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Prophétie: Le destin d'une louve.
img img Prophétie: Le destin d'une louve. img Chapitre 3 Les Ombres Félines
3 Chapitres
Chapitre 6 L'étreinte du destin p2 img
Chapitre 7 le Ragnarok img
Chapitre 8 Femelles et Coupables img
Chapitre 9 Sous le Joug du Roi-Loup img
Chapitre 10 Les chaînes du désir img
Chapitre 11 L'alpha enchaîné img
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Chapitre 3 Les Ombres Félines

Freya se redresse difficilement, chaque muscle hurlant de douleur.

Eros l'attrape par le bras et la tire violemment vers une autre pièce. L'air humide et chaud sature l'espace, des volutes de vapeur s'élevant du bassin en pierre au centre. Un bain bouillant.

Avant qu'elle ne puisse protester, il la soulève et la balance sans ménagement dans l'eau brûlante.

La brûlure est immédiate.

Ses fesses à vif hurlent sous l'impact de l'eau trop chaude, la douleur se répandant comme une vague de feu.

Elle serre les dents, refusant d'émettre un son, mais son corps tremble sous le choc.

Eros, appuyé contre le chambranle de la porte, rit de bon cœur.

- « Tu devrais être reconnaissante, on prend soin de toi. »

La porte s'ouvre, laissant entrer une femme d'une quarantaine d'années. Ses cheveux noirs sont noués en un chignon serré, son visage est fermé, marqué par des années de servitude.

Elle s'approche du bain sans un mot et commence à frotter Freya vigoureusement, sans ménagement.

Ses mains sont rudes, précises, méthodiques.

Freya serre les dents, supportant l'assaut sans broncher.

Eros siffle doucement, amusé par sa résistance.

- « Rien ne t'échappe, hein, Freya ? »

Son nom sonne comme une moquerie dans sa bouche.

La femme continue son travail, lui lavant chaque centimètre de peau avec une minutie mécanique. Il n'y a aucune tendresse dans ses gestes, seulement de l'efficacité.

Une fois propre, elle attrape un petit pot en verre et en applique le contenu sur ses fesses meurtries.

Un baume froid, à l'odeur médicinale.

La douleur s'apaise légèrement.

Mais tout se passe trop vite.

Freya n'a pas le temps d'absorber la situation qu'elle se sent de nouveau soulevée, jetée sur l'épaule d'Eros comme un simple fardeau.

- « J'aime quand tu ne fais pas d'histoires. »

La rage bout en elle.

Skadi gronde dans son esprit, prête à bondir.

- « Pas encore. » murmure Freya intérieurement.

Eros la transporte jusqu'à une autre pièce et la balance au sol comme un sac de patates.

La pierre froide la ramène brusquement à la réalité.

D'un geste nonchalant, il ouvre une armoire et en sort un tissu fin et transparent.

Il le lui jette au visage.

- « Enfile ça. »

Freya attrape la robe et ses yeux s'écarquillent.

Un voile à peine opaque, si léger qu'il ne cache pratiquement rien.

Ses seins, ses fesses, son intimité... Tout sera visible.

Son estomac se serre.

- « Et... mes sous-vêtements ...? » dis-je dans un souffle.

L'air change instantanément.

Le bruit sec de l'armoire qui se referme me fait tressaillir.

Je relève les yeux.

Eros tourne lentement la tête vers moi.

Son sourire s'élargit.

- « Tu vas pas commencer à me les briser... »

Il avance.

Lentement.

Son ombre s'étire autour de moi comme un loup qui joue avec sa proie.

Je reculerais si je pouvais.

Mais je suis acculée contre le mur.

En un instant, il est sur moi.

Sa main m'attrape violemment la mâchoire.

Il se penche, son souffle chaud contre mon oreille.

- « Si tu continues à l'ouvrir... »

Sa voix tombe, glaciale, implacable.

- « J'enfoncerai bien ma bite dans ta gorge... »

Mon cœur rate un battement.

- « Tellement profondément que tu t'étoufferas. »

L'air quitte mes poumons.

- « Je te défoncerai la gorge... »

Mes membres tremblent.

Il resserre son étreinte sur ma mâchoire.

- « Et tu finiras agonisante... »

Un silence suspendu.

Je retiens mon souffle.

Ne dis rien.

Ne fais rien.

- « ... sous mon jus. »

L'horreur me frappe en pleine poitrine.

Un haut-le-cœur violent me prend.

Je vais vomir.

Je veux vomir.

Je veux disparaître.

Il voit mon malaise.

Et il aime ça.

Son regard brille de satisfaction malsaine.

Il boit ma peur comme du nectar.

Je dois survivre.

Je ravale la bile qui me remonte dans la gorge, le cœur battant à tout rompre.

Et...

Je baisse les yeux.

- « Je suis désolée... »

Un ricanement.

Eros caresse ma joue, presque doucement.

- « Voilà. »

Sa voix est un murmure satisfait.

- « Tu commences à comprendre ta place. »

Il se redresse comme si rien ne s'était passé.

Puis ouvre la porte.

- « Suis-moi. »

---

La pièce est déjà occupée par les deux autres jeunes femmes.

une brune élancée aux longs cheveux ondulés et aux courbes généreuses, porte une robe au décolleté si profond qu'il frôle son nombril.

L'autre, une petite blonde fine et délicate, est vêtue d'un ensemble de porte-jarretelles qui la laisse presque entièrement nue.

Elles ne me regardent pas.

Elles baissent les yeux.

Eros sourit, satisfait.

- « Parfait. »

Il recule et referme la porte derrière lui.

Le bruit du verrou tournant résonne dans la pièce.

Nous sommes enfermées.

Le silence est pesant.

J'essaie de contrôler ma respiration, d'ignorer la sensation du tissu transparent contre ma peau. J'ai l'impression d'être nue.

Les minutes passent.

Eros est parti. Nous sommes seules.

Je tourne les yeux vers les deux filles enfermées avec moi.

La brune est grande, élancée, avec des courbes marquées. Son regard de chat, perçant, est difficile à lire.

L'autre est si frêle.

Petite, blonde, pâle.

Une gamine.

Son visage est encore empreint d'une douceur enfantine.

Elle serre ses bras autour de sa poitrine, comme si elle pouvait se cacher derrière sa propre peau.

Je prends une inspiration et brise enfin le silence.

- « Vous avez une idée de ce qu'ils comptent nous faire ? »

Ma voix semble résonner trop fort dans la pièce close.

La brune me lance un regard rapide, ses prunelles d'un brun profond me toisent un instant... puis elle détourne les yeux.

Elle ne répond pas.

À ma droite, la petite blonde relève timidement la tête.

- « J'ai peur... » murmure-t-elle.

Sa voix tremble.

- « Je veux rentrer chez moi... »

Elle semble sur le point de pleurer.

À sa façon de parler, à la candeur dans ses mots... Je comprends immédiatement.

Elle est jeune.

Beaucoup trop jeune.

Mon estomac se tord.

La brune, jusque-là silencieuse, tourne cette fois un regard calculateur vers la petite.

Elle la jauge.

De haut en bas.

Puis, avec un rictus amer, elle pivote de nouveau vers moi.

- « On va être violées. À quoi tu t'attends... ? »

Le mot claque dans l'air comme une lame froide.

Je me crispe.

Elle hausse un sourcil et désigne la gamine d'un geste du menton.

- « L'autre a l'air vierge. »

Son ton est tranchant, brutal.

- « J'espère que c'est pas ton cas. Parce que je te promets que ça va faire mal. »

Mon cœur cogne.

La petite blonde, Elya, blêmit.

Je sens sa respiration s'accélérer.

La peur irradie de chaque pore de sa peau.

Je tourne un regard furieux vers la brune.

- « Pourquoi tu es aussi antipathique ? On est toutes dans la même merde. »

Elle ne cille même pas.

Son expression reste dure, froide, implacable.

- « Parce que je me prépare. »

Sa voix est un mur de glace.

- « Si tu préfères te voiler la face, vas-y. Moi, j'essaie de survivre.

Son regard accroche le mien.

Pas de haine. Pas de colère. Juste une détermination brutale.

Une bête acculée qui sait ce qui l'attend.

Un poids s'installe dans ma poitrine.

Je comprends.

Elle ne veut pas être cruelle.

Elle veut être prête.

J'inspire longuement.

- « Moi, c'est Freya. »

Elle me scrute un instant, puis ses traits se détendent à peine.

- « Leyna. »

Son ton reste neutre, mais elle me donne son prénom.

C'est déjà un pas.

Nous nous tournons toutes les deux vers la petite blonde.

Elle hésite, se mordille la lèvre.

Puis chuchote d'une voix tremblante :

- « Elya... »

Le silence est de retour, le temps semble s'être arrêté.

Elya est recroquevillée sur elle-même, le regard fixé au sol.

Leyna, elle, observe la porte verrouillée avec un calme inquiétant.

Puis, soudain, elle pivote vers moi et brise le silence.

- « T'es de quelle meute ? »

La question me surprend.

Je fronce légèrement les sourcils.

- « Pourquoi ? »

Elle hausse les épaules, nonchalante.

- « Curiosité. »

Je déteste répondre à cette question.

Mais je n'ai pas d'autre choix que de jouer le jeu.

- « Meute des Griffes Sombres. »

Les mots me laissent un goût amer.

Leyna réagit à peine.

Elle semble prendre note, comme si elle classait l'information dans un coin de sa tête.

Puis, elle finit par dire simplement :

- « Moi, je viens de la Meute des Ombres Félines. »

Les Ombres Félines ?

Je hausse un sourcil.

Un nom pareil... ça évoque des prédateurs furtifs, agiles.

Des félins.

Je plisse légèrement les yeux.

- « Attends... c'est une meute de... Chats-Garous ? »

Leyna ricane doucement.

- « Un problème avec ça ? »

Je l'observe un instant.

Grande. Élancée. Un regard acéré, perçant. Une posture souple, presque trop féline pour être naturelle.

Un instant, l'idée me frappe de plein fouet.

- « Putain... mais ça existe vraiment ? »

Elle croise les bras, amusée.

- « T'as cru que seuls les loups avaient le monopole des transformations ? »

Ma mâchoire se serre.

Évidemment.

J'ai toujours su que j'étais une anomalie.

Trop grande. Trop puissante.

Ma louve n'a rien d'ordinaire.

Sa taille dépasse de loin celle des autres, et sa fourrure...

Personne d'autre n'a jamais eu cette teinte unique.

Une nuance profonde, étrange, presque irisée.

Pas juste rousse.

Avec un reflet surnaturel violet qui m'a toujours isolée.

Et voilà que maintenant, je découvre que même parmi les métamorphes, je ne sais rien.

Leyna me regarde plus intensément.

Puis, lentement, elle plisse les yeux, comme si quelque chose la dérangeait.

Je ressens une tension dans l'air.

- « Quoi ? » demandé-je.

Elle tapote du bout des doigts contre le mur, l'air songeuse.

Puis, finalement, elle lâche doucement :

- « Freya, hein... »

Son regard se plante dans le mien.

- « C'est drôle. Je connaissais quelqu'un qui portait le même prénom. »

Mon souffle se suspend un instant.

- « Et bizarrement... elle était rousse aussi. »

Un frisson me traverse la colonne vertébrale.

Je n'aime pas ça.

- « Mais... »

Elle me fixe un long moment.

Puis, elle secoue légèrement la tête.

- « Tu ne viens pas de ma meute. »

Elle sourit en coin, comme si l'information ne lui plaisait pas vraiment.

Comme si quelque chose clochait.

Et pour la première fois...

J'ai l'impression qu'elle me regarde vraiment.

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