- Pourquoi saigne-t-elle ? je demande à mon chauffeur sans quitter Araceli des yeux.
Sa lèvre inférieure est enflée et du sang macule les commissures de sa belle bouche.
- Elle s'est débattue, répond-t-il.
La simple idée que quelqu'un ait pu lever la main sur elle m'emplit de rage.
- Je vois.
A mon ordre, il démarre la voiture. Je m'occuperai de son cas plus tard. Pour le moment, toute mon attention est focalisée sur la femme qui ne quitte plus mes pensées depuis quatre ans.
- Comment vas-tu ?
Ses yeux s'agrandissent sous le coup de la surprise tandis que ses minuscules poings se crispent.
- Comment oses-tu me demander ça ? vocifère-t-elle.
J'hausse un sourcil. On dirait que le temps passé loin de moi a eu de drôles d'effets sur son caractère. Avant, jamais elle ne m'aurait parlé de la sorte. Surtout pas en public.
- Baisse d'un ton ! je siffle.
Prenant conscience de la gravité de sa réaction, Araceli baisse le regard et voûte les épaules. Voilà qui est mieux.
Je la sens tressaillir lorsque j'emprisonne son menton entre mes doigts, la forçant à me regarder droit dans les yeux. Elle respire de plus en plus vite.
En dépliant les doigts, j'atteins son cou où je sens battre son pouls. Les battements de son cœur me font penser à un oiseau. Un bel oiseau prisonnier d'une cage beaucoup trop petite. Pauvre chose... Elle n'a toujours pas compris que ses efforts pour m'échapper ne servent à rien. Jamais je ne la laisserai partir.
- Dieu que tu es belle..., je murmure en caressant sa joue.
Sa peau est une invitation aux caresses. Je garde un souvenir particulièrement plaisant de la première fois que j'ai pu la tenir nue contre moi. Mais il y a plus important à régler maintenant que je l'ai retrouvée. Mon désir peut attendre.
- Tu as perdu beaucoup de poids, je dis en écartant les pans de son manteau défraîchi. Je vais devoir faire retoucher toutes les tenues que j'ai apportées spécialement pour toi.
Son corps mince est enveloppé d'un satin de mauvaise qualité. Un tissu informe qui ne rend absolument pas justice à ses courbes. Moi seul sais comment la mettre en valeur. Araceli est faite pour moi : elle a toujours été parfaite entre mes mains. Et cela ne changera jamais.
- Je me suis mise au régime, rétorque-t-elle avec hargne.
Sa réplique me tire un sourire.
Même acculée, elle trouve encore le force de me défier. Bien que je ne supporte pas sa rébellion, j'admire son cran.
- Je te préfère voluptueuse.
Ça en est trop.
Je la gifle à mon tour. Ce qui fait saigner sa lèvre.
- Ose encore lever la main sur moi Araceli et tu le regretteras pour le restant de tes jours !
- Je n'ai pas peur de toi !
- Il me suffit d'un coup de fil pour faire exécuter ton amie. Défie-moi encore et tu auras sa mort sur la conscience. Tu ne vas quand même pas la mettre en danger une seconde fois... Si ?
Elle sait que je ne plaisante pas. Elle cesse de se débattre.
Voilà comment je la préfère : soumise et complètement à ma merci. Elle n'a aucune idée du plaisir que me procure la terreur dans son regard. Je ne laisserai personne me gâcher cela. Pas même elle.
- Tu as intérêt à faire tout ce que j'ordonnerai.
- Hors de question!
- Penses-tu être en mesure de te rebeller ?
- Les Ramirez feraient n'importe quoi pour protéger leur fille ! Je suis sûre qu'ils ont déjà pris les mesures nécessaires à la sécurité de Bliss, réplique-t-elle.
Je ris.
- Ah, ma pauvre Araceli! Ce que tu peux être naïve parfois! Ça gâche presque ton intelligence... Penses-tu que je me serais lancé à ta recherche sans avoir pris mes précautions?
- Tu mens comme tu respires : si tu étais vraiment en mesure d'atteindre Bliss, elle serait déjà morte.
- C'est donc ce que tu penses de moi ? Et s'il en était autrement ? Et si je l'ai épargné uniquement pour toi ?
Son regard se trouble.
- Tu mens !
- Ne joue pas à ce jeu avec moi, Araceli. Tu perdras.
- J'ai déjà tout perdu par ta faute !
Colère. Haine.
J'ai horreur qu'elle me défie !
Araceli ose me traiter de menteur ! Comment peut-elle réagir de la sorte, après tout ce que j'ai fait pour elle ? Quand est-il de mon amour ?
Je sens ma colère enfler. Je prendrai un malin plaisir à piétiner cette belle assurance, à la réduire en charpie ! Je ferai tout ce qu'il faudra pour qu'Araceli ploie de nouveau.
- Cesse de me provoquer !
- Je ne te...
C'est alors que je l'embrasse.
Nos dents s'entrechoquent, avant qu'elle ne ferme la bouche. M'interdisant le passage.
Son corps est raide contre le mien. Nos regards ne se quittent pas. Le goût de son sang m'emplit la bouche. Un goût suave qui me donne envie de lui faire très mal. La punir pour s'être montrée aussi abjecte !
Ma main attrape sa gorge gracile et exerce assez de pression pour qu'elle ait du mal à respirer.
- Ouvre la bouche!
Elle tente de me repousser mais c'est un combat perdu d'avance : je suis beaucoup plus fort. Elle résiste encore quelques secondes mais le manque d'air finit par avoir raison de sa volonté. Araceli ouvre la bouche, prenant une grande inspiration. Ma langue franchit la barrière de ses lèvres. Je sais qu'elle ne répondra pas à mon baiser. Elle essaiera même de me mordre à la première occasion. A cet instant, c'est le cadet de mes soucis : je suis venu reprendre ce qui m'appartient.
Des larmes silencieuses coulent le long de ses joues alors que je plaque mon érection évidente contre son abdomen. Sa robe me gêne. Le tissu se déchire dès que je tire dessus, libérant ses seins gainés dans un soutien-gorge noir de mauvaise facture.
- Non ! crie-t-elle en essayant de me repousser de plus belle.
Je ne suis pas près de m'arrêter. Pas tant que je n'aurai pas obtenu sa soumission.
J'immobilise ses poignets contre la vitre au-dessus de sa tête, tandis que ma main libre finit de mettre sa robe ridicule en pièces.
- Non... Non ! répète-t-elle.
Horreur. Crainte. Terreur.
Ce n'est toujours pas assez. J'en veux plus. Beaucoup plus.
- Tu sais ce qu'il te reste à faire, je dis calmement.
Ma main remonte le long de sa cuisse, jusqu'au triangle de tissu entre ses jambes. Et dès que mes doigts l'effleurent, Araceli se remet à pleurer.
- Ne fais pas ça, sanglote-t-elle. Ne me fais pas ça...
- Tu résistes encore?
Elle tire sur ses poignets, sans succès. Mes doigts continuent leur exploration, prêts à déchirer le bout de tissu qui nous sépare. La prendre à l'arrière de ce véhicule n'est pas ce que j'avais prévu pour nos retrouvailles. Mais s'il faut en arriver là pour qu'elle m'obéisse à nouveau, je n'hésiterai pas à la baiser.
- Où est donc passé ta belle assurance ? Tu n'oses plus me défier ?
Lorsque ma main pousse sa culotte sur le côté, Araceli essaie de fermer les jambes.
- Kale..., sanglote-t-elle d'une voix brisée.
Je ne suis plus qu'à quelques centimètres de mon but. Encore un peu...
Juste au moment où j'effleure le cœur de sa féminité, Araceli ferme les yeux. Son corps réagit au contact de mes doigts : elle devient moite.
- Kale, arrête...
- Tu te refuses à moi pourtant ton corps lui m'accepte, je dis en glissant un doigt en elle. Il m'a toujours accepté.
Elle prend une brusque inspiration, le regard empli d'horreur.
- Stop !
- J'ai conscience que ça fait longtemps, mais penses-tu que je pourrais te faire jouir rien qu'avec mes doigts ? Tu as toujours été si réactive...
Elle tente à nouveau de refermer les jambes mais je l'en empêche.
- Non !
- Supplie-moi.
Elle secoue la tête en sanglotant.
- Non...
J'introduis un deuxième doigt en elle, ce qui la fait crier. Elle est si étroite que c'est à peine si je réussisse à bouger ma main.
- J'ai dit, supplie-moi !
Lorsque mon regard rencontre enfin le sien, j'y découvre ce que j'attendais.
- Pitié Kale... Ne me fais pas ça...
Je lui souris, satisfait. Ce que je ressens à cet instant est plus intense qu'une occasion de posséder son corps.
Et ça, Araceli le sait.
Après un dernier baiser, je finis par la lâcher.
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