Tout ça m'attriste énormément, je n'aime vraiment pas vivre comme ça, ce n'est pas une vie.
J'ai encore eu l'impression qu'on m'observait, j'me suis dis que c'était peut être les hommes de mon père qui me surveillaient mais normalement, mon père ne veut pas les mettre du côté de ma chambre.
Je trouve ça un peu bizarre quand même mais peut être qu'il a fait ça parce qu'il a peur que je m'échappe une seconde fois.
On pourrait dire une troisième fois même s'il sait pas que j'me suis échappé avec Mamadou.
Même si la seconde fois on s'était pas échappé mais on est juste sorti.
Bref, j'suis partie me coucher en tombant dans les bras de Morphée...
9h35
Je me suis réveillée de bonne humeur, je suis partie faire ma routine matinale (brossage de dents, douche,...).
Je suis descendue pour aller dans la cuisine où il y avait déjà Kayla qui nettoyait tout la cuisine.
Moi: Coucou Kayla ça va ?
Kayla: Oui ça va et toi ma belle ?
Moi: Oui ça va
Kayla: Je t'ai préparée ton petit déj'
Moi: Oh merci c'est trop gentil
Kayla: De rien ma belle
J'ai pris mon bol pour aller m'asseoir sur la table à manger du salon.
Après avoir terminer, j'ai mis mon bol dans l'évier pour le laver.
Kayla: Fallait pas t'embêter, j'allais le faire
Moi: Mais tu ne dois pas toujours faire tout toute seule Kayla, un peu d'aide ne fait pas de mal
Kayla: C'est gentil merci Stella
J'ai lavé mon bol puis je suis remontée dans ma chambre, histoire de réviser un peu.
J'ai ouvert mes cahiers de médecine et franchement... ça me donnait mal à la tête rien qu'en voyant tous ces mots compliqués.
Mais bon, j'ai pas le choix, si je veux réussir mon examen, faut que je m'y mette sérieusement.
11h57
J'étais toujours sur mes cours quand j'ai entendu Kayla toquer à ma porte.
Kayla: Stella ? Tu veux que je te prépare à manger ou t'as pas encore faim ?
Moi: Hmm... j'ai un petit creux mais pas trop faim, tu peux juste me faire un sandwich avec un jus s'il te plaît ?
Kayla: Pas de souci, je t'appelle dès que c'est prêt.
Moi: Merci Kayla !
Elle est descendue. J'ai continué à gribouiller sur mon cahier en essayant de retenir ce que je pouvais. Mais mes pensées revenaient toujours au même endroit: la liberté.
Pourquoi je devais vivre enfermée comme ça ? Pourquoi moi ?
Quelques minutes plus tard, Kayla m'appela depuis le rez-de-chaussée.
Kayla: Stella, viens manger ma belle !
Je suis descendue, elle avait préparé un sandwich au poulet avec un jus d'orange frais. Trop bon.
Moi: Merci, Kayla. Vraiment, tu prends trop soin de moi.
Kayla: C'est normal, tu es comme ma petite sœur.
On a mangé ensemble, et ça m'a fait du bien de pas rester seule.
14h22
Je regardais encore par la fenêtre de ma chambre, et là... mon cœur a failli s'arrêter.
La silhouette. Celle que j'avais vue l'autre soir.
Cette fois-ci, j'étais sûre de moi, c'était pas mon imagination. Un homme, capuche noire sur la tête, me fixait depuis l'autre côté de la rue.
Moi: (paniquée à voix basse) C'est pas vrai... il est encore là...
J'ai reculé de la fenêtre, mon souffle s'était accéléré. Je savais pas si je devais prévenir Kayla ou garder ça pour moi.
Mais mon instinct me criait que ça sentait mauvais.
Kayla a toqué à ma porte quelques instants plus tard.
Kayla: Stella, ça va ? Tu veux descendre un peu ?
Moi: (vite) Non non, ça va... je préfère rester ici.
Kayla: Bon... comme tu veux, mais si t'as besoin, je suis là.
Elle est repartie, mais moi j'étais toujours paralysée.
Et si c'était lui, l'homme qui avait appelé mon père l'autre jour ? Celui qui avait dit avoir vu « une fille sortir de chez lui »... c'était moi.
Je me suis allongée sur mon lit, mais impossible de fermer l'œil.
Je me sentais observée.
00h12
J'ai passé la nuit à me retourner, mais au petit matin j'ai fini par m'endormir, épuisée par l'angoisse.
Le réveil a sonné comme si rien n'était arrivé. Le rayon de soleil qui traversait les rideaux m'a aidée à calmer un peu mon cœur.
Je me suis préparée et je suis descendue prendre mon petit-déj.
Kayla chantonnait en préparant le café, comme d'habitude. Le calme de la maison était presque rassurant.
J'ai scruté la rue depuis la fenêtre du salon: rien, personne. Pas de capuche, pas de silhouette. Juste des voisins qui partaient au travail et un livreur qui tenait un colis.
Moi: (soupir) Tu l'as vu, toi, cet homme hier ?
Kayla: Non ma belle, rien du tout. Peut-être que c'était juste quelqu'un qui regardait par hasard. Tu t'es fait des peurs toute seule.
Je lui ai dit que ça allait, même si dans un coin de ma tête je restais un peu méfiante. Mais l'absence de l'homme me faisait le plus grand bien: pas de trace, pas d'appel, pas d'ombres collées à la fenêtre. Comme si la ville avait rendu son souffle.
11h34
J'ai repris mes cours. Les annales d'anatomie m'attendaient et il fallait bien que je m'y mette sérieusement. J'ai sorti des fiches, j'ai noté des schémas, j'ai mis de la musique douce pour me concentrer.
Un peu de Bilal Hassani pour le moral entre deux définitions de nerfs.
14h10
Youness est passé me voir pour laisser des affaires qu'il avait rangées dans le garage. Il m'a fait une petite grimace quand il a vu mes fiches éparpillées.
Youness: T'es motivée dis donc, c'est bien. Tu veux qu'on révise ensemble cet aprem ? Juste 1 heure, je te promets.
Moi: (sourire) Oui, ça m'aiderait. Merci.
On a révisé manière chill: il me posait des questions, je répondais, et quand je séchais il me taquinait gentiment. C'était marrant et surtout ça changeait les idées.
17h02
J'ai profité du jardin pendant une demi-heure, j'ai pris le soleil, j'ai fermé les yeux, et pour la première fois depuis plusieurs jours je me suis sentie un peu normale.
La peur ne m'habitait plus à chaque coin de rue. Peut-être que l'absence de la silhouette voulait dire qu'il s'était lassé, ou qu'il n'était jamais venu pour de vrai. Dans tous les cas, j'ai choisi de pas y penser trop longtemps.
19h30
Dîner avec Kayla. On a ri en regardant une émission stupide à la télé et elle m'a raconté des anecdotes de quand elle était plus jeune. Elle a ce talent de rendre la maison légère, et moi j'ai apprécié chaque mot.
21h50
Avant de dormir, j'ai relu mes fiches une dernière fois. J'ai pris quelques notes et j'ai arraché une feuille pour préparer un planning d'études pour la semaine à venir. Si je veux réussir cet examen, il faut que je sois organisée. J'ai senti une petite fierté me traverser : je reprenais le contrôle de ma vie, pas à pas.
Les jours suivants se sont enchaînés comme ça: révisions, aidée par Mamadou de temps en temps, des pauses avec Kayla et quelques petites sorties « encadrées » à la fenêtre du jardin pour bronzer.
Mon père a appelé quelques fois pour vérifier, mais il n'a remarqué rien d'anormal. Les gardes étaient occupés ailleurs et Nelson venait souvent s'installer devant l'entrée le soir, rien d'inquiétant mais rassurant.
Petit à petit, la silhouette est devenue un souvenir flou, une peur qu'on range dans un coin et qu'on remplace par des choses concrètes: des schémas à mémoriser, des mots à apprendre, des moments avec ceux que j'aime.
J'ai compris que je pouvais continuer à vivre même avec la peur au fond de la gorge, tant que je m'entourais des bonnes personnes.
11h42
J'étais en plein milieu de mes révisions quand mon téléphone s'est mis à vibrer. Numéro masqué. Mon cœur a fait un bond dans ma poitrine.
J'ai hésité, puis j'ai décroché.
📲Moi: Allô ?
📱??: ...
📲Moi: (voix tremblante) Allô ? Y'a quelqu'un ?
📲??: Stella...
J'ai sursauté. Une voix grave, méconnaissable. Elle avait murmuré mon prénom. Puis un rire sec, presque étouffé. Bip bip. On m'a raccroché dessus.
Je suis restée immobile, le téléphone serré contre mon oreille. Comment ils connaissaient mon prénom ? Pourquoi sur un numéro masqué ?
Quelques secondes plus tard, Kayla est montée pour me demander si tout allait bien.
Moi: (vite) Oui, oui, t'inquiète pas.
Kayla: T'es sûre ? T'as l'aire terrifiée, ma belle.
Moi: Juste fatiguée.
Je pouvais pas lui dire. Si elle s'inquiétait, elle le répéterait peut-être à mon père, et lui... lui ça allait tourner en catastrophe.
15h18
Je suis redescendue dans le salon pour souffler un peu. J'ai mis la télé sur une chaîne random. Mais impossible de rester tranquille: je me sentais surveillée, même à l'intérieur.
Et là... toc toc toc à la porte.
J'ai sursautée.
Kayla: (de la cuisine) Tu peux ouvrir s'il te plaît ? J'ai les mains pleines.
Je me suis approchée de la porte d'entrée doucement. Mon cœur battait à mille.
J'ai regardé dans le judas: un livreur, sac sur le dos.
Je souffle de soulagement et j'ouvre.
Livreur: Bonjour, livraison pour... Stella M****.
Je le regarde, choquée.
Moi: Mais j'ai rien commandé...
Il me tend un petit carton. Dessus, pas de nom, pas d'adresse complète. Juste écrit au marqueur noir : « À ma jolie prisonnière ».
Mon sang s'est glacé.
Moi: Euh... non désolée, y'a une erreur.
Livreur: Pourtant c'est bien ce nom-là. Après si vous voulez refuser, je repars avec.
J'ai pris le colis.
Moi: Merci monsieur
Livreur: Pas de problème, bonne journée
J'ai claqué la porte, les mains tremblantes. Kayla est arrivée en me regardant bizarre.
Kayla: C'était quoi ça ?
Moi: Rien... une erreur de livraison.
J'ai menti, évidemment. Je pouvais pas lui dire ce qui était écrit. Pas maintenant.
Je suis remontée dans ma chambre avec le carton, même si j'avais dit à Kayla que je l'avais refusé.
Mes mains tremblaient tellement que j'ai failli le faire tomber.
Je l'ai posé sur mon lit.
Il était léger. Trop léger. Comme s'il y avait presque rien dedans.
Moi: (en murmurant) C'est quoi encore cette histoire...
J'ai respiré un grand coup puis j'ai ouvert.
À l'intérieur, il y avait:
Une seule photo polaroïd... de moi.
Prise de loin, sûrement depuis la rue, alors que j'étais dans ma chambre en train de réviser hier. On voyait clairement ma silhouette assise à mon bureau, penchée sur mes cahiers.
Et un petit papier plié en deux.
Je l'ai ouvert d'une main tremblante.
« Tu crois que tu es en sécurité derrière tes murs ?
Je te vois. Toujours. »
Mon estomac s'est retourné. Je me suis levée d'un bond, j'ai couru fermer les rideaux, j'ai même vérifié que la fenêtre était bien verrouillée.
Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression que Kayla allait l'entendre depuis le rez-de-chaussée.
Je savais que je devais prévenir mon père. Mais si je lui disais, il allait me faire vivre un enfer, m'enfermer pour de bon, mettre dix gardes derrière ma porte. Et une part de moi refusait ça.
Alors j'ai glissé la photo et le papier sous mon oreiller.
Comme si en les cachant, j'allais pouvoir oublier.
Mais la vérité... c'est que maintenant, j'avais la certitude: La silhouette que j'avais vue n'était pas une hallucination, quelqu'un m'observait.
20h17
J'ai bien caché la photo et le papier sous mon oreiller, comme si ça allait effacer le problème. Quand mon père a appelé sur WhatsApp vidéo, je me suis forcée à sourire.
📲Moi: Coucou Papa !
📱Papa: Wesh Stella, tranquille ou quoi ? Tu bosses ou tu dors comme une marmotte ?
📲Moi: (en riant) Je révise, je révise, promis !
📱Papa: J'espère hein... parce que la médecine c'est pas Netflix. Faut charbonner comme si t'avais le loyer à payer demain.
Il avait ce ton mi-sérieux, mi-taquin qui me faisait toujours rire.
📲Moi: Oui, je sais... t'inquiète.
📱Papa: Non mais sérieux, ma fille, faut que tu comprennes un truc: « La sueur d'aujourd'hui, c'est le confort de demain. » Tu vois ou pas ?
📲Moi: (sourire) Oui Papa...
Il plissa les yeux.
📱Papa: T'as une tête bizarre. T'as pas mangé ou quoi ?
📲Moi: Mais si, j'ai mangé ! Kayla prend bien soin de moi.
📱Papa: Tant mieux... parce que moi j'veux pas que tu me fasses des coups chelous. Si t'as un problème, tu m'dis, ok ? Ici y'a pas de honte, y'a que la vérité.
J'ai eu un instant d'hésitation. Mon cœur voulait lui dire pour le carton, pour la photo. Mais ma bouche a préféré mentir.
📲Moi: Non, Papa, tout va bien... vraiment.
Il m'a pointée du doigt à travers l'écran.
📱Papa: C'est bien, continue comme ça. Et rappelle-toi: « Le lion reste un lion, même s'il est enfermé »
Puis il a raccroché après m'avoir fait rire avec une dernière blague.
21h02
Après, c'est ma mère qui m'a appelée. Rien que voir son visage doux sur l'écran m'a fait respirer un peu mieux.
📱Maman: Ma princesse... comment tu vas ?
📲Moi: Ça va, maman. Fatiguée, mais ça va.
📱Maman: Tu manges bien ? Tu dors assez ?
📲Moi: Oui, Kayla veille sur moi.
📱Maman: (soupire) Ça me rassure... Tu sais, chaque jour je fais des duaa's pour toi. Qu' الله
t'éloigne du mal, qu'Il t'ouvre les portes du succès.
Ses mots m'ont donné les larmes aux yeux.
📲Moi: Merci maman... ça me fait du bien de t'entendre.
📱Maman: Toi aussi tu dois faire des invocations, ma chérie. Même si tu crois que personne ne t'entend, Lui, Il entend tout.
J'ai hoché la tête en silence. Je me sentais apaisée rien que par le ton de sa voix.
📱Maman: Allez, dors tôt ce soir. Ton père fait le dur mais il est fier de toi, sache-le.
Après avoir raccroché, je me suis allongée.
Entre la force brute de mon père et la douceur de ma mère, j'avais l'impression d'être protégée... mais au fond de moi, l'image de la photo restait imprimée.
Quelqu'un, quelque part, continuait à me regarder.
Quelques jours ont passé.
Pas de carton suspect, pas de numéro masqué. Rien. Comme si le danger avait disparu d'un coup.
Mais malgré ce calme apparent, j'étais incapable de me détendre vraiment. J'avais toujours cette boule au ventre, cette impression qu'un regard pesait sur moi à chaque fois que je m'approchais de la fenêtre.
17h38
Mon père m'a appelée comme souvent. Je me suis dit que c'était le bon moment pour tenter ma chance. J'avais besoin d'air. Besoin de sortir.
📲Moi: Papa... j'peux te demander un truc ?
📱Papa: Vas-y, crache.
📲Moi: Ça fait des semaines que je reste enfermée... j'aimerais juste sortir un peu. Genre... aller boire un café avec Kayla. Pas loin.
Silence. Puis il a plissé les yeux en me regardant à travers l'écran.
📱Papa: (voix grave) T'es sérieuse là ?
📲Moi: Oui papa... je te jure je fais attention.
Il s'est mis à rire, mais un rire froid.
📱Papa: Écoute-moi bien, Stella. Toi dehors ? Jamais d'la vie.
📲Moi: Mais papa-
📱Papa: (en me coupant la parole) Mais attend, tu crois quoi ? Que c'est Disneyland dehors ? Y'a que des requins qui veulent gratter leur part. Toi, t'es mon sang. Et mon sang, je le laisse pas traîner dans la rue comme un sac plastique.
📲Moi: (voix basse) Mais j'suis pas un sac plastique, Papa...
📱Papa: Justement. Toi t'es un diamant. Et les diamants, ça reste dans un coffre. Tu piges ou pas ?
Je me suis tue. Mon cœur battait fort, partagé entre la colère et la résignation.
📱Papa: Regarde, la vie c'est simple: « Soit t'es chasseur, soit t'es gibier. » Et moi j'te le dis, ma fille... toi, tu seras jamais le gibier d'personne. Alors tu bouges pas d'ici. Point barre.
Il a raccroché aussitôt, me laissant avec ce goût amer. Je savais qu'il m'aimait à sa manière, qu'il voulait me protéger. Mais j'étouffais. Je me suis laissée tomber sur mon lit, fixant le plafond. Oui, la mascarade s'était calmée... mais la prison dorée restait la même.
Et dans le silence de ma chambre, le stress ne disparaissait pas.
Mes larmes coulaient de frustration. Être enfermée, n'était pas une vie, j'en peux plus de vivre comme ça.
Par moment, je sors avec les gardes si papa le veut bien mais c'est tellement rare.
Je me suis couchée
22h16
Je venais juste de me poser sur le canapé avec un bouquin, essayant de me détendre malgré le stress habituel.
La maison était silencieuse... jusqu'à ce que j'entende un bruit sourd à l'entrée principale.
J'ai sursauté. Kayla, qui passait dans le couloir, s'est figée.
Kayla: (en chuchotant) Qu'est-ce que... ?
Un autre bruit, plus fort cette fois: le claquement de la porte du garage. Quelqu'un essayait d'entrer.
Moi: (en murmurant paniqué) Kayla... c'est quoi ça ?
Kayla a attrapé un téléphone et a appelé Yassine et Nelson.
Quelques secondes plus tard, j'ai entendu les bruits de pas précipités des gardes qui se rapprochaient.
Youness est apparu à mes côtés, le visage crispé.
Youness: Reste calme, Stella. Je vais voir ce que c'est.
Moi: (tremblante) Mais... et si c'est un ennemi ?
Youness: Si ça l'est, on gère. Ton père n'est pas là, mais nous, on s'occupe de tout.
J'ai senti mon cœur battre à tout rompre. Les bruits de la porte du garage cessaient par moments, puis reprenaient. Un vent froid s'engouffrait par les petits espaces vides de la porte.
Quelques minutes plus tard, Yassine est arrivé en courant, suivi de Nelson et d'un autre homme.
Yassine: (sérieux) Ok... c'est sûrement un intrus, personne n'a prévenu de livraisons ou autres ?
Nelson: Rien du tout... ça sent pas bon.
Youness a pris son talkie.
Youness: Tous aux points stratégiques, on couvre la maison. Stella, reste derrière la porte du salon et pas un pas dehors.
Moi: (voix tremblante) Oui...
Les gardes se sont dispersés. Des bruits de meubles déplacés, de portes qui s'ouvrent et se ferment résonnaient à l'étage et au rez-de-chaussée.
J'avais l'impression que mon estomac remontait dans ma gorge. Puis un bruit encore plus fort: le claquement d'une vitre à l'arrière de la maison.
Kayla a poussé un cri étouffé, et moi je me suis jetée derrière le canapé.
Youness: (au talkie) J'ai vu un mouvement à l'arrière ! Vous y allez !
Quelques secondes plus tard, les voix des gardes retentissaient dans le jardin: des ordres, des courses rapides, un bruit métallique...
Moi: (en chuchotant) Baba... si seulement tu étais là...
Mais je savais que même absent, il m'aurait dit la même chose que d'habitude : « Tu restes enfermée, parce que dehors, c'est la jungle. »
Et là, coincée dans le salon, j'ai réalisé que peu importe ce qui arrivait dehors, je n'avais pas mon mot à dire.
Le calme semblait revenir petit à petit, mais mon cœur ne retrouvait pas son rythme normal. Quelqu'un avait essayé d'entrer dans ma maison. Et même si les gardes avaient réagi vite, l'inquiétude restait.
22h22
Je suis restée collée derrière le canapé, incapable de bouger, les mains moites, le souffle court.
Youness est apparu dans l'encadrement de la porte du salon, le visage grave, les yeux scrutant chaque ombre.
Youness: Stella... reste là. Ne bouge pas.
Moi: (en murmurant) Oui...
Il a pris son talkie.
Youness: Nelson, Yassine, concentrez-vous à l'arrière ! On couvre chaque sortie.
J'ai entendu leurs pas précipités dans le jardin. Le bruit métallique d'une branche qui se casse. Puis un cri étouffé:
Voix de Nelson: J'ai trouvé quelque chose !
J'ai retenu mon souffle. Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression qu'il allait exploser.
Yassine: C'est qui ?! Parle !
Voix de Nelson: C'est... un type. Il essayait de grimper par la fenêtre du bureau.
Youness: Ramenez-le ici, mais doucement. On veut pas qu'il se blesse... encore moins qu'il dise quoi que ce soit.
J'ai senti une montée de panique. Et si c'était quelqu'un de dangereux pour moi ? Et si c'était l'un de ces ennemis que mon père craint ?
Quelques minutes plus tard, les bruits de pas revenaient vers le salon. Youness entra avec le type menotté derrière lui.
Il était... jeune, peut-être une vingtaine d'années, et il semblait presque effrayé par la réaction des gardes. Ses yeux étaient cachés sous une capuche, mais je pouvais voir qu'il tremblait.
Youness: (voix ferme) Qui t'a envoyé ? Pourquoi t'es là ?
Le type secouait la tête, incapable de parler. Youness le regarda et fit un signe aux autres :
Youness: (en murmurant ) Amenez-le dans le bureau. On va clarifier ça sans faire de dégâts.
Moi: (à voix basse) Papa... si tu savais...
Mais il n'était pas là. Et je devais rester silencieuse. Mon corps était tendu comme un ressort.
Youness et les autres ont emmené le type, et la maison est redevenue silencieuse. Mais pour moi... le calme était factice.
Chaque bruit me faisait sursauter. Chaque ombre me paraissait suspecte.
J'avais beau me dire que les gardes géraient tout, je ne pouvais pas me débarrasser de cette sensation: quelqu'un avait vraiment essayé d'entrer. Et moi, j'étais coincée, incapable de faire quoi que ce soit.
Le suspense me tenait en haleine. Et je savais que cette nuit allait être longue.
Je suis remontée dans ma chambre pour me remette de mes états
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