Non mais je rêve le gars il me fait passer pour invisible pendant plus d'un mois et il s'attend à ce que je l'accueille les bras ouverts avec le sourire d'une hôtesse de l'air. Il est culotté quand même ce mec , incroyable
Moi : Quand j'en ai envie oui et puis lâche-moi tout de suite. Tu te prends pour qui ?
Mohamed : Pour quelqu'un qui t'aime. J'en ai marre de rester toujours là à te voir discuter et rire avec les autres sans m'accorder un seul petit regard. je suis venu t'attendre pour te parler aujourd'hui
OMG il a dit qu'il m'aime. Ai-je bien entendu ? En plus il est direct. Peut-être qu'il veut dire juste amicalement. oh oh mademoiselle redescends sur terre avant que ta chute ne soit terrible. Et puis ce mec n'est pas fait pour toi.
Mohamed : C'est à toi que je parle là. Tu as perdu ta langue ou quoi ?
Moi : Non je n'ai pas perdu ma langue. C'est juste que khamo sa boppe (tu es trop prétentieux). Tu es vraiment marrant. Tu ne m'as pas adressé la parole pendant un mois et tu oses me sortir que tu m'aimes tranquillement et à l'aise. Tu as cru que c'était la fête au village ou que je suis à ta disposition peut-être
Mohamed : Oh tu parles trop. Je t'ai dit Yasmine je t'aime point barre
Il mériterai une gifle celui-là. Il s'y croit trop là avec son point barre là. Il croit qu'il va me sortir un je t'aime et que je vais lui répondre moi aussi mon prince. Il a rêvé oui
Les filles : le bus est là
Moi :Vas voir ailleurs si j'y suis. Tchip
Je m'apprêtai à partir prendre mon bus mais c'était sans compter sur la persévérance de monsieur aujourd'hui
Mohamed : Tu me réponds ou tu ne monteras pas dans ce bus
Moi : Mais on va le rater. Arrête de faire le gamin
Mohamed : Je m'en fous que tu le rates ton fichu bus. En plus quand je te parle j'aimerai que tu me répondes en Wolof (langue sénégalaise). Vous aimez trop jouer aux toubabs (françaises) vous les filles
Mais pour qui se prend-t-il lui pour me donner des ordres ou me dire la langue que je dois parler ou pas. Même ma mère ne me parle pas de la sorte. Ce garçon a vraiment besoin que je le remette à sa place le plus vite possible. Il a de la chance que je sois pressée
Moi : Va te faire foutre
Je me dégageai de ses mais et m'engouffrai dans le bus au moment où les portes se refermaient, juste à temps. Ouf je me suis enfin débarrassée de lui
Anto : Qu'est-ce qu'il te voulait ce Mohamed ?
Moi : il est venu me dire qu'il m'aimait et il s'attendait à ce que je lui réponde sans tarder, de vrais goujats ces hommes
Anto : Ne sois pas si dure ma puce. Il est juste amoureux
Moi : Est-ce une raison pour se comporter aussi sauvagement ? Il m'a fait très mal au bras en plus
Anto : Avoue que tu as le béguin pour lui
Moi : Oui il me plaît mais il est trop brute comme mec. On ne demande pas à une fille de sortir avec nous de cette manière
Anto : Je crois qu'il est bien déterminé à l'obtenir sa réponse
Moi : Pourquoi tu dis ça?
Anto : Eh bien il t'attends au prochain arrêt de bus
Elle était assise près de la fenêtre donc elle pouvait voir dehors. Je jetai un coup d'œil dehors et le vit entrain de regarder dans notre direction. Il faut dire que depuis que je suis entrée dedans, le bus n'a même pas fait le tour de la place de l'indépendance du coup monsieur avait eu le temps de marcher et de rejoindre le prochain arrêt pour m'y attendre. Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de lui ?
PARTIE 3 : Dois-je lui dire oui ?
Moi : Punaise ma puce que vais je faire de lui ? Il est comme un pot de colle et moi je risque de craquer parce qu'il est tellement mignon
Mohamed est beau avec un teint marron, les yeux noirs, corpulence moyenne, ni grand ni petit genre Will Smith, non mais il est trop craquant ce mec. Il est monté dans le bus quand on arriva à son niveau
Anto : En tout cas il est là. Bon je vous laisse discuter, bonne chance ma chérie
Moi : Non ne me fait pas ça. Reste
Mohamed : Tu peux nous laisser Antoinette
Anto : Bien sûr, pas de soucis
Elle s'en alla s'asseoir avec les autres en me faisant un clin d'œil. Je me tourna vers la fenêtre pour ne pas lui parler
Mohamed : Je ne vais pas te manger. Tu peux me regarder
Moi : Que veux tu ?
Mohamed : Yasmine je t'aime depuis le premier jour que je t'ai vu et je n'arrive pas à t'oublier. Quoique je fasse tu restes dans ma tête
Moi : Oui tu me l'as dit tout à l'heure et ?
Mohamed : tu es toujours aussi désagréable ?
Moi : Non
Mohamed : Donc sois un peu plus aimable mademoiselle
Moi : Bon d'accord
Mohamed : J'aimerai avoir une réponse de ta part
Moi : Eh bien j'ai le droit de réfléchir ou pas?
Mohamed : OK pas de soucis mais maintenant pouvons-nous faire plus ample connaissance
Moi : Je t'écoute
Mohamed : Parle-moi de toi, de tes origines, de ce que tu aimes, de tout quoi
Moi : Eh bien j'ai 15 ans je suis en première G. Ma mère est franco cap verdienne et mon père est sénégalo marocain. Dans ma famille nous sommes cinq, trois filles et deux garçons une famille soudée On ne vit plus avec mon père depuis très très longtemps mais n'empêche on le voit toujours mais rarement. Ma mère s'est remariée il n'y a pas longtemps. Je suis du genre à profiter de ma famille et de mes bouquins bref voila en gros. Ah d'ailleurs je ...
Mohamed : Tu parles toujours autant et aussi vite car je n'ai pas vu à quel moment tu as respiré
J'avais dit tout ça avec un débit de paroles incroyable. Il se croit drôle lui comme si il pouvait voir les gens respirer
Moi : Ha ha je suis morte de rire
Mohamed : C'était de l'humour
Moi : Oui oui à ce que je vois. Le hic est que ce n'est pas drôle du tout
Mohamed : Tu pourrais rigoler de temps à autre. En plus je t'entends rarement parler le wolof
Mais qu'est-ce qu'il a lui avec sa manie de me faire parler wolof. Je ne vois pas qu'est-ce que ça peut lui faire si je parle wolof ou français. Il comprend ce que je dis non
Moi : Eh bien chez moi on parle que le français, désolée pour toi
Mohamed : Pour moi mais tu devrais plutôt être désolée pour toi ma chère car moi j'adore ma langue et mon pays
Mais quel prétentieux ce mec, il m'énerve. Et puis qui lui a dit que je n'aimais pas le Sénégal
Moi : Tu es grave comme mec hein. Qui t'a dit que je n'aimais pas mon pays. Ce n'est pas parce qu'on parle français qu'on est pas sénégalais ou qu'on ne l'aime. Je suis toucouleur (ethnie sénégalaise) malgré mon métissage. Je te signale que ma mère est deuxième femme donc on connait bien la culture et je suis née ici donc stop avec tes aprioris et tes préjugés de merde
Mohamed : Oh calme-toi tu es trop agressive. Une fille se doit être douce
Moi : Qu'est-ce que tu en sais ? Tu n'es pas une fille que je sache puis je fais ce que je veux
Mohamed : Tu es trop impolie Yasmine
Moi : Tu l'es plus que moi. Tu ne te sens pas je te jure. D'ailleurs la discussion est close
Il était mort de rire alors que moi j'étais verte de colère. Je ne voyais pas ce qu'il avait de drôle dans la situation
moi : Qui y a-t -il de drôle?
Mohamed : Toi
Moi : Moi quoi ?
Mohamed : Tu n'arrives même pas faire une phrase complète en wolof et tu oses te fâcher quand je te fais la réflexion. Tu sais il ne faut pas le prendre mal c'est juste une remarque
J'étais gênée car il avait raison au fond mais avec ma grande bouche je ne pouvais pas rester sans rien répondre
Moi : Oui et après, ce n'est pas de ma faute. Je vis avec ma mère depuis toujours, elle ne me parle que français, avec mes copines on ne parle que le français donc que veux-tu ? Je ne m'en plains pas. Bref
Mohamed : Oui comme tu dis bref
Moi : Arrête de dire du n'importe quoi et parle-moi de toi
Mohamed : Et bien contrairement à toi je suis cent pour cent sénégalais. Je vis avec mes deux parents, j'ai deux frère et deux sœurs. J'aime pas les études mais on m'y force. Avec ma famille c'est chacun pour soi, Dieu pour tout. Du moins je n'ai pas à faire avec eux. Voilà en gros
A ce que je vois il est tout le contraire de ce que je suis. Il devrait plus aimer sa famille. C'est ce qu'il y a de plus important dans la vie. Elle est indispensable pour l'épanouissement. La famille nous apporte tellement de chose comme l'amour, un soutien infaillible, la sécurité, le sens du partage. Elle sera là dans les bons et les mauvais moments. C'est la première chose que la vie nous offre et nous devons en prendre soin. Ça me rend malade de voir certaines familles se déchirer pour une chose sans importance telle que l'argent ou une autre. L'amour des siens est tellement plus important que toute richesse mais beaucoup de gens l'ont oublié et c'est vraiment dommage. Même si je vous accorde qu'il y a une plaie dans chaque famille et des personnes totalement mauvaises et irrécupérables, avant de quitter la votre pour les beaux yeux d'une femme ou d'un homme souvenez vous que c'est dans votre famille que vous avez appris à aimer pour la première fois et essayez de trouver une solution pour arranger les choses. La famille est la base de tous, ne l'oubliez jamais. Entre temps on arriva à l'arrêt où il devait descendre
Mohamed : Tu me files ton numéro
Les mot s'il te plaît et merci ne font vraiment pas partie de son vocabulaire apparemment mais bon je lui remis quand même
Mohamed : Je t'envoie un message
moi : OK à plus
Il descendit du bus en me faisant son plus grand sourire agrémenté d'un clin d'œil. Je peux vous dire que ça m'a mis le baume au cœur qui lui battait la chamade. J'étais aux anges. Mademoiselles les curieuses sont venues dès qu'il a posé un pied hors du bus
Elles : Vas y raconte. On veut tout savoir
Adji : Tu lui as dit oui ?
Awa : Alors vous avez rendez-vous ?
Joce : J'ai vu que tu lui as donné ton numéro
Anto : Doucement les filles à ce rythme elle risque de rien nous dire. Vous la connaissez non elle va se refermer comme une huître si vous continuez
Moi : Non je n'ai pas dit oui, non on n'a pas de rendez-vous et oui je lui ai donné mon numéro. C'est bon j'ai répondu à vos questions
Adji :Tu es sérieuse. Tu te fous vraiment de nous
Awa : Tu aurais pu nous expliquer plus dans les détails
Anto : C'est bon lâchez la. Elle vous a déjà répondu
Moi : Vous voulez que je vous dise quoi ? Il m'a dit de lui parler de moi ce que j'ai fait et lui aussi a fait pareil c'est tout. Pour mon grand malheur c'est mon total opposé
J'avais résumé l'histoire car la seule personne à qui je parlai de moi c'était Antoinette et ça elle l'avait compris d'où elle leur disait d'arrêter de me poser des questions
J'étais arrivée à mon arrêt de bus. Je leur fis la bise avant de descendre
Moi : A lundi les filles
Adji : Quel lundi demain on doit se faire un resto. Ne me dis pas que tu as oublié?
Moi : Euh je vous appelle après je dois descendre
Elles descendirent toutes avec moi. Vu qu'on était vendredi elles ne sont pas pressées de rentrer je crois
Adji : Tu es folle Yasmine
Awa : A cause de toi on est toutes descendu
Moi : C'est vous qui êtes folles je vous jure
Adji : Mais tu avais dit que tu venais avec nous. Non mais sérieux arrête de déconner
Moi : C'est juste pour cela que vous êtes descendues
Awa : Bien sûr tu sais bien que les sorties sans toi n'ont pas de sens parque que tu sais remettre les gens à leur place. En plus on délire plus quand il y a toute la clique
Il faut dire que même en classe on s'assied toute dans la même rangée côte à côte. Les profs nous aimaient bien car on travaillait bien mais on nous appelait les diablesses. J'avais en plus géweul comme surnom tellement je parlai beaucoup
Moi : Mais on aurait pu parler de ça au téléphone ou que j'en parle à Antoinette et qu'elle transmette le message
Joce : Yasmine quand tu dis on verra on sait toutes que c'est non et la on aimerait bien se faire quelque chose avant les fêtes de noël
Anto : Elle a raison quand même j'aurai pu vous tenir au courant
Joce : Toi ? Yasmine arrive toujours à te convaincre du contraire
Anto et moi n'aimions pas trop sortir. On était plutôt du genre à se voir chez nous, aller faire du shopping de temps à autre, de bouquiner ou d'étudier et pour elle passer du temps avec son copain son beau et tendre Michel comme elle l'appelait
Joce : On t'écoute
moi : OK OK je viens. Je passerai prendre Anto a 19h donc voyez avec elle où on se retrouve car votre bus est là les filles
Au même moment ma mère m'appela sûrement pour savoir pourquoi je tardai à rentrer
Sabrina : bébé tu es où?
Moi : j'arrive maman je suis en route je discutais avec les filles mais je suis en route
Sabrina : OK à tout de suite chérie
Moi : Bisous maman je t'aime
Je mis mes écouteurs et marchai en direction de la maison. Mon esprit voguait vers Mohamed tout d'un coup. Arrivée chez moi comme d'habitude je fis la bise à tout le monde et j'allai directement dans la chambre de ma mère
Moi : Maman je peux te parler
Sabrina : Oui je t'écoute ma fille qui y a-t -il?
J'allai répondre quand mon portable vibra
Mohamed : hello beauté tu es bien arrivée? C'est mon numéro
Moi : Oui je suis bien arrivée. Ok je l'enregistre après
Mohamed : tu sais que tu es belle
Moi : merci soudé ay nakh sakh grawul ( Si c'est même pour du faux je prend)
Qui n'a pas dit ça étant ado, que des barres. L'adolescence est le meilleur moment de la vie
Mohamed : Je dis pas les choses pour faire genre
Un coup sur la tête de ma mère me ramena à l'ordre et sur terre en même temps
Moi : Aïe
Sabrina : tu te fous de qui ? Tu viens me déranger pour ensuite te mettre à parler au téléphone. Je vais le confisquer tu va voir
Moi : Non maman chérie, ne fais pas ça
Sabrina : Tu voulais me parler de quoi?
Moi : De rien
Sabrina : Tu es impolie ma fille
Moi : hum maman
Sabrina : C'est vrai tu es très impolie mais bon c'est comme ça que je t'aime ma fille
Moi : Je t'aime aussi maman. Au fait les filles veulent qu'on se fasse un resto demain
Sabrina : Tu peux aller mais ne rentre pas trop tard. Ça te fera du bien de sortir car tu restes tout temps à la maison à croire qu'on t'a cloîtré ici
Moi : Mdr merci maman
Sabrina : De rien ma puce demain tu me le rappelles avant de partir comme ça je te remet des sous
Moi : Compte sur moi. Bon je vais dans ma chambre
Je sortis en courant pour aller répondre aux messages de Mohamed car j'en avais déjà reçu trois qui disaient « tu me plais beaucoup et tu es très belle », « je te parle », « il t'arrive de répondre aux messages »
Moi : Désolée je parlai avec ma mère. Merci pour le compliment
Mohamed : ah ok tu aurais pu me le dire plutôt. Je pensais que tu ne voulais plus me parler. Bref je peux avoir ma réponse
Moi : Tu es chiant avec ça je ne te connais même pas. Laisse faire les choses
Mohamed : ok si tu le prends de la sorte. En tout cas tu as l'air coincé avec les mecs
Moi : Si tu le dis
Mohamed : C'est vrai. Tu es tendu, no panique. Je ne vais pas te manger.
Moi : Je sais que tu vas pas me manger. Tu me l'as assez dit
Mohamed : Alors demain tu fais quoi ? Ça te dit qu'on se voit?
Moi : Euh non je ne peux pas demain
Mohamed : Et pourquoi ?
Moi : Parce que je sors avec les filles
Mohamed : Ah tu es comme ça toi. Tu fais la sainte mais en réalité tu es une fêtarde
Moi : Pense ce que tu veux. Tu ne me connais pas pour me juger de la sorte donc je m'en fous
Il est bien gonflé lui au point de me juger sans me connaître. Peut-être que ce n'est pas un mec pour moi finalement. Je me posais trop de questions du genre est-ce qu'il ne voulait pas juste jouer avec moi ? Ce qui m'empêche de lui dire oui. J'ai besoin de réfléchir
Moi : Bon je te laisse. Je dois aller bosser. A plus
Mohamed : Tu es très studieuse
Moi : Tu devrais t'y mettre aussi
Mohamed : Non les études ne sont pas pour moi
Moi : Tu es bien mon contraire
Mohamed : Dis moi à quoi ça sert d'étudier si tu sais déjà que tu vas prendre la relève de papa ?
Je ne mettais pas tromper sur son compte. C'est un fils à papa qui croit que parce que son père a de l'argent rien ne lui ai du. Je suis sure que s'il prend le bus c'est parce qu'on l'a puni pour avoir fait une bêtise
Moi : Personnellement à ta place je préférerai travailler pour mon compte ou dans une autre entreprise que celle de mes parents. c'est mon rêve le plus grand. Je veux voler de mes propres ailes sans rien attendre de papa et de maman
Mohamed : Je ne fatigue pas plus
Moi : Bon à bientôt
Ce garçon n'est pas bien dans sa tête. Il s'en fout de ses études. Il sait que quoiqu'il se passe il aura un bon boulot sans se fatiguer. Ah la vie maintenant n'est fait que de bras longs. Il faut connaître beaucoup de monde pour avancer. On m'appela pour manger. Après le repas alors que tout le monde s'affairait devant les , moi j'étais là à lire un livre de Danielle Steel jusqu'à m'endormir. Le lendemain petit-déjeuner en famille puis je partis faire mes exercices de la semaine. Mon samedi se passa comme les autres. A 18 heures je commençai à me préparer, jeans, débardeur et nu-pieds. Je pris un petit sac et j'allai voir ma mère