Papa : Eh bien si tu es capable de subvenir à tes besoins toute seule tu peux dès à présent prendre tes affaires et t'en aller. Je ne te retiens pas
Bien sûr je ne bougeai pas. Il sait bien que je ne m'en sortirai jamais sans lui même si j'ai une bourse d'excellence ça ne suffira pas
Papa : C'est bien ce que je pensai. Maintenant va faire ta valise
Moi : Je suis française. Tu n'as pas le droit de me forcer à l'immigration
Papa : Tu es peut-être française sur un bout de papier et dans ta tête mais tu es sénégalaise de sang et d'origine et tu le seras toute ta vie que tu le veuilles ou non.
Moi : Je ne savais pas que tu me détestais au point de gâcher mes études, juste pour te débarrasser de moi. Tu t'en fous de mon avenir et de ce que moi je ressens
Je sais. J'exagère en disant que mon père me déteste mais en ce moment j'avais la haine contre lui de me faire ça
Papa : Figure-toi Mlle langue pendue que j'y ai pensé. Par chance BEM Bordeaux ouvre une école avec les mêmes cours à Dakar dès le mois de septembre. J'ai parlé au directeur d'ici et il a transféré ton inscription là-bas. Tu pourras suivre ton cursus de commerce normalement et avoir un diplôme français même si tu veux. Félicitation même ton école déménage avec toi. Si ça ce n'est pas le destin
J'avoue que là le monde entier était ligué contre moi. Si ça ce n'est pas de la malchance je ne sais plus ce que c'est. J'ai envie de pleurer à cause de cette fichue école me voilà en route à Dakar City. Youpi
Moi : Tu te crois drôle papa. Et mes amis tu en fais quoi ? En fait tu avais mis ton plan à exécution depuis longtemps c'est ça. Là tu as profité d'une bêtise pour en faire une excuse. Je ne te savais pas aussi bas. Tu m'étonnes que maman t'es largué
Il allait me frapper mais se retient au dernier moment. Je suis méchante de lui avoir dit ça. Déjà je ne connais pas la raison de leur divorce et surtout que c'est à cause de moi qu'il est resté seul jusqu'à aujourd'hui mais il fallait que je lui fasse du mal
Moi : Pourquoi tu te retiens ? Frappe moi mais ça changera rien au fait que je te déteste au plus haut point.
Papa : Dégage de ma vue.
Moi : Avec plaisir
J'allai mettre mes chaussures et sortit de la maison. Mon père me vit mais ne dit rien surement il voulait plus me voir après la méchanceté que je lui ai sorti. Je marchais pour aller chez Vicky bien sûr les larmes aux yeux. Je voyais même pas où je mettais les pieds. Comment il peut me faire ça ? L'année prochaine devait être la plus belle de ma vie. Je devais aller à l'école de mes rêves, passer mon permis et me payer ma première voiture. Avoir plus de liberté et me gâter avec l'argent de ma bourse mais il a fallu qu'il me gâche tout ça comme si lui n'avait jamais fait quelque chose de mal de sa vie. Il me jette comme de la merde parce que sa décision signifie qu'il veut plus de moi. Eh bien on va être deux dans ce cas parce que je ne lui parle plus
J'arrivai chez Vicky après m'avoir failli faire tuer par une voiture. C'est son père qui m'ouvrit mais me posa pas de question. Il me dit juste que Vicky est dans sa chambre. Je laissai libre cours à mes larmes une fois avec elle. C'était la première fois qu'elle me voyait pleurer. D'habitude je suis la fille forte, celle que rien n'ébranle, la fille qui a tout le temps la pêche et un moral à toute épreuve mais là c'est trop.
Jamais je n'ai été séparée de mon père et c'est lui-même qui décide de le faire. Il sait que je serai perdu sans lui mais ça il s'en fout
Vicky : Arrête de pleurer stp et raconte-moi. Ça me fait peur de te voir dans cet état surtout que je n'ai pas pu te joindre depuis la soirée
Je lui racontai ce qui s'était passé du moins aussi clairement que je pouvais. Elle était aussi triste que moi à présent
Vicky : Oh ma puce il peut nous faire ça même si tu as fait une grosse boulette. Je vais devenir quoi sans toi
Moi : Je n'en sais rien. Tu es la seule vraie amie que j'ai. Je n'ai pas envie de te quitter. Tu es mon soutien, ma force. Pourquoi je ne t'ai pas écouté ?
Vicky : J'essayerai de parler à ton père. Peut-être il changera d'avis
Moi : Après la dispute qu'on a eu j'en doute fort. Je ne veux pas partir
Vicky : Je suis désolée ma chérie mais vois le bon côté des choses. Tu retrouveras ta maman
Moi : Peut-être mais c'est mon père que je connais le mieux, c'est avec lui que je suis le plus à l'aise. J'ai jamais vécu avec ma mère si ce n'est les quelques mois de vacances que j'ai passé avec.
Vicky : Dis-toi que c'est l'occasion pour vous de rattraper le temps perdu. Et puis si tout se passe bien tu pourras demander de revenir. On va dire qu'on fait un break d'un an. On s'appelle tous les jours ou du moins dès qu'on peut promis
Moi : promis
Vicky : Allez. Ne fais pas cette tête. Tu sais quoi je vais prévenir mes parents et on va passer le temps qui nous reste chez toi. Je t'aiderai à ranger. Je vais prévenir mes parents
Elle y alla et revint quelques minutes après. Elle prit quelques affaires. Je passe dire au revoir à ma 2em famille. J'ai passé tellement de temps dans cette maison depuis que je connais Vicky. Juste de beaux souvenirs que je n'oublierai jamais. Elle va trop me manquer ma petite chérie. J'allai directement dans ma chambre quand on arriva chez moi pendant que Vicky allait voir mon père. Connaissant mon père je sais qu'elle perd son temps. Et j'avais raison elle est revenue bredouille
Vicky : Il a refusé. Il a dit que sa décision est prise et qu'il sait que c'est la bonne
Moi : Je te l'avais dit
Vicky : J'aurai au moins essayé
Moi : oui je te remercie pour ça
On descendit chercher les valises et la cave et nous mirent à ranger à notre retour pour profiter de notre journée de demain. Toute façon j'allai laisser la plupart de mes affaires ici comme les vêtements d'hiver par exemple. Vu qu'il faisait chaud la plupart du temps à Dakar il me fallait plus de vêtements d'été mais j'en achèterai au fur et à mesure à Dakar. J'adorai prendre soin de moi et je ne pouvais concevoir de sortir de chez moi mal habillé et j'avais le sens de la mode d'après Vicky. Elle dit que j'ai un don pour trouver un accord parfait entre les couleurs. Peut-être que j'étais uns styliste dans une autre vie #je sors. Mon père arriva à ce moment même comme s'il avait perçu mes pensées
Papa : Tu auras besoin de plus de vêtements légers. Je te laisse ma carte pour que tu achètes ce dont tu as besoin avant de partir. Et achète des cadeaux pour ta mère et ton beau-père
Moi : Je n'ai pas besoin de ta charité. Garde ton argent
Papa : J'en ai plus qu'assez de ton attitude de fille impolie. Ne me pousse pas à bout parce que ça va mal aller pour toi. Donc tu prends cette carte et tu vas t'acheter des vêtements sans discuter. Que je ne me fasse pas répéter
Moi : Et me je te ....
Vicky : Elle ira. On ira ensemble d'ailleurs. Excusez là elle est juste un peu perturber
Elle alla prendre la carte et fit un sourire à mon père. Non mais de quoi je me mêle
Vicky : Merci de sa part. Elle apprécie même si elle ne le dit pas
Mon père me jeta un regard furieux et sortit de la chambre. S'il croit que c'est en me donnant sa carte bancaire pour une journée que je vais oublier il se trompe. Pff il devrait avoir honte d'essayer de m'acheter
Vicky : Tu devrais arrêter les disputes avec ton père. Il t'aime et je pense que ça lui coute de séparer de toi mais il pense que c'est le mieux pour toi
Moi : Depuis quand tu es une sociologue
Vicky : Je te donne juste mon avis. Ne pars sur cette base avec ton père. On ne sait pas de quoi l'avenir est fait donc à ta place je me réconcilierai avec lui avant de partir. Pense à tout ce que vous avez partagé tous les deux. Tu ne pourras jamais avoir un meilleur père que lui-même si tu recommençais ta vie. Personne d'autre n'aurait fait tout ce qu'il a fait pour toi
Moi : Bien sur qui jetterai sa fille pour une broutille ? Personne
Vicky : Je ne te parlais pas de ça mais de tous les sacrifices qu'il a fait pour que toi tu sois heureuse, pour que toi tu es tout ce que tu désires dans cette vie. Il a même renoncé à refaire sa vie pour toi donc si tu ne veux pas lui montrer ta reconnaissance, arrête de l'énerver comme tu le fais
Moi : Tu as fini ta séance de psy Mlle je te fais la morale
Vicky : Je ne te fais pas la morale. Je te conseille c'est tout libre à toi de les suivre ou pas
Vous venez de découvrir une autre facette de Vicky. C'est la seule toubab que je connais qui n'insulte pas ses parents. Elle respecte tout le monde et ne manque jamais de respect aux darons. Tout le contraire de moi surement pourquoi mon père l'aime bien. Au début ça me soulait mais maintenant je me dis qu'elle avait raison sur toute la ligne.
Moi : Eh bien j'ai entendu
Vicky : Je sais que ça t'énerves quand on te dit la vérité mais il faut bien que quelqu'un le fasse
Moi : Vicky si c'est pour me foutre le seum que tu es venue tu peux rentrer parce que c'est pas ce dont j'ai besoin en ce moment
Vicky : Ah c'est bon là calme down. Je te laisse tranquille
Moi : Merci
Après la leçon du jour de Vicky, elle m'aida à préparer le diner parce qu'il faut bien qu'on mange. Je préparai en plus d'autres plats que je vais laisser dans le frigo. Je fais ça tout le temps c'est plus pratique que d'en faire un tous les jours. Pendant qu'on mangeait je n'ai pas ouvert la bouche une seule fois alors que Vicky et mon père discutait comme de vieux amis qui ne se sont pas vue depuis mathusalem. Elle m'étonnera toujours cette fille
Mon père me rendit mon IPhone et mon ordinateur surement parce que j'allais partir. Je prends le tout sans même dire merci. Il me regarda puis secoua la tête et partit. Le lendemain je partis avec Vicky faire du shopping. Vu que c'était les soldes tout était moins cher donc j'ai pu acheter plein de truc pour pas beaucoup. Je ne savais pas quoi prendre pour ma mère parce que je ne connaissais pas beaucoup ses goûts donc je lui ai pris des bijoux. Toutes les femmes aiment les bijoux non et pour mon beau-père j'ai pris des chemises.
De retour à la maison j'envoyai un message à Alex pour lui dire que je quittai le pays dès demain. Il voulait me voir pour me dire au revoir mais je lui ai dit que je ne pouvais pas sortir de chez moi. Je pouvais mais les « au revoir » ce n'est pas mon truc. Il me sortit le discours du je chéri les moments qu'on a passé ensemble et blabla puis il a raccroché. J'ai bien profité de ma dernière journée avec ma Vicky d'amour. On a fait les folles jusqu'à ce que ça soit l'heure de partir. Elle est venue avec moi à l'aéroport. Ça m'a trop rendu triste de lui dire au revoir. Elle va trop me manquer. Quand je pense que les gens quittent le Sénégal pour la France après le bac et que moi je fais le contraire j'ai juste envie de me mettre une balle dans la tête (manière de parler je m'aime trop pour me suicider). Mon père est venu m'embrasser parce que sans ça je ne l'aurai pas fait. Je lui fais toujours la tête
Papa : Prends soin de toi ok. Je sais que tu m'en veux mais c'est pour ton bien que je fais ça. Surtout ménage ta mère et ne fais pas trop de bêtises. Je t'appelle dès que t'arrive
Je ne répondis pas. Je leur fis un dernier au revoir avant de passer le contrôle. Mon avion atterrît à LSS tard dans la nuit. Je récupérai mes bagages et sortit. Ma mère m'attendait avec son mari
Maman : Viens là que je t'embrasse. Tu as fait un bon voyage. Tu m'as trop manqué. Comme tu es belle ma petite chérie
Moi : Salut maman
Beau-Père : Jamila comme tu as grandi. Tu es devenue une belle jeune fille
Moi : Merci. On y va maintenant parce que je suis fatiguée
Maman : Bien sûr. La voiture est juste là
Vous verrez mon visage à ce moment, amabilité et chaleur zéro. Je venais d'arriver que j'avais déjà envie de rentrer. On arriva rapidement parce qu'on n'habitait pas très loin de l'aéroport.
Maman : Bienvenue à la maison mon bébé. Dieyna et moi on t'a préparé ta chambre avec amour. J'espère qu'elle te plaira
Dieyna ? C'est qui celle-là encore ? Je ne suis pas venue ici depuis longtemps mais je sais que ma mère n'a pas d'autre enfant
Moi : Ah la voilà. Jamila voici Dieyna ta cousine elle habite avec nous depuis 3 ans et Dieyna voici Jamila ma fille
Elle : Enchantée. Je suis ravie de te rencontrer en vrai. Ta mère m'a beaucoup parlé de toi
Elle me sourit et me fit son visage d'ange pendant que moi je gardai un visage impassible et renfermé. Je sens que je ne vais pas l'aimer celle-là alors là pas du tout