Chapitre 5 Chapitre 5

Chambre 2B-46 - Julien

Le lendemain matin, alors que les lumières étaient en train de s'ouvrir dans l'institut et qu'on entendait la cloche du premier appel, toutes les portes des pensionnaires s'ouvraient une après l'autre, sauf deux, celle de Georges et de Julien. C'était normal car Georges n'était plus là et même lorsqu'il était là il ne sortait pas et Julien lui attendait toujours qu'on aille le réveiller. En fait il souhaitait que ce soit une femme qui vienne mais ce n'était jamais le cas.

Je suis allé frapper à sa porte.

- Allez Julien lève-toi, Il n'y a pas de femme en uniforme aujourd'hui.

Je n'ai pas entendu de bruit. Puis le gardien est entré, Julien était encore couché et ne bougeait pas. L'agent s'est approché et a soulevé le drap, ensuite il a refermé la porte et a demandé qu'on lui envoie le médecin immédiatement à la chambre 2B-46. Puis il s'est tourné vers nous et a dit de rester dans nos chambres jusqu'à nouvel ordre.

J'ai regardé du côté de Jessie mais elle avait l'air aussi surprise que moi. Elle n'avait probablement rien entendu. J'ai commencé à me questionner. Que s'est-il passé cette nuit ? Mon frère avait sa petite idée là-dessus.

- C'est peut-être toi qui l'a zigouillé.

- Pourquoi j'aurais fait ça ?

- Il te tapait sur les nerfs, avec ses allusions sexistes.

- Oui mais ce n'est pas une raison pour le tuer.

- Peut-être que je t'ai incité à le faire cette nuit pendant que tu dormais.

- Non, moi je crois que les regards vont se tourner vers André, c'est lui qui l'a bousculé hier.

- Moi je crois que vous êtes tous suspecté, les portes de votre aile ne sont pas verrouillées la nuit et vous êtes tous un peu fou en fin de compte

J'en avais assez de l'entendre, je lui ai dit.

- Fout moi la paix toi et garde tes réflexions stupides pour toi.

Il n'avait pas tort après tout, si on était là c'est parce qu'on avait une case en moins. C'est peut-être lui aussi qui s'est enlevé la vie. Beaucoup de suppositions, peu de réponses, seul le temps nous le dira.

Si c'était moi, est-ce que je le saurais ? J'ose croire que oui.

On a tous été interrogés, les uns après les autres, ensuite ils nous ont laissé sortir de nos chambres. Peut-être pour voir si quelqu'un allait se commettre.

J'ai décidé d'aller voir Jessie.

Chambre 2B-44 - Jessie

Lorsque je suis entré dans sa chambre Jessie était encore dans la lune, je me suis approché tranquillement et j'ai dit:

- La terre appelle la lune.

- Bonjour Henry, je pensais à Julien.

- Il ne méritait pas ce qu'il lui est arrivé malgré son attitude souvent maladroite.

- Moi je n'ai rien entendu cette nuit même si une seule chambre nous séparait.

- Ils m'ont dit qu'ils avaient une petite idée sur la question. Une chose est sûre, c'est qu'il ne s'est pas enlevé la vie. Si on était en train de jouer à trouver un coupable, je dirais que tous les yeux doivent se tourner vers André. Il doit s'en douter parce qu'il n'est pas sorti de sa chambre lorsque le médecin a donné l'autorisation de le faire.

- Si ce n'est ni toi ni moi, la seule personne qui reste c'est lui. Marie et Charlie sont enfermés dans leur chambre la nuit.

Pendant qu'on discutait ensemble, une troisième voix s'est élevée derrière nous. C'était le médecin.

- Jessie, peux- tu venir avec moi un instant ?

- Oui pas de problème.

Jessie s'est tourné vers moi et son langage corporel disait qu'elle ignorait la raison de cette interpellation.

Elle a donc suivi notre cher docteur jusqu'à une salle de conférence. Une fois là-bas il s'est adressé à elle.

- Jessie, tu as reçu un appel important d'un enquêteur concernant la mort de ton père, peux-tu le prendre ?

- Oui.

Elle a attendu un peu avant de décrocher, son père était devant elle les bras croisés.

- C'est Jessie, est-ce que je peux vous aider ?

- Bonjour Madame, nous avons du nouveau par rapport au décès de votre père.

- Allez-y.

- Après avoir inspecté le véhicule, on s'est vite rendu compte que ce n'était pas une mort accidentel.

- Que voulez-vous dire ?

- Je suis désolé de vous dire ça au téléphone mais ...

Il y a eu un silence et il a continué.

- Madame, saviez-vous que votre mère voyait quelqu'un d'autre ?

- Non, pas que je sache.

- En fait, ils ont orchestré ensemble l'accident de votre père.

Pendant que Jessie était en ligne, le spectre de son père se désintégrait tranquillement devant elle, jusqu'à ce qu'il disparaisse complètement. D'un côté elle perdait sa mère mais de l'autre elle était enfin libérée de cette malédiction.

- Madame ?

- Oui je suis là.

- J'ai parlé au médecin et si les résultats de ses examens sont positifs, vous pourrez sortir de cette institution bientôt.

Jessie raccroche le téléphone. Elle était contente, vraiment contente mais elle allait cacher sa joie devant Henry.

Elle est retournée en direction de sa chambre en faisant un arrêt devant celle d'Henry.

                         

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