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UNE NUIT AVEC LE MILLIARDAIRE
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Theadora

TROIS MOIS PLUS TARD

La chambre ressemblait à un champ de bataille suite à une soirée beaucoup trop arrosée. Bouteilles vides éparpillées. Assiettes et verres sales partout. Crème de gâteau et rouge à lèvres étalés sur le sol et les murs. Le lit avait l'air d'avoir été le théâtre d'une lutte acharnée. Les meubles étaient détruits.

Pourquoi est-ce que je devais toujours m'occuper des suites penthouse ? Je sortis dans le couloir pour aller chercher mon chariot de nettoyage. Plus loin, Lucy en poussait un hors d'une chambre voisine.

- Alors, des princes ? rigolai-je.

C'était notre petit jeu. Elle avait cette fantaisie récurrente qu'on partageait, après le travail, en sirotant un verre bien mérité, où elle imaginait vivre son propre moment à la Jennifer Lopez avec un milliardaire qui ressemblerait à Ralph Fiennes.

Pour des filles bosseuses comme nous, c'était ce qui nous permettait de tenir : des fantasmes idiots et des rires aux dépens des clients richissimes dont nous nettoyions le désordre.

- Non. Juste beaucoup de bordel. Et...

Ses yeux noisette brillèrent d'amusement.

- Une poubelle pleine de préservatifs usagés.

Ma bouche se tordit.

- Dégueu.

Je pointais mon doigt vers la chambre.

- Tu devrais voir ce qui m'attend là-dedans. Bon sang, qu'est-ce que ces gens fabriquent ?

- Ah, les habitudes bizarres des super-riches. Attends, je vais t'aider. Comme ça, on pourra déjeuner ensemble.

- Tu es un ange, déclarai-je alors qu'elle me suivait dans la chambre.

Les cheveux bruns de Lucy, coupés au carré, se balancèrent alors qu'elle secoua la tête.

- Oh putain. Tu ne rigolais pas. C'est dingue. Et regarde les murs. Des dessins de bites au rouge à lèvres. Tu as appelé Alan ?

- Je vais devoir le faire. C'est un foutoir. Il nous faudra du décapant pour peinture pour en venir à bout.

Je laissai échapper un souffle fatigué. Trois mois que je travaillais à Lovechilde, un hôtel cinq étoiles, et bien que les conditions fussent justes et le salaire plus élevé que la plupart des boulots de nettoyage, le travail m'épuisait, principalement à cause des heures supplémentaires récurrentes.

Après une heure de nettoyage intensif, en remerciant continuellement Lucy, nous descendîmes vers nos casiers.

Une note sur le tableau annonçait : « Femmes de ménage recherchées pour Merivale House. Logement compris. Bridesmere, en bord de mer. »

- C'est où, Bridesmere ? interrogeai-je.

- J'y suis allée une fois en été. C'est à un peu plus d'une heure de route de la ville. C'est un magnifique village de pêcheurs, comme dans une série télé, avec plein de boutiques colorées.

J'acquiesçai avec intérêt. Rien ne me retenait dans cette ville super chère, et même si Annabel, ma coloc, était plutôt sympa, je n'aurais pas regretté l'ascenseur émotionnel qu'était sa vie.

- Quoi ? Tu penses postuler ?

Lucy ôta son uniforme, attrapa un jean et l'enfila sur ses longues jambes maigres.

- Oui. Et le logement est compris, donc je n'aurai pas à payer de loyer.

- Mouais... Mais l'activité de la ville ne va pas te manquer ? Ces villages peuvent devenir un peu étouffants, où tout le monde sait tout sur tout le monde et sur tout ce qui se passe.

- Ma vie n'est pas assez intéressante pour alimenter les ragots.

Je tentais de fermer ma jupe, avec difficulté. Contrairement à mon amie si mince, j'avais pris du poids.

- Je dois économiser. Je veux retourner à l'université. Tu le sais.

Oui. Elle était au courant de toutes mes aspirations, pas complètement irréalistes. Je voulais juste terminer mon diplôme de musique et enseigner le piano aux enfants. C'était mon but, avant que mon beau-père répugnant n'ait détruit ma vie.

- Alors pourquoi ne pas postuler ? Mais tu vas me manquer.

Sa moue attristée me toucha. Je lui caressai le bras et souris.

Son visage s'illumina.

- C'est là-bas que vivent les très célibataires et sexys fils du milliardaire Lovechilde. Les mêmes Lovechilde qui possèdent cet hôtel.

- Oh ? Comment tu sais ça ?

- Je lis tout à leur sujet dans Hello. L'aîné des deux était soldat, je crois.

- Vraiment ? Pourquoi est-ce qu'il ferait ça ?

Elle haussa les épaules.

- Qui sait ? Les princes William et Harry ont rejoint les forces armées. Je suppose que c'est ce que font les fils de la noblesse.

- Contrairement à toi, je ne cherche pas à me caser avec un mec riche à souhait. Je ne veux même pas de petit ami.

Elle plissa son visage allongé.

- Tu es bizarre. Et tu n'es même pas lesbienne. Je veux dire, regarde-toi : tu es foutrement magnifique. Si quelqu'un peut attirer un prince, c'est toi.

Je ris.

- Luce, tu vis dans un monde rempli de rêves.

- C'est tout ce qui nous reste.

Elle sourit tristement et ma gorge se noua. Lucy avait eu une vie difficile. Sa mère était décédée d'un cancer et elle n'avait jamais connu son père.

Je passai mon bras autour de ses épaules.

- Tu rencontreras un type génial. J'en suis sûre. Tu as un énorme cœur, et tu seras la meilleure des mères.

Elle sourit avec nostalgie.

- J'espère. Mais pas grâce à Tinder, hein ?

- Oui. Promets-moi de ne plus jamais faire ça.

Ma coloc avait ramené assez de ces rendez-vous pour que j'aie compris la leçon : notre prince charmant tant attendu ne se trouvait pas à un balayage d'écran de notre téléphone.

C'était ma deuxième visite à Merivale House. La première fois, j'avais entrepris une journée de trajet pour être reçue à l'entretien d'embauche, et le lendemain, Janet, la chef du personnel, m'avait appelée pour m'annoncer la bonne nouvelle : j'avais obtenu le poste ! Elle m'avait aussi proposé d'emménager d'ici le week-end.

Un jour plus tard, traînant toutes mes affaires entassées dans une valise et un sac à dos qui pesait lourdement sur mes épaules, je montais dans un bus.

J'arrivais dans le village, émerveillée tel un enfant dans un parc d'attractions. L'océan scintillant, le mélodieux tintement des voiliers balancés par la houle, et un quai animé de pêcheurs et de touristes captivaient mon imagination, et soudain, une myriade de possibilités m'apparut.

Une sensation agréable, bien que bizarre, m'envahit, car je n'avais jamais aspiré à grand-chose auparavant. Juste à survivre sans être abusée et à obtenir mon diplôme d'enseignante de musique, mais avec le vent dans les cheveux et l'air salé qui me caressait le visage, une douce lueur d'espoir m'arracha un sourire.

Je me sentais bien ici. J'avais envie d'embrasser l'air. Peut-être était-ce parce que j'avais laissé derrière moi des souvenirs atroces ? C'était un nouveau départ.

Je découvris que Merivale était située à deux kilomètres du village, alors je commandai un Uber, bien que la marche à travers une forêt eut été agréable pour m'y rendre. Les terrains, alors que nous roulions vers la maison, étaient bordés de haies, et la pelouse ressemblait à du velours vert luxuriant.

On m'avait donné pour consigne d'entrer par les quartiers des domestiques, où je rencontrai Janet, une femme très accueillante qui insista pour qu'on se tutoya.

Elle me fit visiter la maison principale, et ma mâchoire se décrocha. Des lustres en cristal scintillant au soleil. Des œuvres d'art au somptueux cadre doré ornant un mur bleu-vert sombre. Un escalier sinueux. Des fenêtres gravées et des vitraux. Des statues de marbre.

À l'arrière du luxueux manoir de trois étages se trouvaient les quartiers des domestiques.

Ma chambre disposait d'une salle de bains attenante, ainsi qu'une fenêtre, avec des prairies verdoyantes à perte de vue. La chambre confortable était équipée d'une télévision et de tout ce dont j'avais besoin. Mais surtout, j'avais une chambre à moi toute seule. Plus de colocataires désordonnés, écoutant leur musique pourrie et me privant de sommeil à cause de leurs ébats stridents.

Alors qu'elle ouvrit la porte de la salle de bains attenante, une odeur de lavande s'en échappa, tandis que des surfaces propres et lustrées étincelaient. Je me remémorai la salle de bains que je partageais à Londres, avec ses taches de moisissure et des toilettes qui ne fonctionnaient pas toujours. J'avais envie d'étreindre Janet. Qui aurait pensé qu'une salle de bains propre et qui sentait bon pût apporter autant de joie ?

- Laisse-moi te montrer la cuisine.

Elle avançait si vite que je devais faire de grands pas pour la suivre.

Nous pénétrâmes dans le grand espace équipé de surfaces en marbre et en acier inoxydable. Des casseroles et des poêles pendaient au centre, au-dessus de la grande cuisine, digne d'un restaurant, et une délicieuse odeur fit gronder mon estomac.

- Ici, nous rangeons le linge de maison.

Janet ouvrit un placard rempli de serviettes de table et de nappes blanches parfaitement empilées.

- Normalement, tu devras nettoyer les chambres. Tu vas commencer demain, et je serai là pour te montrer où ranger les affaires. Tu es prête à travailler le dimanche, j'imagine ? Tu as lu ton contrat ?

Je hochai la tête.

- Les lundis et mardis sont mes jours de congé. Mais je suis prête à travailler sept jours si nécessaire.

Elle secoua fermement la tête.

- Non. On ne peut pas se permettre d'épuiser le personnel. C'est une grande maison, comme tu peux le voir. Il y a de l'argenterie à polir, des fenêtres et des miroirs à essuyer. La plupart des femmes de ménage disparaissent après un an.

Mes sourcils se haussèrent.

- Vraiment ?

Un sourire tressauta sur ses lèvres.

- Comme je l'ai dit, le rythme de travail est soutenu. Normalement, les traiteurs mettent à disposition leur propre personnel. Mais après le dernier événement, il y a eu des disparitions, donc la famille a demandé aux domestiques à plein temps d'aider les majordomes.

- Bien sûr, aucun problème. J'ai travaillé dans la restauration.

- Parfait. Il y a beaucoup à faire.

Janet se frotta les mains comme si elle adorait ce surplus d'activité.

- C'est l'anniversaire de Caroline Lovechilde. Il y aura quarante invités pour le dîner.

- C'est la mère ?

- Oui. Le personnel l'appelle « Mme Lovechilde ».

J'acquiesçai.

- Depuis combien de temps es-tu ici ? interrogeai-je alors que nous nous précipitions dans le couloir, dans une pièce avec une énorme table à manger.

- Ça fait dix ans que je suis là. C'est une bonne famille. J'ai aidé à élever les enfants, qui, maintenant adultes, sont un peu pourris gâtés. C'était à prévoir, vu comment ils ont été choyés.

Elle sourit brièvement.

- Sauf l'aîné, Declan. C'est un vrai gentleman.

Aussi opulente que le reste de la maison, la salle à manger arborait des murs carmins couverts d'œuvres d'art dorées, et des baies vitrées donnaient sur l'entrée en marbre à colonnes et, au-delà, sur les vastes terrains.

Janet sortit un chiffon de son tablier et essuya un candélabre en argent sur la table à manger.

- Comme tu peux le voir, nous commençons les préparatifs tôt.

- À quelle heure les invités arrivent-ils ?

- À dix-huit heures. Comme le veut la coutume, les invités se rassemblent dans le salon pour les cocktails, puis à dix-neuf heures, ils s'attablent pour un repas de sept plats.

Elle époussetait un vase.

- Jennifer, la fille avant toi, n'était pas très investie. Elle préférait flirter avec Ethan.

- Ethan ?

- L'un des fils. Viens, laisse-moi te faire visiter, et ensuite nous discuterons des procédures de la soirée. Je ne veux pas te surcharger.

- Ça ira.

Je souris. Elle me plaisait. Bien qu'un peu hyperactive, je percevais Janet comme une femme attentionnée et travailleuse.

Nous arpentions le couloir jusqu'au salon, profitant des larges fenêtres, qui offraient une vue sur les terrains parfaitement entretenus, mais aussi un aperçu de la mer au-delà. Les murs d'un bleu sarcelle foncé étaient impressionnants, avec leurs volutes blanches ciselées et la fresque de nymphes nues au plafond.

Émerveillée par sa beauté, je levai les yeux vers la scène céleste.

- C'est fabuleux.

- Oui, ajouta-t-elle, un sourire aux lèvres. Une fois par mois, la maison est ouverte aux visiteurs. Les œuvres d'art majeures et la conception du bâtiment par un célèbre architecte de l'époque victorienne attirent beaucoup d'universitaires. Le design unique de cette maison a marqué l'histoire de l'architecture de ce pays.

- J'aime bien l'entrée à colonnes.

- Je suis bien d'accord.

Elle reprit conscience de ses obligations et mit fin à nos bavardages.

- C'est là que les invités commenceront la soirée, durant la première heure. Ton rôle est d'aider avec les boissons.

Elle se dirigea vers la porte d'entrée, et nous sortîmes.

- Je vais te montrer le chemin que tu dois emprunter pour accéder à tes quartiers. Tu ne dois jamais passer par l'entrée principale.

Je la suivis le long du sentier pavé, bordé de jardinières fleuries, jusqu'à une cour qui menait aux quartiers des domestiques. Mon cœur s'emballa, et j'eus envie de prendre Janet dans mes bras, mais je me refrénai. Ça aurait été un peu bizarre.

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