demain matin. Rendez-vous à huit heures en bas de mon immeuble. Tom vit dans un autre immeuble appartenant à Léonard X, mais celui-ci est plus loin de l'aéroport. Donc il a accepté le rendez-vous au pied du mien.
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Je n'avais pas envie de partir lorsque j'étais coéquipière d'Erick mais alors là, je crois que ce n'est rien à côté de ma non-envie de partir avec Tom ! Ma valise a été faite plus rapidement que je ne le pensais, j'ai le temps de me poser un petit peu et travailler sur la reproduction de Mona avant d'aller dormir. J'ai l'impression que cela fait des années que je ne l'ai pas touché. Quand je pense que c'est ma mission principale. Ils auraient vraiment dû me laisser dans les bureaux, au moins je serais allé beaucoup plus vite pour la reproduire. Depuis que je bosse pour Léonard, j'ai l'impression que mes nuits de huit heures se font de plus en plus rares ! Faut vraiment que je pense à mettre une alarme pour m'arrêter. Sinon je sens que je dessinerais toute la nuit, et je ne me réveillerais pas le moment venu. Déjà entendre Erick se plaindre pour deux minutes de retard c'est chiant mais alors Tom, je sens déjà que je serais capable de répondre par un coup de poing.
-Mona, grande Mona, Mona Lisa, quel secret tu cacheras, derrière la toile qui est là ! Ton sourire pourrait-il tromper l'ennemie, pourrait-il sauver l'œuvre orignal de notre grand Léonard !
Mona, ma grande Mona, laisse-toi faire, et prend vie sous mes coups de pinceau. Même si ce n'est pas le maître qui te peint, laisse ton regard hypnotiser, laisse ton regard mentir. Prend vie, Mona, ma grande Mona, laisse-moi te donner le souffle qui manque à tes yeux sans vie. -
Je crois que cela suffit pour ce soir ! J'ai fait répéter l'alarme de mon téléphone trois fois, il deviendra fou, si je continue à lui demander de sonner de nouveau dix minutes plus tard. Allez bonne nuit les petits !
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Le lever du soleil dans ce coin de Paris est vraiment magnifique. Je suis sûr que ma mère apprécierait. Je crois que mon amour des levers de soleil vient de ma mère. Déjà petite, le week-end, elle me levait pour que je puisse les voir. Je me plaignais souvent mais maintenant je comprends. C'est de la vraie poésie. Redescendons sur Terre, je dois partir avec mon ex, monsieur je suis capable de refaire venir la glace sur la banquise. Cet homme est devenu un vrai glaçon.
Sept heures cinquante, descendons, avant que Murphy décide que cet ascenseur doit mettre plus de vingt minutes pour descendre.
« -Met ton sac dans le coffre et on y va. Dit-il de la voiture. Non il ne descendra pas de la voiture pour m'aider. Moi qui pensais que nous avions fait une trêve !
Bonjour, Monsieur, Madame ! Non mais je ne suis pas un chien !
-Bonjour à toi aussi agent Busburry. »
Mais comment je vais tenir, j'ai déjà envie de lui faire bouffer sa veste si bien repasser !
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Je n'arrive pas à la croire, que ça soit du voyage entre chez moi à l'aéroport, et de Paris à Milan, Tom n'a pas ouvert la bouche une seule fois. Il n'a pas voulu de mon aide pour récupérer sa valise sur les tapis roulants et n'a pas voulu m'attendre lorsque j'attendais la mienne -connard !-.
Alors oui je peux le dire, je regrette avec une force incroyable Erick Jones, oui Monsieur, dame je regrette Erick Jones.
« -On doit être accueilli ?
-Oui. Dit-il en regardant devant lui comme si je n'existais pas.
Oui, bien sûr ne t'inquiète pas on ne va pas se perdre dans les rues de Milan. Elle n'est pas si difficile à faire comme phrase.
-Kassidy ! Comme je suis content de te revoir ! Entends-je derrière moi
-Danny ! Crié-je. Comment je suis contente de voir ! Tu vois, je te l'avais dit que se reverrait ! Mais tu as toi aussi fini la formation avant les trois mois obligatoires ! Dis-je en le prenant de mes bras.
Ah mon petit Danny ! Qu'est-ce qu'il m'a manqué !
-Que veux-tu, tu n'es pas la seule à être un petit génie ! Dit-il en me serrant dans ses bras. Dès que j'ai su que des agents de France venaient et surtout que c'était toi, je me suis tout de suite proposé pour venir vous chercher. Reprit-il en me lâchant.
-Comment ça va ? Quoi de neuf ? Tu as récupéré les poumons que tu avais perdus au camp ?
-Ahaha très drôle.
Qu'est-ce qu'il m'a manqué !
-Nous sommes pressé agent Caron, pouvez-vous nous emmener à notre hôtel, puis nous emmener au bureau s'il vous plaît ? Dit Tom d'un ton froid
Une tempête de neige a été annoncée à l'aéroport de Milan Malpensa, ne sortez pas de chez vous, pour votre sécurité.
-Bien agent Busburry. »
Mon Dieu, juste en regardant le regard de Danny, j'ai compris qu'il compatissait avec moi. L'ambiance qui était si chaleureuse, est devenue totalement glaciale. Le pauvre Danny, il n'ose même plus parler. Enfin je vais avouer que moi aussi, je n'ose pas. Il nous a totalement gelés sur place.
« -L'agence vous a réservé, deux chambres, dans l'un de nos hôtels particuliers, l'hôtel Vincenzo. La chambre 4112 pour vous Monsieur Busburry et la chambre 4113 pour toi Kassy. Déposé vos affaires et je vous emmène tout de suite au bureau.
L'agence à des hôtels ? Mais pourquoi je n'ai pas écouté les cours !
-Il est déjà seize heures, il serait peut-être préférable de nous reposer. On pourrait attaquer les recherches demain matin. Demandé-je.
Le voyage Milan-Paris a été rapide. Mais le voyage pour arriver jusqu'à notre hôtel a été horrible ! Jamais de ma vie, j'aurais pensé que Milan était un labyrinthe ! Plus de deux heures trente à tourner en rond pour trouver notre hôtel !
Sérieusement le voyage m'a assommé, je ne suis plus bonne à rien.
-Agent Brandon, tu es entraînée pour tenir dans ces genres de condition. Plus tôt nous nous mettons au travail, plus tôt nous retournerons à Paris.
Je suis la seule comprendre :"plus vite nous nous mettons au travail, plus vite je rentrais à Paris pour ne plus me trimballer cette fille !"
-Il a raison Kassy, cette affaire est vraiment grosse, toute la section de sécurité Milanaise est en panique. Le fait que la fin du BOA, c'est fait ici, on a l'impression que c'est ici qu'il va revenir se venger en premier. »
Deux contre un, je n'ai plus un mot à dire.
***
L'agence Milanaise ressemble à un Musée. Leur bureau n'a vraiment rien à voir avec nos bureaux à Paris. L'extérieur ressemble beaucoup à celle de Paris, mais l'intérieur est vraiment incroyable. Alors qu'à Paris la décoration est austère, plus froide, plus sombre, celle de Milan est vraiment lumineuse et chaleureuse. J'ai l'impression de me trouver dans le château de Versailles. C'est juste incroyable !
« -Agent Brandon, arrête de rêvasser et continue à marcher s'il te plaît, nous avons beaucoup de travail et peu de temps. » Dit Tom, toujours en regardant devant lui.
Un deux trois, tu ne le taperas pas. Quatre, cinq six, pour éviter les ennuis...
Heureusement que Danny est là et qu'il nous a séparés le travail, parce que je crois que j'aurais tout plaqué sinon. Moi sur les ordinateurs et les serveurs, lui aux archives papier. Cela se voit que Danny, me connait bien, jamais au grand jamais j'aurais travaillé à un étage où il y a aucune fenêtre pour voir la lumière du jour. Le genre d'étage où ton nez respire plus de poussière que d'oxygène.
***
C'est dingue, ce BOA est vraiment cinglé ! Pourquoi on me met sur cette affaire. Je suis dans la section de la main d'Aladin, pas de la sécurité intérieur et extérieur ! Ces hommes se croient vraiment tout permis. Je ne pensais pas que la mafia aimait tant l'art mais sérieusement, même pour la plus belle peinture de monde je ne tuerais pas -Je la reproduirais-.
***
Au bout de deux heures d'histoire sanglante, je préfère imprimer tout ce qu'il y a comme informations sur le BOA. Je sais que c'est interdit, mais je sens que je vais vomir et en plus je commence à voir double à force de lire sur un écran. Je pourrais continuer dans ma chambre à analyser, mais là, maintenant, je dois faire une petite pause.
« -Alors comment ça va là-dedans ? Me dit Danny à l'entrée de la porte du bureau qu'on m'a affecté.
Enfin de la bonne compagnie !
-J'en peux plus, ces mecs étaient des sauvages, des barbares, tout ça pour des tableaux et des sculptures !
-Tu sais, parfois, mieux vaut éviter de comprendre les psychologies des malades mentaux ! Personnellement quand on m'a raconté histoire de la Black Organisation Art en arrivant ici, j'ai eu tout de suite envie de vomir !
Ah eux, ils ont droit à l'histoire mais pas nous, normal !
-J'ai pris connaissance du BOA, quand j'ai trouvé leur symbole sous François Ier au Louvre ! Comment cela se fait-il que vous, vous soyez déjà au courant ?
-La fin des arrestations du BOA, a été faite par les grands patrons eux-mêmes à Milan. Donc tu vois ici, on nous la raconte comme on raconte une légende. D'autant plus que ce sont les grands patrons qui ont tout stoppé. Il paraît que c'était une arrestation de dingue, j'aurais presque voulu voir ce truc ! »
Je crois que j'aurais été plus heureuse à Milan qu'à Paris, et tant pis pour le Louvre !
-Agent Brandon, Agent Caron, je rentre à l'hôtel. Dit Tom en passant devant la porte du bureau.
Ah oui quand même, il est déjà vingt-trois heures !
-Tu ne lui souhaite pas bonne nuit à ton coéquipier ?
-Le temps que j'aurais dit "bonne", il aurait déjà quitté le bâtiment. Ce mec est une plaie et vraiment impolie, il n'était pas du tout comme ça au camp.
-C'est vrai que tu l'embrassais toutes les vingt minutes, c'est normal qu'il était plus sympa !
QUOI !
-Ne me regarde pas comme ça, tout le monde sur le camp était au courant ! Un vrai secret de polichinelle ! Reprit-il
Mon Dieu, tout le monde savait, tout le monde savait !
-Tu n'as pas avoir honte, ce n'est pas comme si on vous avait entendus copuler comme des lapins dans l'infirmerie !
-De toute façon, il y avait aucune chance que vous nous entendiez, nous n'avons jamais rien fait ! Dis-je en soufflant.
-QUOI ! Merde j'ai perdu mon pari !
Pari, ils ont fait des paris dans mon dos !
-Vous avez fait quoi ? Dis-je indigner.
-Juste un petit pari de rien du tout ! Comme on ne vous a jamais surpris dans une situation compromettante, nous avons fait le pari de si oui ou non, vous aviez couché. Et moi j'avais parié que vous l'aviez fait tout simplement !
Bande de petits enfoirés ! Si je vous retrouve vous êtes morts !
-Ne me regarde pas comme ça ! Sache que nous n'avons pas parié grand-chose, si peu en fait.
-Cela n'arrange pas ton affaire Danny !
-Sinon tu ne voulais pas savoir dans quelle section je suis ?
Il me prend pour une conne ou quoi ! La technique de changer le sujet de conversation est une technique que j'ai moi-même inventée !
-N'essaye pas de changer de conversation d'accord, nous avons eu le même entraînement et ton numéro de recrue commençait par un zéro-deux donc soit tu es à la sécurité intérieure, soit à la sécurité extérieure ou soit à la section de la main d'Aladin. Lui répondis-je en rangeant les papiers que j'avais imprimés dans mon sac. -C'est vrai qu'il commence à être tard-.
-Est-ce que tu savais que nous avons le même mot de passe qu'en France mais en italien ! C'est fou quand même ! Et c'est pareil pour la cellule de Londres, de Stuttgart, de Madrid et de Washington D.C !
Il essaye de m'embrouiller le petit ! Mais cela ne prendra pas !
-Mais grâce à ton coup gueule que tu as fait pendant la réunion d'urgence à Paris, -oui tout le monde est courant dans la section de la main d'Aladin- et quand je dis tout le monde, c'est tout le monde, genre tous les pays où nous sommes positionnés ! Depuis ce jour-là, on est en train de mettre en place un nouveau système de sécurité ! Fini le mot de passe traduit dans toute la langue ! Dit-il tout excité.
Il veut me faire croire que tout ça c'est grâce à moi ?! C'est fou quand même ! Aucun agent ne s'est jamais révolté ? Je suis la seule a trouvé ça louche ?
-Sérieusement, c'est dingue ! Personne n'avait pensé à faire ce genre de commentaire ? On est dans plusieurs pays, tu vas me faire croire que personne n'avait eu le courage de dire ça à leur supérieur ! C'est ridicule !
-Tu as vu !
-Sache que je n'ai pas oublié Danny cette histoire de paris, donc ne souffle pas trop vite mon petit »
Et non tu n'as pas réussi à me divertir jeune padawan !
ALERTE NOIRE ! ALERTE NOIRE ! QUE TOUS LES AGENTS DE TERRAIN DISPONIBLE AILLENT A L'HÔTEL VINCENZO ! ALERTE NOIRE !
« -MERDE ! Crie Danny.
-Danny, qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui se passe à l'hôtel Vincenzo ?... C'est mon hôtel Danny ! Qu'est-ce qui se passe ? POURQUOI TOUT LE MONDE SE MET À COURIR DANNY ET EXPLIQUE-MOI ! Finis-je par crier.
-Prend toutes tes affaires, nous allons passer par les tunnels pour aller jusqu'à l'hôtel ! »
Seigneur mais pourquoi, pourquoi j'ai suivi Erick Jones ce jour-là ? On m'a mis une putain d'épée Damoclès au-dessus de ma tête !
« -Fait attention à ta tête, les tunnels ne sont pas très hauts. Dit Danny en me faisant passé dans un passage secret du bâtiment.
-Danny par pitié explique-moi ce qui se passe ?!
-Une alerte noire est une alerte à arme à feu. Cela veut dire que dans l'hôtel où tu loge, quelqu'un à tirer. S'il demande aux agents disponibles présents de rejoindre l'hôtel, ça veut dire qu'il y a soit un blessé, soit un mort ou un disparu. Selon les zones du bâtiment où nous sommes, nous utilisons soit le tunnel, soit les sorties extérieures.
Inspire, expire, inspire, expire, inspire, expire et ne surtout pas craquer !
-Mais nous sommes des voleurs, pas des super policiers !
-Kassidy Brandon, nous sommes peut-être des voleurs, mais nous avons aussi l'entraînement pour ce genre de situation, comme tu la dis, nous avons eu le même entraînement. Ce n'est pas pour rien que nous apprenons à nous battre, les techniques d'enquête ou encore qu'on nous fasse potasser de temps en temps du droit. Nous pouvons aider nos camarades de la sécurité intérieure et extérieure. »
Les plafonds de ses tunnels ne sont vraiment pas très hauts. Des lumières sont allumées tous les cinquante mètres. Des agents arrivent de tous les coins. J'ai l'impression que ce genre de situation est une première pour beaucoup ici présents. Même si je ne vois pas très bien leurs visages, je le sens. Cette sensation de peur, l'impression que notre place ne devrait pas être ici. Ils sont grands et fiers, ils ont choisi d'être ici. La peur ne fait pas partie de leur vocabulaire. Mais en tout cas, elle se lit dans leurs yeux. On tourne à gauche, puis à droite, puis encore à gauche puis encore à droite. J'ai l'impression que cela fait plus de trente minutes que nous sommes en train de courir, alors que cela fait seulement cinq minutes. J'ai la tête qui tourne, l'adrénaline sûrement. En regardant bien, Danny ne se sent pas aussi bien qu'il en a l'air. Sourcil froncé, lèvres pincées. En fait tous ces agents gèrent beaucoup mieux le stress que moi. Si j'avais loupé ce fichu test, et si je n'avais pas débloqué ce stupide traumatisme que j'avais avec l'escalade et la boxe, je serais tout simplement dans un bureau à peindre. Je sais que je me répète, mais quand on flippe on a le droit de se répéter ! Qu'est-ce que la vie serait douce et calme si j'étais dans ce fameux bureau !
« -C'est ici. »
Dix marches plus tard, nous nous trouvons sur le côté est de l'hôtel. Rien n'indique qu'un évènement grave, c'est passé. Aucune police, aucun pompier présent. Léonard X est et doit rester secret. Moins de gens connaissent son existence mieux c'est. Le pire dans cette histoire, c'est que pour nous faire entrer dans les bâtiments, nous devons juste dire ce stupide mot de passe « Léonard n'était pas droitier ». Pour rester secret ce sont des champions mais pour la sécurité se sont de vraie merde ! Et après on s'étonne qu'il y ait des incidents de ce genre. Ils n'ont jamais pensé aux badges ou aux passes, comme les flics !
« -L'incident s'est passé au quatrième étage. Me dit Danny après avoir parlé à collègue quelques secondes auparavant.
Quatrième étage... J'ai la chambre 4113 et Tom à la chambre...
-Danny ! Tom est dans sa chambre ! Nous sommes logés au quatrième étage ! »
Ce n'est pas parce que je ne suis pas en bon terme avec Tom, que je ne dois pas penser à lui et à sa sécurité !
« -Oh mon Dieu ! » Dis-je en arrivant au quatrième étage.
Tout mais pas ça !
La porte de la chambre 4112 est totalement éclatée. Un bazar infini règne dans cette chambre !
« -Tom » Dis-je, en chuchotant.
Je n'ai que son prénom à ma bouche. J'aurais peut-être dû le suivre. Il n'a peut-être pas réussi à se battre. Cela fait longtemps qu'il n'avait pas réellement combattu. C'était un infirmier ! Mais pourquoi l'ont-ils envoyé avec moi. Qu'il soit dans les bureaux oui, mais pas à l'extérieur ! J'aurai dû être là et le protéger !
« -Kassy on a un problème. Me dit Danny avec une voix tendue
Je n'aime pas cette phrase, mais qu'est-ce que je n'aime pas cette phrase !
« -On a laissé un message et par pitié n'est pas peur. » Me dit-il en me faisant rentré dans la chambre de Tom.
Pourquoi à chaque fois qu'on me dit de ne pas avoir peur, je commence obligatoirement à flipper
« AGENT BRANDON
LES APPARENCES SONT TOUJOURS TROMPEUSES
VOTRE COÉQUIPIER L'A COMPRIS
ET EN PAIE LE PRIX
CONTINUER À CHERCHER
VOUS TROUVEREZ PEUT-ÊTRE. »
Ce message est pour moi, ce message est pour moi et écrit de rouge. Ce message est pour moi et écrit en rouge sang.
« -Danny rassure-moi et dis-moi que ce message n'est pas écrit avec du sang.
-Kassy même si je voulais te mentir, tu es un agent de Léonard X, tu dois faire face à ce genre de situation.
Ce genre de phrase, introduit toujours une mauvaise nouvelle
-Danny, dis-moi oui ou non si ce putain de message est écrit avec du sang. Je ne te demande pas la mer à boire, OUI OU NON !?
-Selon les premiers résultats donnés par nos spécialistes, ils ont confirmé que ce message a été écrit avec du sang... Du sang frais. »
Des taches noires, la tête qui tourne, je sais très bien ce que veulent dire ces symptômes.
« -Tom, pas Tom... »