Je ne sais pas si je pourrais tuer pour toi
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Chapitre 5 5

- M... Mou... Moustapha ! balbutia Sofia entre deux sanglots.

- Qu'est-ce qu'il a Moustapha ? Parle s'il te plait lui implora Abdou

- Ur... ur... urrrrr-ge-gences

- Il est aux urgences c'est ça ?

Sofia fit oui de la tête. Rachid sans attendre héla un taxi et tous trois grimpèrent à l'arrière. Durant le trajet Sofia n'arrêtait pas de pleurer. Ses amis avaient peur qu'elle s'étouffe dans ses sanglots. Ils avaient renoncé à lui soutirer plus d'infos et ils n'avaient personne qui pouvait les renseigner.

En effet nos amis avaient fait un pacte pour que chacun mette les coordonnées des trois autres à contacter en cas d'urgence. De ce fait s'il arrivait quoi que ce soit qu'ils pouvaient eux même gérer les parents ne le sauraient jamais et ils ne les inquièteraient pas. Et s'ils devaient obligatoirement être au courant ils préféraient que ça soit l'un d'entre eux qui les en informe.

De temps à autre Abdou rongé par l'inquiétude intimait au chauffeur de taxi d'aller plus vite. Un trajet en voiture ne lui avait jamais paru aussi long. Il s'attela à essayer de calmer son amie qui n'arrêtait toujours pas de sangloter. Rachid resta silencieux, impassible comme perdu dans un songe lointain.

D'un coup le taxi s'arrêtait et les trois amis se précipitèrent dehors.

- Hey ! il faut payer la course

Ils étaient déjà sur le seuil de la porte quand Abdou se rendit compte que c'est le chauffeur de taxi qui les hélait. Il fit demi-tour et lui jeta un billet à travers la vitre avant puis rejoignit ses amis qui avançaient déjà dans les urgences.

- La chambre de Moustapha G. Lança Rachid à la fille de l'accueil.

Cette dernière lâcha un grognement d'agacement puis releva la tête. En voyant l'air paniqué des amis elle se radoucit et parcourut rapidement un fichier dans son ordinateur avant de dire

- Vous ne pouvez pas encore le voir, il faut patienter là-bas un médecin viendra vous parler.

- Vous avez prévenu ses parents ? s'enquit Rachid

- Euh Je ne sais pas, on a juste composé le premier des personnes à contacter en cas d'urgence une certaine Sofia. Répondit la secrétaire.

- Ok on s'occupera de les prévenir

Rachid qui semblait plus lucide que ses deux autres amis ls tira vers le banc qui leur a été désigné plus tôt. Il ne pouvait pas s'assoir néanmoins, le stress le rongeait. Et comme souvent dans ces cas là il entreprit de faire les cent pas en laissant son esprit tantôt le rassurer tantôt imaginer le pire.

Environ une heure d'attente dans le silence, nos amis virent un médecin arriver enfin à l'accueil. Après un échange rapide avec la secrétaire, il se dirigea vers nos amis. Abdou et Sofia ne l'avaient pas remarqué mais en voyant Rachid se déplacer vers le médecin, ils s levèrent d'un bond.

- Bonjour Messieurs Dame. Votre ami va bien et vous pourrez le voir mais vous ne devrez pas rester longtemps. Il a juste eu le bras gauche cassé et quelques ecchymoses mais ça va.

- Mais qu'est ce qui lui est arrivé ? s'empressa d'ajouta Sofia.

- Euh elle ne vous a pas dit ? déclara le médecin en jetant un coup d'œil à la fille de l'accueil et nos amis se rendirent compte qu'ils n'avaient même pas eu la présence d'esprit de demander un minimum de renseignements. La peur et le stress sans doute..

- Il s'est fait faucher par une voiture en traversant la route reprit finalement le médecin.

- Comment est-ce arrivé ? demanda Rachid

- Il vous l'expliquera mieux je crois, vous pouvez aller le voir il est dans la chambre 113 mais faites attention à ne pas trop le fatiguer.

- Merci docteur lui dit Rachid en lui serrant la main.

Avant de rejoindre la chambre de leur ami, Abdou sortit son téléphone et composa le numéro des parents de Moustapha pour les prévenir. Maintenant qu'ils savent ce qu'il a et qu'ils sont rassurés de son état ils peuvent mettre au courant les parents et les rassurer en même temps.

Les parents de Moustapha prenaient déjà la route malgré les incessantes supplications de Abdou pour qu'ils attendent le lendemain.

- S'il vous plait, il va bien et on va rester avec lui. Il se fait déjà tard attendez demain matin et vous viendrez à la première heure.

Ils n'écoutaient même pas ce qu'il disait. Ils voulaient juste pouvoir parler à leur fils dès que ses amis l'auraient rejoint pour mieux se rassurer.

Abdou raccrocha, fit une tête résignée et ses amis comprirent qu'il n'avait pas réussi à leur faire changer d'avis. Ils s'y attendaient de toute façon.

Moustapha malgré ses airs d'homme fort a toujours été câliné par ses parents. Ses amis d'ailleurs ne rataient jamais une occasion de l'appeler « fils à maman » ce qui évidemment l'agaçait au plus haut point.

Les trois amis avancèrent ensemble dans le couloir en silence comme s'ils avaient peur de ce qu'ils trouveraient dans cette pièce. Abdou pénétra en premier dans la chambre, suivi de Sofia et Rachid. Leur ami voulut esquisser un sourire en les voyant mais on avait l'impression qu'il grimaçait.

Comme l'avait dit le médecin, il avait le bras gauche dans le plâtre et quelques sparadraps par ci par là. Il avait un œil au beurre noir et pas mal de petites égratignures sur le visage.

- Ça... ça va Mouss ? bredouilla Sofia.

- Oui ça va, mais je pense je vais une croix sur le sport cette année.

Moustapha, mordu de sport et de compétition était évidemment inscrit au bureau des sports de leur école et rêvait de faire les compétitions universitaires. Malheureusement après sa convalescence les équipes seront déjà complètes et les compétitions déjà commencés.

- Je crois pas que ça soi le plus important aujourd'hui, il faut que tu récupères bien ajouta Rachid avec un petit clin d'œil.

- Mais qu'est ce qui s'est passé au juste ? s'enquit Abdou.

- Un mec a grillé un feu, je pense qu'il devait être au téléphone et j'ai pas été assez rapide pour esquiver. Répondit Moustapha dans un souffle las.

Après un petit silence mélancolique Moustapha reprit :

- Hey mais les gars l'ambulancière qui m'a amené ici, il faut que vous me la retrouviez. Elle est tellement belle ! c'est un ange

Les trois amis s'échangèrent un regard et partirent dans un fou rire inarrêtable.

- Je suis sérieux oh ! grommela Moustapha.

- Tu vois mec je t'avais dit que Mouss était amoureux balança Abdou à Rachid toujours mort de rire.

- Ecoute Mouss, dit enfin Rachid après s'être un peu calmé. C'était peut-être même pas une fille tu sais, t'étais en état de choc cumulé aux douleurs et tout ça...

- Pff encore tes théories ! le coupa Moustapha. Content de voir que je peux compter sur ajouta t-il l'air faussement fâché.

En ce moment là avec la bonne humeur qui régnait dans la pièce et l'esprit convivial et fraternel de ses amis Rachid sourit et plongea dans ses songes. Il se demanda si un jour il pourrait avoir un autre ami que ces trois-là. S'il pourrait un jour se séparer de l'un d'eux. La réponse était évidente dans son esprit : ils étaient les quatre pieds d'une table qu'est l'amitié. Ils n'ont besoin d'aucun autre pilier pour garder l'équilibre, mais si un seul des quatre venait à manquer toute la structure serait bancale. Il se supporte, se pousse mutuellement à devenir meilleur. Le problème des uns est directement celui des autres.

Il fut sorti de sa rêverie par la main de Sofia sur son épaule.

- T'en penses quoi toi ? lui demanda-t-elle.

- Euh... pardon ? vous parlez de quoi ?

- Mec c'est la nuit qu'on rêve lui lança Abdou hilare.

- En fait on parlait de cette nouvelle année scolaire et je demandais si vous pensiez qu'on se ferait de nouveaux amis. Lui dit Sofia

Rachid eut l'impression quelle lisait dans ses pensées. Il aurait aimé savoir ce que les autres ont répondu avant de donner son point de vue mais Sofia le relança : « t'en penses quoi ? »

- Hmm je pense qu'on se fera de nouvelles connaissances c'est sûr mais pour ma part je crois pas me faire de nouveaux Amis répondit Rachid.

- Ok moi j'ai une question plus pertinente dit alors Moustapha

- Ça t'arrive ça toi ? le nargua Abdou

- Ta g***** toi ! lui répondit provoquant des rires complices de Sofia et Rachid. Je veux dire, vous pensez qu'on serait amis si on s'était rencontrés aujourd'hui ?

La question était pertinente. Toute longue amitié finit par supporter les comportements les plus extrêmes avec le temps. On arrive à trouver des explications voire des excuses pour ces amis-là. Pourtant dans les mêmes situations on ne pardonnerait pas à quelqu'un qu'on vient de connaitre. Nos amis étaient conscients de la solidité de ce qui les liait mais Moustapha en posant cette question leur fit réfléchir sur le véritable sens de l'amitié.

Rachid se dit que finalement en grandissant on ne donne plus vraiment la chance aux gens de bien les connaitre et devenir leur ami. On se contente des amis de longues dates même si ceux là nous blessent ou nous causent du tort. Il cherchait quelque chose d'intelligent à dire mais ne trouvait pas vraiment quoi répondre.

- Tu crois vraiment que j'aurais eu envie d'être votre ami si je venais de vous rencontrer ? plaisanta Abdou

- Moi je pense que je serai votre ami à tous les trois dit Rachid avec une relatif sérieux. Si e trouvais aujourd'hui quelqu'un avec le courage de Sofia, l'esprit de Abdou et le cœur de Moustapha je deviendrais son ami. Mais cette combinaison, je ne pourrais jamais la trouver donc je vous garde ajouta-t-il avec un petit clin d'œil complice à ses amis.

On sentit l'émotion entre les amis. Rachid venait de dire ce qu'ils attendaient tous pour les rebooster. Le sourire sur leur visage en témoignait.

- Oh mince ta mère va me tuer Mouss ! je l'appelle de suite, je lui avais promis.

Pendant qu'il commença à composer le numéro l'attention de Rachid était attiré par le portefeuille de Moustapha posé dans un panier sur sa table de chevet.

Il le prit en tira une care qu'il brandit en disant

- C'est une blague ? c'est quoi ça ? demanda Rachid en brandissant une petite carte.

Moustapha ouvrit la bouche mais ses parents venaient d'entrer dans la pièce.

- On en reparle après tu veux ? lui dit Moustapha

Nos amis sortirent après avoir salué les parents de leur ami, pour laisser un peu d'intimité à la famille.

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