Moi : Mdr même pas mais j'ai raison. Il y a toutes les femmes travaillant au port qui montent dedans donc toi même tu sais mes pauvres narines sont trop sensibles
Anto : Le jour où on va te tabasser compte pas sur moi pour t'aider. Bon alors tu viens avec nous ou pas prendre ce bus car les autres ne vont pas nous attendre éternellement
Antoinette (Anto) est ma meilleure amie. Moi c'est Yasmine, j'ai 15 ans et je suis en première. Je suis une fille assez simple de teint clair, fine, belle ( Je vous l'assure elle est très belle notre Yasmine. C'est quelqu'un de sensible, de touchant avec un grand cœur. Vous verrez bien). Ayant une mère franco Cap verdienne et un père marocco sénégalais je suis assez gâtée par la nature de par mon métissage. A cette époque les hommes ne m'intéressaient pas vraiment. Moi c'était plutôt rester a la maison à jouer avec mes frères et bûcher mes cours, eh oui je suis la bonne élève en personne. Je suis quelqu'un d'assez bavarde mais très timide quand il s'agit des hommes. Ma famille et moi venions de déménager dans un autre quartier beaucoup plus calme car ma mère s'était remariée du coup je devais changer de bus pour rentrer a la maison. Pour ne pas avoir à trop marcher je prenais un bus qui me déposait juste devant chez moi mais j'étais seule à la prendre. Mes copines de classe en prenait un autre et je peux vous dire que cela me chiffonner bien car je m'ennuyais trop dedans
moi : Ok je viens mais bien parce que c'est
Anto : Merci de me faire cette faveur ma reine
Je l'ai suivi et on alla prendre le bus a la place de l'indépendance. On était comme des folles à trop parler et à critiquer toutes les personnes qui passaient devant nous. C'était drôle mais bon on était des gamines et on prenait ça pour un jeu même si c'était mal. Le bus arriva et on monta dedans. Ils y avaient un groupe de garçons dedans qui attira notre attention. Les filles qui avaient l'habitude de prendre ce bus étaient aussi surprises que moi donc j'ai supposé que c'était la première fois qu'elles les voyaient aussi. Ils étaient très différents les uns des autres mais tous beaux chacun à leur manière. Ce qui est sur ce qu'ils ne nous ont pas laissé indifférentes mais nous aussi on leur avait fait de l'effet apparemment car ils s'arrêtèrent de parler de suite et se retournèrent pour nous regarder. Comme à ma grande habitude je me suis faite toute petite en restant derrière les autres car malgré ma grande gueule j'avais toujours peur qu'un mec vienne me parler. A vrai dire je manquais de confiance en moi. Nous montâmes et allâmes nous installer a l'arrière du bus
Adji : Vous avez vu ces bombes les filles. Ils sont juste trop beaux
Awa : Regardez celui avec la chemise il a trop la classe
Joce : De vrai dieux grecs. Je fonds
Ah oui l'insouciance des adolescentes, dès qu'un mec est mignon on le voit comme Mister monde en bavant limite dessus enfin mes copines moi je devenais la femme invisible
Anto : Il n'y en a un qui est plus beau que les autres. C'est celui avec le t-shirt blanc. Matez moi son teint hum mach'Allah, beau-gosse jusqu'au bout des ongles
Anto : Yasmine on ne t'entend jamais quand il s'agit de garçons. Tu perds toujours ta langue
Adji : Yasmine elle a la grande bouche pour mal parler aux gens mais quand il s'agit de mec elle perd ses moyens mdr
Joce : Trop tapette et timide, d'ailleurs le mec au t-shirt blanc ne cesse de te regarder. Allez sors lui le sourire qui tue
Moi : Arrêtez ce que vous faites. Vous me mettez trop mal a l'aise
Anto : Si j'étais a ta place je sauterai sur l'occasion. Quand un beau mec te fais les yeux doux il n'y a pas à réfléchir
Moi : N'importe quoi. Qui t'a dit qu'il veut de moi. En plus je ne suis pas intéressée
les filles : hum hum ...
moi : Arrêtez ce que vous faites vous êtes vraiment chiantes. En plus Joce est la plus belle de nous toutes donc pourquoi il me regarderai moi pfff
Anto : Attention les filles ils arrivent vers nous
Moi : Oh mon dieu je suis dans la merde. Et s'il me parle je lui dis quoi ?
Anto : MDR pourquoi tu stresses. Tu ne disais pas qu'il te regardait pas ?
Moi : Oui mais ça c'était avant qu'ils viennent vers nous. Là il me regarde et ça me fait peur
C'était la première fois que je ressentais ça. C'était un sentiment étrange mais très agréable. Je me suis dis que c'est juste parce que c'est la première fois que je le vois ce mec. Ça passera quand je le connaîtrai mieux. Ils arrivèrent et dirent
Eux : Salut jolies demoiselles comment vous allez ?
Les filles : Salut nous ça va et vous?
Celui à la chemise : Nous ça va. On aimerait faire votre connaissance. On vous a remarqué dès que vous êtes montées dans le bus. C'est la première fois que vous le prenaient
Awa : On allait vous poser la même question car on a l'habitude de le prendre et c'est la première fois que l'on vous voit dedans
Celui à la chemise : Ah bon nous aussi à croire que le destin n'avait pas décidé que l'on se rencontre mais là c'est fait et on ne risque pas de vous lâcher
Joce : Tu es trop toi
Celui à la chemise : Ah d'ailleurs c'est très mal poli de ma part, je monopolise la discussion sans mettre présenté. Je m'appelle Bachir, voici moussa, chimère et Mohamed. D'ailleurs ils sont bien silencieux, absorbés à contempler tant de beauté
Quel beau parleur ce mec, c'est pas croyable. Il se prend pour le fils de Senghor ou d'Aimé Césaire pour nous sortir des phrases pareilles. Et les filles qui sortent leurs 50000 dents comme des abeilles devant des fleurs à l'arrivée du printemps pff
Joce : Mdr merci du compliment alors moi c'est Joce voici Adji, Awa, Antoinette et Yasmina
les filles : Enchantée
Moi : Je restai aussi silencieuse qu'un muet tête baissée car j'avais senti le regard de Mohamed sur moi et cela me gênait beaucoup mais je m'abstins de montrer mon malaise. Ils se mirent à discuter entre eux de tout et n'importe quoi. Je suis restée dans mon coin en mode spectatrice comme à chaque fois que les filles parlaient à des mecs
Bachir : es tu toujours aussi calme
Moi : ...
Bachir : Comment elle s'appelle encore votre copine là ? D'ailleurs tellement elle ne pipe un mot j'ai omis son prénom
Mohamed : Yasmine n'est-ce pas ?
Anto (en chuchotant) : C'est à toi qu'il parle. Il a même retenu ton prénom. Si ce n'est pas un signe ça
Moi : Oui c'est cela je m'appelle Yasmine
Mohamed : Comment oublier un aussi beau prénom et de surcroît si celle qui la porte est aussi belle qu'une déesse
Je croyais que c'était que Bachir mais ils sont tous pareils, tous des beaux parleurs et sûrement de grands dragueurs. Ah ces mecs ils sont prêts à tout pour nous impressionner mais bon ce n'est pas une raison pour me laisser embobiner même si son compliment ne me laisse pas indifférente.
Anto : Yasmine arrête de faire la timide et joins toi à la discussion
Chimère : une fille timide est un fille douce
Adji : Ah vous les mecs tous beaux parleurs
Awa : C'est quoi même. Toutes les éloges sont pour elle alors qu'elle ne vous a même pas adressé la parole depuis le début
Chimère : Toi aussi Awa ne soit pas jalouse. D'ailleurs moi je n'ai d'yeux que pour toi
Mohamed : les filles je vous pique votre copine quelques minutes
Moi : Comment ça Tu me piques ? Et pour quoi faire
Mohamed : juste pour discuter. Ne t'inquiètes pas, je ne vais pas te voler. On ne peut aller nulle part à moins que tu sois arrivée chez toi
Il faut dire qu'il y avait des embouteillages donc on avait pas beaucoup avancé depuis qu'on est entré dans le bus. Il était bloqué juste avant Colobane une vraie galère de rentrer après les cours. Il y a tout le temps un embouteillage de fou qui nous fait perdre du temps précieux
Moi : Oui je t'écoute. Que veux tu que me dire de si important
Mohamed : Tu es tout le temps sur la défensive comme ça
Moi : Ça dépend
Mohamed : Relaxe je ne vais pas te manger. Je veux juste mieux te connaître histoire de sympathiser et d'être amis
Moi : Bon d'accord
Mohamed : A ce que je vois tu es une élève mais tu es en quelle classe car tu fais jeune par rapport a tes copines
Il faut dire que j'étais petite de taille et mince donc les filles avaient l'air d'être mes grandes sœurs
Moi : je suis en première G et j'ai 15 ans
Mohamed : moi aussi je suis en première mais j'ai 18 ans
Moi : 18 ans? première? tu as repris des classe
Mohamed : on pourra pas dire que tu dis ce que tu penses lol. Oui j'ai repris des classes
il m'a fait un de ces sourires. Houlala j'ai cru que j'allais mourir paralyser sur place, des dents blanches parfaitement alignées et un sourire trop beau. Il me semble être la parfaite panoplie du fils à papa qui obtient tout ce qu'il veut
Moi : Eh bien quand j'ai une question je la pose. Au moins je ne me fais pas de soucis ou je ne reste pas sans réponse à mes interrogations.
Mohamed : Tu m'as l'air d'une fille qui consacre sa vie a étudier vu comment tu es calme
Moi : Les apparences sont trompeuses. Oui je consacre ma vie aux études sauf que je ne suis point calme
Je suis une vrai pipelette d'habitude. Je parle à longueur de journée, plus bavarde que moi existe pas. C'est juste avec les garçon je ne suis pas à l'aise
Mohamed : Pourquoi tu es stressée de cette façon alors ?
Moi : Pour rien
Mohamed : tu es assez mystérieuse tout comme ta beauté
moi : hum tu es flatteur a ce que je vois
Mohamed : flatteur non je ne dis que la vérité tu es très belle
j'étais tellement occupée à lui parler que je n'ai pas vu le temps passé. Le bus était arrivé devant son arrêt
Mohamed : Ah je descend au prochain arrêt
Moi : déjà ?
Mohamed : je te manques déjà
Moi : Mais ça va pas dans ta tête ou quoi. Tu t'es pris pour qui ? Non mais oh tu t'es cru assez important pour...
Je criai tellement fort que Antoinette attrapa ma bouche avant que je ne termine ma phrase
Anto : Yasmine calme toi. Qu'est qui te prend ?
Moi : Je n'avais pas vu qu'on avait déjà passé le pont de Colobane. Donc il m'a dit qu'il descendait et je lui juste répondu déjà par rapport au fait que je me disais que ça allait être long et monsieur a commencé à supposer qu'il allait me manquer. il est gonflé comme mec quand même
Mohamed : Ce n'était pas méchant. Je plaisantai c'est tout
Antoinette : Tu vois Yasmine. il te taquinait juste
Mohamed : je m'excuse Yasmine. Je suis vraiment désolé, je ne cherchai pas à te fâcher
Il descendit du bus, d'ailleurs ils descendirent tous
Anto : Yasmine pourquoi tu es devenue si agressive avec ce pauvre garçon
Moi : Je n'en sais rien
Anto : Il faudrait peut-être que tu arrêtes de tout le temps te braquer de la sorte
Moi : Oui ma puce t'inquiètes
Anto : Ne me dis pas oui ma puce t'inquiètes
Moi : Ne t'en fais pas ma puce c'est juste que je me méfie
Anto : Il y quelque chose qui te bloque et qui fait tu es tout le temps sur la défensive
A cet instant j'ai pensé à mon passé douloureux. Je suis ce qu'on appelle un enfant avec des problèmes d'adulte. Je n'ai pas eu une vie facile. Il m'est arrivé quelque chose d'affreuse, une vilaine cicatrice que l'on traîne comme un fardeau. M'en décharger et les autres problèmes que j'ai eu est la raison pour laquelle j'ai décidé de vous raconter mon histoire. Mon lourd secret est ce qui me rend si désagréable . J'ai fini par me dire que cela ne devrait pas me bloquer dans ma vie de tous les jours mais c'est tellement dur de faire comme si j'étais « normal ». Néanmoins je fais mon possible pour que ça ne m'empêche pas de vivre ma vie à fond. C'est peut-être la raison de mon bavardage incessant, sûrement une manière pour moi d'oublier. Quand on me voit on a l'impression que je suis l'archétype de la fille qui ne demande qu'à croquer la vie à pleine dent et qui dégage la joie de vivre mais c'est tout le contraire . N'empêche je ne me plains pas et je prends ce que la vie me donne. Comme quoi ce n'est pas parce que tu vois quelqu'un tous les jours que tu le connais vraiment. Souvent les gens qui paraissent les plus heureux sont ce qui cachent une grande tristesse. Dites jamais que vous connaissez parfaitement une personne car je vous assure que c'est faux. La seule personne qui se connaît parfaitement est la personne elle-même. Vous ne pouvez pas comprendre si ça ne vous arrive pas et je ne souhaite que ça arrive à personne.
Moi : Tu te fais des idées Anto
Joce : Elle est juste coincée comme fille
Anto : Bah qu'elle se décoince alors parce que là ce n'est plus possible. Si tu connais à faire fuir tous les garçons qui s'intéressent à toi tu finiras vieille fille je te le dis
Moi : Je te rappelle que j'ai 15 ans et j'ai beaucoup de temps devant moi pour trouver l'homme de ma vie
Anto : A ce rythme tu seras célibataire à 50 ans
Les filles soutenaient Antoinette mais je ne vois pas pourquoi je me presserai. J'ai beaucoup de temps devant moi. Mais elles ont sûrement raison donc je pris la résolution de me montrer plus calme à l'avenir
PARTIE 2 : Je t'aime. Aime-moi
Arrivée à mon arrêt je dis au revoir à mes copines avant de descendre. En marchant vers ma maison je me mis à penser à Mohamed. Pourquoi ne me laisserai-je pas aller dans une histoire pour une fois ? Toutes mes copines avaient un copain ou en avait déjà eu alors que moi pas un seul. Je n'avais jamais embrassé de mec de ma vie. Je n'ai aucune idée de ce qu'on ressent enfin juste ce qu'on en dit dans les films. Bref pas la peine de me torturer pour rien, je suis sure qu'il n'est pas intéressé. Pourquoi le serait-il ? Je suis trop timide face aux mecs et Joce est bien plus jolie que moi et beaucoup plus sure d'elle alors je n'ai aucune chance si je le voulais ce mec. Une fois chez moi je fis la bise à tout le monde. Eh oui c'est comme cela à la maison, on vit à la française parce que maman est française. Je rentrai dans ma chambre et pris mes cahiers enfin d'apprendre mes cours mais il faut dire que je n'étais pas concentrée car j'étais sur la lune lol.
Ghislaine : Yasmine peux-tu m'expliquer mes devoirs de maths ?
Ghislaine est ma petite sœur. Elle était en classe de CM1 à cette époque.
Moi : Va voir Steven il va t'expliquer
Steeven est mon grand Frère
Ghislaine : Mais il ne veut pas m'expliquer. Il a dit qu'il était occupé
moi : Bon d'accord viens
En fait j'étais la petite surdouée de la famille et de ma classe. Ça agaçait Steeven qui avait un peu plus de mal avec les études que moi. Pourtant je ne fais rien de mal mais apparemment ça ne plait pas à mon frère que je me débrouille aussi bien. Le fait d'être aussi intelligente me gênait un peu car j'avais l'étiquette de la fille modèle, respectueuse, et travailleuse qui n'avait le droit à aucun écart et c'est un peu pesant je dois l'avouer.
Je lui expliquai ses exercices à ma sœur chérie avant d'aller dans la cuisine pour donner un coup de main à la bonne. A vrai dire je n'avais pas besoin de bosser dur pour connaître mes leçons. Je suis du genre à retenir tout ce qui se dit en classe donc une fois à la maison je traînai plutôt dans la cuisine ou devant la télé ou encore dans la chambre de mon frère. Ma mère Sabrina vint nous rejoindre dans la cuisine
Sabrina : Qu'est ce qui t'arrive ma chérie ? D'habitude on n'entend que toi dès que tu es dans la maison mais tu es bien silencieuse aujourd'hui
Moi : Rien maman
Sabrina : Ne me mens pas. Je te connais assez bien pour savoir quand tu es tracassée
Ma mère préparait le repas pour mon beau père. Elle était sa seconde femme et c'était son tour ou son jour si vous préférez donc comme à chaque fois elle s'attelait à la cuisine. Je cuisinais pour elle quand elle ne pouvais pas le faire. Il faut dire que mon beau père mange que si c'est maman ou moi qui préparions le repas vas savoir pourquoi
Moi : Ne t'inquiètes pas maman tout va bien
Sabrina : C'est quoi, tu as un copain ?
Moi : Non maman qu'est ce que tu racontes ? Jamais de la vie
Sabrina : Je ne sais pas qui ou quoi t'a rendu muette aujourd'hui mais en tout cas je lui offrirai bien une médaille car pour te faire taire il en faut, une vrai pipelette
moi : MDR, maman ne dis pas ça.
Sabrina : Au moins je t'ai fait sourire mais c'est quand même la vérité
On continua de faire à manger en se taquinant. J'étais très proche de ma mère. On a eu quelques moments difficiles elle et moi mais les épreuves vécues ensemble ont contribué à augmenter notre complicité donc je lui dis tout ce qui m'arrive et une vraie confiance s'est installée entre nous. Les personnes avec qui on est très proche sont généralement celles qui ont partagé avec nous les mauvais moments de notre vie. On passa à table quand le repas fut prêt. Ils étaient tous en train de discuter pendant que je restai toujours aussi silencieuse. Je me surprenais moi-même tellement je n'avais pas l'habitude d'être aussi calme. Mohamed aurait-il déjà un tel effet sur moi ou est-ce juste un sentiment de culpabilité pour avoir été aussi brusque et désagréable avec lui ? Dans tous les cas je ne peux m'empêcher de penser à lui
Après le dîner je suis partie me doucher avant de me coucher. Le lendemain comme d'habitude je suis allée réveiller tout le monde pour qu'ils se préparent à partir à l'école. Le matin je prenais le bus scolaire pour m'y rendre. Arrivée a l'école je racontai à Antoinette ma soirée d'hier
Moi : Anto hier je suis restée muette de la soirée. J'ai du parler une fois ou deux. Même ma mère était inquiète. D'ailleurs je me suis même surprise de penser autant à Mohamed
Anto : Ma pu-puce est amoureuse
Moi : Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne suis pas amoureuse du tout
Anto : C'est ça l'amour ma chérie, quand on arrête pas de penser à la personne
Moi : N'importe quoi
Anto : Tu ne te rends même pas compte mais tu souris en me parlant de lui
Sur le moment je me suis sentie bête. Elle m'a charrié pendant un moment puis elle m'a lâché pour le reste de la journée. A la fin des cours on alla prendre le bus et je priai au fond de moi qu'il n'y soit pas tellement j'avais peur que mon mal-être refasse surface et que je l'agresse une seconde fois. Le bus arriva et je poussai un ouf de soulagement en voyant qu'ils n'y étaient pas ni lui ni ses amis. De toute la semaine on ne les revit ni la semaine qui suivit, d'ailleurs. Ils avaient disparu, envolé. On les avait un peu oublié. Même moi je m'étais sortie Mohamed de la tête enfin jusqu'à ce que l'on monte dans le bus un autre jour et qu'on les vit cette fois-ci assis a l'arrière du bus à croire qu'ils nous attendaient. Dès que nous sommes arrivées à leur niveau, ils nous ont salué avant de nous céder leurs places. J'avoue que c'était galant. Ils restèrent à côté de nous à parler. Je me fondis dans la masse en me rendant limite invisible encore une fois
Chimère : Yasmine tu as mangé quoi ce midi ?
Moi : Rien pourquoi cette question ?
Awa : On vous a dit qu'elle est bavarde comme une pie
Moi : Awa yow bayil di ma khass ( Awa arrête de me clacher de la sorte)
Joce : Moi je dis qu'elle a totalement raison. La dernière fois tu faisais ta timide mais nous on te connaît tu es une vrai géweul (griotte)
Anto : Arrêtez de vous acharner sur ma pu-puce. Elle était juste impressionnée par vous lol
Moi : Merci Antoinette de me défendre, je n'ai pas l'habitude de parler à des étrangers surtout quand ils sont des mecs
Bachir : Tu vas pas nous faire le coup du maman m'a interdit de parler aux étrangers?
Moi : MDR et pourquoi pas ? C'est exactement ça
Tout le monde éclata de rire sauf Mohamed qui avait ses écouteurs dans les oreilles et qui nous avait tourné le dos comme si on ne l'intéressait aucunement. Qu'est-ce qu'il a lui ? La dernière fois il me draguait aujourd'hui il m'ignore royalement. Je lui arrachai ses écouteurs en lui disant
Moi : C'est quoi ton problème ? Pourquoi tu ne parle pas avec nous ? On a la peste ou quoi ?
Chimère : Yasmine vas y doucement avec Mohamed. En ce moment il n'est pas bien
Moi : Qu'est-ce qu'il a ? Je ne pense pas que cela soit une raison valable pour nous tourner le dos et faire comme si on existait pas. Il n'est pas le seul à avoir des problèmes dans sa vie
Mohamed: Tu veux vraiment savoir ce qui m'arrive
Moi : Si tu veux en parler pourquoi pas. En tout cas sache que c'est très mal poli de tourner le dos aux autres.
Mohamed: C'est toi qui ose me parler de politesse alors que tu viens de m'arracher mes écouteurs. De surcroît tu me parles comme si j'étais ton petit frère
Monsieur a retrouvé sa langue apparemment mais je vais vite le faire descendre sur terre. Il se prend pour qui celui-là, non mais dis donc
Moi : Oh tu va descendre d'un étage déjà. Je ne t'ai pas mal parlé mais juste demandé ce qu'il y avait mais bon bref on s'amuse bien sans toi donc vas y laisse tomber
Mohamed : ...
moi : Vous êtes trop macho vous les mecs, tous pareils
Il me regarda avec des yeux énervés mais je m'en foutais royalement. On continua avec les autres notre discussion et ils comprirent vite que j'étais l'intello du groupe vu que j'ai vite fait de tourner la discussion autour du cours de compta ou d'économie ce qui ne manqua pas de me faire faire engueuler par les filles et les garçons aussi d'ailleurs. Le seul avec qui je pouvais discuter de ça c'était Moussa lui aussi intello de son groupe. Du coup on a partagé nos idées et on a même fait nos devoirs dans le bus le temps du trajet. On continua de faire le trajet du retour avec les garçons pendant un bon mois. Mohamed et moi ne nous sommes pas reparlés depuis ce jour même s'il était avec nous dans le bus tous les jours. N'empêche je continuai de beaucoup penser à lui. Vu comment il m'ignorai je me suis dit que mes sentiments n'étaient pas réciproques