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Reine après le divorce
img img Reine après le divorce img Chapitre 4 .
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Chapitre 4 .

Il a fait un pas de plus.

- On peut régler ça tranquillement.

Je ne l'ai pas laissé continuer.

Le spray lui a explosé en plein visage.

Son cri a déchiré le silence. Il a reculé en jurant, se tenant les yeux. J'ai arraché mes chaussures et je me suis mise à courir.

Le sol était froid sous mes pieds. L'ascenseur était là, juste devant. Derrière moi, les deux autres criaient, leurs pas martelaient le béton.

Encore quelques mètres.

Une main m'a attrapée par les cheveux.

La douleur m'a arraché un cri. Je suis tombée en arrière. Mon sac s'est ouvert, ses entrailles répandues sur le sol.

- Mauvaise idée, a grogné l'homme à la voix encore déformée par la brûlure. Attrapez-la.

On m'a saisie. Aux bras. Aux épaules.

J'ai frappé. Griffé. Mordu. Ça n'a servi à rien. Ils savaient ce qu'ils faisaient.

- On nous avait prévenus que vous seriez pénible, a-t-il dit en se frottant les yeux rouges. Il a dit que vous deviez apprendre votre place.

Roxane.

Tout portait sa signature.

- Si tu comptes me tuer, ai-je craché, regarde-moi au moins en face.

Il a éclaté de rire.

- Te tuer ? Non. Juste t'éduquer.

Le premier coup m'a vidé les poumons.

Je me suis pliée, mais on m'a maintenue debout.

- Certains ont besoin qu'on leur explique comment le monde fonctionne.

Un autre choc. Plus haut. Plus profond.

Le goût du sang m'a envahi la bouche. Ma vision s'est mise à vibrer.

Mais je ne pleurais pas.

Je refusais.

Puis une voix a claqué dans l'air.

- Ça suffit.

Tout s'est figé.

Des silhouettes sont sorties de l'ombre. Des hommes en costume, trop calmes, trop précis. Et au milieu d'eux, une femme.

Grande. Droite. D'une élégance presque irréelle. Ses cheveux argentés étaient tirés en arrière, son tailleur noir semblait taillé pour régner sur une salle entière.

Mais ce sont ses yeux qui m'ont frappée.

Ils me regardaient comme si elle me connaissait déjà.

- Madame, a commencé l'un de mes agresseurs, notre commanditaire...

- A pris une très mauvaise décision, a-t-elle coupé, d'une voix glaciale. Lâchez-la.

On m'a relâchée.

Je me suis presque effondrée.

- Occupez-vous d'eux.

Ses hommes ont bougé immédiatement. Les trois autres n'ont même pas tenté de résister.

Elle s'est approchée.

- Clara Laurent.

Ce n'était pas une question.

J'ai essayé de me redresser, de sauver ce qu'il restait de ma fierté.

- On se connaît ?

Elle m'a observée. Longuement. Comme si elle voyait autre chose que moi.

- Non. Mais j'ai connu quelqu'un qui te ressemblait beaucoup.

Des hommes se sont approchés avec une trousse de secours.

- Quelqu'un qui a appris trop tard ce que valent certaines promesses.

Le monde tanguait.

- Qui êtes-vous... ?

Elle m'a rattrapée avant que je tombe.

Son parfum était étrange. Cher. Et douloureusement familier.

- Quelqu'un qui te regarde depuis longtemps, Clara. Et qui ne compte plus te laisser seule.

Le noir montait.

Sa voix est devenue lointaine.

- Tu vas devenir ce qu'ils ont tout fait pour empêcher.

Puis, juste avant de disparaître :

- Après tout... tu ressembles tellement à ma fille.

Et il n'y a plus eu que l'obscurité.

Clara

La première chose que j'ai ressentie, c'est la chaleur.

Une lumière douce filtrait à travers quelque chose de clair, et pendant une seconde absurde, j'ai cru être revenue très loin en arrière, dans une chambre qui n'existait plus depuis longtemps. Puis j'ai ouvert les yeux.

Ce n'était pas chez moi. Ni nulle part que je connaissais.

Au-dessus de ma tête, le plafond était une œuvre d'art : des figures peintes, des dorures, des détails si soignés qu'ils en devenaient presque irréels. Rien que ça devait coûter plus cher que tout ce que j'avais jamais possédé.

J'ai voulu bouger.

La douleur m'a clouée sur place.

Un éclair dans les côtes. Le souffle coupé. Et d'un coup, les souvenirs sont revenus en désordre : le parking, l'ombre, les mains, la voix, puis le visage de cette femme aux cheveux d'argent.

- Doucement.

La voix venait de près de la porte.

- Trois côtes abîmées et un choc à la tête. Tu n'as rien à prouver à qui que ce soit.

Elle était là.

Assise tranquillement, comme si elle faisait partie du décor. Tailleur sombre parfaitement coupé, posture impeccable, chaque détail sous contrôle. On aurait dit qu'elle sortait d'une couverture de magazine.

Mais ce sont ses yeux qui m'ont retenue.

Ils n'étaient ni durs ni vraiment doux. Ils observaient. Mesuraient.

- Où est-ce que je suis ? ai-je murmuré. Et qui êtes-vous ?

- En sécurité, d'abord. Pour le reste... je m'appelle Vidélia Kaylor.

Le nom a mis une seconde à s'imposer.

Puis il m'a frappée de plein fouet.

Kaylor. L'empire. La femme dont on disait qu'elle pouvait faire et défaire des fortunes sans même hausser la voix. La figure intouchable des affaires.

- Pourquoi moi... ?

Elle n'a pas répondu tout de suite.

- Il y a trois ans, j'ai vu une photo, a-t-elle dit enfin. Une soirée mondaine. Une jeune femme dans une robe pas tout à fait à sa place. Et à côté d'elle, une autre qui prenait toute la lumière.

Je me suis souvenue.

Roxane. Toujours.

- Ce n'est pas la scène qui m'a intéressée, a-t-elle continué. C'est ton regard. Il m'a rappelé quelqu'un.

Elle a sorti son téléphone et me l'a tendu.

J'ai cru que mon cœur s'arrêtait.

La femme sur la photo me ressemblait comme un reflet trop fidèle. Même visage. Même expression. Comme si on avait pris une partie de moi et qu'on l'avait posée là, dans une autre vie.

- Votre fille ?

- Sarah.

Sa voix a changé sur ce prénom.

- Elle aurait ton âge aujourd'hui.

Le conditionnel pesait lourd.

- Un accident, a-t-elle ajouté. Officiellement. Disons plutôt qu'on a aidé la mécanique à faire son travail.

Un frisson m'a parcourue.

- Ils ont payé ?

- Pas encore. Mais ce n'est pas le sujet.

Elle a reposé le téléphone.

- Après t'avoir vue, j'ai voulu comprendre. Qui tu étais. D'où tu venais. Dans quoi tu vivais.

- Vous m'avez fait surveiller...

Étrangement, ça ne me choquait même pas.

- J'ai regardé, oui. Ton mariage. Ta famille. Et surtout... ta sœur.

Je n'ai rien dit.

- J'ai reconnu quelque chose chez toi, a-t-elle poursuivi. La même chose que chez Sarah. Quelque chose de fort, mais contenu. Bridé. Poli jusqu'à disparaître.

Ma gorge s'est serrée.

- J'ai passé des années à te voir t'effacer pour qu'ils soient à l'aise. À te tordre pour rentrer dans leur moule. À les laisser décider de ce qui était "bon pour toi".

Les images ont défilé toutes seules.

- L'université..., ai-je soufflé.

- Sabotée. Comme d'autres choses. Les opportunités ratées. Les relations discrètement détruites. Les petits coups de couteau invisibles.

- Et vous saviez... et vous n'avez rien fait ?

- J'attendais.

Elle s'est levée et a regardé par la fenêtre.

- J'attendais de voir si tu finirais par disparaître ou par ouvrir les yeux.

Je me suis revue face à Roxane. Et j'ai compris.

- Et maintenant ?

Elle s'est retournée.

- Maintenant, tu choisis.

Elle s'est rapprochée du lit.

- Soit tu pars. Loin. Je m'en charge. Nouvelle vie. Calme. Sécurité. Soit...

Elle a marqué une pause.

- Soit tu apprends à devenir ce qu'ils ont toujours eu peur de voir apparaître.

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