Je met le sac dans ma brouette et je pousse en la suivant dans le marché pendant qu'elle fait ses courses au bout d'une heure de course je la raccompagne la brouette pleine à l'arrêt de taxi, elle stoppe son taxi je l'aide à mettre les courses à l'arrière puis elle sort une pièce de 500 Franck CFA de son sac et me la donne c'est avec un grand plaisir que je la prend, c'est quand même la sueur de mon front donc c'est avec un grand sourire que je récupère la pièce de monnaie
Moi (lui souriant): merci madame
Elle répond à mon sourire avant de monter dans la voiture quant à moi, je pousse ma brouette à la recherche de ma prochaine cliente, par chance à l'entrée du marché, je suis interpellé par une vielle dame pour l'aider à porter ses courses à la fin de la course la vielle dame me donne mille Franck.
La dame (me souriant): merci et beaucoup de courage
Moi (répondant à son sourire): merci madame bonne journée
C'est tout satisfait que je rejoins les autres dans notre point de repérage, je dépose la brouette et je me couche dedans en observant autour de moi, je suis à l'affût du moindre client.
Roger (mon collègue de travail): mon frère laisse nous aussi les clients ?
Franck (un autre collègue): je te dis mec depuis tout à l'heure, il travaille et nous, on le regarde seulement.
Moi (scrutant le marché): vous n'êtes pas assez réactif, on dirait que vous êtes venu ici blaguer hein.
Roger : laisse ça, tu penses que tu cherches l'argent plus que nous ?
Voix (hurlant): brouette !!!
On se lève au même moment et là, une course de vitesse commence entre mes collègues et rivaux du moment et moi à cet instant précis il n'y a pas d'amitié qui tienne, c'est chacun pour sa gueule, étant le plus sportif et également le plus réactif, je suis celui qui arrive en premier auprès de la dame, j'affiche un sourire vainqueur pendant que Roger et Franck rejoignent le point de repérage tout dépité.
C'est tout satisfait que je rejoins les autres dans notre point de repérage, je dépose la brouette et je me couche dedans en observant autour de moi, je suis à l'affût du moindre client.
Moi (les narguant): c'est la dure loi de la vie les gars
voix : Brouette !
C'est parti pour une nouvelle course et c'est ainsi tout au long de la journée tantôt, c'est moi, tantôt Roger, tantôt Franck les courses de vitesse se multiplient tout au long de la journée.
18 h...
Roger (comptant ses sous de la journée): boff j'ai connu mieux
Franck (faisant pareil): pareil de mon côté
Roger (me regardant): Arthur a pris tous les clients.
Moi (souriant satisfait de ma journée): vous êtes des petits joueurs les gars.
Eux: nous, on va rentrer le marcher se vide déjà
Moi (les regardant): okay, moi je suis encore là jusqu'à la fermeture
Roger (me taquinant): tu n'as pas une femme qui t'attend chez toi ?
Franck (amusé): sa vraie femme, c'est l'argent
Moi (sourire en coin): tu vois que tu peux sortir des trucs intéressants de ta bouche des fois.
Franck (me donnant un coup-de-poing amical): idiot !
Roger (me saluant): bon à demain gars
Franck : yo
Moi (les regardant s'en aller): oui à demain les gars
Ils poussent leurs brouettes et s'en vont moi, je reste comme tous les soirs à l'attente des derniers clients avant que le marché ne ferme complètement, je travaille encore jusqu'à presque 22 h avant de me décider de rentrer chez moi, cette idée ne m'enchante pas, mais ai-je vraiment le choix ? Je vais déposer ma brouette à la boutique, en fait, c'est une sorte de boutique de location de brouette à la journée donc pour faire court le matin quand j'arrive, je loue la brouette mille franc CFA la journée et le soir, je viens remettre et comme tous les soirs, c'est moi que le propriétaire de la boutique attend pour fermer.
Moi (lui souriant): bonsoir monsieur Jean
Monsieur jean : bonsoir Arthur
Je dépose la brouette près de toutes les autres, je lui souhaite bonne nuit et je m'en vais je stop le taxi pour chez moi, je crois que c'est la partie de ma journée que je déteste le plus, le taxi me laisse au carrefour principal et je me faufile dans le quartier en saluant quelques connaissances sur la route pour arriver chez moi, je vois Awa qui m'attend à l'entrée de la porte.
Awa (se levant brusquement): tu sors d'où Arthur ?
Moi (la traversant et entrant à la maison): je suis fatigué s'il te plaît.
J'entre dans la maison, elle me suit en tonnant encore plus fort comme si j'étais mal attendant tout ce qui m'énerve surtout après une longue journée de travail comme celle-ci.
Awa (les mains aux hanches): tu étais chez elle n'est ce pas ?
Je choisis de ne pas lui répondre, je me dirige dans la chambre ou je me couche directement sur le lit en fermant les yeux ça me fait un bien fou de me coucher après toute une journée debout à courir de gauche à droite.
Awa (entrant brusquement dans la chambre): jusqu'à quand, Arthur? Jusqu'à quand vas-tu continuer à me traiter de la sorte ?
Je soupire dans ma tête, je n'ai même pas la force de lui répondre tellement, je suis épuisé.
Awa (fondant en larmes): tu me fais mal Arthur, tu me fais vraiment mal.
Moi (soupirant): et c'est reparti !
Awa (pleurant de plus belle): je t'aime Arthur, je fais tout pour te rendre heureux, mais on dirait que ce n'est pas suffisant que je dois faire ? Que dois-je faire pour que tu m'aimes comme je t'aime snif ?
Moi (la regardant faire son cinéma):
Awa (essuyant ses larmes): que dois-je faire pour voir un sourire s'afficher sur ton visage quand tu rentres à la maison le soir ?
Moi (du tic au tac): déjà, tu peux libérer ma vie ça me fera le plus grand bien.
Awa (hurlant): je le savais, je l'ai toujours su, tu veux me chasser pour qu'elle vienne prendre ma place TCHUINTE, c'est ça et bien, tu as menti je suis là et je compte bien rester, c'est seulement la mort qui va me sortir de ce foyer tu comprends, je suis ta femme et je vais te rendre heureuse de gré ou de force.
Puis elle s'en va avec tout son boucan.
Je me lève et je ferme la porte à clé après elle avant de retourner me coucher, j'ai vraiment besoin de calme, je m'assoupis quelques minutes, c'est à mon réveil que je fais les compte de ma recette du jour.
Moi (satisfait): 8 250 francs CFA pas mal pour aujourd'hui
Je retire deux mille que je donnerai à awa pour le repas demain et mille francs pour louer la brouette demain et le reste, je mets dans mes autres économies.
Moi (m'étirant): un bon bain s'impose.
Je me lève et je vais ouvrir la porte, awa est derrière sa machine à coudre sûrement pour boucler les commandes des clients et oui elle est couturière au moins elle sait faire quelque chose de ses deux mains, c'est déjà ça, elle lève la tête vers moi et me regarde un moment avant de détourner le regard et se concentrer sur sa couture.
Awa (tirant la tronche): je t'ai mis ton eau à la douche.
Moi (ne la calculant pas): merci
Je dépose les deux mille sur la table du salon, j'allume la télé pour avoir un peu de bruit dans cette maison puis je sors prendre ma douche, quand j'entre quelques minutes plus tard mon repas est posé sur la table, je me dirige dans la chambre pour me changer avant de venir m'installer devant mon repas en suivant simultanément les informations.
Awa (douce): bon appétit
Moi (concentré sur la télé): hum
Entendre le simple son de sa voix me met de mauvaise humeur
Awa (me regardant): maman m'a appelé.
Moi (ne la calculant toujours pas):et que t'a t'elle dit?
awa : qu'elle devrait être là d'ici la fin du mois
Moi : d'accord
awa : il te faut un téléphone Arthur, ce n'est pas bien que tu marches comme ça et je n'ai aucun moyen de te joindre.
Moi (froid): c'est justement parce que je ne veux pas que tu puisses me joindre que je n'ai pas de téléphone, te supporter la nuit okay je n'ai pas le choix, mais en journée pas question.
Awa (gonflée): tu ne me parles pas comme ça Arthur.
Moi (grondant): JE SUIS CHEZ MOI ICI, JE PARLE COMME JE VEUX !
Awa (sursautant de peur):
Moi (me levant brusquement): ET PUIS MERDE A LA FIN !!
Je sors de la maison et je vais prendre l'air, j'en ai marre de cette femme, j'en ai marre de ce pseudo mariage d'ailleurs je ne considère même pas ça comme un mariage, nous sommes au 21ieme siècle et on m'impose une femme comme si on était encore à l'age de pierre, comme si j'étais un gamin écervelé j'ai 28 ans putain. Deux ans qu'on m'a imposés cette femme, deux ans qu'un jour en rentrant du boulot, j'ai trouvé ma mère à la maison me disant qu'elle a trouvé une bonne femme au village pour moi, et qu'elle l'a déjà doté à mon insu s'il vous plaît, on réagit comment face à une telle situation ? Dites-moi...Enfin bref penser à ça me donne envie de me jeter dans la mer.
Je prends un peu d'air avant de rentrer à la maison, je me dirige directement dans la chambre, je me mets en culotte et je me couche, awa me rejoint quelques minutes après, elle se couche près de moi et ne bouge pas, je sais qu'elle ne dort pas.
Awa (petite voix): qu'es ce que je t'ai réellement fait, Arthur ? Ce mariage nous a été imposé aussi bien à toi qu'à moi, je n'ai pas eu mon mot à dire, j'ai juste obéi à mes parents.
Moi (regardant la toiture):
Awa (la voix tremblante): on ne m'a rien appris d'autre dans la vie que d'être une bonne femme au foyer, être une bonne épouse et c'est ce que j'essaie d'être pour toi, je n'ai pas fait d'études je ne sais même pas écrire mon nom la seule chose que je sais faire c'est la couture et encore cela même c'est grâce à toi et je te remercierai éternellement. J'ai appris à t'aimer Arthur en deux ans, je suis tombée amoureuse de toi, je ne te demande pas de m'aimer comme je t'aime, mais de faire un peu d'effort dans ce sens, dans mon sens et peut-être ce mariage fonctionnera.
Moi (soupirant dans ma tête)
Awa (après un long silence): bonne nuit,
Moi : bonne nuit,
Elle s'endort quelques minutes plus tard, et je fini par la rejoindre dans le pays des rêves ,à 5h c'est mon érection contre ses fesses qui la réveille, elle se donne à moi sans se faire prier, chaque fois qu'on a des rapports sexuels j'ai l'impression de la violer, je ne ressens aucun désir pour elle et elle, elle le fait par obligation et non par envie parce que c'est son devoir de femme marié afin c'est comme ça que je le perçois il n'y a aucune passion, aucune envie des deux cotés.
Je me vide en elle puis je me prépare pour le boulot, je lui souhaite une bonne journée.
Awa (avec un regard rempli de tristesse): bonne journée Arthur
J'ai conscience que je lui fais énormément de mal, mais je n'y peux rien, quand elle en aura avraiment marre elle libérera ma maison.