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Sa Luna malgré moi
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Chapitre 5 05

– ADRIEN – Le réveil se met à sonner, à mon plus grand désespoir. Parce que toute la nuit je n'ai pas arrêté de rêver de ses yeux bleus comme le ciel.

De ses yeux d'un bleu brillant, étincelant.

De ses longs cheveux bruns et bouclés qui caressent sa peau blanche comme l'ivoire.

De sa voix mélodieuse qui revêt un magnifique accent français.

Hestia...Elle s'appelle Hestia. Comme la déesse de la mythologie grecque. Et elle porte magnifiquement bien son prénom. Elle a été une vraie apparition. Au milieu des danseurs. Alors que ça faisait déjà une bonne dizaine de minutes que j'avais senti son odeur addictive de rose et de nature séchée par l'automne.

Et quand mes yeux ont croisé les siens, mon cœur a bondi en moi. Littéralement.

Je suis tombé amoureux d'elle dès le premier regard. Comme tous les couples d'âme-sœurs. Et je sais qu'en continuant à la fréquenter, je deviendrai complètement fou d'elle.

Je passe mes mains sur mon visage, me résignant enfin à me lever.

« Je suis désolée »

« Je ne peux pas être avec toi, ce n'est pas... possible. »

Ses mots, son éloignement m'ont brisé le cœur.

Mais... quelque chose a fait, qu'aujourd'hui, je me lève avec le sourire. Et avec la détermination de la retrouver, coûte que coûte.

Ses yeux bleu azur.

Qui traduisaient parfaitement sa douleur d'instaurer des barrières insurmontables entre nous. Et c'est cette douleur qui fait que je suis prêt à tout pour la faire m'accepter dans sa vie. Je sais que j'en suis capable, malgré ce qui la pousse à cette frayeur que j'ai bien perçue dans son bleu cristallin.

Tout simplement parce que sa nature de louve la pousse à ce que je sois sa faiblesse. Comme elle est la mienne depuis toujours. Parce que je l'ai toujours aimée, avant même de la rencontrer. Je l'ai charmée, et je l'ai bien vu avec le rougissement de ses pommettes. Et je souhaite le faire encore et encore, pour savourer sa gêne qui la rend encore plus belle.

« On a cours de... »C'est la phrase qu'a commencée son amie, avant de se stopper en m'apercevant dans la boîte de nuit. Et justement parce que nous nous y trouvions tous les trois, je sais qu'elle est majeure.

Ce qui signifie que je peux annuler toutes mes visites dans les nombreux lycées de la ville. - L'Alpha est enfin réveillé ! s'exclame ironiquement Kyle en entrant dans ma chambre sans toquer.

Je ne peux m'empêcher de sourire face à son bonheur que j'aperçois bien. Mais au fond, je sais que cette gaieté cache quelque chose de bien plus profond ; son envie. Alors je mets les points sur les i, en me redressant et en me dirigeant vers lui, alors que je suis simplement vêtu d'un jogging :

- Kyle, je suis certain que tu la trouveras toi aussi bientôt. Je le sens.

- Moi aussi. Et ce tout simplement parce que je l'ai sentie hier. Dans la boîte.

Je fronce les sourcils.

- Il y a une liste avec le nom des personnes présentes ?

Il hoche négativement la tête en accompagnant son geste d'un soupir. Mais il m'indique qu'il partira à sa recherche dans tout l'état quand j'aurai retrouvé ma Luna.

- Comme tu me l'as demandé, je t'ai enlevé tous les établissements où elle ne pourrait pas se trouver. Il nous reste seulement les universités : l'Université du Tennessee, Johnson University, Pellissippi State Community College et South College... Est-ce que tu veux que je les prévienne qu'on va les voir ce matin ?

Je garde le silence pendant quelques secondes avant de secouer la tête négativement.

- Préviens seulement chaque directeur, en leur disant bien de ne pas dire aux étudiants que j'arrive plus tôt. J'ai peur qu'elle parte en sachant que je viens. Parce qu'à tout moment, elle peut faire le rapprochement et découvrir que je suis l'Alpha Suprême.

- Elle ne le sait pas ?

- Je ne le lui ai pas dit, non. Mais peut-être qu'elle s'en doute déjà. Et même si je sais que je ne la laisse pas indifférente, je veux être sûr de pouvoir lui parler.

Mon Bêta hoche la tête, et je me prépare pour partir. Nous allons commencer par celle dans laquelle il y a le plus d'étudiants, c'est-à-dire l'Université du Tennessee, qui en regroupe plusieurs milliers.

Une heure après m'être levé, je claque la porte de ma Bugatti, et mon Bêta s'assoit sur le siège passager. Puis je démarre, et sors du Tennessean Personal Luxury Hotel, direction l'Université.

Dans laquelle j'espère te retrouver, ma Luna...

Mon Hestia.

***

– HESTIA –

Mon regard reste porté sur la professeure en bas de l'amphithéâtre, alors que tout en moi voudrait que je parte dans mes songes.

Qui me dirigeront vers lui. Je ferme les yeux pour m'obliger à me reconcentrer. Mais je n'y parviens pas, et trois minutes après, mon criterium glisse sur la feuille d'imprimante posée sur ma table, traçant des courbes distinctes pendant un bon moment. Je laisse ma main aller là où elle va, relevant rarement le crayon. Mes doigts embrassent le mouvement du stylet, permettant alors l'assouplissement des traits de carbone, les rendant plus ou moins prononcés.

Et au bout d'une dizaine de minutes, je finis par reposer le criterium, et ma raison semble enfin me revenir quand je prends du recul sur le dessin que j'ai fait.

Sur le loup que j'ai dessiné. Sans même m'en rendre compte. Mes yeux restent écarquillés quand je tombe sur ce loup, dressé sur un rocher, le museau en l'air, hurlant à la lune avec une force à en couper le souffle.

J'ai toujours su dessiner. Mais jamais jusqu'à parvenir à transmettre autant d'émotions à travers un croquis. Jamais autant de douleur, jamais autant de fureur, jamais autant d'adrénaline. J'ai l'impression qu'il vit vraiment, qu'il bouge sur le papier blanc. Mais il est pourtant bien immobile et je le sais parfaitement. C'est un dessin après tout.

Je fronce les sourcils. Mes yeux restent fixés sur la feuille.

- Hestia, murmure Lina à mes côtés.

Je m'accorde alors un retrait en tournant mon regard vers elle.

- Il est magnifique... Tu dessines tellement bien...

Je rougis face au compliment, souriante.

- Je ne sais pas... J'ai laissé mon envie de dessiner me guider et ça a donné ça.

- Ça fait longtemps que tu as arrêté de dessiner... Je n'ai vu que deux ou trois de tes esquisses.

Je me mords la lèvre inférieure, mes yeux à nouveau posés sur ma création.

C'est vrai que le dessin me manque. Mais peut-être que c'est mieux de m'arrêter là.

Parce que ça ne me rappelle que des mauvais souvenirs.

Le dessin était mon seul moyen de m'échapper de là-bas, du moins mentalement. Représenter ce qui m'habitait me permettait d'extérioriser toute ma rage, toute ma tristesse.

Dessiner me permettait de souffler, de m'aérer en illustrant mes émotions, à travers différentes allégories. Et avec celles-ci, j'avais l'impression d'avoir une charge moins lourde sur mes épaules. En échange d'être obligée de les garder gravées dans mon esprit pour ne jamais oublier comment je vivais depuis ma naissance jusqu'à ma fuite.

Le dessin était un véritable cercle vicieux.

Plus je dessinais, plus je me sentais bien, mais plus ma chute était violente et me poussait à dessiner encore plus.

Me faisant plonger dans une boucle infernale.

Je lâche un soupir en sortant violemment de mes pensées néfastes quand Lina pose ses doigts sur mon bras.

- Hestia, ça vient de sonner. Le cours est fini. Je te laisse prendre tes affaires pendant que je vais chercher la voiture ? On rentre à la maison, on fait rapidement ta valise et direction l'aéroport ?

Je hoche la tête et elle s'éclipse avec tous les autres étudiants, me laissant seule dans l'amphithéâtre.

Enfin presque seule. - Hestia.

Alors que je me passais les mains sur le visage, mentalement épuisée par ce lien qui me donne l'impression de pourrir, je me stoppe violemment.

Putain, c'est pas vrai. - Dylan... Qu'est-ce que tu veux ?

Sans attendre sa réponse, je me lève et rassemble mes affaires, alors que je le sais proche de moi. Mais je décide de l'ignorer et continue mes gestes. Cependant, avant d'avoir eu le temps de sortir de la pièce, il me barre le passage avec sa carrure avantageuse.

Je le foudroie du regard en lui demandant de me laisser passer, mais il croise ses bras sur son torse.

- Allez chérie ! Ça fait longtemps maintenant qu'on se connaît !

Puis il s'approche de mon visage alors que je me renfrogne sur moi-même.

- Et tu sais que tu ne m'as jamais laissé indifférent.

- Et toi tu sais que ma réponse n'a jamais changé, et qu'elle ne changera jamais.

Contre toute-attente il pose sa main sur ma joue.

- Je suis tout ce que les femmes recherchent et tu le sais, mon amour : un Alpha plus que puissant, plus que beau, plus que bon au lit (je lève les yeux face à cette qualification), plus que tout quoi. Alors pourquoi ne succombes-tu tout simplement pas ?...

Il comptait m'embrasser, mais c'était sans compter ma réponse qui sort d'entre mes lèvres une fraction de seconde après qu'il ait parlé, comme par réflexe :

- Tout simplement parce que tu me dégoûtes.

Il s'immobilise, stupéfait de ma réponse. En général je réponds ironiquement, ou alors je tente de le gifler. Mais là, je me contente juste de lui confier le fond de mes pensées.

Et comme sa réaction me satisfait, je rajoute encore une couche :

- Et si je devais te qualifier, je dirais que tu es un Alpha orgueilleux, prétentieux, sexiste, violent, forceur, qui se croit supérieur à tout le monde avec son rang avantageux, qui enchaîne plan cul sur plan cul, et qui dit ensuite qu'il m'aime alors que je sais très bien qu'il n'est intéressé que par mon physique et ma réputation d'« inaccessible », de « cœur de glace » ou encore d'« indifférente » .

Je profite du moment qu'il prend pour assimiler mes paroles, pour rapprocher mon visage du sien et souffler :

- Pour toi, je ne suis que l'objectif que personne n'a réussi à atteindre et que tu veux juste décrocher pour t'élever au-dessus de tout le monde. Ose dire que j'ai tort, petit loup.

Ses yeux virent au rouge, signe que le loup dominant en lui prend le contrôle, mais je ne lui en laisse pas le temps et lève mon genou jusqu'à atteindre le bon endroit. Alors je profite de sa douleur pour m'échapper de la salle en lâchant froidement :

- Ne m'approche plus, j'en ai ma claque.

Et je ferme les yeux pour recouvrer mon air calme qui fait de moi une gagnante. C'est ainsi que je me protège.

L'impassibilité est la clef qui permet d'unir toutes les forces.

C'est devenu mon tout, mon hymne afin de ne rien montrer de la Vérité.

Ni le fait que je suis une louve.

Ni le fait que je suis une Alpha.

Ni le fait que je suis une « demi-déesse ».

Je me dirige vers mon casier, dont je m'empare du contenu complet et le fourre dans mon sac à dos, en quelques secondes, parce que je sais que Dylan peut être en train de me pourchasser. Lina a pris l'autre partie de mes affaires avec elle.

Alors que les couloirs sont désormais vides, puisque tous les élèves sont tous partis déjeuner, je dévale rapidement les escaliers, direction la sortie de l'université.

Mais alors que je tourne rapidement pour continuer ma descente, je manque de me heurter violemment à quelqu'un. Heureusement, mes réflexes m'ont permis de m'arrêter subitement avant de le percuter. Faisant que mon corps se retrouve presque collé au sien.

Je relève alors rapidement le regard pour m'excuser, mais je me stoppe dans mon élan de parole.

Quand je reconnais les yeux vert émeraude qui me scrutent avec une passion non dissimulée.

Faisant exploser mon cœur fragilisé en une multitude d'étincelles.

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