- Vous êtes une véritable ordure, Liam. Mais vous savez quoi ? Ça m'est égal. Je ne cherche pas à devenir votre compagne idéale. Ce que je veux, c'est vous faire payer, vous faire vivre dans cette cage dorée que vous vous êtes construite. Si c'est ce que vous voulez, tant mieux. J'accepte.
Il la fixa un moment, son regard aussi dur que de la pierre.
- Vous avez gagné, dit-il finalement d'une voix presque froide, avant de se tourner pour s'éloigner.
Elle savait que la route ne serait pas facile, que son mariage avec lui serait loin d'être une simple formalité. Mais elle savait aussi une chose : elle avait gagné la première bataille. Elle l'avait bien eu, Liam Carter. Il allait devoir se soumettre à elle, même si cela ne signifiait pas qu'il allait l'aimer. Et c'était ça, la victoire.
Elle le regarda s'éloigner, un sourire amer aux lèvres. Elle ne s'était pas encore vengée, mais la partie venait tout juste de commencer.
Le mariage était prévu pour la fin de la semaine, un délai d'une rapidité incroyable, mais elle n'avait aucune intention de se laisser intimider par l'urgence de la situation. Dans un coin de sa tête, elle savait que tout ceci n'était qu'une formalité. Un acte légal qui officialisait ce qui ne serait jamais qu'une farce. Mais une farce qu'elle contrôlait, qu'elle dirigeait d'une main de fer, et ce pouvoir-là, elle comptait bien l'exploiter jusqu'au bout.
Les préparatifs s'enchaînaient dans un tourbillon d'agitation. Elle n'avait pas besoin de grand-chose. Le luxe était de toute façon inévitable, puisque Liam Carter n'aurait jamais accepté une cérémonie modeste. C'était dans son ADN de se montrer grandiose, même lorsqu'il n'en voyait aucun intérêt. Tout, depuis les fleurs jusqu'au lieu de la cérémonie, était choisi dans le seul but de maintenir son image. Lui, l'homme froid, implacable, toujours impeccable, semblait perdre de sa superbe dans cette situation, et elle en tirait une satisfaction silencieuse.
Elle se tenait là, devant le miroir, observant son reflet. Une robe de mariée parfaitement ajustée, blanche, presque éclatante, mais qui lui semblait en quelque sorte trop pure pour l'intention qu'elle portait en elle. Elle n'avait pas rêvé de ce jour, loin de là. Le mariage n'était qu'un piège, une cage dorée dans laquelle elle allait l'enfermer, et lui, il n'en avait même pas conscience. La simple idée de ce qu'elle allait accomplir dans les mois à venir lui donnait des frissons d'excitation.
Il était là, déjà sur place, vêtu de son costume sombre qui le rendait encore plus intimidant. Elle l'observait de loin, le cœur serré, mais pas de la manière dont on s'y attendrait. Ce n'était pas de l'amour. Non. C'était un mélange de dédain et de plaisir pervers. Il était là, assis, impassible, entouré de quelques invités, mais il semblait aussi distant que la mer la plus profonde. Aucun mot pour elle, aucun geste d'affection, comme si elle n'était qu'une simple formalité, un détail dans sa vie, une aventure qui finirait dans un tiroir fermé à double tour.
Leurs regards se croisèrent brièvement lorsqu'elle entra dans la pièce. Mais lui, comme d'habitude, ne montra aucune émotion. Ses yeux ne s'étaient même pas adoucis. Rien. Il n'avait aucune intention de la regarder autrement que comme une obligation. Et c'était tant mieux. Cela lui permettait de garder toute sa lucidité. C'était exactement ce qu'elle attendait de lui. Elle n'avait jamais voulu qu'il la regarde avec des yeux pleins d'affection. Elle voulait sa froideur, son indifférence, parce que cela signifiait qu'il n'avait toujours pas compris la profondeur de la situation.
Elle s'assit à ses côtés, le cœur battant de façon irrégulière, mais pas pour les raisons habituelles d'une future mariée. Non, c'était la haine et la revanche qui montaient en elle, cette rage froide qui lui donnait la force de rester calme. Il n'avait pas bougé. Il n'avait même pas jeté un coup d'œil vers elle, comme si elle était juste un fantôme à ses côtés, une ombre à sa gauche.
Le prêtre entama la cérémonie avec la solennité qui convenait à une telle occasion. Tout semblait être en place, le décor était parfait, le public était formel. Mais au fond, elle savait que tout cela n'avait aucune importance. Ce mariage, cette cérémonie, tout cela n'était que du vent. Le vrai jeu avait déjà commencé. Elle n'était plus la naïve femme qu'il avait rencontrée un soir. Elle était désormais un adversaire. Un adversaire avec une arme qu'il ne comprenait même pas.
Elle se força à sourire, à faire bonne figure, à suivre le protocole. Le prêtre posa la question attendue, les mots s'échappant de ses lèvres comme une litanie vide de sens. Elle tourna la tête vers Liam, cherchant son regard une dernière fois. Mais il la fixait avec la même froideur qu'il avait toujours eue. Il n'avait pas l'air de se rendre compte du piège dans lequel il venait de se laisser entraîner.
- Acceptez-vous de prendre cette femme pour épouse, pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à ce que la mort vous sépare ? demanda le prêtre.
Elle attendit. Elle savait ce qu'il allait dire. Mais le moment semblait suspendu, comme une longue attente avant la chute. Il la fixa un instant, comme s'il se demandait s'il devait répondre ou simplement ignorer la question. Finalement, il prononça les mots sans émotion, comme s'il les jetait dans le vide.
- Oui, je le fais.
Elle n'eut aucune réaction extérieure, mais à l'intérieur, elle sentit une satisfaction amère. C'était trop facile, beaucoup trop facile. Elle avait pris le contrôle. Le mariage n'avait plus d'importance, maintenant. Ce n'était qu'une question de temps.