Je ris.
- C'est fait !
Je désigne la serviette blanche qui m'entoure. Elle ferme longuement les yeux pour les réouvrir sur un sourire épuisé.
- Excusez-moi je n'suis pas encore bien réveillée.
- Aucun problème.
Je m'en veut tout de même beaucoup de l'avoir réveillé alors qu'elle se reposait enfin mais c'est l'habitude de me lever de bonheur qui m'a tiré du lit.
- Du bleu ferait ressortir vos yeux.
Elle farfouille dans le dressing les sourcils froncés.
- Tenez ! Celle-ci semble parfaite ! Quand vous l'aurez enfilé je ferai votre coiffure.
Je hoche la tête en la remerciant et m'eclipse pour aller enfiler la robe qu'elle me tend.
* * *
- Et voilà ! Vous êtes prête !
Déclare Maélysse en finissant d'ajuster la pince dans mes cheveux. La fine soie bleu retombe souplement sur mes hanches me cintrant à la perfection. Le corset du même bleu, est mit en valeur avec de jolis motifs de dentelles s'entendant jusqu'à mes poignets. En contre partie ma poitrine, elle, est bien moins couverte, un décoleté plongeant laissant bientôt vu à mon nombril. Moi qui n'avait pas vraiment conscience de ces espèces de ballons j'ai à present une bien belle vu sur la chose en elle même. Un peu trop probablement, disons que c'est plutôt proche de l'inconvenance, cela dit je n'aurait changer pour rien au monde. Tout d'abord parce que Maélysse serait sûrment déssus et car je ne pense rien devoir à qui que ça soit ici, j'ai enfin tout ce que je souhaite à ma disposition, loin de moi l'idée de m'en priver.
- Merci beaucoup, vous devriez retourner vous coucher, vous avez besoin de repos.
Elle rit.
- Peut être un peu en effet. Bonne journée mademoiselle. À oui au passage, Monsieur Will dort encore.
J'hoche la tête. Bien sûr qu'il dort et je compte bien en profiter. L'horloge accrochée au mur indique six heure. Parfait.
Je retire mes talons -ayant passé les quinze dernières années pieds nus j'ai bien du mal à comprendre le but de ces choses torsionnaires- et me dirige en silence vers les appartements de Will. Arrivée devant la porte je prie pour que celle-ci ne grince pas. Par chance elle glisse sur ses gonds sans rechigner. Evidemment je me suis réjouie trop tôt, le parquet émet un couinement alors que je m'avance à l'interieur, j'enfonce mon visage dans ma main gauche. Catastrophe, fichu planches. Allez savoir par quel miracle mais il semblerait que notre diable dorme encore, du moins aucun mouvement se fait percevoir.
La cuisine est plutôt simple et spacieuse. Mignonne, mais je n'y trouverai rien d'intéressant. J'emprunte un couloir et arrive dans la chambre de Will. Il est étalé sur son lit, le torse dénudé, quelque chose chez lui me plaît. Allez dont savoir quoi. Bref, je devrais me concentrer sur l'essentiel. Je repère le bureau de monsieur et m'y précipite comme une fouine. Des lettres sont empilées sur le bois, les tiroirs gravés ne semblent pas fermés et, surplombant le tout, une étagère contenant des livres se dresse.
Je souris et me remonte les manches intérieurement.
* * *
Après avoir farfouillé durant une demi heure il ne me reste qu'un tiroir et je n'ai pas trouvé ce que je cherche. Je retiens un grognement et ouvre le tiroir. Une pile de feuilles parfaitement blanches et des enveloppe tout aussi immaculées m'accueillent. Je m'apprête donc à le refermer avec déception quant j'aperçoit une petite boîte. Je souris, intéressant, la récupère et l'ouvre. Enfin j'essaie, evidemment, elle est cadenassée et je n'ai pas la clé.
- Ari ?
Malheur.
Paniquée je regarde vite fait autour de moi. Aucune issue. Mais bien sûr une idée de génie - catastrophique- me parvient. Je glisse la boîte dans mon décolleté et fait face à Will avec mon plus beau sourire.
- Et oui ! Bien dormi ?
Il arque un sourcil et je ris.
- Qu'est c'que tu fais là ?
Vite un mensonge !
- Eh bien je voulais faire ton petit déjeuné !
Pire on fait pas j'vous jure !
- Dans mon bureau ?
Oh non ! Vite un autre !
- Hum, je cherchais la cuisine.
- Tu cherchais la cuisine... C'est la première pièce de l'appartement, on peut pas la louper.
Misère.
- J'ai dis la cuisine ? J'voulais dire les toilettes. Il faut que j'aille aux toilettes.
Je bafouille ridiculement et parle à une vitesse bien trop élevée. Il se lève et se rapproche, me regardant de haut.
- Seconde porte à droite.
Il me désigne la sortie de la tête.
- Dépêches-toi mon lit est proche et cette robe te vas beaucoup trop bien pour que tu ne le visite pas si tu reste là.
Je ne me le suis pas fait dire deux fois.
* * *
Quand j'entre dans la cuisine Will est en jogging et prépare le petit déjeuné.
- Tu as trouvé ?
Je lève intérieurement les yeux au ciel, je n'avait aucun besoin d'aller aux toilettes.
- Oui merci. Tu fais mon travail ?
Il s'arrete, toujours de dos et soupir avant de me faire face.
- Ari.
Je grogne et "mmmh" les yeux toujours fixé sur mes pieds. J'ai profité de ma visite aux toilettes pour remettre les talons.
Avant même que je m'en rende compte ses pieds arrivent dans mon champs de vision. Je recule et, oh misère, trébuche pitoyablement retenu de justesse par Will. Fichues chaussures. Me joues me brulent et j'ai l'impression de me consumer de honte.
Will rit.
- Je suis approximativement sûre que tu n'as jamais porté ces trucs.
Je mumure, le regard toujours desesperement accroché au sol.
- En effet. Tu es rouge pivoine.
Sans blague ? Alors la, quelle surprise !
- Bref ce petit dejeuner on s'y met ?
Je demande avec l'espoir d'écourter ce moment de gène intense
- Ari ?
- Oui ?
- Regardes-moi.
Je vous avoue que ça ne me disait trop rien, à vrai dire j'aurais volontier pris la fuite, au lieu de quoi j'obéis en enfant sage que je suis. Le gout du regret, vous connaissez ? Disons que ma bouche en est pleine, mes yeux sont perdus dans les siens, il me regarde d'une manière bien trop intense. Finalememt changer de robe n'aurait peut être pas été une mauvaise idée vu la sensation de nudité que je me colle actuellement.
- On sait tout les deux que tu n'es pas venu pour le petit dejeuner.
Manquait plus que ça ! Je mords ma lèvre inferieur, le contredire ne servirait à rien.
- Donnes.
Avec une moue de deception évidente je recupère la boite et la lui tend. Il me semble percevoir un sourire se dessiner sur ses lèvres lorsque je passe ma main dans mon decolleté.
- Finalement je crois que je me serait fait un plaisir à aller le récupérer moi même.
Je grogne avant de répliquer:
- Je n'ai encore écrasé aucun pied avec ces talons mais ça ne saurait tarder.
Il sourit en sortant une minuscule clef de sa poche. J'ouvre la bouche pour dire quelque chose mais la referme vite de peur qu'il change d'avis. La curiosité l'emporte et je palpite à l'idée de découvrir le contenu du petit coffre. Will soulève le petit couvercle et en sort un magnifique collier. Il l'observe, le visage denué de toute expression.
- Tournes-toi.
Je l'enverrai bien balader vu le tont de son ordre mais ma petite voix interieur me recommande d'obeir sans rechigner pour une fois.
Le metal froid glisse contre ma peau me faisant frissoner, ses doigts m'effleurent delicatement et malgré leur chaleur je frissonne d'avantage. J'humidifie mes lèvres et dégluti en ignorant son souffle sur ma nuque.
Une fois le fermoir fermé il me fait pivoter, me maintenant par les hanches. Je parviens par je ne sais quel miracle à ne pas finir sur le plancher et plante mon regard sur le collier. C'est une simple et magnifique pierre transparente qui retombe joliment sur ma peau. Mes yeux sondent Will, un sourire mi-satisfait mi-triste occupe sont visage. Au bout de quelques secondes il remarque mon regard et retrouve son sourire en coin.
- Alors ce petit dejeuner on se le fait ?