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Le comité des loups
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Chapitre 3 03

Chapitre 5 – La Nuit des Chasseurs

Les ombres s'étiraient entre les arbres, tissant un labyrinthe mouvant où chaque bruissement semblait annoncer une menace. Romaine courait, le souffle court, les muscles tendus par l'effort. Ses bottes s'enfonçaient dans le sol meuble, soulevant de minces volutes de terre humide. L'air était saturé d'odeurs : la mousse, la sève, et cette présence oppressante derrière elle, celle d'un prédateur aux aguets.

Le hurlement qui avait déchiré la nuit quelques instants plus tôt résonnait encore dans son crâne. Théo. Son poursuivant. Il était déjà à ses trousses, invisible parmi les ténèbres. Elle savait qu'elle n'aurait aucun répit.

Elle plongea entre les troncs serrés, esquivant les branches qui cherchaient à entraver sa fuite. Son cœur battait violemment dans sa poitrine, mais elle refusait de céder à la panique. Chaque pas devait être calculé. La forêt était immense, un terrain imprévisible où la moindre erreur pouvait lui coûter la vie.

Elle connaissait les règles de l'épreuve. Survivre jusqu'à l'aube. Un défi cruel quand on savait que son adversaire n'avait pas les mêmes limites qu'elle. Il pouvait voir dans le noir, sentir sa peur, anticiper ses mouvements. Un loup traquant une proie.

Mais Romaine n'était pas une proie.

Elle bifurqua brusquement, s'abaissant sous une racine massive avant de rouler sur le sol pour amortir sa chute. Son corps était déjà couvert d'égratignures, mais elle n'avait pas le temps de s'en préoccuper.

Un craquement sinistre résonna derrière elle.

Elle se figea.

Puis, lentement, elle leva les yeux.

Perché sur une branche, à quelques mètres seulement, une silhouette sombre la toisait. Des yeux d'un jaune brûlant perçaient l'obscurité, luisant comme deux braises vivantes.

Théo.

Un sourire carnassier tordit ses traits. Son corps semblait vibrer d'une énergie contenue, chaque muscle prêt à se tendre pour bondir sur elle.

Romaine ne réfléchit pas. Elle détala à nouveau, sachant qu'il la rattraperait en quelques secondes. Son unique chance reposait sur le terrain, sur sa capacité à exploiter la forêt à son avantage.

Elle dérapa sur une pente abrupte, se laissant volontairement glisser sur la mousse. Derrière elle, un bruit sourd indiqua que Théo avait pris son élan. Il était sur ses talons, son souffle rauque se mêlant au vent.

Un éclair de douleur traversa son épaule. Ses vêtements se déchirèrent sous l'impact d'une griffe acérée.

Elle bascula en avant, roulant violemment sur le sol. La douleur irradia jusqu'à sa clavicule, mais elle se força à se relever.

Un ricanement monta dans son dos.

- Tu cours bien, humaine. Mais ça ne suffira pas.

Elle ignora la brûlure sur sa peau. La peur, si elle la laissait prendre le dessus, la rendrait vulnérable. Elle avait besoin d'un plan.

Son regard balaya les alentours. Une falaise se dressait plus loin, ses parois abruptes s'enfonçant dans l'obscurité.

Une idée lui vint. Risquée, mais c'était sa meilleure option.

Elle feignit un mouvement de recul, laissant Théo croire qu'il l'avait acculée. Un sourire satisfait étira les lèvres du loup.

Puis, au dernier instant, elle pivota sur ses appuis et se jeta dans le vide.

L'air siffla autour d'elle.

Son cœur rata un battement.

Mais elle savait ce qu'elle faisait.

Ses mains trouvèrent une prise au dernier moment, ses doigts s'agrippant à une branche solide qui dépassait de la paroi rocheuse. Son corps se balança violemment, mais elle tint bon.

Au-dessus d'elle, Théo grogna, frustré.

Romaine se hissa avec difficulté, son corps meurtri protestant à chaque mouvement. Lorsqu'elle atteignit enfin un replat, elle se laissa tomber sur le dos, haletante.

Le ciel nocturne s'étendait au-dessus d'elle, parsemé d'étoiles glacées. L'aube était encore loin.

Mais elle était en vie.

Et elle comptait bien le rester.

Chapitre 6 – L'Appel du Sang

La nuit n'en finissait pas de peser sur la forêt, un voile d'ombres mouvantes où chaque bruissement, chaque souffle du vent, semblait porteur d'une menace latente. Romaine, allongée sur le sol froid, sentait son corps trembler sous l'effet de l'adrénaline. Son épaule saignait encore, une douleur sourde palpitant sous la plaie laissée par les griffes de Théo.

Elle n'avait pas le temps de se reposer.

Se redressant avec précaution, elle écouta les sons qui l'entouraient. Plus de grognements. Plus de pas précipités derrière elle. Théo ne l'avait pas suivie après sa chute calculée. Il savait qu'elle ne pouvait pas quitter la forêt avant l'aube, que peu importe combien elle courait, elle finirait par être piégée.

Un frisson la parcourut. Ce n'était pas la morsure du vent qui la faisait trembler, mais une sensation plus primitive, plus profonde.

Quelque chose l'observait.

Elle tourna lentement la tête, son regard glissant sur les troncs noueux et les branchages entrelacés. L'obscurité lui jouait peut-être des tours, mais elle sentait une présence tapie quelque part dans la pénombre.

Puis, un murmure.

Un son presque imperceptible, un chuchotement rauque qui se mêlait aux bruissements des feuilles.

Elle s'accroupit instinctivement, ramenant son souffle à un rythme plus mesuré. Ce n'était pas Théo. Il n'avait aucune raison de murmurer.

Alors qui ?

Elle avança lentement, pieds nus sur la mousse humide. Chaque pas était un risque, mais rester immobile en était un encore plus grand.

Puis elle les vit.

Des silhouettes immobiles, drapées dans l'ombre des arbres. Leurs yeux luisaient d'un éclat spectral, jaunes et rouges, une lumière cruelle qui transperçait la nuit.

Ils étaient là.

Les chasseurs.

Pas ceux du Comité. Pas ceux qui servaient une autorité reconnaissable. Ceux qui se terraient dans les profondeurs de la forêt, des créatures oubliées, exilées de leur propre meute, bannies pour des crimes que personne ne voulait nommer.

Romaine les avait entendus mentionnés dans des histoires, des murmures effrayants chuchotés entre novices au Comité. Des loups qui avaient abandonné toute allégeance, des ombres qui ne vivaient que pour le sang et la chasse.

Et maintenant, ils l'avaient trouvée.

Un sourire tordu s'esquissa sur les lèvres du plus proche d'entre eux. Un homme massif, au torse couvert de cicatrices, dont la simple présence dégageait une menace suffocante.

- Tu cours bien, murmura-t-il, sa voix rauque et traînante. Dommage que tu sois tombée sur nous.

Romaine serra les poings.

Elle n'avait pas fui Théo pour finir entre leurs griffes.

Le chef des exilés fit un pas en avant.

- Ce n'est pas souvent que nous avons une proie aussi... spéciale.

Elle ne répondit pas, ses pensées s'alignant à toute vitesse. Combattre ? Impossible. Ils étaient au moins cinq, et même si elle parvenait à en blesser un, les autres l'écraseraient.

Fuir ? Encore moins probable.

Alors il ne lui restait qu'une option.

Jouer avec eux.

Elle se redressa lentement, dissimulant la douleur qui pulsait sous sa peau.

- Si vous me tuez, dit-elle d'une voix calme, vous signez votre arrêt de mort.

Un rire grave secoua l'homme.

- Vraiment ? Et qui viendra venger une petite humaine comme toi ?

- Pas une humaine, répondit-elle en soutenant son regard. Une élue du Comité.

Le silence tomba.

Le chef inclina légèrement la tête, évaluant ses paroles.

- Le Comité. Tu penses vraiment que leur autorité nous intéresse encore ?

- Je pense qu'ils n'ont pas oublié votre existence. Et qu'ils traquent tout ce qui menace leur équilibre.

Elle marqua une pause, s'approchant à son tour d'un pas lent.

- Mais moi... Je pourrais leur dire que je ne vous ai pas vus. Que vous n'étiez pas là.

Le chef des exilés laissa échapper un grondement sourd.

- Tu joues un jeu dangereux.

- Je joue pour ma vie.

Un silence pesant s'installa, où seuls les bruits de la forêt semblaient oser briser la tension.

Puis, après un long moment, l'homme se détourna.

- Pars, murmura-t-il finalement. Avant que l'un d'entre nous ne décide de ne pas écouter.

Romaine ne se fit pas prier.

Elle recula prudemment, puis, lorsqu'elle jugea la distance suffisante, se retourna et s'élança dans la nuit.

Elle savait qu'elle n'en avait pas fini avec eux.

Mais pour cette nuit, elle était encore en vie.

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