Quand la jeune femme se réveilla, elle était sur le dos d'un homme plutôt puissant, la portant à bout de bras –enfin pas vraiment, disons qu'il la portait plus façon marchandise, tel un sac à patate.
Antoine, qui marchait en arrière remarqua qu'elle s'était enfin réveillée. Il la contemplait de son regard à la fois déstabilisant, neutre et dépourvu de sentiments.
– Enfin réveillé, siffla le jeune homme.
Mélissa releva la tête et reprit ses esprits, le brun lui parlait, celui dont le manque cruel de conversation avait valu le surnom de 'Tombe'.
– Où m'amenez-vous ?
L'adolescente parla d'une voix calme -il ne fallait tout de même pas les énerver de suite.
– On te l'a déjà dit, mémoire courte ! Le chef veut te voir. Lança Antoine.
– Et maintenant que tu es réveillée, continua le faux brun servant de monture, tu peux marcher seule !
Il laissa tomber Mélissa par terre.
Celle-ci jura fortement en tombant et les deux hommes continuèrent leur chemin comme si de rien n'étaient.
Ils sont bêtes, maintenant qui va m'empêcher de m'enfuir, pensa-t-elle malicieusement.
– Dépêches-toi d'avancer si tu ne veux pas que l'on te tue, lança Haro toujours de dos empreint à une voix étrangement très calme.
Elle savait qu'ils ne plaisantaient pas, cependant le risque l'attirer irrémédiablement à tenter le diable au risque de si brûler les ailes.
– Si je ne m'abuse Atalis veut me voir, mais en vie je présume ! Dans ce cas-ci vous ne me tuerez pas, même si vous en aviez envie. Je me trompe ?
Les tueurs se retournèrent automatiquement.
Ils la regardèrent de toutes la fureur dont étaient capables leurs globes oculaires, ils savaient qu'elle avait parfaitement raison.
Elle a du cran, pensa le blond.
Mais Mélissa ne souhaitait pas s'attirer leurs colères. Elle se leva et avança vers eux en trainant les pieds.
Ils continuèrent à marcher vers le village le plus proche.
S'arrêtant dans une auberge pour la nuit, ils prirent deux chambres, après tout il fallait bien que l'un des deux dorment avec la perspicace enfant, pour ne pas qu'elle s'enfuie.
Evidement la jeune femme étant sous la surveillance de Leblanc, elle dût dormir avec celui-ci.
Heureusement pour elle quand elle rentra dans la chambre : il y avait deux lits une place.
– Ouf, soupira Mélissa.
Antoine, lui ne jeta même pas un regard sur elle, enleva son blouson de cuir à l'insigne de Black Rose. Puis le posa sur la chaise la plus proche.
La jeune femme le regarda de haut en bas : le brun était habillé d'un pantalon et d'un tee-shirt –de couleur noir.
Il est vraiment beau songea Mélissa.
Le tueur remarqua ces yeux posés sur lui souligné par un regard plus qu'insistant. En retour, il pointa ses prunelles sur elle.
Prise sur le coup, elle paniqua et courue, totalement affolée vers la salle de bain avant d'en claquer violemment la porte.
Quand elle ressortie, Antoine était parti.
La jeune eut juste le temps d'enlever la serviette qui retenait ses cheveux mouillés lorsque quelqu'un frappa à la porte.
– Haro? Questionna Mélissa, surprise.
À la grande surprise de la jeune fille, il rigola de toutes ses dents.
– Tu es vraiment très amusante Miss jeune Flamme.
– Que me voulez-vous Harrogate ?
– Le diner !
– J'arrive. Lança-t-elle enfin, quelques minutes après.
Mélissa descendit en compagnie d'Haro. Ils retrouvèrent Antoine, déjà assis à une table.
La jeune femme pensa qu'elle n'avait vraiment pas de chance et elle se retrouva comme par hasard en face de Leblanc.
La flamme sentit comme une présence, elle releva la tête et remarqua qu'en effet, tous les clients du restaurant les regardaient.
Elle jeta un coup d'œil à Antoine puis Haro, ils n'avaient pas leurs manteaux de Black Rose mais évidemment tous les clients avaient dû remarquer les cicatrices criantes et dé-figurantes.
Je crois que Dieu m'en veut aujourd'hui. Pensa Mélissa.
Pas moyen de manger tranquille pour une fois, fais chier! Songea Haro.
Soudain, en un instant, un homme saisit Mélissa par derrière, une de ses mains sur son bras et l'autre sur son ventre, l'attirant vers lui.
– Mais enfin lâchez-moi ! hurla-t-elle.
Elle se débattit tant qu'elle put mais malheureusement ses blessures –datant du jour de la tuerie– étaient encore là.
Tous à coup, toutes les autres personnes présentes dans la salle se jetèrent sur les deux rebelles.
La jeune femme ferma les yeux quelques secondes pour ne pas voir le combat. Quand elle les ré-ouvrit, tous les hommes étaient à terre sauf deux : Antoine et Haro.
Le brun ténébreux et le blond à mèches regardèrent en direction du seul homme encore debout –celui qui tenait Mélissa.
– D'accord, je vous la rends, dit l'homme, une lueur de peur dans les yeux.
Il lâcha la jeune femme qui courut automatiquement vers Haro.
– Ça va ? lui demanda ce dernier.
La jeune femme acquiesça de la tête.
Antoine s'avança vers l'homme qui reculait de plus en plus jusqu'à se retrouver contre un mur.
Leblanc lui lança un violent coup de pied mal placé, lui murmurant :
– Fallait pas la toucher, vieux, t'as eu tort !