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MARQUEE PAR LE LOUP
img img MARQUEE PAR LE LOUP img Chapitre 5
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Chapitre 5

Je reculai de la fenêtre, mon esprit tournant à toute vitesse. Et si cet animal savait que nous étions là? Et s'il attendait, guettant notre sortie comme un prédateur attend sa proie? L'idée qu'il avait pu nous suivre m'obséda. La solitude des forêts m'était familière, mais jamais je n'avais rencontré une créature comme celle-ci.

Je m'assis à côté de Catalina, les armes serrées dans mes mains. Si cet animal se montrait, j'étais prêt à défendre cette grange, même si cela signifiait tout risquer. Et pourtant, un doute m'envahit. La nature était pleine de surprises, mais un loup si audacieux était-il même possible? Je songeais à ma mère, à son visage inquiet, à la dernière fois où je l'avais vue.

Un silence total. Les hurlements avaient cessé, laissant place à un calme presque irréel. Mais mes sens étaient en alerte. Mes yeux scrutaient sans cesse l'extérieur, dans l'espoir que la créature soit passée. Mais les empreintes étaient toujours là, gravées dans la neige, comme un avertissement. Rien n'était aussi simple.

Je ne savais pas ce que la nuit me réservait, ni si ce loup-ou ce qui le suivait-allait revenir. Mais il y avait une chose que je savais : rien ne nous arrêterait. Pas cette nuit.

Je m'étais trouvé dans l'obscurité d'une grange froide, les sons de la neige tombant doucement sur le toit. À mes côtés, Catalina était assise, ses bras serrés autour de ses genoux, son regard fuyant. La lourdeur de la situation pesait sur moi comme un voile invisible. Mon cœur battait à tout rompre, et mes paupières se fermaient lentement, épuisé par le stress. Je me laissais emporter dans un demi-sommeil, espérant un instant de répit, un moment de paix. Mais je savais qu'il était impossible d'échapper à cette réalité, à ce danger imminent. Après tout, ce loup, cet ennemi, n'aurait aucune pitié. Il ne viendrait pas ici... ou du moins, c'est ce que je croyais.

Je me laissai sombrer dans un état de semi-somnolence, les bruits du vent devenant un murmure apaisant.

Mais un bruit soudain me fit sursauter, comme un rugissement métallique déchirant le calme. Un moteur vrombissant, puis des voix. Des pas dans la neige. Des bottes qui écrasaient la glace. J'ouvris les yeux brusquement. Les bruits s'intensifiaient. Des uniformes militaires étaient visibles à travers les interstices de la grange, des silhouettes floues s'agitaient.

Je tournai immédiatement mon regard vers Catalina. Elle était figée, mais je pouvais voir la peur dans ses yeux. Mes mains tremblaient légèrement en m'approchant d'elle. Avant qu'elle ne puisse dire un mot, je plaçai ma main fermement sur sa bouche. "Silence. Ils sont là."

Elle hocha la tête, terrifiée. Je la tenais contre moi, la protecteur dans une mer de chaos.

Soudain, la porte grinça sinistrement. Un cri perça la tension de l'instant, puis deux soldats apparurent, leurs visages durs comme la pierre. Je dégainai mon pistolet instantanément, le pointant vers eux. Mon cœur battait la chamade, prêt à faire feu. La rage me consumait. Je voulais tuer ces hommes, les punir pour ce qu'ils avaient fait à Catalina et aux innocents de cette ville. Je ne voulais rien d'autre que leur fin.

Mais juste à ce moment-là, une force me saisit brutalement par derrière. Mes bras furent tirés en arrière, et le pistolet m'échappa des mains. Une deuxième équipe avait trouvé une entrée par derrière, prenant la grange d'assaut. Catalina cria, se débattant tandis que les soldats la tiraient hors de la grange. Je l'appelai, désespéré.

"CATALINA !" Ma voix se brisa dans l'air froid, mais mes efforts étaient vains. Ils l'emportaient sans pitié.

Un soldat me lança un regard méprisant, criant des injures racistes à l'égard de Catalina, avant de cracher sur son visage. Elle tenta de riposter, mais ses efforts furent vains. Un autre soldat hurla des ordres, et Catalina fut poussée vers une voiture noire, comme un animal qu'on traînait à l'abattoir.

"NON !" Je hurlais de tout mon être, mais cela ne fit rien.

Elle se tourna brièvement vers moi, ses yeux remplis de terreur et de désespoir. "Sami !" cria-t-elle. La voiture démarra en trombe, l'emportant loin de moi.

Mon corps tout entier tremblait de rage. "Je te retrouverai !" hurlais-je, ma voix déchirée par la douleur.

L'officier qui m'avait saisi se tenait devant moi. Il était proche, trop proche. Je pouvais sentir l'odeur nauséabonde de son haleine, un souffle pestilentiel mêlé d'alcool et de tabac. Il me regarda intensément, me crachant presque au visage alors qu'il parlait.

"Pourquoi la protèges-tu, sale juif ?" Il ricana, son visage marqué par une cruauté que je n'avais jamais vue, pas même chez les plus féroces des animaux. "Tu n'as rien à faire avec elle. Elle est déjà perdue."

Je voulais crier, je voulais lui faire payer. Mais la douleur me fit chanceler. Une gifle violente m'arracha un cri, mes yeux se fermant sous le coup. Le monde s'éteignait lentement.

Je me réveillai dans un tourbillon de douleur. L'eau s'infiltrait dans mes poumons, me noyant dans l'agonie. Je sentais une sensation de suffocation, mes bras et mes jambes lourds et brisés. Les souvenirs de la violence m'étaient vagues, un enchevêtrement d'images floues. J'ouvris les yeux pour découvrir l'homme qui m'avait frappé. Cet officier, le même visage cruel, riait alors qu'il me versait de l'eau sur le visage, me plongeant dans l'horreur.

Je criai son nom, mais la douleur me paralysait, rendant chaque mot presque impossible à dire. Mes yeux cherchaient la voiture noire, mais elle avait disparu dans la nuit.

L'officier s'assit en face de moi, allumant une cigarette. "Tu crois vraiment que tu la retrouveras ? Elle est déjà loin, bien loin d'ici."

Je n'avais aucune réponse. Je voulais simplement qu'il cesse, qu'il disparaisse. Mais il ne me laissa pas la paix. Il me donna un coup de pied brutal, me propulsant à terre. La douleur m'écrasa, mais je n'avais pas de force pour lutter.

"Réponds, misérable !" Un autre soldat me rugit dessus.

L'officier souriait, satisfait de ma soumission apparente. Il écrasa sa cigarette sur le sol et se pencha, me saisissant par les cheveux. Il tira ma tête vers lui, forçant mes yeux à rencontrer les siens. Dans ses prunelles, je vis la haine pure, celle des créatures les plus cruelles. C'était l'humanité perdue dans l'obscurité d'un loup.

"Tu veux que je prenne ta famille ? Je sais qui tu es," susurra-t-il. Il cracha sur mon visage, et la révolte monta en moi comme une vague.

Je vomis sur ses chaussures. Il recula, dégoûté. Il m'ordonna de mourir là, mais il n'eut pas le temps de me tuer. Ses hommes l'aidèrent à partir. La voiture se redressa, emportant une part de moi à jamais.

J'étais seul. L'obscurité m'enveloppait alors que la douleur me submergeait.

Le vent froid soufflait sur mon visage, mais je ne ressentais rien. Aucun frisson, aucune sensation. Il y avait une étrange apathie en moi, comme si ma propre douleur avait cessé d'exister. Le monde autour de moi était flou, irrationnel. Mes pensées se bousculaient, mais une seule persistait dans mon esprit : Il faut survivre.

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