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Chapitre 8 Chapitre 8

***COLLINS

Je trace des lignes invisibles sur les fesses d'Angine tandis qu'elle fait de même sur mon torse. Nous avons passé une nuit des plus magiques, oubliant le passé et tout ce qui pourrait nous éloigner. Maintenant, il fait jour, la réalité est revenue à nous et nous devons parler de la suite. Mais jusque-là, aucun de nous deux n'a dit un seul mot. Moi je sais ce que je veux et je m'en fiche de tout ce qui peut représenter un obstacle. Cependant, ce n'est pas le cas pour Angie qui se retrouve ''opposée'' à sa fille.

- Je vais mettre un terme à la mascarade avec Priscille.

Elle quitte mes bras et pousse un gros soupir.

- Elle est amoureuse de toi et est très heureuse de devenir ta femme. Tu la briseras en rompant.

- Tu préfères donc que je l'épouse sans amour ? Tu veux que ta fille soit dans un mariage sans amour ? Elle répond par un autre soupir.

- Si c'était une mascarade momentanée, pourquoi croit-elle mordicus que vous allez vous marier ?

- Parce que... (je soupire) Je l'avoue, il y avait un truc entre elle et moi. Rien de concret mais nous flirtions ensemble en attendant de mieux nous connaitre et d'être certains de vouloir nous mettre ensemble. Je te promets qu'il n'y a jamais rien eu entre nous deux. Aussi, il y a l'influence de nos pères. Apparemment ils étaient les meilleurs amis dans leur jeunesse donc là ça renforcerait encore plus leur amitié que leurs enfants s'unissent pour la vie. Mais crois-moi Angie, j'ai déjà été clair avec Priscille sur mes sentiments. Elle sait que je ne ressens rien pour elle en dehors de l'amitié. Je la vois maintenant, plus comme une petite sœur qu'une potentielle femme. Mais, elle m'a demandé un temps pour qu'on essaie toujours. Je lui ai dit oui parce qu'il n'y avait rien d'autre qui me motivait à refuser. Rien d'autre jusqu'à ce que tu réapparaisses. C'est toi que je veux, Angie.

- Je ne pense pas que nous deux ce soit possible, Collins.

- Angie !

- Non mais tu ne comprends pas ? hausse-t-elle le ton en se levant du lit. On parle de ma fille. La chair de ma chair. Je t'ai expliqué ma souffrance de l'avoir perdue et maintenant que je la retrouve je ne veux pas de nouveau la perdre. Elle est toute ma vie, tu comprends ?

- Je comprends parfaitement. Mais ça ne changera rien au fait que j'irai mettre fin à cette histoire aujourd'hui et ça ne changera rien au fait que celle que j'aime, celle avec qui j'ai envie d'être, c'est toi. Je ne vais pas insister pour le moment. Je vais laisser l'eau couler, permettre à Priscille de se remettre de la rupture, à toi de mieux retrouver ta fille et je reviendrai te faire la cour parce que je n'ai pas l'intention de renoncer à toi.

- Je suis ton aînée de cinq ans, me lance-t-elle comme pour me convaincre de renoncer à mon idée.

- Rien à cirer. C'est toi que je veux. En plus, tu fais tellement jeune qu'on croirait qu'on a le même âge. Elle grogne et part s'enfermer dans la salle de bain. Je comprends sa position et le dilemme dans lequel elle se trouve. C'est pour cela que je lui laisserai le temps de se faire à cette situation rocambolesque pour elle. Moi ça ne me dérange guère de me mettre avec elle, surtout qu'il n'y avait jamais rien eu entre Priscille et moi. J'enfile mon bas et je vais la rejoindre dans la salle de bain. Elle est appuyée sur le lavabo et garde la tête baissée. Je me place derrière elle et l'enlace.

- Tout va bien se passer, lui chuchoté-je. Laisse-toi juste aller.

- Tu ne me facilites pas les choses, Collins.

- Je le sais. Et c'est pourquoi je vais rester à l'écart un moment, le temps que tout soit calme. Mais je reste sur ma décision de rompre avec Priscille aujourd'hui. Elle soupire. Je la retourne et l'embrasse. Elle répond dans un gémissement de soulagement.

- Je vais y aller maintenant. Je dois me préparer pour une émission radio ce soir.

- D'accord. Mais s'il te plaît, vas-y en douceur avec Priscille.

- Tu n'as pas à craindre. Je ne lui ferai volontairement aucun mal. Même si je n'ai pas de sentiment amoureux pour elle, je l'aime beaucoup. J'y vais. Je lui pose un dernier baiser sur le front avant de m'en aller. Je me sens plus léger, plus libre mais surtout super excité. Enfin, je l'ai retrouvée. Cette femme qui me hantait tant. Je ferai tout ce qui m'est possible pour la garder dans ma vie cette fois. Et même pas ma carrière ne me fera renoncer à elle. Avec le sourire béat sur les lèvres, je franchis la porte de ma maison. Je suis tout de suite accueilli par mon petit frère Lémuel.

- Hey mec ! Où as-tu passé la nuit ? Ya Priscille et papa qui n'ont fait que te chercher.

- J'ai été retenu par quelque chose de très sérieux, lui dis-je le sourire toujours aux lèvres. Il me regarde attentivement.

- C'est quoi ce regard ?

- Rien, laisse tomber ! Il me suit dans les escaliers. Je sens qu'il ne va pas me lâcher tant qu'il ne saura pas où j'étais.

- Pourquoi j'ai l'impression que tu étais avec une femme ? me questionne-t-il dans un chuchotement.

- Parce que c'est le cas, avoué-je en pénétrant ma chambre. Il entre, tout excité, et referme la porte derrière lui.

- T'es sérieux ? Je croyais que tu ne voulais plus des coups d'un soir ?

- Et je demeure dans ma position. Cette femme, c'est tout sauf le coup d'un soir. Je retire mes vêtements et m'assois sur mon lit en sous sous-vêtements.

- Je t'avais parlé de cette femme que j'avais rencontré en Côte d'Ivoire l'année dernière ?

- Oui !

- Eh bien, nous nous sommes retrouvés, dis-je la joie sur le visage.

- Vraiment ? Alors tout est rentré dans l'ordre entre vous ? Elle sait qui tu es ?

- Oui. Mais nous ne pouvons pour l'heure être ensemble. Nous sommes obligés de rester loin l'un de l'autre.

- Et pourquoi ça ?

- Parce qu'il s'avère que c'est la mère de Priscille.

- QUOI ??? NOONN !!!

- Si. Nous avons tous les deux étés surpris mais la bonne nouvelle, c'est que mes sentiments sont réciproques.

- Attends, tu penses réellement à te mettre avec elle tout en sachant qu'elle est ta ''belle-mère'' ?

- Vous savez tous qu'avec Priscille ce n'est rien de sérieux. Je compte de ce fait mettre un terme à tout ça aujourd'hui.

- Ah, ça tombe bien puisqu'elle est en bas. Elle est revenue très tôt ce matin, te voir. Mais ça fera bizarre de sortir avec la mère après la fille.

- Je ne suis jamais sorti avec la fille.

- C'est tout comme. Je lève les yeux au ciel.

- Ecoute, je vais prendre une douche et je descends.

- D'ac. A toute. Après ma douche, je descends retrouver Priscille, concentrée sur son portable. Un petit déjeuner lui a été dressé. Elle court se jeter dans mes bras quand elle m'aperçoit.

- Enfin tu rentres. Hier je t'ai attendu presque toute la nuit.

- Est-ce qu'on peut discuter ?

- Oui, répond-t-elle en se rasseyant. Qu'est-ce qui se passe ? Je m'assois près d'elle. Je la sens paniquer. Je lui prends la main pour la rassurer. J'ai promis à sa mère d'y aller en douceur.

- Je ne t'ai jamais caché que je t'appréciais comme une bonne amie, hum ?

- Oui, confirme-t-elle avec un peu d'hésitation dans la voix.

- Et jusque-là ça n'a pas changé, Priscille.

- Col...

- Non écoute-moi, la coupé-je en lui attrapant une joue. Je veux que tu acceptes, s'il te plait, que toi et moi ne pouvons être véritablement ensemble. Je ne suis pas... amoureux de toi.

- Mais tu peux y arriver si tu fais un effort, objecte-t-elle en prenant ma main posée sur sa joue. Tu étais déjà sur le point de tomber amoureux de moi et pour je ne sais quelle raison, tu t'es éloigné. Toi et moi c'est possible. Nous sommes complémentaires et...

- Et rien du tout, Priscille. Toi et moi, ce n'est plus possible. Tu ferais mieux de l'accepter dès maintenant pour éviter de plus souffrir parce que je ne reviendrai pas sur ma décision. Tu pourras néanmoins toujours compter sur moi en tant qu'ami.

- Mais... Je l'interromps en posant un baiser amical sur son front et je retourne à l'intérieur. Plus je resterai là à discuter moins nous avancerons dans cette conversation. Bon, avec elle, c'est fait. Je vais maintenant annoncer la nouvelle à mon père qui, je suis certain, a déjà fait plein de projets sur ce mariage. Je jette un coup d'œil sur ma montre et au même moment, je l'entends entrer. Pile poil à la même heure tous les matins. Il gueule sur je ne sais qui au téléphone.

- Toi, où étais-tu passé hier ? m'attaque-t-il à la seconde où il raccroche.

- Bonjour papa. Bien dormi ? dis-je avec sarcasme en me servant un verre du jus de fruit posé sur la table à manger.

- Tu vas me répondre oui !?

- Je suis majeur, papa, lui dis-je après une gorgée. J'ai le droit d'aller où je veux quand ça m'enchante.

- Oui mais quand on est une star, on se doit d'informer son agent au cas où tu ferais encore une bêtise qui mettrait ta carrière en danger. Et ta fiancée a passé la soirée ici à t'attendre. En parlant de la fiancée en question, elle marche vers la sortie sans un regard pour mon père.

- Priscille, tu pleures ? Elle sort sans répondre. Mon père me regarde méchamment. Je m'assieds pour entamer mon petit déjeuner sans m'y attarder.

- Qu'as-tu encore fait à cette petite ?

- J'ai rompu nos "fiançailles''.

- Quoi ? Collins, le mariage était prévu dans deux mois. C'est de ça que je voulais te parler hier.

- Wahoo !!! Je vois que tu prends toujours un malin plaisir à décider de ma vie. Mais je vais te décevoir. Je ne me marierai pas maintenant et je ne me marierai surtout pas avec Priscille. C'est mon dernier mot.

- Collins, après ce scandale, ce mariage réhaussera ta côte. Tu as perdu beaucoup de fans dans cette histoire, je te signale.

- Et j'en gagnerai d'autres. J'en ai même déjà gagné depuis la sortie de mon nouvel album et ça continue chaque jour. Jette un coup d'œil sur mes différents comptes.

- Tout ceci n'est rien comparé à ce que ce mariage t'apportera. N'oublie pas que Priscille n'est pas la fille de n'importe qui. Son père a un carnet d'adresse bourré dans ce monde de la musique. Une alliance entre nos deux familles sera...

- PAPA... haussé-je le ton en donnant un coup sur la table. Je te laisse déjà décidé de ma carrière, je ne vais pas encore te laisser décider de ma vie personnelle, encore moins de ma vie sentimentale. Je t'informe par ailleurs que j'aime une autre femme et c'est avec elle que je fonderai une famille quand je serai prêt.

- Tu es amoureux... d'une autre femme ? Qui diable est-ce ?

- Tu le sauras au moment opportun. Pour l'heure, retient juste que toute cette mascarade est terminée. Contente-toi de gérer ma carrière et fiche la paix à ma vie amoureuse. C'est valable autant pour l'agent que pour le père. Maintenant, je vais me préparer pour entamer ma journée. Je remonte dans ma chambre, plus déterminé que jamais. J'ai fait la bêtise de laisser Angie une première fois. Je ne la referai pas une deuxième fois. Je serai très patient avec elle parce que je comprends son trouble mais je ne la laisserai pas me filer entre les doigts.

***ANGELA

- Oh la vache, ça se voit que tu as adoré votre nuit, me titille Elionne.

- Bien-sûr que oui. Mais, j'ai regretté après, terminé-je dans un soupir. Tu sais, ce n'est pas facile pour moi de me réjouir lorsque ma fille est la troisième pièce du puzzle. J'ai l'impression de la trahir.

- C'est vrai que c'est compliqué tout ça mais d'un côté je pense que tu as aussi droit à l'amour, encore plus après ce que tu as traversé avec ce salaud.

-Comment vivre une histoire d'amour quand je sais que ma fille en sortira brisée ? Je meurs pourtant d'envie d'être avec lui.

- Dans ce cas laisse-toi aller et regarde la suite des choses. Peut-être même que Priscille acceptera votre relation sans faire d'histoire. Souvent nous imaginons des situations dramatiques et au final il n'en est rien

- Toi tu aurais foncé si ça avait été toi ?

- Peut-être que oui, peut-être que non. Tant que je ne suis pas à ta place je ne pourrai te donner une réponse objective. Mais me connaissant, oui, j'aurais trouvé une solution pour pouvoir rester avec celui que j'aime. Mais tu sais quoi, je sais que tu prendras la bonne décision. Elle gare sa voiture et habillées de nos robes de soirée, nous y descendons. Ce soir j'accompagne Elionne à une soirée détente où il y aura quelques célébrités pour égayer la soirée, selon ce qu'elle m'a dit, et aussi des jeux.

Je crois que j'en avais besoin pour oublier un peu l'histoire rocambolesque dans laquelle je me retrouve. Ce soir, j'ai décidé de ne pas y penser. Je vais juste profiter de ma soirée. Nous sommes installées à une table non loin de la grande estrade qui sert de scène aux deux maitres de cérémonies et aux stars invitées. Des serveurs disposent des mets sur chaque table déjà remplie de différentes sortes de boissons alcoolisées comme non alcoolisées. La soirée se déroule à merveille entre jeux, prestation d'artiste, surtout des humoristes qui me font rire aux larmes. J'ai gagné des lots en répondant à des questions. J'avais besoin de ce genre de soirée pour me changer les idées. Les animateurs ne cessent de répéter que la soirée se terminera par le live d'un artiste surprise. Mais il viendra dans un premier temps proposer une chanson avant de se préparer pour le live. Alors que je rigole avec Elionne d'une blague qu'avait faite un humoriste, j'entends la foule scander.

- Que se passe-t-il ? demandé-je doucement en regardant autour de moi.

- Je crois qu'un artiste a été annoncé. La musique commence à jouer et l'artiste apparait. Mes sens se mettent aussitôt en éveil. Pour moi qui avais réussi à oublier mes problèmes, eh bien maintenant ces problèmes réunis en un sont devant moi. Je sens un coup sur mon bras. Je regarde Elionne qui me sourit grandement.

- Eh bien pour un signe de la part de Dieu, c'en est un. Je la tchip. Cette femme ne prend rien au sérieux. Je bois une gorgée de ma boisson pour faire cesser les battements affolants de mon cœur. Mais ce fichu cœur s'affole encore plus quand je me rends compte que c'est la chanson qui parle de nous qu'il est en train de chanter.

- Oulaaa c'est ta chanson ça, me titille mon amie en bougeant au rythme de la musique.

Presque toute la salle chante avec Collins, en plus de prendre des photos et de filmer. Je veux ne pas pouvoir le regarder mais c'est quasi impossible. Entendre sa si belle voix m'oblige à garder les yeux braqués sur lui. Je ne suis pas très musique mais je suis fascinée par son talent et ça se voit qu'il aime ce qu'il fait. Je comprends pourquoi il n'a pas hésité à faire ce qu'il fallait pour ne pas voir disparaitre sa carrière. Je me surprends à chuchoter les paroles de "ma'' chanson. Ça me fait trop bizarre de savoir que cette chanson que tout le monde chante avec autant d'entrain parle de moi. Je me rends compte à cet instant que je suis la star de ce morceau. Mais je crois que pour tout le monde, c'est encore une histoire imaginée comme toutes les autres. J'ai écouté les autres titres de son nouvel album et je me suis retrouvée dans la moitié des titres. J'ai été heureuse malgré moi de constater que son album tournait autour de moi.

- Oohh, je vois que tu la connais la chanson !!! Elionne a décidé de ne pas me lâcher et je sens que je vais en baver. A force de sentir mon cœur battre d'amour pour Collins, je finis par souhaiter silencieusement qu'il me voit. Mais il termine sa prestation sans me voir.

- Tu vas le voir ?

- Quoi ? Tu es folle ? Il est là pour son boulot, pas pour moi.

- Mais avoue que tu meurs d'envie d'y aller, me sourit-elle avec des mouvements des paupières.

- Arrête de m'emmerder, Elionne. Il quitte la scène et la soirée se poursuit. Seulement, une dizaine de minutes plus tard, un homme à l'allure d'un garde du corps s'approche de moi.

- Bonsoir Madame, vous êtes demandée, me chuchote-t-il près de l'oreille. Je regarde Elionne, perplexe. Elle aussi parait surprise que quelqu'un demande à me voir, surtout que je ne connais personne ici. Je décide néanmoins de suivre l'homme baraqué comme un meuble. Il me conduit carrément hors de la salle pour ensuite emprunter un petit couloir. Il cogne à la première porte et l'ouvre.

- Vous pouvez entrer. Il vous attend à l'intérieur. Il ? La seule chose qui me pousse à entrer dans la pièce, c'est que je sais tout l'endroit sécurisé. Personne ne s'aventurera à faire n'importe quoi. La pression redescend devant la personne en face de moi.

- Oh ! Je ne savais pas que c'était toi. Je me sens tout de suite intimidée par le regard qu'il coule sur moi. Je n'arrive pas à comprendre l'effet que ce jeune de cinq ans moins que moi peut avoir sur moi.

- Salut .

- Tu m'as donc vue ?

- Tu es la première personne sur qui mes yeux sont tombés. Il me déshabille du regard. Je dois garder la tête sur les épaules. J'ai pris une décision et je dois demeurer ferme. Je m'efforce à ne pas laisser voir mon trouble. Il s'avance doucement vers moi. Je veux bien reculer mais mes pieds refusent d'obéir. Il me prend les mains et rapproche son visage du mien. Je détourne la tête.

- Collins, on en a déjà parlé, lui rappelé-je en retirant mes mains des siennes.

- J'ai mis fin à mon idylle avec Priscille, m'informe-t-il en glissant ses mains dans ses poches.

- Et c'est censé me réjouir ? Elle doit avoir le cœur brisé en ce moment et c'est de ma faute.

- Ce n'est en rien ta faute. Et elle s'en remettra. Elle rencontrera quelqu'un d'ici peu et oubliera toute cette histoire.

- Mais si elle venait à apprendre toute la vérité sur nous, elle me détesterait. Il soupir et recule. Il reste un long moment à me fixer tandis que moi j'évite son regard.

-Je voudrais t'inviter pour le week-end dans ma nouvelle maison. Je l'ai acheté hier.

- Je t'ai...

- Avant qu'il ne se passe quelque chose entre nous deux, nous étions bien partis pour être de très bons amis. Alors, c'est en tant qu'ami que je t'invite. Nous dormirons dans des chambres séparées si tu le veux. Je veux juste passer du temps avec toi. Tu seras la première personne à y mettre les pieds. Juste un week-end, loin de tout. Cette proposition me tente au plus haut point. Pourtant je dois dire non, par respect pour ma fille.

- S'il te plaît, Angie !

- Ok. Juste ce week-end. Un magnifique sourire étire ses lèvres. Mais ce sourire est vite interrompu par des coups sur la porte. Un homme ouvre la porte et y passe la tête.

- Vous montez sur scène dans cinq minutes pour le live de la fin, annonce-t-il à Collins.

- Ok. L'homme ressort aussi vite qu'il est arrivé.

- Je vais y retourner, dis-je.

- Ok. Je passe te chercher vers 23h. J'ai un dernier truc à faire après ici.

- Ok. Ça me donnera le temps de me préparer un petit sac. Il fait un pas en avant mais s'arrête assez vite. Je sors avant de lui sauter moi-même dessus. En empruntant le couloir, je tombe sur Elionne qui se dispute avec le garde qui m'a conduite ici. Elle soupir de soulagement en me voyant arriver.

- Oh Dieu merci tu es là. J'ai cru qu'on t'avait kidnappée.

- Non. C'est Collins qui demandait à me voir. Elle se remet à sourire, de ce sourire qui me saoule.

- Ne dis rien, je lui intime en roulant des yeux.

- Ok je ne dis rien, rigole-t-elle.

Elle finit par éclater de rire. Nous regagnons nos places dans la salle et à peine nous nous asseyons que l'artiste monte sur scène sous l'euphorie des femmes qui sortent aussitôt leurs appareils. Collins jette vers moi un léger clin d'œil avant d'entamer son show. Je rejoins très vite les autres en chantant aussi avec l'artiste. Moi qui n'aimais pas vraiment écouter de la musique, encore moins celles en rapport avec l'amour, me voici, chantant avec un sourire, le cœur battant d'amour et les yeux brillants de désir. Il y a très longtemps que je n'avais pas ressenti ça. Au fait, jamais je n'avais ressenti ça pour un homme. C'est tout nouveau pour moi et c'en est trop. Pourrais-je seulement résister longtemps à l'envie d'être avec lui ?

J'entre chez moi toute excitée à l'idée d'aller en week-end avec Collins. Au début j'étais réticente mais après cette soirée, tout ce que je désire, c'est n'être qu'avec lui. Rien que lui et moi, loin de tous. Je vais rapidement me faire un petit sac et l'attendre. Il sera là dans peu de temps. Je me suis retenue de le dire à Elionne parce que je ne voulais plus revoir son stupide sourire narquois. Cette fille sait m'embêter et elle le fait très bien. Mais je l'adore quand même car elle sait également me faire passer de la tristesse à la joie. Mon cœur fait un bond en retrouvant, accroupie devant ma porte, Priscille. Je jette un coup d'œil rapide à mon portable et je vois effectivement des appels en absence.

- Ma puce, que fais-tu là ? je lui demande en me précipitant vers elle.

- J'avais besoin de parler à quelqu'un, répond-t-elle, la tristesse dans la voix. Enfin, te parler.

- Viens on rentre. Après l'avoir aidée à se relever, je la fais entrer dans mon appartement. J'ai la nette impression qu'elle veut me parler de Collins. Je prie que ce ne soit pas ça. Je ne pense pas pouvoir lui donner des conseils justes et sincères. Tout le temps de notre installation dans la salle de séjour, je ne fais que prier intérieurement afin qu'elle me parle d'autre chose que de Collins. Elle refuse un rafraîchissement alors je me lance direct dans le vif du sujet après m'être assise près d'elle.

- Qu'est-ce qui ne va pas chérie ?

- C'est Collins... Et merde !!!

- ... Il a rompu avec moi. Le mariage est donc annulé, maman. Elle éclate en sanglots. Je la prends dans les bras en me maudissant silencieusement. Mon cœur se comprime et je me déteste être à l'origine des larmes de ma propre fille.

- Je suis désolée ma puce. Que s'est-il passé ?

- Il ne m'aime juste pas. Pourtant j'ai tout ce qu'il faut pour lui plaire. Je suis plus belle que ces stupides filles avec qui il a eu à flirter dans le passé. Nous étions si proches et tout montrait qu'on finirait ensemble. Il m'a même dit un jour qu'il était attiré par moi. Je ne sais pas ce qui s'est passé pour qu'il s'éloigne.

Elle me fixe droit dans les yeux et me prend les deux mains.

- Maman, je t'en supplie, dis-moi quoi faire pour le reconquérir. Je le veux. J'ai besoin de lui dans ma vie. Donne-moi des astuces, je t'en prie.

- Je... je... Je ne sais absolument pas quoi lui dire. Comment aider ma fille à séduire celui dont je suis amoureuse ?

- Peut-être qu'il a besoin de se retrouver seul avec lui-même afin d'y voir un peu plus clair en ce qui concerne votre avenir, lui dis-je sans conviction. Le mariage, c'est une très grosse décision à ne pas prendre à la volée.

- Et si tu lui parlais toi ? me lance-t-elle tout à coup enthousiaste. Oui c'est ça. Si toi tu lui parles, il acceptera sans doute de nous donner une chance. Il te respecte.

- Euhh, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Il n'y a pas tellement d'affinités entre nous.

- Raison de plus pour lui parler. Il t'écoutera certainement. Je t'en prie, maman. Fais ça pour moi. Je ne t'ai encore rien demandé depuis nos retrouvailles. Et me voilà coincée.

- C'est compris, ma chérie. Je lui parlerai.

- Oh merci maman. Tu es la meilleure.

- De rien ma puce, dis-je en répondant à son étreinte. Mais je ne te promets pas de le convaincre.

- Lui parler, c'est déjà un grand pas. Est-ce que je peux dormir ici cette nuit ?

- Évidemment. Tu peux même dormir avec moi si tu le désires.

- Oui, me sourit-elle.

- Viens que je te conduise à ma chambre. Ça me rend heureuse qu'elle passe la nuit avec moi. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu ce genre de moment. Nous nous allongeons dans le lit et en la calant contre moi, je lui caresse les cheveux jusqu'à ce qu'elle s'endorme. L'avoir là, dans mes bras, me met du baume au cœur. Je me rends compte que mon bébé a beaucoup grandi. Mais j'ai surtout l'impression de ne plus vraiment la connaître, d'avoir manqué énormément de chose dans sa vie. C'est peut-être la vie qui me donne une autre chance de la ramener de mon côté parce que son père lui a fait un lavage de cerveau me concernant. Le connaissant, ça ne m'étonnerait pas qu'il lui ait raconté n'importe quoi. Je sais qu'il m'a attribué la responsabilité de notre séparation, par contre, je ne sais pas exactement ce qu'il lui a dit. J'ouvre les yeux subitement lorsque la sonnerie retentit. Je jette un coup d'œil rapide à ma veilleuse. - Mince, Collins !

Je m'assure que Priscille dort profondément et je descends ouvrir à Collins avant qu'il ne la réveille. Tout en me rendant à la porte, je cherche dans mon esprit quoi lui dire. J'ai promis à Priscille lui parler alors je me dois de le faire. Je crois bien que notre petit week-end n'aura finalement pas lieu. Je ne peux pas laisser ma fille dans cet état pour aller roucouler, surtout avec l'homme responsable de cet état. Dans quel genre d'histoire je suis tombée ? Collins me tombe dessus à l'instant même où je lui ouvre la porte. Il capture fermement les lèvres. J'aimerais bien profiter de ce baiser mais le moment n'est pas propice. Je le repousse alors jusque devant la porte que je prends le soin de fermer derrière moi.

- Où sont tes affaires ? me demande-t-il.

- Je ne pourrai y aller avec toi. - Que se passe-t-il ?

- Priscille est là. Elle dort en ce moment dans ma chambre.

- Mais c'est une grande fille. Elle peut très bien se débrouiller pendant ces deux jours.

- Je ne peux pas la laisser seule en ce moment. Elle n'est pas bien.

- Qu'a-t-elle ? Je le regarde l'air de lui demande s'il est vraiment sérieux dans sa question. Il capte.

- Tu as rompu avec elle, Collins. Elle est en plein chagrin.

- Ça va lui passer. Tu verras, en quelques jours elle sera passée à autre chose. Il se rapproche de moi mais je le repousse légèrement.

- Elle m'a supplié de te parler pour que tu reviennes sur ta décision.

- Je ne comprends absolument pas cet acharnement de sa part. Il lui avait été bien signifié que nos fiançailles seraient juste un leurre, une mise en scène pour contrecarrer le plan de mariage de cette famille qui m'accusait injustement de viol. Maintenant que tout est rentré dans l'ordre, chacun reprend le cours de sa vie.

- Sauf qu'elle est amoureuse de toi et ton père ainsi que le sien lui ont fait savoir qu'il y aurait vraiment un mariage entre vous. Dois-je aussi te rappeler qu'il se passait un truc entre vous bien avant ?

- Oui, mais rien n'était officiel. On se fréquentait juste, sans engagement, sans promesse. Pour nos pères, ça n'engage qu'eux. Je ne suis pas un gamin pour qu'on me choisisse une femme. Mon père a fait son choix et moi j'ai fait le mien. C'est toi que je veux et c'est tout. Il essaie de nouveau de m'embrasser. Je le repousse encore. Il soupire.

- Tu ne vas pas recommencer, Angie.

- Je ne peux vraiment pas faire un tel coup à mon enfant. Donne-lui une chance s'il te plaît !

- Mais diantre, tu veux réellement que ta fille épouse un homme qui ne l'aime pas ? Te rends-tu compte que tu veux la jeter dans un mariage sans amour ? Tu veux qu'elle vive la même chose que tu as vécu avec son père ? - Tu n'es pas comme lui. Jamais tu ne lui ferais ce que Jérôme m'a fait. Et puis ce n'est en rien pareil. Collins, comprends-moi, j'ai peur de perdre de nouveau ma fille alors que je viens à peine de la retrouver.

- Donc pour cela je dois sacrifier mon bonheur ? Tu es en train d'agir comme mon père à vouloir nous caser. Bref, j'en ai plus que marre de cette histoire. Tu diras à Priscille que je n'ai pas l'intention de revenir sur ma décision donc qu'elle s'y fasse. Quant à toi, tu me feras signe quand tu te sentiras prête à être avec moi. Je me casse. Je le regarde s'en aller sans avoir la force de le retenir. Pourtant j'en ai envie. Je veux passer ce week-end avec lui, loin de tout. Malgré moi, je retourne à l'intérieur. Je me rends à la fenêtre et je le regarde monter dans sa voiture et s'en aller. Si seulement tout pouvait être simple.

***JÉRÔME

-« Vous devez donc revenir de toute urgence si vous voulez les convaincre de vous donner un détail supplémentaire. Si vous ratez cette occasion, je ne pense pas que vous en aurez. La prochaine fois que vous vous tiendrez devant le Juge, ce sera pour subir la sentence qu'il vous aura réservé. »

- Ok, je prendrai le vol de ce soir. On se voit demain au tribunal.

Je raccroche tout furieux. Tout mon plan tombe à l'eau. J'avais pourtant tout bien ficelé. Le mariage de Priscille avec Collins devait me sortir de ce gros pétrin dans lequel je suis depuis six mois. Deux millions d'euros. Où vais-je trouver cette importante somme maintenant ? J'avais déjà une année pour les rembourser en totalité mais je n'y suis pas parvenu. Il y a eu une succession de merdes dans ma vie, ces deux dernières années, qui m'a mis dans de très gros problèmes. J'ai dû arnaquer quatre millions d'euros à une entreprise pour gérer mes business à moi et à mon tour j'ai été arnaqué. Tous mes projets ont foiré. Ensuite la police m'a retrouvé de la cachette où je m'étais réfugié. J'ai fait trois mois en tôle, le temps de convaincre ma victime de me laisser une année entière pour lui restituer tout son argent. Chose qu'il a accepté avec les supplications de mon avocat. C'est ainsi que j'ai rencontré Patrick à qui j'ai raconté une histoire à dormir debout. Il m'a prêté deux millions que j'ai versé à ma victime. C'est alors que nous avons parlé d'unir nos deux enfants. Il a vu en ma fille la femme qu'il fallait à son fils pour le stabiliser dans sa carrière et moi j'ai vu en son fils ma prochaine fortune. Mais ça, il ne le sait pas. Si ma fille épouse Collins, avec son nom je pourrai me faire de la tune. Je m'y connais dans le show business. J'ai un carnet d'adresses bien rempli.

Je leur en ferais profiter en même temps que je me remplirais les poches. Et si ce mariage a lieu, il est clair que je ne rembourserais plus mon cher ami d'enfance avec qui j'ai fait presque toutes mes années universitaires. Mais en plus, ce sera lui qui remboursera les deux autres millions restants. Là, les douze mois que j'avais demandé sont passés sans que je ne rembourse en totalité la somme. J'ai demandé à ce que mon avocat fasse encore un plaidoyer pour qu'on me laisse encore six mois pour verser le reste de l'argent. Mais je dois être présent pour montrer ma bonne foi et convaincre moi-même ma victime. Je sais comment m'y prendre. J'espère juste qu'il m'accordera ce dernier délai. Je renfrogne ma mine en pénétrant le bureau de Patrick. Je dois mettre les points sur les i avec lui. Cet homme veut foutre en l'air mes projets.

Il doit impérativement faire entendre raison à son fils ou je suis très bon pour la tôle. Personne n'est prêt à me prêter cette énorme somme que je dois verser. Je ne peux m'aventurer dans aucune banque car je suis également mis au rouge. Je suis aussi recherché de ce côté. Au fait, je suis dans la merde jusqu'au cou et c'est la raison de mon déménagement à Paris. J'ai foutu le bordel un peu partout dans les autres villes. Donc Collins demeure jusque-là mon dernier espoir de reprendre une vie normale. D'ailleurs, cet Imbécile veut jouer sur mon terrain. Je suis prêt à mettre ma main à couper que c'est pour Angela qu'il a renoncé au mariage avec Priscille. Cette femme me reviendra. Mais ça c'est encore un tout autre combat. Une chose à la fois. Patrick raccroche son portable quelques secondes après mon entrée dans son bureau.

- Quoi de neuf mon frère ? me demande-t-il. Prends place. Je m'installe dans le siège en face.

- C'est quoi cette histoire de mariage annulé ? Priscille en est malade depuis hier.

- Je ne comprends vraiment plus mon fils. Il prend des décisions sur des coups de tête. Je n'étais pas informé qu'il voulait rompre. Ça m'est tombé dessus.

- Et je peux savoir la raison qui l'a poussé à prendre une telle décision ?

- Il... serait amoureux d'une autre femme, m'annonce-t-il avec grande gêne. Mais ne t'inquiète pas, je lui ferais entendre raison. C'est sûrement une de ces filles à la recherche de visibilité qui lui tourne la tête. Tout rentrera dans l'ordre. Je ne veux aucune autre femme pour lui si ce n'est Priscille.

- Je l'espère bien. Ce mariage nous sera à tous les deux bénéfique. Assure-toi donc que ton fils fasse ce qu'il faut. Nos deux familles ensemble feront de grandes choses dans ce pays.

- J'en suis conscient. Moi vivant, il n'épousera aucune autre femme.

- Très bien. Maintenant excuse-moi, je dois rentrer me préparer pour un voyage d'affaires.

- Pour combien de temps en as-tu ? Nous devons préparer le mariage très rapidement.

- Je reviendrai très vite. J'en ferai l'effort.

Je lui serre la main et sors de son bureau. Je dois vite revenir pour avoir l'œil sur cette histoire. Je ne fais pas confiance à cet homme qui m'a l'air faible devant son fils. Il n'a aucune autorité. Ce sera donc à moi de faire en sorte que les choses se passent comme prévu. Cette star ne va pas en plus de gâcher mes plans, me piquer ma femme. Rien que d'y penser, j'ai envie d'aller le retrouver et lui péter la gueule. Il faut que je me maitrise pour éviter de tout foutre en l'air. Je me chargerais de les séparer comme il se doit. Je m'arrangerais à ce qu'ils se détestent et que plus rien ne puisse les pousser à se remettre ensemble.

            
            

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