Alors là je crus avoir reçu un coup derrière la tête. Ouzin ne pouvait pas me raconter cela. Pas lui.
-Ouzin, donc tu...tu es sérieux. Dis je en le fixant droit dans les yeux.
-Plus que tu ne le crois. Je suis plus sérieux que d'habitude. Excuse-moi, mais je ne pouvais plus retenir ce que je ressentais. J'ai accumulé des conquêtes pour t'oublier, oublier cet amour mais c'était peine perdue. En...
-Tais toi criai je. N'en rajoute pas, tu ferai mieux de ravaler tout ce que tu as dit. Tu n'as pas le droit de m'aimer, non pas toi. Toi et moi, c'est impossible, s'il te plaît ne m'aime pas, sors avec d'autres filles et oublie que tu as une fois pensé m'aimer, je t'en supplie. Dis je en pleurant .
-Pourquoi tu te mets dans cet etat pour une declaration d'amour.
Sans repondre je courus vite hors de la chambre pour m'enfermer dans la mienne.
Un autre probleme en vue. J'aurai prefere ne pas savoir ce que cet homme ressentais pour moi parce que cela me creerait des problemes. J'aurai pu tolerer tout type d'homme, tous les hommes de la terre, noirs , blancs, jaunes mais pas Ouzin, pas celui que je considerais comme mon frere. Ou tout simplement pas le fils de celle qui nourrit une haine incommensurable a mon egard, pas le fils de Tante Dibor.
J'etais vraiment maudite.
Durant des jours, j'evitais de rencontrer Ousmane, quand il passait par là où je devais passer je prenais un autre chemin. Je ne répondait pas aussi à ses salutations. Il décida de m'en parler et une nuit, il fit irruption dans ma chambre sans pour autant avoir frappé à la porte. Sans mot dire, il prit une chaise, s'assit les mains sur les cuisses, l'air énervé et sérieux.
-Qu'elles sont ces manières Ousmane Mbaye ?Et si tu m'avais trouvé dans une manière indécente?Hum?
-Nue ?Cela ne m'aurait aucunement gêné puisque tu seras ma femme.
-Jamais. Tu rêves debout ou Quoi ?
-Oui je rêve, je rêve de notre union.
-C'est impossible puisque je ne t'aime pas en plus nous sommes cousins.
-Double mensonge. On n'a aucun lien de parenté pouvant empêcher notre union.
-L'amour doit être réciproque. Deux personnes forment l'amour pas une seule.
-C'est toi qui ne veut pas admettre que tu m'aimes.
Je baissais les yeux, il était vrai que je l'aimais du moins, je ressentais quelque chose de particulier et c'était la première fois que ça m'arrivait avec un homme.
-Ne reste pas muette, dis quelque chose.
Je restais toujours pensive. Je l'aimais mais je devais me garder de lui dire pour ne pas contrarier sa mère.
Brusquement, il se leva de la chaise et s'assit sur mon lit me secouant le bras.
-Lâche moi, tu me fais mal lui signifiais je.
-C'est toi qui me fait mal en me faisant souffrir comme cela. Tu ne comprends pas que je t'aime?
-Et toi que je ne t'aime pas, criais je presque .
Il lâcha mon bras ,se leva et faisait les cent pas.
-En plus, tu mens en regardant la personne dans les yeux.
-Tu ne peux pas me forcer à t'aimer n'est ce pas ?
-Bien sûr que je ne peux pas mais je suis que tu es amoureuse de moi. Je le lis dans tes yeux mais tu as peur.
-Ah, maintenant tu es devin. Ce que tu dis est complètement absurde.
-La seule partie où il est facile de voir la vérité c'est les yeux.
-Tu es incroyable et sourd. Je... ne... t'aimes... pas. Comprends le une bonne fois. C'est vrai que tu as beaucoup fait pour moi durant toutes ces années et je t'en serai reconnaissant toute ma vie.
-Je n'ai pas besoin que tu me remercies.
-Je commence à croire que tout ce que tu as fait, c'était dans l'intérêt de me séduire.
-Non mais Wouly comment peux tu penser cela de moi. Tu me connais mal.
-Si ce n'est pas cela, pourquoi veux tu que je sorte avec toi ?
-Tout simplement parce que je t'aime. Je ne m'en étais pas rendu compte . Tu sais mon amour pour toi est inconditionnel, je peux te le jurer sur ce que j'ai de plus cher dans ma vie. Dit il l'air sincère.
-Il y a tant de filles qui rêvent que tu t'intéresse à elles. Pourquoi moi ?dis je en me levant à mon tour.
-Ce choix est fortuit. Ces filles dont tu parles ne sont intéressées que par mon argent.
-Et moi ?
-Je ne te comprends pas. Tu veux tout tenter pour ne pas accepter l'évidence.
-Mais...
-Chut dit-il en mettant son index sur ma bouche. Ouzin me regardais dans les yeux. Ses yeux étaient magnifiques, c'est qu'il était tellement beau. Il se rapprocha encore plus de moi, nos fronts et nez se touchaient. Je fermais les yeux. Sans crier gare, il déposa doucement ses mains sur ma taille, attira mes lèvres aux miennes et m'embrassa. Quelques instants plus tard, je me détachais de son étreinte et je ne sus ce qui me prit en lui donnant une bonne gifle qui le fit tourner. Il ne parut pas surpris et me regardant en caressant sa joue.
-Quel sauvage!Mais je t'adore comme ça. Dit il avec un sourire.
-Je ne suis pas ta pute, tu entends. M'enervais je.
-Et qui te dit que je te considère comme telle.
-Sors de ma chambre, sors d'ici si tu ne veux pas que je fasse un grand scandale qui réveilleras tout le monde.
-C'est bon j'y vais.
Il alla jusqu'à la porte, s'arrêta un instant et revint vers moi. En me surprenant, il m'embrassa de nouveau et je me surpris à répondre à son baiser. À la fin, il me murmura à l'oreille.
-J'ai eu ma réponse quant à ton amour pour moi. Je te laisse tout le temps dont tu as besoin pour me donner ta réponse.
-Je te hais .
-C'est faux, tu m'aimes disait -il en fermant la porte avec le sourire aux lèvres.
Le lendemain, je me levai très tôt, accomplit mes habitudes du matin, sortit de la maison et alla prendre un bus pour aller à l'université. Je ne voulais pas attendre Ouzin pour qu'il me dépose car je me sentais mal à l'aise vis à vis de ce qui s'etait passé la veille. Cet homme ne manquait pas d'air, il n'aurait pas dû se comporter ainsi avec moi. J'arrivais tôt là bas,ainsi je serai devant le professeur. À l'université,c'était la course aux places, malgré les grandes dimensions de l'amphithéâtre, il ne pouvait contenir tout ce nombre d'étudiants, certains s'asseyaient sur les escaliers, d'autres sur les fenêtres, les cahiers sur les cuisses. Tout cela pour ne pas rater un coup cours. C'était vraiment une grosse pléthore d'étudiants qu'il y avait.
À 17 heures, alors que j'étais devant la porte de l'université avec mes amis entrain de discuter, J'entendis un klaxon, nous nous retournions tous et je reconnus la voiture d'Ouzin mais je fis comme s'il ne s'adressait pas à moi. Les autres se demandaient à qui il parlait mais je leur demandait de continuer notre discussion.
Déterminé qu'il était, il sortit de la voiture, marcha jusque chez nous. Au fur et à mesure qu'il avançait, mon coeur battait de plus en plus vite et les filles commentaient.
-Qu'il est beau souligna Diarra
-Quelle classe !J'aimerai tellement être à la place de celle qu'il est venue chercher dit Katia.
-Moi ce que j'aime c'est son habillement, on dirait un parisien et toi Oulimata, tu es tombé sous son charme n'est ce pas ?me demanda Famata.
Alors que je voulus répondre ,il était juste devant nous. Il fit la bise à toutes les filles et serra la main de Baba. Elles faillirent tomber à la renverse, envoûtées par son parfum .
-Comment vas tu Wouly ?
-Euh... ça... ça va.
-Tu le connais Wouly ?me dit Katia .
-Oui... heu... non... je veux dire oui,c'est mon... mon cousin c'est ça.
-Pourquoi leur caches tu que nous sortons ensemble et que nous nous marierons bientôt?Ce sont tes meilleurs amis non ?
-Ah bon ? Quelle cachotiere, tu nous as toujours dit que tu n'avais personne dans ta vie. Dit Diarra.
-Ce n'est pas cela. Dis je honteuse. -C'est qu'elle est très timide. Elle n'aime pas qu'on sache qu'elle est fiancée. Bon chérie, je suis venu te chercher pour notre rendez-vous.
-Quel rendez-vous ?
-Tu ne te rappelle pas de notre rendez-vous avec mon père. Elle oublie vite ma future femme. Lève toi avant qu'on ne soit en retard.
-Qu'est ce que tu attends Oulimata, vas y. Me dit Famata.
Je me levais hésitante. J'avais envie de le tuer mais pas devant eux. Ouzin me prit par la main et on s'éloignait. Arrivés devant la voiture, il m'ouvrit la porte et monte à son tour à sa place. Il conduisait en chantonnant pendant que moi mes larmes menaçaient de couler. Il mentait comme il respirait et comme si de rien était se moquait de moi en chantant.
Arrivés à la plage, il sortit du véhicule, se tourna vers moi et me tendit l'a main pour que je fasse la même chose mais je fis comme si je n'entendais rien.
-Wouly, tu m'écoute là.?
-...je restais sans rien dire.
-Ah je vois, tu es fâchée pour ce que j'ai dit.
Il se moquait vraiment trop de moi. Il le disait comme ça très calmement.
-Il fallait que je le fasse pour te sortir de là. Maintenant sors j'ai à te parler.
-Je ne veux pas. Me limitais je.
Si tu ne veux pas sortir dans ce cas, ce sera moi qui vais te faire sortir de la voiture.
Aussitôt dit, Aussitôt fait, il me porta comme un enfant marchant avec moi tandis que je me debrouillais pour descendre.
-Fais moi descendre Ousmane Mbaye, je n'aime pas ça.
Il fit fi de mes débattements et au niveau du bord de mer, il me déposa enfin.
-Je te jure que je vais porter plainte contre toi pour diffamation, enlèvement et séquestration. Quand tu la déposeras demande moi de t'accompagner, je le ferai avec grand plaisir.
Il s'en suivit d'un grand rire qui eut le don de m'énerver.
-Tu es ignoble, un dangereux criminel. Criai je.
Mon cri fut absorbé par la mer.
-Continue, un imbécile mais un amoureux. Dit il en me regardant dans les yeux.
-Tais toi, arrête de me parler d'amour. Tu es un menteur de grand chemin. C'est comme ça que tu démontres ton amour ,en blessant la personne dite aimée, en l'humiliant devant ses amis et la faisant passer pour une menteuse. Si c'est une manière de me conquérir, tu as échoué .
-Tu m'y as obligé en ne répondant pas à mes klaxons, je suis juste rentrer dans ton jeu. En plus ce matin, tu n'as même pas attendu que je te dépose.
-Tu me prends pour une écervelée ou bien ?C'est normal que je t'évite après ce qui s'est passé hier.
-Arrête Wouly !Tu as toujours raison et les autres ont toujours tort pour toi. Accepte l'évidence. J'ai embrassé des milliers de femmes et ta réaction était différente de celle des autres. Tu ne peux pas nier que tu as aimé, n'est-ce pas ?