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Épouser le mafieux impitoyable, frère de l'ex-fiancé
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Chapitre 3

Point de vue d'Éloïse

Deux semaines de mariage avec Alphonse Roux ressemblaient moins à une lune de miel qu'à un séjour à l'intérieur de la caldeira d'un volcan en sommeil.

Il était poli, mais glacial. Il dormait dans la chambre à côté de la mienne, une barrière de placo et de bienséance entre nous.

Nous prenions le petit-déjeuner en silence, lui lisant des dossiers de renseignement sur des réseaux d'extorsion, moi plongeant mon nez dans des revues d'histoire de l'art. Il me couvrait d'émeraudes assorties à mes yeux et m'avait assigné un service de sécurité qui rivaliserait avec celui du Président.

Mais je savais que ce n'était que le calme avant la tempête.

Hugo était devenu silencieux. Il avait été déchu de son rang, ses avoirs gelés par Alphonse. C'était un fantôme.

Et Mélissa était le poltergeist.

J'étais dans la serre du domaine des Roux, en train de tailler les roses blanches. Les épines étaient acérées, accrochant le cuir de mes gants. C'était le seul endroit où je me sentais moi-même.

« Tu as la main lourde avec le sécateur. »

Je me suis retournée. Mélissa se tenait dans l'embrasure de la structure de verre.

Elle n'aurait pas dû être là. Le domaine était une forteresse.

« Comment es-tu entrée ? » ai-je demandé en resserrant ma prise sur le sécateur.

Elle a souri. Un sourire fragile, tremblant. Elle avait l'air pâle, sa peau presque translucide, comme de la porcelaine fine. Elle portait une robe d'été blanche qui lui donnait un air d'enfant.

« Hugo a encore des amis sur la liste de paie », a-t-elle dit doucement. Elle a fait un pas de plus. « Je voulais juste parler, Éloïse. De femme à femme. »

« Nous ne sommes pas de la même espèce, et encore moins du même genre », ai-je rétorqué. « Pars avant que j'appelle les gardes. »

« Tu l'as volé », a-t-elle dit, sa voix abandonnant sa douceur pour un battement de cœur. « Alphonse. Tu savais que je travaillais sur lui avant Hugo. Tu savais que j'avais besoin de la protection. »

« Tu as besoin d'un psychiatre, Mélissa. Pas d'un Don. »

Puis, elle s'est jetée sur moi.

C'était si soudain, si maladroit. Elle s'est ruée sur moi, non pas pour me frapper, mais pour attraper le sécateur. Nous nous sommes battues une seconde. Elle était étonnamment forte pour quelqu'un qui prétendait mourir d'une insuffisance cardiaque.

« Lâche-moi ! » ai-je crié en la repoussant.

Elle a trébuché. Mais elle n'est pas seulement tombée ; elle s'est jetée en arrière. Elle a buté sur un sac de terreau et a atterri lourdement sur l'herbe.

Puis elle a hurlé.

C'était un cri rauque, à glacer le sang, comme si on l'éventrait vivante.

« Mon cœur ! Oh mon dieu, tu m'as frappée ! Tu m'as frappée à la poitrine ! »

Avant que je puisse réaliser l'absurdité de la situation, la porte latérale de la serre a volé en éclats.

Hugo était là.

Il ne portait plus ses costumes. Il portait une tenue tactique, les yeux hagards et injectés de sang. Il avait une arme à la main, mais il ne la pointait pas sur moi. Il regardait Mélissa, qui se tordait par terre, se tenant la poitrine.

« Elle a essayé de me tuer ! » a sangloté Mélissa, pointant un doigt tremblant vers moi. « Elle connaissait mon état ! Elle m'a frappée en plein cœur ! »

« Non », ai-je dit en reculant. « Hugo, regarde-la. Elle joue la comédie. »

Hugo ne l'a pas regardée. Il m'a regardée avec une haine si pure qu'elle en était brûlante.

« Monstre », a-t-il craché.

« Hugo, c'est du suicide », ai-je dit, essayant de garder ma voix calme malgré le tremblement de mes mains. « Tu es sur les terres d'Alphonse. Si tu me touches... »

« Alphonse t'a volée », a dit Hugo en marchant vers moi. « Il a volé ma vie. Il a volé mon rang. Et maintenant, tu essaies de tuer la seule chose qui me reste ? »

Deux hommes masqués l'ont suivi. Des soldats rebelles. Des hommes qui avaient choisi le frère plutôt que le Don.

« Attrapez-la », a ordonné Hugo.

J'ai levé le sécateur. « Restez en arrière. »

Hugo n'a pas hésité. Il a envahi mon espace, ignorant l'arme. Il m'a giflée violemment.

Le monde a explosé dans une lumière blanche. J'ai goûté le cuivre. Je suis tombée à genoux, le sécateur tombant bruyamment sur le pavé.

« Tu vas la sauver, Éloïse », a murmuré Hugo, attrapant une poignée de mes cheveux et tirant ma tête en arrière. « Tu as essayé de lui prendre la vie ? Très bien. Tu peux lui donner la tienne. »

Il m'a traînée hors de la serre. J'ai donné des coups de pied, j'ai crié, mais la seringue de sédatif qu'un de ses hommes m'a plantée dans le cou a agi rapidement.

La dernière chose que j'ai vue, c'est Mélissa se relevant, époussetant la terre de sa robe blanche, me regardant avec un sourire assez aiguisé pour couper du verre.

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