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J'entre dans un profond sommeil. Là, je ne sais ce qui s'était réellement passé, les événements avenir démontrent que : Coucougnouf me déshabilla, il me laissa comme je sortis du ventre de ma maman. Il se rua sur mon corps inerte, abusa de moi à sa guise, je suppose. Puis il atteignit l'orgasme, sans toutefois prendre la peine d'enfiler un préservatif, il n'y avait pas de doute ! Il se rhabilla et me laissa nue. Toujours dans l'inconscience, plongée dans un profond sommeil. Je crois également qu'il a fait des rituels sur mon corps inerte. Vous le comprendrez plus tard.
Quatre heures plus tard, je sortis de mon long sommeil, surprise, la tête tournant toujours. De plus j'étais toute nue, mon bas ventre et mon sexe me faisaient atrocement mal.
- Pourquoi est-ce que j'ai mal ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Où suis-je ?
Ce sont autant de questions que je me posai dans l'étourdissement : je n'étais pas encore parfaitement éveillée. Le grand Coucougnouf quant à lui, était assis là impassible. Lorsque je repris mes sens, je bondis du lit toute surprise de mon état...
- Mais tonton Coucougnouf pourquoi suis-je toute nue ? Pourquoi ai-je mal au bas-ventre et au sexe ? Je me sens très mal qu'est ce qui s'est passé ? Il ne dit mot. J'avais l'impression qu'on avait marché sur tout mon corps, de la plante des pieds à la tête. J'avais mal partout : aux pieds, à la jambe, aux cuisses, au rectum, au sexe, au bas-ventre, au ventre, aux seins, à la colonne vertébrale, au cou, aux yeux, aux oreilles... soit on avait marché sur mon corps, soit on m'avait bastonnée. Sur le drap il y avait un peu de sang et un liquide jaunâtre, le drap était mouillé comme si on y avait versé de l'eau. J'ai pensé à tout sauf à un rapport sexuel. Je me disais peut- être il a pratiqué un rituel pour me vendre au FAMLA (sorcellerie pratiquée à l'ouest Cameroun, qui consiste à vendre mystiquement une personne afin d'avoir beaucoup d'argent.) Quoi qu'il en fût, en plus du rapport sexuel, il avait pratiqué sur mon corps un dangereux rituel satanique. Lorsque j'aperçus le sang, je sursautai et dis :
- Mais Tonton, j'ai saigné cela fait deux semaines il est impossible que je saigne aujourd'hui.
Coucougnouf resta d'abord sans réponses. Puis.
- (Il balbutia) rhabille-toi je te laisse au portail.
- Pourquoi au portail, il faut que tu me laisses à la maison, que tu parles de ce malaise aux parents. Tu dois expliquer tout ceci à la maison. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Tu es aguerri pour tout expliquer.
- (Avec un ton ferme et stricte) je n'ai rien à deviser, je te laisse au portail c'est tout.
Je me rhabillai rapidement, je ne le reconnus pas lorsqu'il changea de ton, je tremblotai. Il m'a laissée au portail. Il est parti, les mains dans les poches, comme un gentleman sans se retourner. Je le regardai s'éloigner, écœurée, j'ouvris le portillon et entra prématurément. Je ne comprenais rien, j'étais complètement perdue, j'avais même envie plutôt de retourner le rejoindre que de rentrer chez nous ! J'étais toute paniquée, fatiguée, accablée de douleurs atroces. Il était environ 23 heures moins 20 minutes. Il y avait une confusion dans mon esprit. Je ne peux vous l'expliquer. J'avais l'impression qu'on m'avait fait un lavage de cerveau. Tout était confus dans mon esprit. En entrant chez nous, je trouvai ma sœur au salon, le reste de la famille était dehors à ma recherche, les parents avaient déjà lancé l'avis de recherche à la radio. Je n'avais jamais eu ce genre de retard à la maison. Ma sœur s'exclama en m'apercevant.
- Christou ! D'où sors-tu ? Toute la famille est dans la panique, papa a déjà lancé l'avis de recherche. Parle Christou ! Tu es pâle ! Tu trembles !
- (En tremblant) je jeje suis alléééé faire mes exercices chez tonton Coucougnouf.
- Qui t'a donné l'autorisation d'y aller? Personne ne savait où te trouver !
- Je ne savais pas qu'on allait prendre tout ce temps ; aahiiaahiiaahii j'ai mal et je saigne !
- Quoi ! Tu as mal ? Tu saignes ? Comment ? Pourquoi ? Parle Christou...
- (En larmes) je je je ne sais pas, le devoir terminé, je je je me suis allongée après avoir bu du coca, j'ai eu un vertige et, à mon réveil j'étais toute nue, j'avais mal partout et il y avait du sang et de l'eau sur le drap ! Et et et ... parle... nue, le sang, l'eau, la douleur... quoi je ne comprends rien ! Les cours se faisaient au salon ou dans la chambre?
- Salon ! Où vas-tu chercher le salon?
- Comment est son appartement?
- Appartement? Il est dans une chambrette!
- Quoi! "Le fils de boss" ? Dis, il ne t'a pas donné une explication à propos du sang et le reste?
- Lorsque je lui ai demandé de me donner les raisons pour lesquelles j'étais nue; il resta sans réponses.
- J'espère qu'il ne t'a pas touché, hum ! Je l'espère !
- Toucher ! Quoi ! Où ? Comment ? Oh mon Dieu, je ne comprends rien !
- Je l'espère bien sinon ton rêve de devenir pilote ou médecin risque de se transformer en chimère ma sœur !
- Quoi ! Surtout ne dis plus des conneries de ce genre, le rêve de qui se brise ? Voilà ce qui m'énerve. Au lieu de me parler clairement tu le fais à demi-mots. Je vais prendre mon bain.
- Attends, dis-le-moi! Comment a-t-il réagi à ton réveil, ce prétendu fils de famille ?
- Quoi ! Fils de famille ? Non ! Il n'a rien de commun, avec le fils de famille ou le fils à papa auquel nous pensions, ce fils de merde était arrogant, agressif et vulgaire.
- Eh ! Je vois...
- Que vois-tu ?
- Dis ! Pourquoi l'appelles-tu fils de merde ?
- Il n'est pas le présumé fils de famille ! Son logis est malpropre, désordonné, pas du tout accueillant. Il est arrogant, malappris et orgueilleux.
- Hum ! Ah bon!
- C'est un fils de misérable, mal élevé. Reste à savoir où il emprunte les vêtements et les chaussures qu'il enfile tous les jours.
- Son placard n'était pas garni de toutes ses vestes?
- Placard? Non ! C'est une penderie en matière plastique qui lui sert de placard.
- J'espère qu'il n'a rien fait de mal ? Ton saignement là : humm ! S'il t'a touchée ce n'est pas bien ; c'est dangereux. Oh ! Que Dieu ait pitié de toi ma sœur.
- Je ne sais pas ! Je ne sais rien ! S'il m'a touchée ou non.
- Oh ! Ma sœur tu saignes donc ce n'est pas un touché, mais un viol ! Un outrage ! As-tu compris ?
- Quoi, tu blagues ? Mais tonton Coucougnouf est comme un grand frère pour nous !
- A quoi te fais penser cette scène ?
- A la sorcellerie ma sœur !
Mes parents et Mes frères étaient de retour. Je me dirigeai hâtivement dans ma chambre, craignant d'être réprimandée. Après être informé de mon retour, la famille se rendit immédiatement dans ma chambre.
Malgré toutes les questions des parents, je restai silencieuse. Je ne sus que dire aux parents qui avaient les yeux braqués sur moi. Je redoutais la colère de ces derniers. Jusque-là, j'avais tout fait pour être une enfant digne. Jamais je n'avais voulu blesser ces derniers d'une manière ou d'une autre. La maman se rapprocha de moi pour une causerie intime en faisant partir le reste de la famille d'un revers de la main. Mais le père grogna
. - Tâche de bien discuter avec ta fille et que cela ne se reproduise plus jamais.
- Oui papa. Répondis ma mère.
Je décide de ne point ouvrir la bouche, malgré les multiples questions de ma mère, pourtant je tremblais de toutes mes jambes. La maman change son ton doux en un ton sévère, je restai muette. Je me demandais comment j'allais expliquer l'inexplicable. Je souhaitai juste que ce fichu cauchemar se termine. Plusieurs jours après, ma maman continua de me harceler avec les questions, mais n'obtint aucune réponse. Elle finit par oublier ce fameux jour et me lâcha avec ses multiples interrogations.
J'arrêtai soudainement les cours de littérature. Coucougnouf resta taciturne face à cette décision, et il commença à visiter la famille de moins en moins. Ses camarades avaient noté ce changement. Elles l'interrogeaient, mais ne récurent aucune réponse. La famille également constata le brusque changement. Il fut de plus en plus absent. Mais personne n'osa dire quoi que ce soit, aucun élément ne leur permettait d'ouvrir un quelconque débat.
J'étais la catégorie d'enfant à qui on ne disait jamais : "va étudier". Toute la famille sait que j'étais consciente, surtout lorsqu'il était question du domaine scolaire. Personne, ne m'interrogea sur l'arrêt des cours. Chacun se disait que j'avais déjà maîtrisé la littérature. On savait que je n'aimais pas perdre mon temps sur les matières commodes. Aucune inquiétude à ce sujet.
Huit semaines plus tard, je constatai que mes menstrues ne sont pas venues depuis deux mois.
Je le dis à Mamie ma sœur, sans inquiétude. Mais contre toute attente cette dernière s'exclama farouchement. Nous sommes à la fin du deuxième trimestre, donc à l'approche de l'examen. L'examen probatoire est l'unique diplôme qui permet aux élèves du secondaire de passer en classe de terminale au Cameroun.
- Que dis-tu ? Je n'ai pas bien compris !
- Je n'ai pas vu mes menstrues depuis deux mois.
- Et tu es là, comme si c'était un fait normal ! Mais tu as du pain sur la planche ma sœur ! Oh ! L'enfant chéri de la famille. L'eau calme est toujours profonde !
- Hé ! Ma sœur comment parles-tu comme si...? De toute évidence ça va venir le mois prochain, c'est sûr.
- Faut d'abord savoir pourquoi cet arrêt, car ça peut durer neuf mois ma sœur !
- Neuf mois ! Comment ? Pourquoi ? Ça veut dire quoi tout ça ! Neuf mois c'est quoi une maladie? Je ne comprends pas. Explique-toi Mamie s'il te plait !
- Toi tu m'étonnes souvent. Avec ton intelligence ! Comment ne comprends-tu pas? C'est simple! Si l'arrêt des menstrues dure neuf mois, c'est tout simplement un bébé. C'est la raison pour laquelle tu ne saignes pas ! Il faut le dire à maman le plus tôt possible, avant qu'elle ne devienne folle dans cette maison ! Oh ! Le génie de la famille ! Tes rêves, je les perçois dans de l'eau bien chaude et salée.
- Quoi ! Le bébé, moi un bébé ? Non pas possible j'ai bu ça où ? Comment ? Non ! C'est impossible Mamie, tu exagères !
- Bien je ne te le souhaite pas, ma sœur. Car ça sera pour toi le début du calvaire ! À dieu les cahiers, la Bible tous les dimanches pour le culte ! Prie ton Dieu !
- Non ! Pas vrai ! C'est faux pas moi, hé ! Qui? Comment ? Tu blagues ! - Ecoute bien ! Je ne te le souhaite pas ! Mais ce n'est pas toi qui es revenue ici avec les douleurs et le saignement, il y a deux mois ?
- Oui et alors?
- Et, ce fils de merde t'avait sûrement violée, raison pour laquelle plus de menstrues ! Voilà un bébé !
- Hypothétique qu'il m'ait violée et juste une seule fois et je suis enceinte ?