Est poète total, qui pour le bien suprême de l'espèce, son édification est prêt à aller en Enfer, y va souvent, et assez fort, pour en revenir, avec de nouvelles tables de vie (sinon de nouvelles tables, de nouvelles interrogations des tables) afin d'évoquer un possible Paradis
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Le poète, qui, torturé dans sa chair, par les intimes combats de la Conscience de son temps et pourtant arrive à transmuer par une alchimie secrète, lui étant propre, ces déchirures en un trésor d'une valeur unique et irremplaçable, ajoute humblement mais puissamment sa pierre à l'édifice du Grand Œuvre.
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Le Poète au XXIesiècle, en réalité sera et devra être l'ingénieur, l'Architecte de la Réalité à venir, car la Puissance est dans le Verbe et celle-ci demeure avec lui...
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Bombarder systématiquement l'Apathie et réenchanter le Monde d'espoir et de Beauté : les deux impératifs catégoriques du modus operandi du poète-kamikaze du XXIesiècle
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Dans un âge d'anti-mythes, l'une des plus titanesques tâches du Poète sera de recréer et de réenchanter les anciens mythes, mais surtout créer de nouveaux mythes, car ce sont eux qui par la démesure de leurs idéaux et des nobles leçons qu'ils renferment, nous font aspirer et entrevoir le merveilleux, le noble, le spirituel, le grand, le louable, le bon, le véritablement beau en l'Homme. La démesure dans son dépassement, son désir d'aller par-delà sa nature originelle pour tendre vers un au-delà s'apparentant au DIVIN (à l'état brut)
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L'Homme est l'Homme, l'homme demeure l'homme où qu'il soit, quels que soient ses croyances, principes, us, coutumes, cultures, affects, rêves, valeurs, etc. car la gamme d'émotions lui étant centrale, est toujours la même... c'est en ce sens que l'on pourrait dire que le créateur, le poète, l'artiste, celui s'exerçant au faire, à la « poiesis », accède à l'universel, et accédant à ce centre sacré de l'affect millénaire, séculaire de l'espèce, peut transmettre de nouvelles visions.
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Les Anti-mythes sont des inhibiteurs de l'espace du Rêve, en l'Homme, imagicides, l'inversion des Symboles dans un certain cynisme et esprit de Nihilisme, tenant un métadiscours d'inversion et de négation subtilement, tacitement laissant sous-entendre que nos mythes les plus nobles, poussant l'espèce dans une noblesse morale, trait même de l'authentique civilisation, l'élan à devenir meilleur, n'étaient pas plus que des mensonges blancs, de vagues contes de fées, ni plus, ni moins, sans proposer nonobstant une vision digne du nom à réinspirer l'Homme, semblant avoir pour but en soi, l'anti-vision, l'impossibilité de « VOIR », ni de « CONCEVOIR » les Splendeurs... étant, ayant été, devant être promises.
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Ainsi le mythe le plus récent, mais en réalité, beaucoup moins récent que l'on se l'imagine souvent, le plus puissant dans son évocatrice synthèse de toutes les plus nobles valeurs de l'âme humaine, condensées, accumulées l'une sur l'autre, de façon démesurée, est la figure du Surhomme, du Ubermensch, sculpté par la sensibilité brillante et brûlante de Nietzsche...
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Et pourtant la figure du Ubermenschau XXIesiècle, par nous, doit être et se doit d'être dépassée. Démesure, criera-t-on, et pourtant c'est dans la démesure (dans l'entreprise du bon, du beau, du grand et du noble) que tout notable progrès n'a jamais été accompli.
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Le poète du XXIesiècle devra être celui qui « montre » la Voie, du « par-delà le Ubermensch»
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C'est une intelligence parfaite et à part entière d'être et de pouvoir être PUREMENT réceptif. Ainsi le poète plus qu'un émetteur, est celui qui a l'art de la sensation, l'art de la réception, qui sait recevoir pour après transmettre de façon forte et appropriée, unique ce qui était naguère « agissante » réception, puis devenant, transmuée par le filtre de la sensibilité unique du Poète, suprême alchimiste des émotions et de la Sensibilité, « fulminante vision »
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Car bien sentir est parfois SA-VOIR
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Au milieu de notre tantôt béate, tantôt amère admiration de nos Hommes Dieux, ne pas oublier que ces derniers étaient loin d'être parfaits, n'y avaient jamais prétendu, tout au plus inspirer une idée de la perfectibilité à travers la volonté, par l'exemple du cheminement particulier de leurs existences respectives, propres et uniques...
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Le Poète, tantôt griot, tantôt scalde, tantôt beatnik, tantôt barde, tantôt révolutionnaire, tantôt chevalier, tantôt citharède, tantôt scribe, tantôt Haut Prêtre des Mystères, tantôt Messie, tantôt Czar... le Poète a été la constante dans l'Histoire et au sein de l'histoire de la Conscience.
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E * L
HA. HA
Pharaoniquement, le Possédé du verbe, s'éveille et avec mainte verve conquiert l'espace des étendues vierges. Il se veut disert et pourtant se sent désert, mais pétille de mille pétales couleur or, pour le monde c'est de l'or mais pour lui, c'est du toc. La Vraie Parole est ailleurs... au tréfonds des limbes abyssaux du Silence tout Puissant... parlant en bribes des vérités littéralement bouleversantes, pour ne pas dire dynamite.
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