Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
MARQUEE PAR LE LOUP
img img MARQUEE PAR LE LOUP img Chapitre 4
4 Chapitres
Chapitre 6 img
Chapitre 7 img
Chapitre 8 img
Chapitre 9 img
Chapitre 10 img
Chapitre 11 img
Chapitre 12 img
Chapitre 13 img
Chapitre 14 img
Chapitre 15 img
Chapitre 16 img
Chapitre 17 img
Chapitre 18 img
Chapitre 19 img
Chapitre 20 img
Chapitre 21 img
Chapitre 22 img
Chapitre 23 img
Chapitre 24 img
Chapitre 25 img
Chapitre 26 img
Chapitre 27 img
Chapitre 28 img
Chapitre 29 img
Chapitre 30 img
Chapitre 31 img
Chapitre 32 img
Chapitre 33 img
Chapitre 34 img
Chapitre 35 img
Chapitre 36 img
Chapitre 37 img
Chapitre 38 img
Chapitre 39 img
Chapitre 40 img
Chapitre 41 img
Chapitre 42 img
Chapitre 43 img
Chapitre 44 img
Chapitre 45 img
Chapitre 46 img
Chapitre 47 img
Chapitre 48 img
Chapitre 49 img
img
  /  1
img

Chapitre 4

Elle écarquilla les yeux, semblant peser mes mots. Puis, après un long silence, elle murmura, presque pour elle-même : "Peux-tu... m'aider ?"

Je tendis ma main, mais elle recula légèrement, hésitant à accepter ce geste. "Je te promets que je ne te ferai pas de mal," ajoutai-je doucement.

Elle leva lentement les yeux, et pour la première fois, ses lèvres frémirent dans une expression de douleur. "Ils... ils ont tout pris. Ma famille, ma maison... tout. J'ai cru que j'étais cachée, mais ils m'ont trouvée."

Mon cœur se serra en l'écoutant. "Et après ?"

Elle ferma les yeux, une larme roulant sur sa joue. "Je me suis faufilée dans la nuit, profitant de leur distraction. Mais l'un des soldats m'a attrapée... il m'a... il a voulu me violer." Elle s'arrêta un instant, ses mains tremblant alors qu'elle les observait, comme si elles étaient couvertes de sang invisible. "Je l'ai tué. Avec son propre couteau."

Je fus saisi par la brutalité de ses mots. La jeune femme, au lieu d'être brisée par cet acte, semblait plus forte, plus déterminée. "Tu es en sécurité maintenant," murmurai-je, serrant doucement ses mains froides dans les miennes. "Je te le promets. Tu n'es plus seule."

Elle leva les yeux vers moi, cherchant quelque chose dans mon regard. Une lueur de confiance, un espoir fragile, s'alluma dans ses prunelles. Je sentis un élan irrésistible de vouloir la protéger, de la garder hors de portée de ce monde cruel. "Ils vont me retrouver," dit-elle, sa voix brisée par l'angoisse. "Ils ne s'arrêteront pas. Pas tant que je serai en vie."

Je la fixai intensément. "Je ne les laisserai pas t'atteindre. Nous allons fuir avant qu'ils n'arrivent."

Elle sembla hésiter une seconde avant de répondre d'une voix faible mais ferme : "Je suis Catalina."

"Moi, c'est Sami. Et je vais te sortir de là," répondis-je, ma décision prise. "Rien ne nous arrêtera."

Je réfléchis rapidement, cherchant une issue. Le château n'était pas une option. Trop risqué. Si les soldats la retrouvaient, nous serions tous en danger. Je n'avais qu'une seule chance, une seule route pour nous sauver : les montagnes. Le passage vers la Bulgarie, encore partiellement libre. C'était notre seule voie de fuite.

Sans plus de mots, je l'aidais à monter sur mon cheval. "Accroche-toi," lui dis-je, avant de faire un tour d'horizon. "On doit partir maintenant, avant qu'ils ne nous trouvent."

Nous galopions à travers la campagne, la neige tombant plus fort. La peur grondait en moi, mais l'urgence était plus forte. Nous devions atteindre les montagnes avant qu'ils ne se regroupent. Mais la nuit s'obscurcissait rapidement, et les hurlements des loups résonnaient au loin. Le froid mordait, et ma jument peinait à avancer dans la neige épaisse.

"Nous devons nous arrêter," dis-je enfin, après avoir aperçu une vallée que je connaissais bien. Là, au bout du chemin, une vieille grange abandonnée. Un abri temporaire, mais nécessaire.

Nous y trouvâmes refuge, à bout de forces, mais en vie. Nous devions nous préparer à la suite du voyage, à l'inconnu. Mais pour l'instant, nous étions ensemble, protégés dans cet abri, le souffle haletant dans l'obscurité grandissante.

Notre fuite ne faisait que commencer.

Il est souvent plus sage de voyager dans le secret de la nuit, une règle que j'avais appliquée ce soir-là, bien avant que l'aube ne commence à effleurer l'horizon. La lueur timide de la lune m'accompagnait à chaque pas, me guidant à travers l'obscurité épaisse. La brume qui s'élevait des champs gelés semblait presque vivante, comme si elle cachait des secrets à ceux qui osaient y pénétrer. Sans perdre de temps, j'avais ouvert la porte de la grange et, une à une, mes compagnons d'aventure avaient franchi le seuil. La chaleur de l'intérieur contrastait immédiatement avec le froid mordant de l'extérieur. J'avais guidé ma jument vers une pile de foin, et le bruit de ses crocs dévorant le paillage se mêlait aux bruits de la nuit.

Catalina, tremblante comme une feuille au vent, se recroquevilla dans un coin. Le froid lui faisait mal, et ses dents claquaient malgré l'épaisseur de ses vêtements. Je ne pouvais pas la laisser souffrir ainsi. Je l'avais enveloppée dans ma veste, un geste aussi protecteur que nécessaire, et l'avais allongée dans le foin. Elle avait fermé les yeux, mais son corps restait tendu, comme un ressort prêt à se détendre, juste un peu.

"Repose-toi", lui avais-je murmuré, ma voix douce mais ferme. "Tu en as besoin. Le voyage a été trop long."

Je lui caressai doucement les cheveux, observant le calme étrange qui s'était emparé d'elle alors qu'elle s'endormait à peine. Ses traits étaient incroyablement beaux, même dans ce moment de vulnérabilité, une beauté presque irréelle, comme un rêve. J'avais l'impression qu'une partie d'elle restait prisonnière des tourments qu'elle avait vécus, un fardeau invisible qu'elle portait sur ses épaules.

Je m'étais levé, mes pas lourds dans la poussière du sol, et j'avais jeté un coup d'œil par les fissures de la grange. La neige, désormais tombée en silence, recouvrait tout, masquant les bruits lointains de la nature. Seuls les hurlements des créatures nocturnes brisaient cette tranquillité, mais ils s'étaient estompés, devenant plus rares. Pourtant, une étrange sensation m'envahit, comme si des yeux invisibles nous scrutaient à travers la nuit. Un frisson glacé me parcourut, et je me redressai, le cœur battant.

Je n'étais pas seul. Je pouvais le sentir.

D'un mouvement rapide, je vérifiai que mon arme était à portée de main. La dernière chose que je voulais, c'était devoir l'utiliser, mais dans cette nuit noire, tout semblait possible. Les hurlements avaient cessé, mais la tension dans l'air ne faisait que croître. J'observais Catalina dormir, agitée, comme si des cauchemars l'assaillaient. Elle pleurait doucement, et mon cœur se serra. J'étais l'un des rares à savoir ce qu'elle traversait. Pour elle, le monde extérieur était un terrain miné, rempli de cruauté et de dangers.

"Tout ira bien", lui avais-je murmuré, caressant sa joue avec douceur. Je tenais sa main dans la mienne, comme un ancrage. Cela ne signifiait pas grand-chose, mais dans ce moment suspendu, c'était la seule chose qui semblait pouvoir alléger son âme.

Puis, un bruit, faible, presque imperceptible, mais suffisant pour me faire sursauter. La neige sous la grange craqua, et je me précipitai vers la fenêtre. Mon regard scrutait l'obscurité à la recherche de ce qui se cachait. Je ne vis rien, mais mes oreilles, elles, étaient plus fines que jamais. Les bruits de mes pas étaient étouffés par le sol de bois, mais un autre bruit se fit entendre, plus près. Un frottement.

Le vent s'était calmé. La nuit semblait encore plus dense, plus menaçante. Et soudain, je vis des empreintes dans la neige, des empreintes grandes, profondes, comme si un animal gigantesque avait traversé l'endroit. Le sol s'était durci sous la neige, mais ces traces ne pouvaient pas appartenir à un simple chien. C'était un loup. Ou quelque chose de bien plus grand encore.

Précédent
            
Suivant
            
Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022