Des jours et des mois passèrent et je subissais les pires assauts de la part de cet homme. Je subissais tout de sa part, tout. S'il ne m'insultait pas parce que je suis trop grosse à son goût, il me battait parce que je refusais de porter les habits et lingeries qu'il me rapportait ou parce que je refusais d'enlever mon voile. S'il n'était pas rentré ivre, il refusait de me donner à manger pour que je maigrisse parce que selon lui j'étais grosse. S'il n'avait pas ramené de drogue, d'alcool, de chanvre indien ou de filles de la nuit à la maison et me demandait de faire un plan à quatre ou à trois avec eux ou même de fumer avec eux chose que je refusais, s'il ne m'obligeait pas à les regarder coucher ensemble dans notre propre lit, il me violait continuellement ou m'enfermer dans la chambre deux jours voire même trois jours. Je n'avais pas le droit de sortir seule, de téléphoner, d'inviter des gens à la maison ou même d'aller voir mes parents seule, d'ailleurs je ne les voyais presque jamais depuis que je me suis mariée je n'y suis allée qu'une seule fois et accompagnée de l'homme qui me sert de mari. Bref, je devenais faible de jour en jour seule la prière m'aidait à tenir bon et même pour prier j'attendais qu'il ne soit pas là pour pouvoir effectuer ma prière quotidienne sans qu'il ne me voit la faire. Un jour après qu'il m'ait malmené comme à son habitude, j'attendis qu'il sorte pour m'enfuir de la maison. Je courais et marchais aussi vite que je pouvais pour ne pas me faire prendre. Malgré ma faiblesse à cause du fait que je sois restée deux jours sans manger, j'ai pu m'éloigner un peu de là où on vivait. Il ne reste plus beaucoup de chemin à parcourir pour arriver chez mes parents. Mes pieds devenaient lourds à force de marcher et ne supportaient plus mon corps comme au tout début mais je persistais avec comme seule force mon envie de fuir cet homme et de quitter l'enfer dans lequel je vis depuis deux mois et demi maintenant. J'étais arrivée à un carrefour quand soudain je fus bousculée par quelqu'un et m'écroulais-je sur le sol.
¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
Moustapha Fall
Je n'arrive pas à croire que c'est ma sœur qui est couchée comme cela sur le lit. Non seulement elle a maigri mais elle n'a pas l'air d'aller très bien aussi. Elle n'a pas l'air de quelqu'une qui vient à peine de se marier. Je n'arrivais pas à y croire quand Coumbis m'a appelé pour me demander de la rejoindre chez elle car étant avec ma sœur qu'elle a rencontré tout à l'heure à un carrefour alors qu'elle revenait de chez une tante. Coumbis est la meilleure-amie de ma sœur depuis qu'elles sont toutes petites et sont très complices toutes les deux. Je n'arrivais tout simplement pas à y croire car je n'ai pas revu ma sœur depuis le jour où elle a quitté le domicile familial pour aller vivre chez son mari et la dernière fois qu'elle est passée à la maison j'étais allé travailler. Et à chaque fois que je voulais aller la voir avec Sophie la petite dernière, mon père nous en empêchait car selon lui quand une fille quitte la maison de son père pour aller dans la maison de son mari, elle n'a plus aucun lien avec cette famille mais plutôt avec la famille de son mari qui devient son unique famille désormais. Chose que je trouvais bizarre d'ailleurs mais n'osais pas contredire mon père et y aller. Tout le monde au village connaît le tempérament fort de Yakhiya Fall notre père. Personne n'ose se mesurer à lui à part ma tante Anta Kane la coépouse de ma mère. Celle-ci réussit à avoir tout ce qu'elle veut de lui malgré son tempérament et à lui faire faire tout ce dont elle a envie par moment. Mais malheureusement pour ma tante, elle est rivalisée par ma petite sœur Sophie qui réussit tout comme elle à obtenir ce qu'elle veut de notre père, chose qui énerve ma tante par moment. Même ma mère Amina Diagne n'y arrive pas dès fois malgré sa douceur qui est si réputée et qui énerve tant ma tante parfois lorsqu'elle cherche à lui faire des histoires. D'ailleurs c'est de cette douceur que Zeyna et moi avons un peu hérités fort heureusement car ressembler à mon père est la dernière chose que je veux d'ailleurs raison pour laquelle il me traite mal par moment en m'appelant fils à sa maman ou même une bonne femme. Bref en voyant ma petite-sœur chérie couchée là en train de dormir paisiblement la culpabilité me ronge. Oui je me sens coupable d'avoir failli à ma promesse de toujours veiller sur elle et Sophie et de toujours prendre soin d'elles quoiqu'il puisse arriver. Je lui caresse son joli visage alors qu'elle dort profondément quand soudain je sentis une main se poser sur mon épaule. Je me retourne et c'est Coumbis que je vois là debout devant moi qui me demande de la rejoindre dehors. A peine j'ai posé le pied dehors qu'elle m'agressa en m'empoignant par le col de mon Lacoste.
Moustapha : Mais tu as quoi à agresser les gens comme cela ? As-tu perdu la tête Coumbis ?
Coumbis : En plus tu poses la question hein ! La seule à qui on devrait poser cette question c'est bien à toi. Mais Tapha es-tu sûr d'être un homme toi et je ne parle pas d'homme à la va-vite mais un Homme avec un grand H et un vrai ?
Moustapha : Je jure que tu es cinglée Coumbis, réponds-je dépassé par sa question. C'est quoi cette question stupide là que tu me poses ? Si tu as envie de savoir si je suis un Homme avec un grand H comme tu le dis alors allons-y à l'intérieur comme cela je te montrerai si j'en suis un ou pas. Ma foi que n'allons-nous pas entendre de nos jours ? Tu as grave perdu la tête ma chère.
Coumbis : Ouais c'est cela, balbutia-t-elle nerveusement en se détachant très vite de moi après avoir retiré ses mains de mon col. Je sais que tu ne rêves que de ça mon cher mais tu peux toujours courir si tu penses que tu arriveras à tes fins avec moi. De toute façon là n'est pas le sujet Moustapha, je te parle de ta sœur. Comment as-tu pu la laisser comme cela dans les bras de ce monstre qui lui sert de mari ? Comment as-tu pu la laisser à son propre sort avec ce dégénéré ? Comment as-tu pu la laisser épouser cet homme ? Comment ?
Moustapha : Tu racontes quoi là Coumbis. Mais attends ! Tu es en train de m'accuser d'avoir laissé ma sœur se marier ? Et de quel sort tu parles ? En plus pourquoi tu traites mon beau-frère Malick de monstre, de dégénéré et j'en passe ? Qu'est-ce que tu sais que je ne sais pas Coumbis ?
Coumbis : Non je n'en crois pas mes oreilles ! Alors Moustapha toi là debout comme cela devant moi tu veux dire que tu n'es pas au courant de ce que même les chiens, les chats, les souris et même les oiseaux racontent partout dans tout le village et même dans tout Saint-Louis. Tu veux dire que tu n'es pas au courant que ta sœur vit un calvaire chez cet homme qui lui sert de mari. Tu veux aussi dire que ta famille et toi n'êtes pas au courant de tout ce qui se passe dans le mariage de ta sœur ? Et pourtant d'après les rumeurs qui courent même ton père est au courant mais fait la sourde oreille car il s'agit du cousin de sa seconde et tendre épouse et que parce que ce Malick là l'aide à la maison et dans sa ferme avec de fortes sommes d'argent qu'il lui verse de temps à autre.
Moustapha : Je ne comprends toujours pas Coumbis, dis-je plus perdu et surpris à la fois par toutes ses révélations. Comment cela ma sœur vit un calvaire dans son mariage ? Et c'est quoi cette histoire que mon père est au courant et qu'il fait la sourde oreille face à cela alors qu'il s'agit de sa propre fille qu'il...
Coumbis : Oh, oh ne m'emmerdes pas Moustapha !lance-t-elle énervée. D'ailleurs pourquoi devrais-je m'attendre à ce que tu me crois ? En plus je ne devrais même pas m'étonner de ta réaction vu comment tu as peur de ton paternel...
Moustapha : Je n'ai pas peur de mon père, la coupais-je frustré parce qu'elle raconte. Je n'ai pas peur j'ai juste du respect pour lui car il s'agit de mon père et c'est lui qui m'a donné la vie.
Coumbis : Hum, hum ouais c'est cela raconte ça à ceux qui ne te connaissent pas ou ne connaissent pas ta famille. Tout le monde sait que tu as peur de ton père car sinon pourquoi ne lui avoir pas dit que tu faisais des cours du soir en dehors de ton boulot à l'ONG pour pouvoir avoir ton bac et suivre une formation en infirmier ? Et il n'y a pas que cela hein ! Pourquoi n'as-tu pas osé lui montrer ton désaccord face au mariage de ta sœur et lui tenir tête pour l'empêcher de commettre ce délit ? Pourquoi n'es-tu toujours pas allé voir ta sœur depuis qu'elle s'est installée avec l'autre bouffon là ?
Moustapha : ...
Coumbis : Tu ne dis rien hein. Tu fais bien car tu sais que j'ai raison du tout au tout. En tout cas pour en revenir à ta sœur, agis en homme en trouvant vite une solution pour pouvoir la sortir des griffes de ce monstre avant qu'il ne la tue un de ces quatre car c'est ce qui risque d'arriver si tu n'agis pas vite. Tu l'as vu non comment elle est faible et a maigri de surcroît ? Cela c'est juste petit face à ce qu'elle subit dans cette maison dorée où elle vit à cause de ton père et à ton incapacité d'agir en homme et en grand-frère. Elle a du s'enfuir pour lui échapper et heureusement qu'on s'est bousculées au carrefour elle et moi car si c'était l'autre con qu'elle avait croisé, elle ne paierait pas chère de sa peau. J'ai dû prendre un taxi pour la ramener vite fait ici. Même pour tenir debout elle ne pouvait pas car non seulement ce connard lui faisait vivre du n'importe quoi mais refusait de lui donner à manger pour qu'elle maigrisse. Même à un chien on ne ferait pas vivre cela.
Elle continua de me raconter tout ce qu'elle avait entendu raconter et tout ce que ma sœur a pu lui dire quand elle est arrivée ici. Je n'en croyais toujours pas mes oreilles. J'étais hyper en colère et avais mal pour l'enfer qu'était en train de vivre ma sœur depuis son mariage. Je m'en veux énormément et en voulais à mon père pour avoir fait subir cela à ma sœur. J'étais tellement en colère que je ne pouvais pas parler, tout ce que je voulais c'est ramener ma sœur à la maison et mettre fin à ce mariage quoiqu'il m'en coûte. Et après j'irai moi-même refaire le portrait à ce Malick qui se dit être Homme. J'étais perdu dans mes pensées que je ne voyais ni entendais même plus Coumbis qui n'arrêtait pas de me parler depuis tout à l'heure.
Coumbis : Vu que tu es un Zombi mieux vaut pour moi que je retourne veiller sur Zeyna avant qu'elle ne se réveille. En tout cas j'espère pour toi que tu sauras agir en homme cette fois avec ton père en faisant ce qu'il faut.
Elle était sur le point de partir quand je lui pris la main et lui demanda d'attendre.
Coumbis : Oh, oh tu as encore quel problème Moustapha ?
Moustapha : Coumbis tu ne m'as toujours pas donné de réponse face à ce dont je t'ai parlé la dernière fois qu'on s'est vu ?finis-je par lâcher après l'avoir longuement regardé. N'as-tu pas pitié de moi un peu ? Tu veux me torturer et me faire courir encore combien de temps ? Tu sais que je suis sérieux avec toi et en tant que la meilleure-amie de ma sœur jamais je ne te ferai de mal et te décevrai alors pourquoi ne pas me donner une chance. Tu sais très bien ce que je ressens pour toi depuis que tu es entrée dans notre vie ma sœur et moi. Pourquoi ne pas me donner une chance Coumbis ? Je jure que tu ne le regretteras pas.
Coumbis : Toi là sérieux tu ne vas pas bien. Ça ne va pas fort dans ta tête, répond-elle en me toisant. Je te parle des problèmes que vit ta sœur en ce moment, au lieu d'essayer de les résoudre en trouvant une solution à cela toi tu es là devant moi bien planté comme un pic à réclamer une réponse de ma part. Tu sais quoi Moustapha, ta réponse là tu l'auras quand tu feras preuve de maturité en agissant comme un homme au lieu d'agir en petit garçon. Grandis un peu puis reviens me voir et on en rediscutera de ta réponse, tchipp.
Elle s'en alla et me laissa planter là comme un pantin sans que je ne puisse rien faire. Je reste un moment jusqu'à ce que ma sœur se réveille avant de la ramener avec moi à la maison. Coumbis n'était pas totalement d'accord avec cette décision mais ma sœur a su la convaincre de nous laisser partir. Dès que nous sommes arrivés à la maison et que mon père nous a vus, il est venu aussitôt accueillir ma sœur en la prenant dans ses bras. Celle-ci était tellement émue qu'elle s'est remise à pleurer. Mon père la consola avant d'appeler ma mère et ma tante pour les prévenir de l'arrivée de ma petite-sœur. Aussitôt que ma mère posa ses yeux sur elle, elle se mit elle aussi à pleurer toutes les larmes de son corps. Il a fallu l'intervention de mon père pour les calmer toutes les deux. Il proposa à ma mère de ramener ma sœur avec elle dans sa case pour qu'elle se rafraîchisse et change de vêtements avant l'heure du dîner. Ils s'en allèrent tous et me laissèrent seul un peu pensif dans la cour de la maison. Je pars dire bonsoir à Sophie avant d'aller prendre mon bain pour me préparer à les rejoindre pour le diner. Je remémore dans ma tête ce que Coumbis m'a raconté tout à l'heure et je n'arrive toujours pas à croire que mon père puisse être capable de pareilles atrocités sur sa propre fille surtout après avoir vu l'accueil chaleureux qu'il a gratifié à ma sœur quand on est arrivés tout à l'heure. Il ne peut pas être aussi sans cœur avec sa propre fille en la faisant vivre un enfer tout cela à cause de l'argent. Jusqu'à la preuve du contraire je ne pense pas qu'il soit au courant de toute cette histoire et pour en avoir le cœur net je vais aller de ce pas le vérifier.
¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
Yakhiya Fall
Anta : Oh chéri dis-moi n'avais-je pas raison hein ?me masse-t-elle les épaules tendrement. Tu vois comment ta fille s'est sentie protégée et en sécurité avec l'accueil dont tu lui as gratifié et tout cet amour paternel. Elle n'y a vu que du feu aussi bien que sa mère Amina. Tu vois que la violence ne résout rien non ! Il faut y aller mollo-mollo avec les adolescents de nos jours pour pouvoir avoir ce qu'on veut à la fin avec eux.
Yakhiya : Oui tu as raison mon amour, comme toujours d'ailleurs et c'est la raison pour laquelle que je t'aime comme un fou. Contrairement à Amina, tu sais toujours donner les bons conseils avec beaucoup d'astuces raison pour laquelle tu es et tu restes ma préférée.
Anta : Hum juste à cause de cela mon tigre, fit-elle une moue sexy avant de se lever pour soulever astucieusement son pagne. Et ça alors hum ? Ne me dis pas qu'elle me bat aussi dans ce domaine ?
Je déglutis en voyant la nuisette sexy qu'elle cachait en dessous. Comme elle va me rendre dingue Anta.
Yakhiya : Oh tu sais qu'elle ne t'arrive même pas à la cheville ma préférée. Tu es la seule capable de me faire perdre la tête, l'attirais-je vers moi avant de la faire asseoir sur mes genoux. Tu es ma diablesse à moi, mon démon, tu es mon sucre d'orge.
Anta : Tu as intérêt hein sinon tu vas perdre tous les nombreux avantages que tu as avec moi quand tu es de tour, me caresse-t-elle le menton et les oreilles. Mais bref, pour en revenir à ta fille fais tout pour avoir sa confiance et qu'elle se sente en sécurité. Tu n'as pas besoin d'être rude avec elle ni d'exiger qu'elle rentre chez son mari, il faut juste lui parler tendrement en la prenant par les sentiments et ...
Yakhiya : Attends une minute il y'a Malick qui appelle comme cela, l'interrompais-je avant de décrocher. Bonsoir cher gendre, comment vas-tu ?
Malick :...
Yakhiya : Oui elle est là ne t'inquiètes surtout pas, je gère la situation.
Malick :...
Yakhiya : Oui s'il plaît au Bon Dieu demain matin sans faute tu récupéreras ta femme, réponds-je tout sourire face aux caresses sensuelles que ma femme était en train de faire en ce moment sur mon torse dénudé.