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Chapitre 3 02

J'insérai la clé dans la serrure et pénétrai dans la pièce avec précipitation, voulant m'échapper le plus vite possible. J'aperçu du coin de l'oeil qu'il avait la tête toujours tournée vers moi et un frisson me traversa. Ce n'est qu'avec la porte fermée que je me permis de me détendre. Aussitôt, mille questions envahirent ma tête. Était-il comme moi ? M'avait-il reconnue comme un membre de sa race ? Je me rassurai tant bien que mal, me rappelant que la ville était aux dernières nouvelles sur aucun territoire.

Il n'était probablement qu'un homme intéressé par moi ou, au pire des cas, un loup solitaire de passage comme nous l'étions. Une fois la panique passée, je levai les yeux vers l'intérieur de la pièce et poussait dans un coin lointain de ma mémoire ces hypothèses improbables. C'était une chambre de taille moyenne avec deux lits une place, une grande armoire en bois sombre, une table ronde entourée de trois chaises, une vieille et imposante télévision et un bureau. Je posai les sacs au sol et me dévêtis avant d'aller m'affaler sur un des lits que j'auto-proclamai mien. Je me tortillai sur le matelas, en savourai le confort, et me débarrassai de mes bottes encombrantes. Je fermai les yeux et profitai du calme environnant. Il me semble même assoupie quelques instants tant le silence était agréable. Silence qui fut brisé lorsque mon faux jumeau pénétra dans la pièce. Premièrement, il ouvrit la porte trop fort et elle claqua contre le mur. Second point, il lâcha presque la dernière valise au sol qui fit un bruit monstre.

- Fais moins de bruit ! m'exclamai-je en me redressant sur mes coudes. Tu vas emmer...

La fin de ma phrase se perdit alors qu'Alexis me sautait dessus, en criant comme un guerrier. Je me protégeai le visage de mes bras mais le reste de mon corps se désintégra face à son poids de plume. Je laissai échapper un cri de souffrance.

- Alexis ! m'écriai-je en gigotant dans tous les sens. Tu pèses une tonne, bouge de là !

- Je ne pèses pas une tonne c'est toi qui est aussi musclée qu'un cure-dents !

Je lui tapai l'arrière du crâne et lui assénai un coup de pied dans le mollet. Alexis se poussa sur le côté en gémissant et en faisant semblant de pleurer, sûrement pour m'imiter. Très mauvaise imitation. Je m'assis et croisai mes bras sur ma poitrine en plissant les yeux dans sa direction. Il éclata de rire en voyant ma tête.

- Arrête de te moquer !

Cela le fit glousser encore plus fort. Levant les yeux au ciel, je lui laissai le temps de se calmer, ce qui dura une bonne poignée de minutes. Je remarquai qu'Alexis n'avait pas réagi à l'odeur de l'homme que j'avais croisé. Bien qu'il ne s'était pas transformé depuis deux ans, mon frère jumeau devait tout de même avoir encore l'odorat entraîné pour reconnaitre les odeurs des lycans. Je m'étais simplement montée la tête toute seule

- Alors ? demandai-je, rassurée. Il y a du travail dans le coin ?

- Mais tu peux faire plein d'autres choses ! insistai-je en enfilant mon manteau. Il doit y avoir d'autres emplois ici. Et puis on peut changer de ville pour trouver ailleurs !

- Alice, tu sais bien que l'on n'a pas assez d'argent pour payer un autre hôtel ou même pour rouler jusqu'à retrouver une plus grande ville. Cette ville est notre meilleure option pour rester incognito, on nous l'a certifiée. En plus de ça on va bientôt rendre la voiture !

Je levai les yeux au ciel.

- Je sais bien... Mais de là à faire une formation pour être esthéticien !

Je retins avec beaucoup de mal mon sourire. L'idée de faire ce métier l'ennuyait déjà assez, alors si j'osais le narguer avec ça, j'allais passer un sale quart d'heure. Alexis avait demandé à l'hôtesse le journal de la ville pour regarder les annonces d'emplois. Il lui avait aussi demandé conseil mais la jeune femme était peu renseignée. Elle luit avait tout de même assuré qu'un centre esthétique cherchait une personne et qu'il pouvait même se faire former là-bas si besoin. L'autre proposition, qui était d'être vendeuse dans un magasin de lingerie féminine, lui était tout aussi peu rutilante. Malgré son désintérêt flagrant, il semblait avoir déjà accepté sa possible future situation.

- On peut toujours aller vivre dans les bois, proposai-je en fermant mes bottes. Il doit y avoir des biches à chasser.

- Mais bien sûr, ricana froidement Alexis en ouvrant la porte de notre chambre. Devenons des habitants de la forêt, vivons tous les deux au beau milieu des sapins et devenons amis avec les buissons. C'est sûr qu'on va faire long feu !

Je fis une grimace. Évoquer ce type de train de vie ne fut pas ma meilleure idée. Retrouver la vie en forêt signifiait se rappeler. Et moi, plus que tous, souhaitait oublier comment c'était. Comment ça s'était terminé.

Nous quittâmes l'hôtel à la recherche de quoi manger.. Nous commençâmes à déambuler dans les rues, les chaussures crissant dans la neige, pour visiter la ville qui allait nous accueillir pendant plusieurs semaines. Comme nous étions proche du centre de Mills, nous croisâmes quelques humains malgré la température plutôt basse. Un commercial se situait à une dizaine de minutes de notre lieu d'hébergement et nous y arrivâmes rapidement. Là, nous trouvâmes un petit restaurant typique. Le déjeuner fut simple et rapide, étant donné que nous n'avions pas de temps à perdre. Il fallait trouver un travail, et vite. Nous nous laissâmes tout de même le temps de savourer des queues de castor, des beignets canadiens recouverts de sirop d'érable. Je laissai mon contact au serveur avant de partir. Alexis lâcha un grand soupir de soulagement en sortant du restaurant. Je levai les yeux.

- Tu exagères, lui dis-je sans me détourner de mon objectif. Tu dis ne pas vouloir vivre en forêt mais tu ne supportes pas de rester enfermer avec des humains.

- Les humains sont puants, inutiles et irrespectueux, ce n'est pas ma faute ! grogna-t-il. Ils s'aspergent toujours de parfum ou de crèmes chimiques au lieu d'apprendre à se respecter entre eux et à suivre la hiérarchie. C'est écoeurant. Tu le sens bien toi aussi, non ?

Je secouai la tête.

- Nous sommes presque comme eux. Ne fais pas comme si les nôtres étaient exemples de respect et de gentillesse, soufflai-je avec amertume.

Mon frère soupira. Il avait bien du mal à comprendre le fonctionnement des humains, et cela faisait partie de l'un de nos plus grands sujets d'opposition. Pour notre espèce, l'esprit de meute était capital. Mais j'en avais toujours manqué, et c'était maintenant aussi le cas pour mon jumeau. Par ma faute. Nos deux années de vagabondage semblaient avoir effacé de son esprit toutes les horreurs que les loups pouvaient faire aux leurs, voire même aux humains. J'avais beau être la source de son malheur, le voir tant idolâtrer un peuple parfois si haineux avait tendance à me révolter. Toutefois, je ne me permettrai pas de m'opposer à lui à ce sujet. Mes torts étaient bien plus inexcusables que la vision biaisée qu'il avait de notre passé.

- On voit rendre la voiture dans deux heures et demi, dis-je pour changer de sujet. Autant profiter du temps qui nous reste pour aller demander aux magasins du centre commercial si ils recherchent des employés.

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