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Captive d'un Milliardaire
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Chapitre 3 Chapitre 3

Planté au milieu de la pièce, les mains liées dans le dos, il garde la tête basse, comme sonné ; ses cheveux blonds pendent en un épais rideau devant son visage, dissimulant ses traits.

Il est tellement imposant qu'il semble occuper tout l'espace. Son tee-shirt beige est crasseux, imbibé de sang séché à hauteur de son flanc gauche. Il doit sortir d'une belle baston... Enfin, sans nous accorder un regard, il part s'écrouler dans un coin.

Puis le silence s'abat sur notre cabane, seulement troublé par sa respiration rapide et forte. Il semble mal en point. Tout est figé. Aïna se redresse et je m'agrippe à elle.

- Hey, dit-elle doucement en se penchant vers lui. Ça va ?

Comme il ne réagit pas, elle se rapproche et insiste gentiment, en haussant la voix. Sans plus de résultat.

Peut-être est-il trop sonné pour bouger ou parler ? Sur un côté de son crâne, ses cheveux sont poisseux de sang. Aïna répète sa question, en français, en anglais, en malgache, en espagnol, en pure perte.

- Ils ont dû lui taper dessus avec un peu trop d'enthousiasme, dis-je. Tu pourrais tout aussi bien essayer de communiquer avec un céleri-rave.

- Dommage. Il a l'air assez costaud pour démolir cette cahute et aplatir nos gardes, si on le chatouille comme il faut.

- Super. Et s'il s'en prend à nous, dans la foulée ? On ne le connaît pas, ce type. C'est peut-être un trafiquant concurrent, ou un assassin, un violeur...

Bref, sois gentille : évite les guili-guili.

Aïna hausse les épaules :

- C'est peut-être tout bêtement un photographe malchanceux, lui aussi.

- Ouais, et moi je suis Cendrillon, grommelé-je.

J'attends simplement minuit pour sauter dans mon carrosse et me tirer d'ici.

Aïna a la bonne grâce de sourire, puis elle attrape notre seau d'eau et, malgré mes protestations, s'approche de lui.

- Hey, lui dit-elle encore. De l'eau propre. Si tu as soif.

Cette fois, il réagit. Il se redresse, pesant de tout son poids contre la tôle, qui grince dans son dos. Il étend ses longues jambes devant lui, fait rouler sa tête et ses épaules dans un sens, puis dans l'autre, avant de lever vers nous son visage baigné d'ombre. Je m'attends à croiser le regard vide d'un homme abruti par la douleur, mais il a des yeux vifs et attentifs, d'un gris étonnant, ourlés de cils comme recouverts de givre.

- Takk. Har du ingen roligere rom ? interroge-t-il d'une voix incroyablement grave.

- Hein ? répondons-nous dans un bel ensemble.

- Er frokosten inkludert ?

- Qu'est-ce qu'il raconte ? me demande Aïna.

- Bouge pas, je consulte Google Translate et je te dis ça tout de suite, bougonné-je.

- On croirait une langue nordique, poursuit Aïna, ignorant mon sarcasme.

De Scandinavie, Suède, ou un de ces pays pleins de neige avec des rennes et des lutins à chaque coin de rue.

- En tout cas, je sais ce que je te dirais, moi, si j'étais à sa place...

- Ah oui ?

- Parfaitement. Je te dirais : « Et comment veux-tu que je boive, mignonne, avec mes mains attachées dans le dos ? En lapant ? Tu trouves que j'ai une gueule de chaton ? »

Quelques heures plus tard, la chaleur dans la cabane devient insupportable. Le soleil n'est pas encore à son zénith, mais déjà j'ai l'impression de mijoter dans mon jus, je suis ruisselante et mon cerveau peine à aligner deux idées cohérentes. Contrairement à l'usage en vigueur sur la côte Est, il n'a pas plu ce matin. Rien n'est venu rafraîchir ni humidifier notre petit coin d'enfer en tôle ondulée. Pour couronner le tout, nos estomacs vides gargouillent irrépressiblement, nous n'avons plus d'eau et une furieuse envie de pipi me cisaille le bas-ventre. Pas question néanmoins de baisser ma culotte devant le grand costaud, dont Aïna a renoncé à se faire comprendre et qui reste silencieux et ombrageux dans son coin.

Depuis son arrivée, il y a deux gardiens supplémentaires pour veiller sur nous, qui ouvrent compulsivement la porte toutes les dix minutes, l'air anxieux, comme si le mec allait soudain craquer son short, devenir tout vert et pulvériser la cabane en poussant un rugissement façon Hulk. Quelque chose me dit qu'il y a eu de la casse dans leurs rangs quand ils s'y sont frottés ; il a dû écrabouiller trois ou quatre de leurs types avant qu'ils réussissent à l'attacher, et les rescapés n'ont aucune envie de finir en steaks tartares à leur tour. Je les comprends. À moi aussi, il flanque la trouille.

Ils n'ont d'ailleurs pas tort de le garder à l'œil car malgré leur surveillance zélée il est parvenu à se débarrasser de ses liens. Vu son air pas commode, ce n'est pas pour me rassurer.

Une fois libéré, il s'est levé pour s'étirer et dénouer ses épaules, des épaules larges et puissantes que ses épais cheveux blonds effleurent à chaque mouvement. Deux fines tresses ornent ses tempes et se rejoignent derrière sa tête, deux autres encadrent son visage aux angles bruts, à la manière des guerriers celtes ou germains de l'Antiquité. Une coiffure d'un autre âge, qui durcit encore ses traits au lieu de les adoucir.

Il a attrapé le seau d'eau qu'Aïna avait mis à sa portée mais n'a pas bu. Il s'est contenté de nettoyer la plaie de son cuir chevelu, avec les gestes tranquilles et sûrs d'un homme que rien n'affole.

Puis il a regagné son coin de cabane et s'y est allongé confortablement, la tête calée sur son bras replié. Deux minutes plus tard, sa respiration lente et profonde ne laissait aucun doute : il s'était endormi.

- En voilà un qui ne risque pas de faire un ulcère, a dit Aïna, incrédule.

Jamais vu quelqu'un d'aussi zen !

- Je persiste à croire qu'ils lui ont cogné dessus trop fort et qu'il est complètement déconnecté. En tout cas, tu vois, il n'avait pas besoin de notre aide, dis-je en désignant ses mains libres, de grandes mains solides et carrées aux jointures meurtries, certainement plus habiles à jouer des poings qu'à appuyer sur un flash ou régler un zoom. Si ce mec est photographe, moi je suis la princesse Raiponce...

- OK, il ressemble plus à un Viking qu'à Yann ArthusBertrand mais ce n'était pas très charitable de le laisser galérer avec ses cordes.

- Tu parles. Il a « galéré » trois minutes, maximum. Par contre, je m'inquiète de la réaction des gardiens quand ils vont constater qu'il n'est plus entravé.

- À mon avis, ils ne prendront pas le risque de revenir l'attacher. On est dans la forêt, à vingt kilomètres de la piste la plus proche, et cent cinquante de la première route goudronnée. Le camp compte une bonne quinzaine d'hommes, sur le qui-vive, connaissant les lieux comme leur poche.

Même s'il s'échappait, il n'irait pas loin avant d'être rattrapé. En plus, il est blessé.

Aïna avait raison : quand ils ont rouvert la porte, les gardiens sont restés un instant interdits devant le bout de corde proprement roulé près de l'homme endormi, mais ils ont décidé finalement, après quelques palabres, de ne pas s'aventurer dans la cabane. Quant à nous, nous avons profité de son sommeil pour vider nos vessies à l'abri des regards, dans notre petit seau rempli de sciure.

À présent, la température dans la cabane flirte avec l'insoutenable.

D'ordinaire, août n'est pourtant pas le mois le plus torride à Mada, mais nous bénéficions malheureusement de conditions climatiques exceptionnelles pour la saison. Pas de bol. Surtout que notre prison, en plein soleil, tout en tôle et sans aucune aération, est une véritable cocotte-minute.

Si avant je croyais avoir chaud, je me trompais.

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