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Prophétie: Le destin d'une louve.
img img Prophétie: Le destin d'une louve. img Chapitre 4 Le Banquet de l'Horreur
4 Chapitres
Chapitre 6 L'étreinte du destin p2 img
Chapitre 7 le Ragnarok img
Chapitre 8 Femelles et Coupables img
Chapitre 9 Sous le Joug du Roi-Loup img
Chapitre 10 Les chaînes du désir img
Chapitre 11 L'alpha enchaîné img
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Chapitre 4 Le Banquet de l'Horreur

La chaleur de la pièce est suffocante. Les rires gras et les chuchotements lubriques emplissent l'air, se mêlant aux tintements des verres de vin renversés sur le sol de pierre. L'odeur de la viande grillée et de la sueur masculine me soulève le cœur.

Les torches murales projettent des ombres mouvantes sur les murs, donnant aux silhouettes des membres de la meute un aspect encore plus bestial. Je me tiens droite, le corps tendu, entourée de Leyna et Elya. Mon regard fixe le vide devant moi, refusant d'accorder un seul regard aux monstres qui nous entourent.

Escanor s'avance et, d'un sourire mauvais, tape sur son verre de métal.

- « Messieurs, nous avons ici de beaux morceaux. Trois petites créatures que nous avons soigneusement préparées pour notre divertissement. Profitez-en, elles sont toutes fraîches. »

Les rires s'intensifient. Des voix montent.

- « Qui veut commencer ? »

- « La petite blonde a l'air tendre, elle doit être vierge. »

- « J'ai hâte de voir comment elle crie. »

Elya, à mes côtés, tremble de tous ses membres. Elle secoue la tête, les larmes roulant sur ses joues.

- « Non... non... pitié... » murmure-t-elle dans un souffle brisé.

Je serre les dents, le poing crispé. Mon instinct hurle de la défendre, de m'interposer. Mais je ne peux rien. Pas encore.

Escanor s'approche d'elle, un sourire carnassier aux lèvres. Il l'attrape par les cheveux et la traîne sans ménagement jusqu'à la table centrale. Ses hurlements sont déchirants, résonnant entre les murs de pierre. Elle supplie, elle se débat, mais il n'a que du mépris pour ses cris.

- « Attachez-la. On ne voudrait pas qu'elle se blesse en gigotant. »

Des rires fusent. Ils lui saisissent les poignets et les chevilles, les entravant avec des cordes épaisses.

- « Regarde-moi ça. Une vraie petite poupée. Vous allez voir, elle sera bien plus docile après. »

Il l'empoigne par la gorge, la force à le regarder dans les yeux tandis qu'il glisse une main sur son corps tremblant.

- « Allez, sois sage, ça passera plus facilement. »

Elle secoue la tête frénétiquement, les larmes inondant son visage. Son regard croise le mien, un regard désespéré, brisé.

Elle appelle à l'aide, sa voix étranglée par la terreur, mais je suis impuissante. Je suis là, contrainte d'assister à l'horreur, incapable de bouger, incapable de la sauver.

Les monstres autour d'elle ricanent, se rapprochent, l'encerclent comme des prédateurs autour d'une proie sans défense. Ils la saisissent, l'immobilisent brutalement.

Non.

L'un d'eux pose une main sur elle, puis l'autre. Elle hurle, se débat de toutes ses forces, mais ils sont trop nombreux. Son cri se brise en un sanglot lorsqu'on l'étouffe, réduisant ses supplications au silence.

Je veux détourner les yeux, mais je ne peux pas. Je suis figée, chaque nerf de mon corps tendu à l'extrême. Mon cœur cogne si fort que j'ai l'impression qu'il va exploser.

Escanor l'attire vers lui, son rictus cruel imprimé dans mon esprit comme une marque au fer rouge.

Elle lutte encore. Elle ne veut pas céder. Mais c'est inutile.

Un hurlement déchire la nuit. Un hurlement de douleur, de peur, d'humiliation.

Puis plus rien. Son corps s'effondre, inerte.

Le silence est pire que tout.

Un vide glacial s'installe en moi.

Non. Non. NON.

Mon sang bout. Mes os vibrent sous la pression d'une rage absolue. Skadi gronde en moi, hurlant à la vengeance.

Je ne peux plus me contenir.

C'est trop.

Un tremblement incontrôlable me parcourt, une vague de fureur pure qui s'enroule autour de mes entrailles.

Et soudain, tout bascule.

Je hurle.

- « Arrêtez ça ! »

Ma voix résonne dans la pièce.

Le silence s'abat un instant. Puis des rires éclatent de plus belle.

Escanor tourne la tête vers moi, un sourire mauvais sur les lèvres.

- « Quelle arrogance... »

Il claque des doigts, et un frisson glacé me parcourt l'échine. Eros s'avance vers moi, son regard luisant de plaisir sadique.

- « Puisque tu es si bavarde... Voyons voir ce que ta bouche peut faire. »

Il me saisit par les cheveux, me forçant à lever le visage vers lui. Je crache à ses pieds.

- « Va te faire foutre. »

Un éclair de colère traverse ses yeux avant qu'un rictus ne déforme son visage. Il m'attire brutalement contre lui.

- « Puisque tu as une grande gueule, on va voir si elle peut servir à autre chose. »

Il me plaque au sol, me maintenant d'une main puissante. L'autre s'affaire déjà à défaire sa ceinture.

- « Je vais t'apprendre à la fermer. »

Il me force la tête en arrière.

- « Ouvre. »

Je secoue la tête frénétiquement.

Un coup brutal s'abat sur ma joue.

- « Ouvre, salope ! »

Ma tête tourne sous l'impact. Puis, il force.

Puis, tout s'efface.

Un rugissement primal explose en moi.

Skadi prend le contrôle.

Ma peau éclate en une pluie de fourrure, mes os s'allongent, mes muscles explosent dans une vague de puissance incontrôlable.

Je ne suis plus Freya.

Je suis une louve massive, une bête de deux mètres au pelage incandescent, traversé de reflets violets comme un ciel d'orage.

Les membres de la meute hurlent. Certains reculent, d'autres restent figés.

Eros, lui, n'a pas le temps de comprendre.

Mes crocs s'enfoncent dans sa gorge et je déchire.

Le sang jaillit en une giclée chaude, poisseuse. Il s'effondre, le regard vide, le cou béant.

La bête en moi rugit de satisfaction.

Mais ce n'est pas fini.

Je bondis sur eux, fendant chair et os, éclaboussant la pièce de sang et de viscères. Ils tombent les uns après les autres, trop lents, trop faibles.

Je ne suis plus une victime, je suis la chasseuse.

Je quitte la maison de la meute en courant, les pattes martelant le sol. Mon souffle est rauque, mon cœur bat à tout rompre. Je fonce vers la forêt, cherchant une issue, un refuge dans l'ombre des arbres.

Puis, une sensation étrange me paralyse un instant. Une aura écrasante m'envahit.

Je me retourne.

Et je le vois.

Un loup.

Un monstre.

Dix mètres de haut, une fourrure sombre, des yeux perçants.

Je veux fuir, mais je ne peux pas. Je suis figée, fascinée.

Ma louve, en moi, murmure d'une voix tremblante.

- « Partenaire. »

Mon cœur cogne.

- « Impossible... »

Il s'approche, et avec lui, une force irrépressible m'attire à lui.

Je ne comprends pas ce qui m'arrive.

Puis, sous mes yeux écarquillés, il commence à changer.

Sa silhouette immense se réduit progressivement. La bête laisse place à un homme.

Brun, imposant, magnifique.

Ses cheveux tombent sur ses épaules, son torse large se soulève avec calme. Il ne semble pas surpris.

Puis, il pose son regard sur moi.

Et, avec une évidence absolue, il murmure :

- « Partenaire. »

Son regard perçant transperce mon âme, mais je n'éprouve aucune peur. Skadi, dans ma tête, danse de joie, exaltée par sa présence.

Puis, un rugissement bestial retentit derrière moi. Escanor.

Il surgit de la maison de la meute, son corps massif se métamorphosant en un lion immense. Ses muscles puissants se tendent, ses griffes labourent la terre alors qu'il bondit vers moi avec une férocité démentielle.

Mais il n'a pas le temps d'atteindre sa cible.

D'un mouvement fulgurant, l'homme de deux mètres attrape Escanor par la gorge en plein vol, le soulève comme un fétu de paille et, sans la moindre hésitation, lui arrache la tête d'un coup sec. Il la jette au loin avec un mépris absolu.

Je reste stupéfaite. L'horreur de la scène se superpose à une étrange fascination. Je devrais être terrifiée... mais je ne le suis pas. Skadi hurle de joie en moi.

Toutes mes émotions se bousculent, mais une pensée me ramène brutalement à la réalité : Elya.

Sans un mot, je cours vers la maison de la meute, le cœur battant. Lorsque j'entre dans la pièce principale, je la vois toujours allongée sur la table, inconsciente. Leyna est penchée sur elle, s'affairant à la détacher et à la rincer doucement avec un seau d'eau.

Je m'approche, la gorge serrée. Leyna n'a pas été épargnée. Sa robe est en lambeaux, des bleus violacent son visage. Mon estomac se tord.

Des larmes coulent sur mes joues.

- « Je suis désolée... »

Ma voix est brisée. J'aurais dû les sauver plus tôt.

Leyna me regarde un instant, puis hoche la tête en silence. L'homme mystérieux entre à son tour et s'approche de la table. Il soulève Elya sans effort. Leyna s'interpose instinctivement, les poings serrés.

- « C'est bon, laisse-le. »

Leyna hésite, puis se recule. Je le suis alors qu'il monte l'escalier et dépose doucement Elya sur un lit dans l'une des chambres. Il ressort sans un mot. Je reste là, regardant son corps fragile. Avec Leyna, nous nous activons à la nettoyer, retirant ses vêtements maculés de sang. Nous trouvons un sweat et un pantalon de survêtement dans l'armoire et la rhabillons avec précaution. Elle semble toujours aussi fragile, mais apaisée dans son sommeil.

Puis vient la question qui me brûle les lèvres.

- « Qui est-il ? »

Leyna secoue la tête.

- « Je ne sais pas. »

Moi non plus.

Je sors dans le couloir, cherchant à le retrouver. Une part de moi est intriguée, une autre méfiante. Je descends et le vois dans le jardin, occupé à tirer les cadavres. Il les empile, vérifiant ceux qui bougent encore. Lorsqu'un des corps laisse échapper un râle, il l'achève d'un geste brutal, arrachant une tête comme on cueille un fruit.

Je m'approche, la gorge nouée.

- "Qu'est-ce que tu fais ?"

Il ne lève même pas les yeux.

- "Je nettoie les preuves."

Je prends une profonde inspiration.

- "Qu'est-ce que tu es ?"

Il s'arrête, tourne enfin son regard vers moi, son expression indéchiffrable. Puis, il répond simplement, sans hésitation.

- "Un dieu."

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