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UNE NUIT AVEC LE MILLIARDAIRE
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Chapitre 4 Chapitre 04

Theadora

Jack esquissa un geste circulaire avec son doigt.

- Tourne-toi.

Je retins ma respiration et me retournai rapidement, les bras croisés. Son regard perçant me glaçait les veines.

Il se tourna vers Tania.

- Montre-lui comment ça marche.

Mes jambes lourdes comme du béton, je la suivis jusqu'à l'arrière du lieu. Nous traversâmes des rideaux noirs qui menaient à une scène.

- Il y a des spectacles ici ?

- Oui. On peut dire ça.

Trop nerveuse pour poser plus de questions, je continuai à avancer.

Reprends-toi. Ce n'est que de la peau. Pense aux trois cents livres.

Des gouttes de sueur coulaient le long de mes bras alors que j'essayais de maîtriser mes émotions en pénétrant dans une pièce faiblement éclairée, étonnamment élégante, remplie d'hommes.

Des filles en tenue légère portaient des plateaux à travers la salle décorée, qui me rappelait le palais Playboy avec ses riches velours sombres et ses peintures de nus.

La fumée et une odeur malsaine indéfinissable épaississaient l'air. Si la luxure avait une odeur, j'imaginais qu'elle serait musquée et horriblement moite.

Je pointai du doigt des cabines avec des rideaux de velours rouge.

- Que se passe-t-il là-dedans ?

- Des danses privées, révéla Tania d'un ton détaché.

- Par privées, tu veux dire... du sexe ?

- Ça dépend de la fille. Il y a des gardes partout, donc elles sont protégées, et elles gagnent beaucoup d'argent comme ça.

- Je ne ferai pas ça

Je croisai les bras.

- Habitue-toi d'abord au lieu et à porter des plateaux. Parfois, ils peuvent te demander de t'asseoir à leur table. Tu auras une commission pour ça.

- En plus de mes trois cents livres ?

Ses yeux se plissèrent légèrement.

- C'est ce qu'on t'a promis ?

- C'est ce que Travis m'a assuré que je gagnerais.

Elle hocha lentement la tête, comme si elle devait y réfléchir.

- Alors oui, c'est ce que tu gagneras comme avance, mais tu peux gagner plus si tu joues bien tes cartes.

Je fronçai les sourcils.

- Comment ça ?

Tania souffla comme si je l'agaçais.

- Comme je l'ai dit, partage un verre avec les clients et tu recevras des pourboires.

- On m'a juste demandé de servir.

Ma voix monta d'une octave.

Je m'évertuais à ne pas le laisser transparaître, mais je me sentais en colère et piégée. Je n'avais pas envie de me mélanger à une bande de pervers, l'idée même me donnait envie de vomir. Mais je devais me rappeler que je n'avais pas vraiment le choix. J'étais complètement fauchée.

- Je vais te chercher un autre verre. Ça t'aidera à te détendre.

Pour quelqu'un qui ne buvait pas beaucoup, j'en étais déjà à mon deuxième verre. Je ne pouvais pas résister. N'importe quoi pour atténuer cette montée soudaine d'anxiété.

Elle revint avec deux shots, et en me tendant un verre, elle avala le sien d'une traite, et je fis de même, toussant et me raclant la gorge.

En me sentant un peu étourdie, je lançai : « Allons-y », comme quelqu'un sur le point de plonger dans un lac glacé en plein hiver.

Tania me conduisit dans la salle remplie d'hommes attablés. Ils se tournèrent tous et me regardèrent comme si j'étais un numéro de cirque. Certains allèrent jusqu'à siffler, tandis que d'autres me souriaient.

Je gardais les bras croisés.

Les autres membres du personnel paraissaient encore plus jeunes que moi, avec des physiques et nationalités variés. Ça m'étonnait de voir combien de jolies filles travaillaient dans un endroit pareil. Je supposais que ça montrait à quel point c'était difficile de s'en sortir dans cette ville outrageusement chère, où travailler quarante heures par semaine suffisait à peine à payer le loyer.

Au moins, le club était bondé, donc je pouvais me fondre dans la masse.

Tania m'incita à la suivre, et je la suivis jusqu'au bar, où elle me présenta au personnel.

- Voici Jan et Liz.

Je hochai la tête en guise de salut.

- Donne-lui un autre shot, ordonna-t-elle à Liz.

Elle me tendit une vodka, et je la saisis sans poser de questions.

- À ce stade, je risque de renverser mon plateau.

J'avalai le shot d'une seule gorgée en grimaçant.

- Je ne pense pas que tu auras trop de plaintes.

Tania me lança un sourire en coin et me tendit un plateau.

- Fais le tour de la salle et ramasse les verres vides pour l'instant. Et prends les commandes au fur et à mesure, d'accord ?

- Je n'aurai pas besoin d'un bloc-notes et d'un stylo ?

Ma bouche était pâteuse, ce qui aurait dû m'inquiéter, étant donné que je ne buvais que peu d'alcool, d'ordinaire, mais j'avais besoin d'un coup de pouce pour aller au bout de cette soirée, et au moins l'alcool m'aidait à m'apaiser.

- Je suis sûre que tu peux te débrouiller. La plupart des clients boivent soit de la bière, soit des alcools forts. Ils ne sont pas trop compliqués.

Je collectais quelques verres, et les hommes se comportaient bien, ce qui me facilitait la tâche, et après un moment, je suivais le courant. Jusqu'à ce que je sois tombée sur une table où un vieil homme me demanda de le rejoindre pour un verre. Ses yeux tombants fixaient ma poitrine, et je secouai la tête et m'éloignai précipitamment.

Après une heure à rassembler des verres, servir des boissons et être dévisagée, je pris une pause et allai aux toilettes derrière la scène, où deux filles étaient assises en train de fumer.

- Salut, lança l'une des filles. Comment ça se passe ?

- Ça va. Mais ce corset est vraiment inconfortable. J'ai hâte de remettre mes vêtements.

- Oui, je te comprends. Alors, tu vas à la vente aux enchères ?

- Hein ?

Je fronçai les sourcils.

- Tu ne t'es pas inscrite pour la vente aux enchères ?

Elle affichait une expression de surprise.

- De quoi tu parles ?

- On se vend toutes ce soir.

- Tu parles de vendre ton corps ?

Question idiote. Que pourraient-elles vendre d'autre ?

Les deux filles hochèrent la tête.

- Nous vendons notre virginité au plus offrant.

Bien que la fille, d'environ dix-huit ans, parlait de ça comme si elle vendait quelque chose de banal comme une voiture, je décelais un léger tremblement dans sa voix.

Quoi ?

Ma bouche s'ouvrit en grand, mais aucun mot ne sortit alors que j'essayais d'assimiler ce que je venais d'entendre.

- Putain de merde. Vraiment ?

Un irrepressible haut-le-cœur me secouait intérieurement, j'étais incapable de faire preuve de tact.

Une des filles se rongeait un ongle.

- C'est beaucoup d'argent.

- Encore heureux, murmuré-je, dissimulant mon horreur en entendant leur histoire.

L'idée qu'elles aient pu accepter un tel arrangement me donnait des frissons.

- Une amie l'a fait la semaine dernière, et elle a gagné cent mille livres. De quoi vivre confortablement pour les dix prochaines années. Je n'ai jamais connu personne. On est une espèce rare, apparemment.

Elle ricana. Comme son amie, elle ne portait qu'un soutien-gorge et une culotte.

- Alors, vous montez sur scène comme ça ? interrogeai-je.

Elles hochèrent la tête.

- Nous sommes environ huit pour le moment. Les autres filles sont là-dedans. Certaines sont terrorisées.

Ses yeux se posèrent sur mon corps.

- Tu aurais du succès. Mais tu n'es probablement pas vierge.

Elle afficha un sourire désolé.

- Désolée, je sais que c'est personnel.

- Je suis vierge.

Au moment où je parlais, Tania passa et s'adressa à moi :

- Je peux te parler un instant ?

Je lui emboîtai le pas jusqu'à une autre loge, où des filles, que je devinais aussi vendre leur innocence, se maquillaient.

Tania afficha une expression rassurante aux six filles.

- Pouvez-vous nous laisser un peu d'espace ? On commence bientôt. J'ai prévu du champagne.

Je ressentais leur peur mêlée d'anticipation.

- Tu es comme la maman de tout le monde, remarquai-je.

Elle sourit tristement.

- J'aime m'occuper des filles. Je travaille aussi en salle. C'est pourquoi je m'habille comme ça.

Bien qu'elle fût plus âgée que les autres, j'imaginais que Tania était populaire.

- Alors, qu'est-ce qu'on t'a dit exactement pour ce soir ? se renseigna-t-elle.

- Que pour trois cents livres, je devais seulement servir des tables en costume.

Elle soutint mon regard un moment.

- Tu as refusé un client. Il n'était pas très content.

- Tout à l'heure, tu as affirmé que me joindre à eux ou non était mon choix.

J'étais tellement secouée par cette connerie d'enchères de virginité que toute courtoisie m'avait quittée. J'avais mis fin à mon numéro de fille perdue et docile il y a des années.

- Alors tu m'as mal entendue.

Elle abandonna son ton doux et me fixa d'un regard dur.

- Je t'ai entendue parler avec les filles. Tu réalises que tu pourrais amasser une fortune ce soir ? C'est une opportunité que j'aurais aimé avoir.

- Tu veux dire, en baisant quelqu'un ?

- Je veux dire, en te mettant aux enchères au plus offrant.

- Putain de pas question. C'est pas ce que je suis.

Je croisai les bras en signe de défi.

Elle inclina la tête.

- Deux hommes ont déjà demandé si tu avais un prix de réserve.

- Un prix de réserve ?

Mon visage se tordit de dégoût, comme si on m'avait demandé de sacrifier un bras.

- Je ne suis pas une marchandise, bordel. Je suis un être humain.

- Oui. Un être humain qui est fauché, à la rue et toujours vierge.

Je fronçai les sourcils si fort que ma tête me fit mal.

- Comment tu sais ça ?

- Ton ami nous l'a dit.

- Ce n'est pas mon putain d'ami, soufflai-je de colère.

Je me rappelais comment trois cents livres m'avaient paru beaucoup pour un job de serveuse, mais j'étais trop désespérée pour refuser. J'aurais dû savoir que Travis me conduirait dans un trou à rats puant.

- Comment Travis peut-il savoir que je suis vierge ?

J'avais envie de hurler de frustration.

- Il le sait.

Elle arborait un sourire en coin.

Sa sœur avait dû tout lui balancer sur moi.

- Je ne le ferai pas.

Je la regardai droit dans les yeux, redevenant cette adolescente rebelle qui disait à sa mère d'aller se faire foutre après s'être fait engueuler pour avoir porté un jean serré. Tout ça à cause de son nouveau mari répugnant qui ne pouvait pas arrêter de reluquer mes fesses.

- Il y a ce client séduisant, dans la quarantaine, début cinquantaine tout au plus. Riche comme Crésus.

Elle hocha la tête comme si c'était quelque chose de rare à célébrer.

Mon beau-père avait cet âge quand il avait essayé de me violer.

Putain d'hors de question.

Avec un sourire compatissant, Tania doit avoir remarqué mes mains tremblantes.

- Je comprends que ce n'est pas une décision simple. Mais il a offert cent cinquante mille livres. Tu n'auras même pas besoin de défiler comme les autres.

Ma mâchoire se décrocha à l'idée de me pavaner comme dans un concours de beauté, et alors que je m'apprêtais à protester, elle leva un doigt pour me faire taire.

J'étais sur le point de l'envoyer se faire foutre et m'enfuir quand elle me tendit une coupe de champagne.

- Tiens. Les filles en prennent toutes une.

En regardant les bulles, je repris mon souffle. Il ne me restait plus qu'une heure et l'argent serait à moi. Le choc soudain de voir ces filles prêtes à se vendre m'avait presque dégrisée. Au moins, l'alcool allait m'engourdir suffisamment pour me permettre de terminer mon service.

Alors que je m'apprêtais à prendre le verre, je la questionnai :

- Ça signifie que vous m'avez fait venir ici sous un faux prétexte et que je ne serai pas payée ?

- Non. Tu auras l'argent. Ramasse les verres et assieds-toi avec les clients. Mais tu peux aussi choisir de sortir d'ici en tant que femme indépendante.

- Je passe mon tour. Je vais juste finir l'heure pour les trois cents qu'on me doit.

Je saisis la coupe de champagne et l'engloutis comme quelqu'un sur le point d'affronter un procès.

Au moment où je m'apprêtais à partir, elle m'attrapa le bras.

- Il faudra bien que tu perdes ta virginité un jour, et comme ça, tu seras assez riche pour choisir ta propre voie dans la vie.

- C'est ce que tu as fait ?

Je devais demander.

Ses yeux me fixaient sans ciller.

- Je l'aurais fait, si on ne me l'avait pas volé. J'ai eu une vie familiale merdique.

- Quelqu'un de ta famille ?

Ma colonne vertébrale se raidit, sentant venir l'horreur dans son récit.

- Mon beau-père. J'avais treize ans. Il me l'a arraché gratuitement.

Elle arborait une expression hantée impossible à simuler.

- Merde. Je suis désolée.

Je lui touchai le bras.

Repoussant ma sympathie, ses traits se durcirent à nouveau.

Elle n'aimait pas la pitié. Personne ne pouvait le comprendre mieux que moi. Après m'être noyée dans l'apitoiement pendant toute mon adolescence, j'avais passé les six dernières années enfouie dans le déni. Car si je m'étais laissée aller à ressasser ce qui s'était passé chez moi, j'aurais sombré dans une dépression sans fond.

- Je suis forte.

Elle redressa les épaules.

- Ma vie est belle maintenant. Je te dis ça parce que les relations hommes/femmes sont compliquées. Les hommes veulent des choses jeunes et jolies, et pour les vierges, ils sont prêts à payer cher. Ce sont des hommes très riches. C'est un club sur invitation uniquement.

- Je vais y retourner et continuer à travailler, déclarai-je en imitant son ton détaché.

Dans la salle, cependant, l'émotion me submergea alors que mon passé troublant occupait mes pensées.

Ma mère aurait tout aussi bien pu me mettre dehors elle-même. Mais elle n'avait jamais été une bonne mère, et son indifférence à mon égard n'était en rien surprenante.

Seulement, je n'étais pas prête à affronter le vaste monde. J'avais des projets. J'avais l'intention de terminer mes études. Tout ça s'était effondré en même temps que ma santé mentale.

Et maintenant, j'étais de nouveau là, à devoir garder une certaine dignité, à survivre dans une jungle d'hommes avides de sexe avec quelqu'un d'assez jeune pour être leur petite-fille.

Luttant au mieux contre la nausée qui m'accablait, je repris mon service. Entre deux pincements de fesses, je distribuais des plateaux de boissons sans les renverser. Au bout d'un moment, je pris l'habitude de me faire reluquer. J'acceptais même un verre avec un couple d'hommes pour un pourboire de cinquante livres que j'enfonçais dans mon haut.

Lorsque le défilé des vierges commença dans un coin éclairé, sur une plate-forme surélevée, une serveuse à l'imprimé tigré, à peu près de mon âge, s'approcha et m'offrit un verre sur son plateau.

Au moins, l'alcool m'aidait à passer une nuit à la fois surréaliste et plutôt révélatrice, voire alarmante. Il ne restait plus qu'un quart d'heure avant la fin de mon service et j'avalai le verre.

Les filles sortirent une à une. En soutien-gorge et en string. Elles étaient pour la plupart minces et très jeunes.

Je me penchai vers la fille et l'interrogeai :

- Tu crois qu'elle a dix-huit ans ?

- Aucune idée. Je ne me pose pas de questions sur ce qui se passe ici. Je fais juste mon travail. De temps en temps, je baise un client quand il paie bien.

Mes sourcils se levèrent. Elle donnait l'impression que c'était normal, qu'elle acceptait de baiser de temps en temps.

J'avais peut-être besoin d'un psy. Non, j'avais vraiment besoin d'un psy. Mais je ne pouvais pas me le permettre.

Les hommes me faisaient peur.

J'aimais bien l'apparence de certains garçons, et les acteurs sexy étaient agréables à reluquer, mais les hommes plus âgés, avec ce regard affamé dans leurs yeux, me glaçaient le sang.

Une fille se pencha et ouvrit les jambes, et les enchères ouvrirent. Elles montèrent jusqu'à cinquante mille livres, et elle fût vendue à un vieil homme obèse.

Beurk.

- Ce sera rapide, s'esclaffa ma collègue.

La pièce tourbillonna soudain et mes jambes commencèrent à flageoler.

- Je crois que j'ai été droguée.

- C'est certain.

Elle esquissa un sourire malicieux.

- Tu l'as fait...

Je pouvais à peine parler, et encore moins la traiter de putain de salope.

L'instant d'après, quelqu'un me portait pratiquement jusqu'à l'arrière de la scène, où un homme en costume, sentant fort l'eau de Cologne, tenait un chéquier ouvert.

- C'est...

J'interrompis Tania en crachant :

- Un démon. Voilà ce que tu es. Tu m'as droguée.

- Pas assez, visiblement.

- Qu'est-ce que tu m'as donné ?

Ma voix bredouillait.

- Il s'occupera bien de toi. C'est un habitué fidèle.

Sa voix mielleuse me donnait envie de la gifler, mais mes bras étaient en caoutchouc.

- Qui sait ? Tu pourrais même aimer.

Le visage de Tania, qui était passée de la gentillesse d'une tante à l'intrigue et à la trahison, était devenu dur et laid.

J'enlevai mes talons pour pouvoir me tenir debout sans vaciller.

- Il faut que je prenne mon sac.

Je partis avant qu'ils ne pussent prononcer un mot, même si mes jambes en gelée rendaient mes mouvements difficiles.

Tania me suivit dans la loge.

Maudissant ma stupidité d'avoir bu ces boissons, je me débattais alors que la pièce tournait.

Tania me tendit une enveloppe contenant de l'argent, mais lorsqu'elle me vit m'appuyer contre le banc, pour m'éviter de tomber au sol, elle la glissa dans mon sac.

Je m'apprêtais à prendre la parole lorsque le connard au chéquier nous rejoignit. Ses chaussures grinçaient alors qu'il avançait, puis sa cravate pendouilla sur ma peau lorsqu'il se penchait près de moi.

Je tressaillis lorsque son doigt ridé effleura mon épaule et que son visage se brouilla.

Serrant mon sac, je devais rester vigilante et chercher un moyen de sortir, malgré mes paupières lourdes qui me suppliaient de me mettre en boule et de dormir. Mais la puanteur du danger accélérait les battements de mon cœur, tandis qu'un prédateur, suffocant mélange d'eau de Cologne et de dépravation épaississait l'air.

Une peur étouffante comprimait mes cordes vocales car, pendant une minute, je crus être de retour dans la chambre de mon enfance.

Je ramassai une de mes chaussures pour m'en servir comme d'une arme et, lorsqu'il se retourna pour parler à Tania, je me précipitai hors de la pièce et, m'agrippant au mur, je courus vers le panneau de sortie qui clignotait.

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