Chapitre 5 La drogue suite

- Hypothétique qu'il m'ait violée et juste une seule fois et je suis enceinte ?

- Estime-toi heureuse si c'est seulement la grossesse ! Avec les infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA? Christou ! N'as-tu pas fait la classe de troisième ? Quel est ton problème ? S'il l'a fait et que c'était ta période féconde, une seule fois c'est largement suffisant pour faire un bébé ! Il suffit que le spermatozoïde rencontre l'ovule et c'est parti. De toute évidence, l'enfant n'est fécondé que lors d'un seul rapport sexuel. Ce n'est pas la multitude de rapports qui fabrique un enfant !

- Non je n'ai aucun problème. Tu rigoles, tu veux m'alarmer. Il n'y a rien dans mon corps, rien du tout : pas de grossesse, point d'infections.

- Je l'espère pour toi de tout cœur.

- Non ! Pas de bébé, est ce qu'une enfant accouche un autre? Non c'est impossible; ça veut dire quoi ? un bébé ! Tu aimes bien me tourmenter Mamie.

- Un conseil de sœur; informe maman avant qu'il ne soit trop tard. Je t'aurai prévenue.

- Quel est le problème? Pourquoi veux-tu que je fasse paniquer maman pour un rien. Mamie ? Hum ! Toi là...

- « Mieux vaut prévenir que guérir »

- Laisse tomber, ça ira, ce n'est rien.

- Tant mieux humm !

Mamie était réellement dans la crainte totale. Elle ne savait que faire pour aider sa sœur qui courait certainement un danger. Elle était consciente du déshonneur qu'une grossesse causerait dans leur famille, et, du désespoir des parents qui avaient jeté leur dévolu sur cette dernière. Quant à moi j'étais insouciante, pas de panique sur mon visage. J'étais d'une naïveté déconcertante. Contre toute attente quelques semaines plus tard, je commence à vomir et à cracher à chaque instant. La maman remarqua rapidement ce changement et m'interpella pour en avoir le cœur net.

- Christou ! Christou ! (En criant) Hum ! Tu me fais peur, c'est quoi ? Pourquoi vomis-tu? Viens-là ! Tu as changé ! Même le volume de tes seins a augmenté. Oh ! Éternel! Christou depuis quand es-tu avec les hommes ?

- Les hommes ? Non maman je ne connais personne !

- D'où vient ce changement que j'observe ma fille ? Tu es enceinte, oh ! Mes espoirs sont partis ; hé ! Christou, tu m'affaiblis les mains (en pleurant).

- Il n'y a rien maman...ne t'affoles pas ! Ce n'est rien juste une indigestion.

- Ok, vomissement, crachats, le volume des seins augmenté. Tous ces changements sont dus à quoi ? Une indigestion? Non! Il faut rapidement faire un test de grossesse. As-tu vu tes menstrues le mois dernier et celui en cours ?

- Non maman, depuis deux mois et demi, je n'ai pas vu mes menstrues. C'est rien, ça va venir ! Mon cycle menstruel n'est pas régulier.

- (Claquant les mains) Christou! Pourquoi me fais-tu cela ? Que vais-je dire à ton papa ? Non ma fille ! À ton âge c'est la honte totale de la famille ! De quoi avais-tu besoin pour en arriver là ? Qui t'a enceintée ? Parle mon Dieu ! Tu vas me rendre folle dans ce quartier !

- Maman je n'ai rien fait, rien du tout.

- Tu as affaibli mes bras. Que vais-je faire ? Où vais-je commencer ?

- Je n'ai rien fais il ne faut pas t'affoler maman !

- (D'un geste non contrôlé elle me gifla) mais qu'est- ce que tu racontes comme une écervelée... ?

- (En pleurant) je suis innocente, j'ai juste bu du Coca kola, je n'ai rien fait de mal !

- (En hurlant) donc tu te rends déjà chez les hommes et ils t'offrent du Coca ?

- Non maman, ce n'est pas cela, ce n'est pas ce que tu penses !

- Comment as-tu pu gâcher ton avenir de la sorte?

- Jamais je ne le ferai, maman !

- Va dans ta chambre tu rendras comptes à ton papa ; tu n'as bu que du coca? Qu'allais-tu faire chez les hommes afin qu'ils t'offrent le coca?

- Je ne suis pas allée chez les hommes maman, non maman écoute...

- Il n'y a rien à écouter, tu es décevante, dans ta chambre vite !

- S'il te plaît maman, écoute-moi ! Donne-moi cinq minutes pour t'expliquer.

- Expliquer quoi ? J'ai dit dans la chambre ! Il fallait y penser avant, dans la chambre !

- (D'une voix forte) Maman ! Mamaaaaan... s'il te plaît ! J'éclatai en sanglots en entrant dans ma chambre. Je touchai mon ventre, me regarda dans un miroir, je ne vis aucun changement. Je m'allongeai sur le tapis de ma chambre. Quelques instants, j'eus envie de vomir et je me dirigeai hâtivement aux toilettes.

- (Monologue) cette fille a sali l'image de la famille. Quelle déception ! Comment va réagir son papa ? Pourquoi Christou ? Non... que vais-je dire à son papa ? Le pauvre ! Tous ses espoirs reposaient sur elle. Quelle merde! Quel gâchis !

La maman resta pensive un bon bout de temps puis appela Mamie.

- (D'une voix forte) Mamie viens ...

- Oui maman, j'arrive.

- Mamie, as-tu constaté les changements et l'arrêt des menstrues de Christou ?

- Elle m'en a parlé, mais elle dit qu'elle n'est pas enceinte, pour le savoir il faut faire le test de grossesse !

- Le test est inutile, elle a tous les symptômes, elle est bel et bien enceinte ! Le test sera juste la confirmation des faits.

- Si c'est le cas, qu'est-ce qu'il faut faire maman ?

- C'est ton père qui a le dernier mot dans cette maison. Comment le tenir informé ? Comment lui dire que sa fille chérie est enceinte ? Oh ! C'est trop ! C'est un choc trop lourd ! Non seulement ses études sont bafouées, pire encore, elle a sali l'image de ses sœurs.

- Pas la mienne !

- Ma maison est devenue celle des filles mères !

- Christou est la seule qui soit enceinte pas toutes tes cinq filles.

- Tous les voisins, le quartier, tout le monde appellera ma maison ainsi ; c'est un piment qui rend la sauce pimentée, ma fille.

- Dans ce cas il faut éviter de pimenter la sauce !

- Comment ?

- l'envoyer en mariage chez l'auteur de sa grossesse, ainsi nous serons épargnées des railleries de ce genre.

- Je crois que c'est l'unique solution.

- Il faut tenir papa au courant le plus tôt possible.

- Il convient de le faire avec beaucoup de tact, étant donné l'affection qu'il a pour elle. Tous ses espoirs sont bafoués, c'est terrible !

- Ok ! Quel dommage! Quelle honte! Depuis trois jours, la maman tourne en rond elle ne sait comment aborder son époux avec un problème aussi grave. Elle se posa mille et une questions : comment va-t-il réagir ? Néanmoins une semaine après, elle alla vers son époux et lui présenta le problème.

- Papa... La maison est en feu !

- (Les yeux rivés sur son journal) quoi !

- Je dis que la maison est en feu !

- (Tout calmement) De quel côté elle a pris feu ?

- Sois un peu sérieux papa ! Je te parle d'un problème assez grave !

- Je le suis, pour éteindre le feu, je dois savoir d'où il vient sinon...

- Ta fille !

- J'ai cinq filles, laquelle ?

- Ta fille chérie bien sûr!

- Qu'est-ce qu'elle a Christou ? Est-elle malade ? A-t-elle eu une mauvaise note en mathématiques ?

Très souvent je faisais la grève de faim quand j'avais une note inférieure à 18/20 dans ses matières scientifiques.

- loin de là, elle a bravé une fois de plus la première place au second trimestre.

Le papa toujours en mission de travail, la maman se chargeait de tout contrôler, et de rendre compte à son époux. La maman réitère :

- Ta fille...

- Oui, qu'a-t-elle? J'écoute.

Il baissa son journal, pour observer son épouse à qui manquaient les mots.

- Ta fille est enceinte !

- (Le journal tomba de ses mains) Quoi ?

- (Tout calmement, mais le visage attristé, elle répéta) ta fille est enceinte !

Le papa se leva brusquement se dirigea vers ma chambre, il poussa la porte brutalement.

- (D'un ton sévère) Christou, depuis quand visites-tu les hommes? Viens me montrer le courageux qui t'a rendue ainsi.

Il me tira et m'entraina dans la salle de séjour.

- (Toute paniquée, je criais) papa je n'ai rien fait de mal, j'ai juste bu le coca c'est tout !

- Donc tu fréquentes déjà les hommes au point où ils t'offrent les jus ?

- Non papa ce n'est pas vrai, c'est faux, je ne connais personne je suis innocente.

- Une innocente enceinte ! Il me gifla si fortement que je m'écroulai sur la moquette de la salle de séjour.

- (En pleurant) Je peux tout t'expliquer papa, je suis innocente, s'il te plait papa écoute...

- Il n'y a rien à expliquer. Qui t'a enceintée ?

- Je ne sais pas, j'ai juste bu du Coca !

- (Le visage meurtri) Où ? Chez qui ?

- Chez tonton Coucougnouf !

Papa sortit du séjour, alla à la rencontre de ses camarades qui logèrent dans sa concession. Il frappa à la porte de leur chambre si fortement que les autres locataires sortirent pour voir ce qui n'allait pas. A peine elles ouvrirent la porte que le papa grogna avec une colère hors du commun.

- Bonsoir mesdemoiselles ! Dans les trente minutes qui suivent, je veux voire votre camarade Coucougnouf chez moi, c'est compris ? Il retourna dans la salle de séjour, abattu et fébrile sous les regards interrogateurs de tous les autres locataires.

Certains d'entre eux étaient perchés à leur fenêtre et d'autres étaient devant leur porte, observant la petite scène brutale du bailleur. Il n'avait jamais agi ainsi ! Qu'est-ce qui se tramait ?

Estelle et Gisèle : (ensemble répondirent) Oui monsieur !

Ces dernières se jetèrent un regard interrogateur, sans rien comprendre ; elles se chaussèrent rapidement et allèrent chez Coucougnouf. (Tout ce qui s'était passé chez Coucougnouf avec les filles, me fut relatée bien après par l'une d'elles.)

Arrivées, les filles s'attaquèrent à lui comme les lionnes déchainées. Coucougnouf fut énormément ahuri de les voir, s'inquiéta déjà, n'eut pas la force de dire un mot, les filles l'acculèrent avec les mots durs.

- Tu es un homme à problèmes, qu'as-tu fais à la fille du bailleur ? demanda Estelle.

- Rien! Rétorqua Coucougnouf.

Ne restant pas flegmatique; il devint absent. Percevant que son mauvais jeu a été découvert.

- Comme tu n'as pas commis d'insanités, chausse-toi, on y va le bailleur désire te rencontrer. Pour ton aimable information, il est dans tous ses états! Dis Gisèle.

- Tu peux tout nous cacher, mais sache que là-bas, tu n'auras pas d'option, ce monsieur-là, humm ! ...Dis Estelle.

- Assez ergoté dans le néant, on y va, dit Gisèle.

Quelques minutes plus tard, les filles revinrent en compagnies de ce dernier. Il était tout paniqué, mais il ne le montrait pas vraiment. Mon papa ébranlé, par « mon acte infâme », devisait avec son épouse, qui l'amadoua, lui faisant comprendre que la meilleure solution était de m'expédier en mariage chez l'auteur de ma grossesse. Autrement, ses autres filles n'auront pas l'aubaine de se marier, toutes les filles de la maison seront qualifiées de filles mères. Coucougnouf entra ainsi que ses camarades, mais le papa demanda aux filles d'aller dans leur pièce. Nous étions quatre dans la salle de séjour : papa, maman, Coucougnouf et Moi.

- Coucougnouf c'est toi qui a enceinté ma fille ?

                         

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