Les caprices du destin II
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Chapitre 4 Chapitre 04

Elle garda le silence un moment.

- maintenant, un autre homme te regarde droit dans les yeux pour te dire que ta femme est un bon coup. Peux-tu mettre ta main à couper qu'il ne s'est rien passé entre eux ? As-tu trouvé ta femme vierge Omar ?

Omar regardait sa mère sans rien dire. Troublé, Perturbé.

- oui, souffla t-il en regardant ailleurs

- parle-moi mon fils. Je sais que c'est des choses intimes. Mais je suis ta mère. Ce que tu me diras ne sortira jamais de ses murs. Jamais. Dis-moi la vérité

Il soupira et se prit le visage entre ses mains.

- Non, elle ne l'était pas. Mais tout ceci n'a pas d'importance pour moi maman. J'aime Assy. Plus que tout.

- donc tu veux dire qu'elle l'a fait avec Elhadj.

- NON. Non et non maman. Je te le répète.

- ça c'est elle qui le dit.

- arrête. N'oublie pas que tu m'as promis de ne rien dire. De toute façon, je veux que tout rentre dans l'ordre. Au retour de papa, je vais lui parler. Quand à Amy, je n'ai pas aimé son comportement. Je ne suis pas son égal pour qu'elle m'insulte de la sorte. Si cet homme était bien pour elle je n'aurais pas fait tout ceci. Mais elle m'a manqué de respect ainsi qu'à Assy et ca je ne le supporterais plus. Parle-lui et elle a intérêt à se calmer.

- que comptes-tu faire avec Assy ?

Il se retourna

- c'est-à-dire ?

- tu ne compte pas la garder ici. Nous l'imposer. Après tout le scandale. Toute la famille sera au courant dans quelques temps. En plus elle ne peut même pas te faire un enfant

- ne me redis plus jamais cela. Assy est ma femme. Je n'accepterais pas qu'on vienne me dire ce que je dois faire avec elle.

Oumy éclata en sanglot. Encore. Omar eut la vague impression qu'il y avait un peu de comédie la dedans.

- arrête maman.

- j'ai tellement honte. J'ai honte. La plus grosse erreur de ma vie c'est de t'avoir laissé épouser cette fille.

Sans plus chercher à la réconforter, et ne voulant pas polémiquer, il sortir et tomba sur Amy dans le couloir. Il la dépassa sans lui accorder un regard et regagna ses appartements. Assy était toujours couché à la même place.

- Assy

Elle ne réagit pas. Il n'insista pas. La sachant perturbée. Lui aussi était un peu secoué par tout ce que venait de lui dire sa mère et avait besoin de réfléchir à tout cela. Il referma donc lentement la porte de la chambre et sortit se promener...cette journée a été très stressante pour lui.

- Assy, Assy...réveille-toi voyons...

Assy plongeait. Elle était encore au fond de ce trou. Elle ne voulait pas revenir à la surface. C'était tellement paisible, tellement calme.

On la secoua plus durement. Elle ouvrit les yeux. Difficilement. Omar était penché sur elle, l'air inquiet.

- qu'est ce que tu as pris Assy. Dis-moi.

Elle était toujours dans les vapes.

- rien...je n'ai rien pris, réussit-elle à articuler

- et ça c'est quoi ? Cria t-il presque en lui montrant les médicaments éparpillés sur le lit.

Elle regarda et se souvint. Elle avait failli les avaler. Elle avait rêvé les avaler. C'était tellement plus facile. Elle les voyait bien pleurer sur son corps, regretter de lui avoir dit autant de méchanceté. Mais elle n'avait pas pu. L'image de sa mère était trop présente. Elle ne pouvait pas lui faire cela. Elle en mourrait de chagrin. Et Omar aussi. Elle l'aimait tellement.

- je...je n'ai rien pris. Je te jure...dit-elle tristement en secouant la tête, les larmes coulant le long de ses joues.

Omar soupira de soulagement. Et la prit dans ses bras.

- mon amour, mon cœur. J'ai eu la peur de ma vie quand j'ai vu cela...Mon Dieu...

Il la serrait tellement fort qu'elle respirait à peine. Elle sentait les battements frénétiques de son cœur. Oui il a du avoir la peur de sa vie. Elle se libéra lentement.

- j'y ai pensé. Mais je n'ai pas pu...

- ne penses jamais à faire cela. Que deviendrais-je sans toi Assy ? Quoi ? Tu penses vraiment que je peux vivre sans toi à mes côtés ?

Elle baissa la tête.

- tu...je vais rester ? demanda t-elle doucement

- comment ça ? Rester ou ? demanda t-il en la regardant intrigué

- après tout ce qui s'est passé. Je pensais que tu allais me...me...demander de retourner chez ma mère.

Il garda le silence un moment, avant de l'obliger à la regarder.

- Assy. Ça n'arrivera jamais. Je t'aime. Tu ne m'as rien fait. Pourquoi je te demanderais de partir. Il y a eu un scandale. Des choses ont été dites. Mais elles n'engagent que ceux qui l'ont dit et ceux qui y crois. Moi je te connais. Tout ça ne changera rien entre nous.

Elle le regarda, les larmes aux yeux.

- tu es sur ?

Il se contenta de l'embrasser. D'abord lentement. Puis plus passionnément. Elle répondit à ses baisers en pleurant. Et lui s'arrêtait de temps en temps pour lui essuyer ses larmes tout en la regardant. Avec tellement de tendresse qu'elle se demandant si elle avait mérité tout cela après tout le bazar qu'elle avait foutu dans la famille. Sans sa famille. Son instant de folie avec Iba lui coutait trop cher. Et Omar méritait peut être une meilleure femme qu'elle. Toute la nuit, il lui répéta qu'il l'aimait, lui faisant l'amour tendrement, les yeux dans les yeux, confiant et lui demandant de lui faire confiance.

Le lendemain, elle se leva pour lui préparer son café et l'accompagna jusqu'à sa voiture en discutant. Il faisait tout pour la faire sourire, lui racontant des blagues débiles, faisant des grimaces, et elle la suivait dans son délire, lui assurant que tout allait bien. Devant la voiture, après avoir déposé ses bagages à l'arrière, il la prit dans ses bras et se pencha pour déposer tendrement ses lèvres sur les siennes

- je t'aime mon cœur....

Assy sourit. Sincèrement...

- moi aussi je t'aime. Répondit-elle

Il entra et démarra la voiture. Elle lui fit un signe de la main en souriant, mais en se retournant, elle croisa le regard de sa belle mère, qui la regardait d'un air méprisant. Elle encaissa et la salua quand même. Bien entendu, elle ne répondit pas, mais elle ne monta pas et prépara quand même le plateau de petit déjeuner. Elle allait le déposer sur la table quand elle se fit rabrouer par cette dernière

- ne prépare plus de petit déjeuner. Hypocrite. Sous tes airs de sainte nitouche en fait tu es une vraie...

Elle fit une moue haineuse, cherchant le mot le plus méchant à lui coller. Assy ne répondit pas, mais posa quand même le plat et se dirigea vers les escaliers pour monter. Dès qu'elle tourna le dos, sa belle mère prit le plat et le jeta rageusement sur le sol. Assy ne se retourna même pas et monta rapidement. Toute la journée elle resta dans son appartement. A l'heure du déjeuner, personne ne vint l'appeler pour manger. Et c'était tant mieux. Elle prit des fruits dans son frigo qui ne désemplissait jamais car Omar adorait acheter du n'importe quoi dans les supermarchés. Plus tard, son mari l'appela pour discuter. Elle ne lui dit rien à propos du comportement de sa mère, faisant celle qui allait bien. Mais au fond d'elle, elle tenait à peine. Elle était brisée, cassée. Elle avait mal au cœur, ce muscle qui était sensé la faire vivre, lui faisait mal. Très mal. Même si Omar faisait tout pour l'aider à passer ce qu'il appelait un petit problème, elle n'allait pas bien. Elle appela sa mère pour la saluer et essaya de paraitre naturelle et discuter avec elle. Mais elle remarqua que ça n'allait pas et lui demanda si elle était malade. La connaissant, elle préféra lui dire qu'elle avait juste des maux de tête mais qu'elle avait pris un médicament. Elle voulait lui parler. Elle devait le faire, car elle savait que tôt ou tard, elle en aurait des échos. Mais pas maintenant.

En fin d'après midi Alassane monta par la porte de derrière, lui apportant un carton contenant une pizza.

- Ouhh Assy, tu as une mine de déterrée. Tiens je t'ai amené à manger. C'est ton mari qui m'a obligé à sortir te chercher à manger. Un vrai dictateur. Je me demande comment tu fais pour vivre avec lui.

Elle lui en était reconnaissante

- ta mère sait que tu m'amène à manger.

Il pouffa de rire.

- d'après toi pourquoi je suis passée par l'escalier de derrière? Elle est en rogne la vieille. Contre tout le monde, je te jure.

Elle aussi éclata de rire et ils s'installèrent au salon à manger et à regarder de nouvelles séries qu'il lui avait amené. Ils rigolaient tout en évitant soigneusement d'aborder les sujets qui fâchent. Omar les trouva ainsi. Lui aussi avait pris l'escalier du dehors, comme s'il voulait ne pas se faire voir par sa mère. Il remercia son frère et ce dernier prit congé. Il prit sa femme dans ses bras et lui demanda comment s'était passé sa journée.

- bien mon cœur. Je n'ai rien fait à part regarder des séries

- tu n'es pas descendu ? Alassane m'a dit que tu n'avais pas déjeuné.

- Non, je n'avais pas faim.

- est ce qu'on t'a appelé pour manger? demanda t-il inquiet.

Elle hésita.

- Oui, mais je n'avais pas faim, mentit-elle.

Il hocha la tête et est allé prendre une douche avant de s'habiller et descendre pour dire bonjour à sa mère. La laissant seule. Seule. Elle commençait à avoir peur de cette solitude. Elle n'aimait pas rester seule. Surtout quand elle pensait que son sort était en train d'être joué. Elle avait peur de la suite, de l'avenir. Quand Omar revint, il scruta son visage à la recherche d'un changement, d'une mauvaise nouvelle. Mais il resta le même, souriant, rigolant avec elle. Même si parfois, se croyant seul, elle le voyait perdue dans ses pensées et se rongeant frénétiquement les ongles.

Les jours suivants se passèrent ainsi. Assy ne descendait plus seule pour retrouver la grande famille. Elle était pratiquement mise en quarantaine. Comme une infectée. Le matin, elle faisait quand même l'effort d'aller dire bonjour à sa belle mère même si elle ne lui répondait pas et lui a même demandé de ne plus entrer dans sa chambre. Elle attendait donc qu'elle sorte pour lui dire bonjour et remonter rapidement sans attendre la réponse. Avec Amy, elle n'essaya même pas. Pas après l'avoir vu proférer des insultes aussi salaces envers son grand frère et lui avoir dit ce qu'elle lui avait dit. Quand le matin, elle le croisait elle détournait les yeux et celle-ci en rajoutait parfois en lui envoyant un « tcchhiippp » d'enfer. Mais elle ne répliquait pas. Elle n'y songeait même pas. Se demandant jusqu'à quand tout ceci pourrait durer. Elle en souffrait. Silencieusement, mais elle en souffrait. Le soir, avec son mari elle essayait de paraitre joyeuse, ne voulant pas lui créer d'autres problèmes, même s'il se doutait que les choses n'étaient pas facile pour elle. Elle n'avait nulle part ou aller, Rama étant partie. Donc elle restait enfermée. De temps en temps, Alassane venait lui tenir compagnie. Et avec lui au moins, les choses étaient plus légères. Il se permettait de se moquer d'elle, de la taquiner sur le fait qu'elle soit toujours enfermée. Ça la libérait. Heureusement que les cours allaient reprendre et elle s'était inscrite en master dans une prestigieuse école privée. Omar avait beaucoup insisté pour cela et elle ne pouvait qu'accepter.

Rama revint enfin après son long périple. Assy ne lui avait rien dit et comme il lui restait encore quelques jours de ses congés, elle se rendit chez elle et les retrouvailles furent magnifiques. Son amie lui avait manquée

- Assy je trouve que tu as maigri...lui dit Rama en la regardant avec un air inquiet.

Elle rigola.

- je suis au régime. Omar me trouvait grosse.

- je croyais qu'il adorait quand tu avais des formes ?

- il a changé d'avis.

Rama lui raconta ses vacances en Casamance, l'accueil de la famille de sa mère. Assy l'écoutait en souriant, contente de la revoir. Elle se leva d'un coup et la prit dans ses bras.

- tu m'as tellement manqué ma rama...dit-elle les larmes aux yeux.

- oulalala...mais tu pleures ? Qu'est ce qui se passe ma chérie ?

Assy s'écarta lentement en essuyant ses larmes et s'assit sur le lit avant de se mettre à lui raconter tout ce qui s'était passé. Rama était sans voix.

- mais ce n'est pas possible Assy. Mais Elhadj c'est un salaud de la première. Et toi tu t'es laissé faire sans rien dire ?

- que voulais-tu que je dise ?

- mais que tu te défendes. Je ne sais pas moi. que tu les tapes. Mais pas rester comme ça...pffff

Elle était tellement énervée qu'elle ne put continuer sa phrase et se leva pour aller prendre l'air sur le balcon. Assy l'y rejoignit plus tard.

- je suis désolé Assy. Pour tout ce qui t'arrive. Mais puisque la situation est ainsi, il va falloir que tu te secoue. Sinon, tu risque de vivre un enfer dans cette maison. Ne te laisse pas faire. Tu n'es ni la première ni la dernière à qui ce genre de choses arrive. Ce qui est fait est déjà fait. On ne peut plus revenir en arrière. Assume Assy. vis ta vie, chéri ton mari, termine tes études, trouve du travail, fonde une famille, satisfait ta mère. C'est ca le socle de la vie. Tu te bat pour cela. Le reste n'a pas grande importance.

- mais c'est difficile de penser que les gens croient des choses tellement...mauvaises sur moi.

- laisse tomber. Le chien aboie la caravane passe. Ton mari t'aime. C'est l'essentiel. Il te soutient non ? demanda t-elle un peu inquiète.

- oh oui Rama. Depuis, il ne cesse de me dire qu'il m'aime et que ça va passer.

Elle soupira de soulagement.

- alors ne t'en fais pas. Tout ira bien

Elle rentra ce jour, le cœur plus léger.

Omar attendait sa femme. Elle était allé passer la journée chez Rama. En attendant il était en train de préparer la table à manger. Il avait commandé un délicieux diner auprès d'un grand traiteur et comptait faire plaisir à sa femme. Elle est entrée par la porte de derrière. Il n'aimait pas la voir triste, même quand il lui faisait l'amour, il sentait cette pointe de tristesse dans son regard, dans ses gestes, dans ses soupirs. Elle le regardait comme si elle avait peur de le perdre. Il sentait tout cela et malgré tout ce qu'elle lui disait, elle avait peur. Il l'entendit ouvrir la porte et il la sentit s'arrêter à la porte du salon et pour la première fois depuis des jours, il remarqua une lueur de joie dans ses beaux yeux. Il termina d'allumer la dernière bougie et se dirigea vers elle pour la prendre dans ses bras tendrement

- mon cœur. Comment va Rama ? demanda t-il comme si de rien n'était

- mais c'est magnifique Omar. C'est en quel honneur ?

- en ton honneur. Pour te remercier pour tout le bonheur que tu me procure...

Elle se crispa et baissa la tête

- tu te moques de moi. Ces temps ci je ne t'amène que des problèmes.

Il secoua la tête

- arrête de penser cela. Je veux que ces problèmes nous soudent mon cœur. On est deux dans cette histoire. Tu n'es pas seule. J'ai besoin de toi pour tenir. Tu comprends ?

Elle hocha la tête, émue. Tellement émue qu'elle se mit à l'embrasser. Trop passionnément.

- si tu continue chérie, on ne va pas diner...dit-il entre deux baisers et commençant à l'entrainer vers le canapé.

Elle ne l'écoutait pas et entreprit de lui arracher sa chemise, impatiente. Plus tard, dans les bars l'un de l'autre, ils discutèrent légèrement et se levèrent pour prendre leur bain et diner enfin. Assy avait décidé de se mettre sur ses genoux et attendre qu'il lui donne à manger entre éclats de rire et confiscation de fourchettes. Ils étaient dans leurs délires en rigolant quand on sonna à la porte. Assy se crispa et Omar se leva pour ouvrir. C'était Badiène Oumy

- Omar, viens répondre à ton père. Il veut tenir une réunion de famille.

Elle tourna les talons, mais se retourna.

- amène l'autre là.

Omar ne dit rien et referma lentement la porte. Son père était revenu la veille et il lui avait expliqué toute l'histoire et lui disant qu'il aimait sa femme et qu'on ne devait pas laisser un inconnu semer la zizanie dans la famille. Il termina de diner rapidement, puis prenant Assy par la main, ils descendirent ensemble. Tout le monde était au salon et on attendait qu'eux. Il voyait Assy avancer, la tête baissée et il avait juste envie de lui dire de la relever et de regarder les gens. Mais elle manquait trop de confiance en elle, trop abattu par les derniers événements.

Tonton Omar commença par dire qu'il était au courant de ce qui s'était passé mais ca n'honorait personne. Il s'est tourné vers Amy et lui a passé un savon, lui demandant en fin de compte de présenter ses excuses à son frère. Elle ne dit rien et prit un air buté. Et il y eut un silence. Avant qu'elle n'en place une, Badiène Oumy avait pris la parole,

- Amadou, Amy n'a rien fait. Elle est jeune, amoureuse, Elhadj lui avait promis le mariage. C'est normal qu'elle réagisse comme cela. C'est Assy la source de tous ces problèmes. Dans ce bas monde tout se sait. Si elle pensait que son passé ne la rattraperait pas elle se...

- Oumy, arrête-toi, l'interrompit tonton Amadou. Je ne vais pas revenir sur le problème. Je cherche à arranger les choses. Amy je t'ai demandé de t'excuser auprès de ton frère. Tu es bien ingrate ma fille. Tout ça pour un homme. Ton frère qui a tout fait pour toi. Tu l'insulte comme si c'était un vulgaire chenapan. Je t'ai éduqué comme cela.

Amy éclata en sanglot, mais ne dit mot.

- pour le reste je ne veux plus de problèmes dans cette maison. Que les choses redeviennent comme avant.

Omar prit la parole pour également présenter ses excuses à son père et à sa mère pour le désordre qu'il a créé, mais il l'avait fait pour le bien de sa sœur, qui ne semble rien comprendre. Il obligea aussi Assy à présenter ses excuses et elle le fit, la voix tremblante sur le point de pleurer, entrainant des regards et des gestes méprisant de la part de sa belle-mère. Mais elle parla

- je demande pardon à tout le monde. Je ne voulais pas que ça se passe ainsi. Amy je sais que tu es fâchée contre moi, mais j'espère du fond du cœur que tu réussiras à dépasser tout cela. Tu es ma meilleure amie dans cette maison, ma cousine et la sœur que j'ai toujours rêvée d'avoir. ..

- ne m'adresse plus la parole ? dit cette dernière en se levant, énervée. Hypocrite. Imbécile, pute....

- AMY, cria son père. Mais qu'est ce qui t'arrive donc.

Il s'était levé et se dirigeait vers sa fille. Omar se leva et essaya de le retenir, lui disant que ça n'en valait pas la peine. Mais Badiène Oumy joua aussi sa partition et enleva son foulard de tête d'un geste dramatique et se jetant par terre pour crier

-Wouuuyyy...sama keur tass na...c'est un vrai bordel ici. Jamais rien de ce genre ne s'était passé. Omar tu va me tuer. Toi et ta femme vous voulez ma mort.

Elle se roulait à terre en criant fort et en se tenant la tête. Son mari était accouru pour l'aider à se calmer.

- Monte Assy, lui murmura Omar et elle s'exécuta sans se faire prier, les larmes aux yeux.

Plus tard, beaucoup plus tard, il la rejoignit dans la chambre, les traits tirés, le mine fatigué. Assy le regarda, désolé.

- bébé, dit-elle doucement en se levant pour aller lui faire face

Il se força à sourire

- tu sais que je t'aime. De tout mon cœur. Mais je sens que je te crée des problèmes. Je suis tellement désolé. Je comprendrais que tu me demandes de partir...

Il la regarda. Elle était tellement belle. Sans un mot, il lui caressa les lèvres, les joues, et prit son visage pour la regarder fixement

- tu veux partir ?

Elle secoua lentement la tête, les larmes aux yeux.

- Non, je ne veux pas. Je ne veux pas vivre sans toi. Mais c'est trop. Ta famille me déteste.

- tu m'aimes ?

- oui,

- tu me fais confiance ?

- oui...

-dans ce cas ne t'inquiète pas. Tout ira bien. Moi aussi je ne peux pas vivre sans toi. Je t'aime. Je t'aime.

Il déposa ses lèvres sur les siennes, dans un geste désespéré, recevant le gout salé des larmes d'Assy qui coulaient lentement. Voulant la rassurer. Même si au fond, tout cela commençait à lui peser. Il n'aimait pas voir sa mère dans cet état. Criant, pleurant. Il ne l'avait pas dit à Assy, mais elle avait fait une crise de nerf et son père a été obligé d'appeler leur voisin médecin pour qu'il lui injecte un calmant. Il l'avait laissé en train de dormir. Et ça l'avait atteint. Ensuite il a eut une longue discussion avec son père et lui avait affirmé qu'il était hors de question qu'il se sépare de sa femme, comme il semblait le lui suggérer. Finalement, ce dernier lui avait proposé de partir quelques temps. Que sa mère se ressaisisse et peut être qu'avec le temps, tout rentrerait dans l'ordre. Il avait droit à un logement de fonction pour son nouveau boulot, mais ne l'avait jamais pris. Dès le lendemain, il comptait faire les démarches pour l'équiper et le rejoindre. En attendant.

Assy regarda sa mère un moment, avant de baisser la tête, honteuse. Elle s'était rendue à St-louis presqu'en urgence. Sa belle-mère avait appelé sa mère pour lui expliquer le problème. Et celle-ci était tombée malade. Assy mise au courant, avait rappliqué dare-dare et avait trouvée sa mère couchée. Elle venait de lui expliquer toute l'histoire, la venue d'Elhadj, les problèmes, ses mensonges. Elle avait fini de parler depuis quelques minutes et sa mère gardait toujours le silence, l'air grave.

- maman, parle-moi. S'il te plait. Parle-moi. Je te jure que ça s'est passé comme cela. Elhadj a menti tout simplement parce que je lui ai dit que jamais je ne quitterais mon mari.

- il ne s'est jamais rien passé entre vous ? demanda t-elle doucement.

- Non, maman, je te jure. Sur ce que j'ai de plus cher au monde. Jamais, jamais il ne s'est passé quoi que ça soit entre lui et moi. Bilaye Walay. Il a menti. Mais le Bon Dieu nous départagera. Il a brisé ma vie en racontant ses mensonges. Dans ma belle famille.

Mère Saly garda encore le silence. Et chaque seconde qui passait plongeait Assy dans un désespoir sans fin. Elle voulait qu'elle lui parle, qu'elle lui dise ce qu'elle pensait, qu'elle lui passe un savon. Oui, elle préférait tout à ce silence...trop bavard.

Elle se leva finalement, la laissant perdue dans ses pensées pour aller rejoindre son frère qui lui avait vraiment manqué. Il avait tellement grandi et avait presque la même taille qu'elle. En plus il s'était assagi et ils discutèrent un peu. Le soir, alors que tout le monde était couché, sa mère l'appela et elles s'assirent sur la petite véranda devant sa chambre.

Mère Saly était mal. Très mal. Oumy ne s'était pas limité à lui raconter le problème avec Elhadj, mais elle lui avait aussi jeté à la figure que sa fille n'était pas vierge. Et que c'était son fils qui le lui avait dit, mais qu'il tenait à la couvrir. Quand elle avait entendu cela, elle était restée sans voix et cette dernière en avait profité pour lui dire tout son regret que son fils aie épousé Assy qui au bout du compte n'était qu'une petite dévergondée. Elle avait encaissé, au début, trop choquée pour répondre. Mais après s'être ressaisi, elle l'avait à nouveau appelé pour lui rappeler son passé. Eh oui. Avait-elle oublié qu'Omar était né hors mariage. Qu'Amadou l'avait épousé le jour du baptême de son ainé. Ça peu de gens le savent. Très peu. Mais elle ne pouvait l'avoir oublié. Saly n'était pas encore marié à son frère, mais ce dernier le lui a soufflé un jour, alors que cette dernière lui faisait des misères.

- Oumy, j'ai entendu tout ce que tu as dit. Mais je te rappelle que c'est ton fils qui m'a appelé de bonne heure pour me dire qu'il avait trouvé Assy comme il se devait. Je ne l'ai pas forcé à le faire. Donc ce que tu dis n'engage que toi

Oumy s'était énervé

- il la couvrait. Vous l'avez marabouté. Mais il m'a dit que ce n'était pas le cas. Qu'elle était pire qu'un boulevard.

- ça c'est toi qui le dis. J'attends que son mari vienne me le confirmer. Que je sache tu n'étais pas dans la chambre avec eux.

- ta fille t'as t'elle remit le pagne. C'est comme cela qu'on sait si une jeune fille est vierge. Criat-elle

- Oumy Diop...Oumy Diop. L'oubli peut-il être aussi rapide ? si ce que tu dis est vrai, Assy est-elle la première à qui ca arrive ? Ici tout se sait.

Elle garda le silence un moment. Elle entendait Oumy souffler à l'autre bout du fil. Lourdement.

- je ne comprends pas ce que tu dis...finit-elle par dire

- dans ce cas on n'en parle plus. N'est ce pas ??

- Saly, Assy est ma fille. Mais je ne veux que le meilleur pour mon fils. Assy est venu semer la zizanie dans ma famille. Omar a frappé sa sœur, mon mari ne parle plus à Amy. Tout ça à cause d'elle. J'aurais préféré que tu viennes reprendre ta fille.

- son mari n'a qu'à me la ramener, ou lui faire savoir qu'il la libère. Je peux tenir ma fille. Personne ne vous a forcé à l'épouser. C'est ton fils qui est venu me dire son désir de la prendre comme femme. Il n'a qu'a revenir me dire qu'il ne veut plus d'elle.

            
            

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