Maux mêlés
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Chapitre 3 Chapitre 02

Dans l'autobus, je me rememorais les bons souvenirs de Patar et je pleurais en pensant à mes amis d'enfance, à mes maîtres d'écoles...

Notre bus arriva à Dakar vers 20 heures. Ma "tante "Dibor et son mari Djibril Mbaye m'accueillirent. Nous empruntames la route menant vers Fass par la voiture de tonton Djibril . Arrivés à la maison de ma tante me présenta ma chambre . Ils n'étaient que 2 dans cette si grande maison, leur fils ayant été envoyé en France pour continuer ses études de comptabilité .Ma chambre était assez grande avec un grand lit et une armoire où j'avais déjà rangé mes habits. Ma tante m'avait dit qu'elle me trouverais un travail mais en attendant, je devais m'occuper des travaux menagers de sa maison. De même ,elle d'occuperait d'envoyer de l'argent à mon père comme il le voulait . Étant donné la grandeur de la maison et que j'étais seule, mon travail ne se terminait que vers 18 heures. Ma tante Dibor m'acheta de nouveaux habits, ceux là que je voyais souvent dans les magazines avec ma demi-soeur Codou, elle les recevait de sa cousine dakaroise. Nous revions en feuilletant ces pages sans la moindre lassitude tellement nous étions submergés.

J'appris au fur et à mesure à prendre soin de ces habits

Quelques mois après, bien que je fus très réservée dans mes déplacements qui ne se limitaient qu'à la boutique et au marché, j'eus la chance de rencontrer une femme plus âgée que moi,togolaise mariée, de teint un peu clair, forte, les fesses rondes, le visage naïf. Elle se nommait Rebecca, nous nous rencontrions souvent sur le chemin du marché, à la boutique où nous restions des heures à parler bien sûr en français et elle me relata son histoire. En effet, à l'âge de 16 ans, elle a rencontré un sénégalais du nom de Bakar Seye, âgé de 28 ans à l'époque qui a émigré au Togo pour tenter d'obtenir un travail comme cela devenait dur au Sénégal. Ils vécurent un amour grandiose et durable. Vint le jour de présenter Bakar à son père vue que celui-ci avait déjà fait sa demande en mariage. Rebecca le convia à sa belle demeure de Lomé. Ils dinerent dans la gaieté jusqu'à ce que Bakar leur apprit qu'il était descendant d'une famille pauvre de la banlieue. Ayant ressenti une humiliation dans sa réponse et cherchant un mari de famille aisée capable de subvenir aux besoins de son unique fille, il demanda amèrement au jeune homme de sortir de sa maison et de mettre une croix sur sa fille. Rebecca se sentit aussi mal que son copain qui comme un veritable sénégalais vit son orgueil et sa fierté réduits à néant . Rebecca fut interdite de sorties à part ses cours jusqu'à nouvel ordre. Elle décida de s'enfuir avec son soupirant vers notre pays. Entraînés par leur fort amour, ils effectuèrent le voyage sans plus entendre parler de la famille de Rebecca. Depuis lors, elle vit à Fass avec son mari et sa fille Aquarium. Malgré les difficultés au début ,Ils réussirent à préserver leur union bénie par la famille de Bakar

-C'est ça l'amour pensais je

Entre Rebecca et moi naquit une si grande amitié que je ne pensais pas me séparer d'elle que je ne pensais me séparer d'elle. Cependant ma tante Dibor ne voyait pas d'un bon oeil cette amitié. Dès qu'elle nous voyaient ensemble, Elle faisait tout pour me faire rentrer dans la maison. Jamais je n'osais demander pourquoi son comportement avec elle alors qu'elle ne la dépasse pas sans lui dire bonjour. Un jour qu'elle était venue me demander si j'allais au marché, ma tante la chassa comme une malpropre. Rebe comme j'aimais l'appeler était si surprise qu'elle ne pipa mot, elle retourna, la tête baissé et les yeux rouges de colère. Je trouvais ça injuste et cruel de la part de tante Dibor

C'est ainsi qu'au fil des temps, je découvrais la face cachée de ma tante. Tous ces sourires qu'elle s'efforçait de faire n'était que de la farce, son jeu ne dura que quelques mois

C'est ainsi que je compris pourquoi lors de mon départ, Coumba la 2ème femme de mon père me tira de la foule accompagnatrice pour me demander de faire attention à cette femme car... Elle ne put achever sa phrase car on me fit appeler pour faire quelques incantations et m'enduire de"safara"

Je ne reconnaissais plus cette femme qui m'avait accueilli comme sa propre fille .À mon arrivée, elle n'était pas aussi méfiante et insensible à mon égard. Elle était douce et me traitait bien. Progressivement, elle montrait son visage en plus de ne toujours pas respecter sa promesse de me trouver du travail. Il paraissait évident qu'elle m'avait fait quitté le village pour son propre compte. Elle m'avait interdit de m'asseoir sur les fauteuils du salon qu'il fasse chaud ou froid et je ne devais pas manger ni avec elle ni avec tonton Djibril encore moins s'il y a des invités. J'avais seulement mon petit bol avec quelque viande ou poisson

Un jour alors que je faisais la vaisselle,elle me surpris en me traînant jusqu'à sa chambre pour me jeter au sol. Elle me lança un regard de feu et son cri laissait un écho bien sonore dans la pièce.

-Où sont mes bijoux?

Je restais silencieuse ne sachant pas de quoi elle parlait mais elle se jeta sur moi comme une chatte sur sa proie et je ne pouvais pas supporter son poids

-Je dois aller au mariage de la fille de la voisine, dis moi vite où tu les a mis pour que je les récupère

-Tante, je n'ai pris aucune de tes affaires, je le jure, sanglotais-je

-Arrête de faire ta comédienne oui. Petite voleuse, villageoise, tu ne sais même pas celle que tu as volé. Je vais t'amener chez mon marabout, il va te transformer en guenon si tu ne me dis pas où sont mes bijoux en or.

-Mais je...je...je ne sais pas ,disais -je entrecoupée par des sanglots.

-Sèche moi ces larmes, j'ai d'autres choses à faire.

Je restais front baissé et les yeux humides de larmes. Tout d'un coup, elle recommença à me battre comme un esclave. Je suppliais,implorais,pleurais,me refais mais elle n'en faisait pas cas.N'eut été l'intervention miraculeuse de tonton Djibril qui ressit à la tirer, j'aurais été morte.

-Mais que fais-tu ?cria mon oncle

-Je punis une voleuse alors lâche moi. Se débattait -elle.

-Jamais, elle n'est qu'une enfant et qu'est-ce qui te prouve qu'elle les a volés.

-On est seuls dans cette maison, cela ne peut être qu'elle.

-Wouly lève toi et va dans ta chambre.

Je me suis exécutée et me suis enfermée dans ma chambre. Harrassee par les coups, je me suis allongée sur le lit en parlant toute seule et en pleurant.

-Au mon Dieu, qu'ai je fait pour mériter tout ce qui m'arrive.Maman,pourquoi m'as tu laissée, pourquoi es tu partie. Je suis si seule dans cette vie au milieu de toutes ces personnes viles . Oh Seigneur des gens comme ma mère doivent être immortels comme les dieux grecs. Je suis certaine que je ne serai en paix qu'au jour de ma mort. Je décidais de sécher mes larmes, de me doucher et d'aller me coucher .

Une longue et dure année passa, je subissais de jour en jour des supplices mais je pris l'habitude. Pour changer d'humeur après avoir passé de sales quarts d'heure avec ma tante Dibor, je lisais les quelques lettres sûrement écrites par mon instituteur M. Lo, qui demandait des nouvelles et me donnait ceux du village. Je fus fière en apprenant que mes frères avaient réussi haut la main au niveau de leurs études. Je leur rendais les mêmes nouvelles même si elles étaient complètement fausses puisque dans cette maison de fous, il n'existait pas la paix.

Un jour, alors que je balayais la devanture de la maison, j'entendis des voix de l'autre côté de l'immeuble où nous residions. La tante Daba et sa fille Kine discutaient et ne cessaient de dire du mal de ma tante.

- Tu ne me crois pas ? Cette Dibor là, commença tante Daba, c'est une femme qui ne manque jamais d'idées salaces et cruelles. Tous les voies sont bonnes pour réussir son objectif. Même ayant eu une coepouse , la première femme de Djibril, elle a réussi à faire en sorte que son mari la répudie n'ayant pas lésiné sur les moyens mystiques. Son mari le suit comme un chien et obéit à tous ses désirs.

-Son visage trahit de ses intentions et son caractère obsessionnel pour l'argent et le confort.

-Ce n'est pas ce qui me dérange. En tant que descendante des guélewars, elle s'est retournée contre sa famille pour épouser ce griot, cet homme de classe inférieure. La preuve, elle n'est plus retournée dans son village natal pour avoir installé le déshonneur là bas.

-Elle est réellement prête à tout pour l'argent, dis moi. En plus elle est tellement estimée dans le quartier, à distribuer des billets de banque lors des cérémonies .

Je m'eclipsais lentement, inquiète, surprise de ce que j'entendis. Je n'en crus pas mes oreilles. Avaient-elles inventé cela par pure jalousie. Ces paroles habitèrent mon sommeil de cette nuit-là.

Je regrettais d'être venue à Dakar particulièrement chez ma diablesse de tante. Mon village calme, tranquille et paisible me manquait beaucoup. En plus d'avoir réussi à me séparer de ma meilleure amie, elle m'a fait subir toutes sortes de malheur. Je me demandais à quel Saint me vouer dans cette ville où je ne connaissais personne.

Cette même nuit, j'avais entendu des voix mais je ne pus me lever parce que j'avais pris beaucoup de temps à trouver le sommeil. Pour ne pas me faire réprimander, je me efforçais de me réveiller tôt, ensuite je commençais à effectuer les corvées de la maison. Pendant que je commençais à sortir les légumes du frigo pour le déjeuner du jour, J'entendis la voix forte de ma tante criant mon nom.

-Oulimata, Wouly ?

-Oui accourus je.

-Viens ici.

Je courus rapidement et arrivée je m'agenouillai devant elle.

-Je suis là ma tante.

-Mon fils Ousmane, est rentré hier soir de la Gaule (France ) . Étant donné qu'il est un féru du plat sénégalais, le riz au poisson, J'aimerai que tu lui concoctes cela pour aujourd'hui. Rien ne manque ici, fais mieux que tous les plats que tu as déjà préparé. Cela vaudrait mieux pour toi. Retourne maintenant dans la cuisine.

Je m'executais au plus vite. Une fois dans la cuisine, une seule question me trottait dans la tête : À quoi ressemblait ce fameux Ousmane ? En fait, je m'inquiétais, était-il fou comme cette paire de vieux qui formaient ma famille .

Après plus de deux heures de cuisson le repas "spécial " fut prêt. Alors que j'eteignais le gaz, je crus voir quelqu'un d'assez grand de taille se diriger vers le lavabo de la cour. Était -ce Ousmane ?

Je sortis la plus belle vaisselle de ma tante , y mit beaucoup de riz, le "thiof" (mérou ), le manioc, l'igname, deux carottes, deux choux, du tamarin, deux citrons découpés mis de chaque côté. J'etalais la natte à manger, deposais les bancs de bois et le plat de riz avant d'appeler ma tante et mon oncle Djibril. Je m'installais dans la cuisine pour manger à mon tour mon repas sans poisson ni légumes. Tout à coup, J'entendis une voix d'homme différente de celle de Tonton Djibril.

-Yaye, où est ma cousine ? Elle ne mange pas ?

-Wouly ? Elle mange dans la cuisine.

-Dans la cuisine ? Pourquoi ? Il y a assez de place pour qu'elle puisse manger ici non ?

-Si mais...

-Mais rien du tout, maman. Ce n'est pas bien d'isoler les gens.

En l'espace de quelques secondes, je le vis devant moi, les deux mains m'arrachant mon cher bol de riz. Il me prit par la main et je me levais du banc pour le suivre jusqu'au salon où il me tendit une cuillère et m'ordonna presque de manger. J'étais partagée entre deux peurs. La première était de manger parce que je savais que je signais mon arrêt cardiaque pour étouffement pendant le sommeil dont l'auteur n'aurait été que mon adorable et distinguée tante, la deuxième peur était de ne pas manger, dans ce cas, je savais aussi que je mourrais par eventrement et l'auteur n'aurait été que cet inconnu qui me prenait pour sa cousine.

Je pris alors quelques bouchées avant de déposer discrètement la cuillère sur la natte et de me lever prétextant un manque d'appétit. Je sortis compléter mon travail. De là où je faisais la vaisselle, j'entendais le fils de la famille reprocher très sérieusement à sa mère son attitude à mon égard.

-Bon sang, maman, elle n'est pas une chienne pour que tu la méprises ainsi. Tu crois que je n'ai pas remarqué comment tu la regardais quand elle mangeait.

-Tu te trompes Ousmane. Wouly est très timide et ne supporte pas le regards des personnes et surtout des inconnus. C'est elle qui a préféré manger seule .

-Grande menteuse, pensais je. Désolée mon Dieu, mais cette femme n'est qu'une vipère.

-Peu importe, quelque soit sa timidité et sa réserve, tu dois l'aider à intégrer, tu dois la pousser à s'ouvrir aux autres. Même si elle n'est la fille que de ton ex voisin du village qui a placé toute sa confiance en toi, tu ne dois pas l'exploiter et l'utiliser comme bon te semble. Papa, qu'as-tu fait pour l'empêcher de se comporter ainsi avec elle.

-Ta mère t'a dit la vérité. Elle ne maltraite pas Wouly au contraire, elle s'occupe d'elle comme sa propre fille.

-Et l'oncle chien qui en rajoute. Décidément, moi qui croyais que les maris qui étaient timorés devant leurs femmes n'existaient pas, je suis servie. Ce père de famille sans vergogne m'énerve plus que ma tante. Me disais je.

-Je n'ai pas 9 ans père Djibril. Cela se voit à des kilomètres que ma mère prend cette fille pour sa bonne, pis même son esclave.

-Écoute moi bien Ousmane Mbaye, reste à ta place de fils, épargne moi tes leçons de morale. Tu me dois du respect, je suis ta mère.

-Tu es en quelque sorte sa mère aussi.

-Non, je ne suis pas sa mère cria-t-elle.

-Si, bien sûr que tu es sa mère, elle n'a que toi comme famille à Dakar. Et tout l'argent que je t'envoyais chaque mois pour te payer une ménagère ? Dis moi à quoi il servait de m'en demander.

-J'envoyais la moitié à sa famille, au village. Dit elle arrogamment.

-Seigneur, non non je ne peux pas y croire. Je regrette après moins de 24 heures d'être rentrée. Tu es injuste maman.

-Cela, c'est ton problème. Personne ne te retient. Tu es libre.

-Toi aussi, Dibor, ne dis pas ça. C'est ton fils.

-Alors, qu'il me respecte.

-Sache juste que sa vie va changer . Dit il en quittant le salon.

-Ousmane, Ousmane Mbaye, Ousmane yaw viens ici. Hurlait tante Dibor.

Après avoir fini tous les travaux et pris un bain. Je me couchais vêtue d'une robe longue. Ma journée était chargée de tourments, désolations. Je sentis la porte de ma chambre bouger. Je m'assis sur le lit le coeur battant, croyant que c'était ma tante.

-Désolé pour le dérangement.

C'était lui, Ousmane. Ousmane était venu me voir.

-Ce...ce n'est rien

Entre, je t'en prie.

Il prit sans gêne une chaise et s'assit devant moi . Là, je vis à quel point il était beau .

-Je ne me suis pas présenté. Mon nom est Ousmane Mbaye.

Je restais à le regarder comme si je voyais un extraterrestre. C'est qu'il était si grand, si beau avec son sourire, son accent de parisien qui se ressentait même quand il parlait wolof. Sa voix était si lourde, si...

-Et toi ? Dit il en me sortant de mes pensées .

-M... M...M... Moi c'est Wouly. Je veux dire Oulimata Fara Sarr.

-Depuis quand les filles portent des noms de garçons?

-Non, c'est mon père qui a tenu à avoir le son nom après tous les prénoms de ses enfants. Ainsi tous mes frères et soeurs s'appellent quelque chose plus Fara.

-Waaw, ton père est original. Je veux savoir, si je me mariais avec toi, je devrais inclure le Fara dans les noms de nos enfants.

-Non, parce que premièrement tu ne te marieras jamais avec moi et deuxièmement mon futur mari n'y sera pas obligé.

-Je croyais que ma cousine était timide ?

Je riais doucement . Non pas que c'était drôle mais pour plus me donner de l'assurance.

-Répondre à une question ne relève pas d'un manque de timidité selon moi ou je me trompe ? En plus, nous ne sommes pas des cousins.

-Je considère que les amis proches de mes parents sont mes oncles et donc leurs enfants mes cousins. Je n'ai jamais eu de cousins ni du côté de ma mère ni celui de mon père.

-Ah je vois. Dis je me rappelant les paroles de tante Daba.

-Si je suis venu te voir, c'est pour te présenter des excuses au nom de ma mère car je sais qu'elle ne le fera jamais.

-Non....

-Ne me dis surtout pas la même chose que mes parents. Je sais tout ce que je dois savoir. Je veux juste que tu me considères comme ton frère, ton cousin, ton ami comme tu voudras. N'hésite jamais à venir me voir si tu as un problème.

-D'accord mais à condition que tu me laisses t'aider, si tu as besoin de manger quelque chose en particulier , demande le moi sans hésiter.

Il a souri, je me suis senti ridicule. Son sourire, bon Dieu, même son sourire est parisien. Je ne savais même pas ce que je disais. Il croisa les jambes , les decroisa d'une lenteur démoniaque, qui tue à petits feux. Ouzin dégageait un charme inouïe. Il avait tellement l'habitude de draguer qu'à la longue, il ne faisait plus attention quand il le faisait. Il était conscient de sa beauté frappante et surtout de l'effet qu'il fait aux femmes. Il eut dû faire feux et flammes en France, en amassant une kyrielle de femmes.

-Tu n'auras plus besoin de cuisiner ou de faire le ménage. Puisque je suis ici, ta vie va changer. Tu es trop jeune pour passer ta vie à la maison, ta place est avec les autres écoliers de ton âge.

-Je ne comprends pas.

-Je dois y aller. Repose toi bien Wouly.

-Merci toi aussi.

Il sortit de ma chambre en me laissant avec d'énormes inquiétudes et des sous-entendus.

Deux jours plus tard, Ouzin était revenu très tôt le matin avec une jeune fille qui, disait il, cherchait du travail.

-Qui est cette fille? Lui demanda rageusement sa mère?

-Elle s'appelle Anta. C'est elle la nouvelle mènagere de la maison.

-T'ai je demandé de m'en trouver une? Je n'en ai pas besoin.

-La maison en a besoin.

-Wouly ne fait-elle pas correctement les travaux de la maison?

-Wouly n'est pas ici pour être une bonne.

-Elle n'est pas là aussi pour passer des vacances. Dit-elle en me fixant.

-Tu as parfaitement raison. C'est la raison pour laquelle, je lui ai trouvé une bonne école pour qu'elle continue ses études.

Ma tante ne s'y attendait vraiment pas. Elle demeura choquée par la réponse de son fils. Elle ouvrit sa bouche, voulant certainement riposter mais la referma aussitôt. Peut être qu'elle ne savait pas quoi dire ou qu'elle s'est rendue compte que rien de ce qu'elle aurait pu dire n'aurait changé la décision de son fils. Elle me jetait des regards qui traduisait son amertume à mon égard.

-Bon, dit Ouzin en se retournant vers moi, prépare toi pour demain, j'achèterai tous tes fournitures scolaires et chaque matin je me chargerai de te déposer.

Cela en était beaucoup pour ma tante Dibor. Voilà pourquoi elle alla s'enfermer dans sa chambre. Ouzin la regarda et secoua tristement la tête. Je mimais un "merci" et au lieu de répondre, il me sourit et me caressa la tête avant de sortir.

J'avais honte, Ouzin était tellement adorable avec moi. Il était un ange alors que sa mère... J'aurai tellement aimé qu'il ait eu une mère aussi bonne, qu'il eut connu ma mère.

Le lendemain, j'étais prête avant 7 heures du matin pendant qu'Ouzin portait ses habits. Je ne cessais de lui répéter qu'on allait être en retard mais il riait tout le temps en me disant que j'étais excitée de commencer mon premier cours. Quand il sortit,je ne me lassais pas de le regarder, il s'habillait si bien quand il partait travailler bien vrai que si j'explique en ce moment, on dira que c'est hors mode ou démodé. Sauf qu'en ce moment, c'était ce qui était en vogue.

Malgré mon âge un peu avancé, je trouvais, ma taille moyenne contredisais mes 16 berges.

Au mois de juillet, je réussis à mon Bepc (bfem) et on m'orienta en série G. Tout au long de mon cycle, je fus assistée par Ouzin qui, lui aussi avait fait cette série. D'ailleurs, même avec comme seule diplôme la licence, Ouzin avait réussi à trouver un bon boulot dans une prestigieuse entreprise de la place. Il gravissait les échelons jusqu'à atteindre le poste de vice-président du groupe. De mon côté, je reussis sans difficulté au baccalauréat et pus réaliser mon rêve d'étudier à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. Et comme cadeau, Ouzin m'offrit mon premier téléphone de marque "motorola" avec une carte sim "alizé". Je ne pourrai citer tous les cadeaux qu'il me couvrait tellement ils étaient nombreux et les uns plus chers que les autres. Je ne savais vraiment pas comment lui exprimer de façon explicite ma gratitude. Quand je le lui faisais savoir, il me disait juste que je ne devais pas le décevoir.

Au fil des temps, on devenait de plus en plus proches, je découvrais ses facettes mais ce qui m'avait le plus marqué, c'etait son instinct super protecteur. Un jour, il avait organisé un "yendu" avec ses amis à la maison. J'etais assise avec eux au salon mais ne participais pas à la discussion tant la jeune fille sur les genoux d'Ouzin m'énervait. L'un des amis d'Ouzin, le plus taquin d'entre eux me fit une remarque qui ne plu visiblement pas à Ouzin. Il avait dit que s'il était une taille basse, c'était moi qui le porterait.

Ouzin était rouge de colère, vert de rage, jaune d'amertume, bleu de mécontentement et mauve de surprise. Sans hésiter, il le renvoya et son ami ne comprit rien au pourquoi du comment. A moi, il m'a interdit de porter encore une taille basse, je n'ai même pas répondu. Il pouvait s'afficher avec cette...fille et moi je devais me plier à ses désirs.

Quelques jours après, on reparla de cet incident et on se promis d'oublier.

Dans la chambre d'Ouzin, nous discutions et il me donnait des conseils.

-Sais tu que le BAC est une clé qui ouvre toutes les portes. Dans mon entreprise beaucoup ne peuvent accéder à des postes importants parce que la réussite au Bac leur fait défaut. Il s'inscrivent à des cours de soirs afin de se présenter comme candidat à l'examen.

-Même les plus âgés?

-Qu'est ce que tu crois? Je te dis cela pour t'exhorter à plus redoubler d'effort pour arriver au sommet.

-Pour cela, ne t'inquiète pas puisque j'ai le meilleur des modèles.

-Je peux savoir c'est qui?

-Toi pardi!

-Merci cela me fait chaud au coeur. Dit il en faisant semblant d'essuyer une larme.

Je le regardais et n'y tenant plus je pouffais de rire. Quelques secondes plus tard, il me suivit dans mon fou rire. J'adorai son rire, il était simple et doux à la fois en plus il dévoilait toutes ses dents blanches et sa faucette sur le menton. Ouzin était un bel homme, sans mentir.

Après ce moment de fou rire, un silence s'installa, puis Ouzin interrompit cette pause.

-Je crois que je t'aime Wouly. En fait j'en suis sûr.

-C'est normal. Même moi je t'aime beaucoup.

-Je ne te parle pas de cet amour entre frère et soeur ou de cet amour entre cousin, je ne te parle pas non plus de cet amour de famille, cet amour filial, ce dont je te parle Wouly, c'est de l'amour charnel.

Il me prit les mains et continua. Je ne comprenais rien de ce qu'il me racontait.

-Je ne cesse de penser à toi. Je ne peux pas te sortir de mes pensées, au bureau, ici à la maison, en me réveillant et avant de me coucher ton visage apparaît tout le temps. Au début, je croyais que c'était parce que je te voyais trop souvent, mais même quand je suis parti pour une semaine à Saly, mes pensées avaient redoublées. Je suis amoureux de toi Wouly, vraiment.

            
            

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