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Les jours passaient et je voyais les enfants aller à l'école.
"Et moi, je n'y allais pas ?" Géralda me disait juste que j'allais finir à l'hôpital psychiatrique.
Ils m'autorisaient maintenant à sortir où je veux, c'est étrange. Lors d'une sortie, j'ai revu un jeune homme avec qui j'ai fait connaissance avant toutes ces histoires et il m'a proposé de fumer sur son "joint". Je l'ai regardé pour voir si ça allait me faire quelque chose, mais il semblait normal. Il m'a rassuré et m'a signifié que je ne devrais pas m'inquiéter, de lui faire confiance. J'ai goûté et je n'ai rien vu venir, il y a quelque minutes de cela, le soleil brillait et là, soudainement il fait nuit.
Je lui ai dit qu'il vaut mieux que je rentre chez moi et sur ma route, j'ai l'impression que "le sol se déplaçait". Je ne me sentais pas normal, j'aimais bien l'effet mais j'étais dans un "délire total".
Géralda et Yann avait laissé la clé pour moi au bord d'une fenêtre comme quand j'allais à l'école et que je rentrais mais qu'ils n'étaient là.
J'avais tellement faim que je me suis fait un canari de nouilles et des saucisses, et tout d'un coup je me suis sentie mieux après avoir vu l'appartement bougé dans tout les sens...
Géralda et Yann me laissaient souvent seule maintenant, et je ne savais pas trop quoi faire de mes journées.
Un jour, j'ai remarqué que Yann était très proche d'une des cousines de ma mère, Clara.
Au fait, ils m'avaient remi mon portable et j'ai donc envoyé un texto à Clara en lui indiquant que Géralda a dit que toi aussi tu es une sal****. Je ne pensais pas avoir dit quelque chose de mal en fait, mais Clara a transmis l'information à Géralda alors que je coiffais la fille de la voisine qui me proposait de faire du baby-sitting. À ce moment là, Yann m'a dit "cours". Je suis restée beuguée et il m'a répété "cours" donc j'ai couru pieds nus.
Yann s'est mis à me poursuivre dans la rue, c'est comme si il me traquait. Il m'a dit "cours vite, cours vite car si je t'attrape je te tabasse." J'ai crié "à l'aide, aidez moi s'il vous plaît" et Yann m'a répondu "personne ne va t'aider". Soudain, j'ai vu une fille avec qui j'ai fait école dans l'encadrement d'une fenêtre, je lui ai dit "appel la police s'il te plaît" et Yann lui a dit "ne fait pas ça Daniela est folle..."
Je continuais à courir et un jeune homme m'a abordé un certain "maléfik". Il m'a demandé ce qu'il se passe et je lui ai dit que "mon beau père est furieux il veut me frapper".
Il m'a donc proposé de venir chez lui, j'ai accepté et il m'a installé. Il m'a montré la collection d'alcool de son père et ma proposé de boire avec lui pour me détendre, je lui ai dit OK.
J'étais faible, je lui ai dit que je veux dormir et il m'a dit de venir dans sa chambre. Je me suis allongée sur son lit et je me suis endormie. À mon réveil, j'avais du sang vers ma partie intime, était-ce mes règles ? Visiblement non, alors qu'est ce que c'est ? Je me suis fait deviergée, et j'ai appris cela plus tard.
Maléfik, m'a dit de me cacher sous son lit car son père ne devait pas me voir. Il m'a dit de l'accompagner dans un rendez vous et ensuite il m'a déposé sur la plage avec ses amis, il m'a dit que je trouverai de l'aide dans les environs.
Je suis restée sur la plage, j'ai vu le frère d'une amie à moi, je lui ai raconté les faits mais lui ce qui l'intéressait s'est de carrosser mes cuisses voire plus. Je semblais vide, je n'arrivais pas à bien expliquer les choses c'est long. Par où commencer, je ne sais pas. J'avais l'impression d'être devenue bizarre, je ne comprenais pas vraiment ce qui se passaient vu mon jeune âge etc...
J'ai erré dans la rue pendant deux nuit en demandant du travail sans chaussures, je ressemblais à une clocharde. Dès que je pensais voir la voiture de Yann je rentrais dans les bois. J'arrivais dans une autre commune que je ne connaissais pas et sur ma route j'ai rencontré ma future voisine qui m'a donné des chaussures et de quoi manger.
Je n'en pouvais plus et j'ai traversé un champ de bananes qui ressemblait à une mare j'entendais des crapauds mais je continuais d'aller vers la plage que j'avais vu au loin. Je suis restée des heures assise sur un rocher puis je suis allée demandé de quoi manger vers la seule maison qui avait au bord de cette plage. À vrai dire, je n'osais pas trop agir comme cela mais bon.
Une vielle femme m'a accueilli, elle m'a donné du pain et de l'eau. J'ai mangé alors que j'allais partir elle m'a posé des questions et m'a proposé de me ramener chez moi avec son fils, je leur ai montré une maison et je leur ai dit de me déposer là. Je ne voulais surtout pas rentrée chez Géralda.
Je suis arrivée devant un commissariat au bout d'un certain temps et je leur ai raconté mon histoire.
Ils m'ont dit de m'asseoir dehors. J'ai constaté que la voiture de Yann arrivait et c'est là que j'ai reconnu le gendarme qui avait reçu ma mère quand elle voulait qu'on dépose une plainte sur mon père James. Le gendarme a qui elle avait refilé 50€ pour je ne sais quelles raisons. Ce même gendarme qui m'a dit qu'il a appelé ma mère pour qu'elle puisse me récupérer.
Je me suis mise à courir, elle m'a poursuivi avec sa voiture et j'ai réussi à me cacher dans des buissons, j'ai vu la voiture passé devant moi. J'ai dû y rester là 1h de temps peut-être je ne sais pas.
Entre temps je marchais, je ne savais plus où aller et j'ai eu envi d'aller au toilette. Je me suis accroupi quelque part un peu caché pour uriner.
En marchant, je suis tombée sur un jeune homme qui m'a proposé d'aller à la rivière situé à 5 minutes à pied du lieu de notre rencontre. Cette fois, il était hors de question que je le suive. Je suis fatiguée, j'ai faim, je ne sais pas trop quoi faire.
Il y allait avec plusieurs membres de sa famille, donc j'ai accepté. Le temps passe sans arrêt et je ne savais plus trop quoi faire.
Je ne sais plus comment je suis arrivée chez Géralda mais je suis rentrée, la survie dans la rue ce n'est pas fait pour moi.
Je sais que j'ai croisé pas mal de monde sur la route mais je n'en pouvais plus de cette manière de vivre.
Une fois rentrée, Géralda ne me calculait pas. Parfois Yann était de nouveau sympa avec moi, et d'autre fois il essayait de me frapper, j'esquivais parfois où je me disais que je n'ai qu'à sauter du balcon mais pour aller où ? Nous vivions au premier étage.
Yann me frappait et me disait en gros que mon père c'est un bon à rien qui m'a frappé aussi donc en gros lui aussi il pouvait me frapper comme bon lui semblait.
Je ne sais plus trop comment ça à commencé mais tout d'un coup Yann venait me réveiller le soir pour avoir des rapports sexuels avec lui et puis cela est devenue une habitude. J'étais vide, c'est comme si j'étais morte, je respirai encore oui mais je ne parlais plus, je ne faisais que boire, fumer et survivre.
Un beau jour, Géralda m'a demandé de la coiffer, car elle allait voyager et Juliana et moi soit on choisissait d'aller en vacance chez la mère de notre père, soit nous restions avec Yann, c'est comme on voulait.
Nous sommes allées chez mamie mais Yann m'a dit qu'il viendrai nous récupérer dans quelques jours.
Une fois chez mamie, j'étais allongée sur le canapé, je ne parlais plus, j'étais bizarre enfin je ne jouais pas avec mes cousins comme avant, je n'avais aucun projet de vie, je n'etais plus scolarisée enfin je ne savais pas trop quelle était ma situation de vie.
Mamie a informé papa que nous étions là et papa quand il est arrivé, il était heureux de nous voir. Apparemment, il se sentait très mal quand nous sommes partis. Quand papa m'a vu il était heureux mais je le revois dire à sa mère que Géralda m'a sûrement fait beaucoup de mal.
Il a l'air blessé de mon état. J'ai envi de lui dire papa tu avais raison etc mais aucun son ne sortait de ma bouche, j'ai l'air traumatisée.
Oui, j'ai besoin d'aide mais que faire ?
Mamie nous a emmené au commissariat proche de chez elle, car j'ai dû lui parler ou c'était peut-êtreJuliana. On m'a emmené faire des examens ensuite et j'ai apprit que je n'étais plus vierge que j'ai eu pas mal de rapports. Je ne comprenais rien. J'étais juste choquée, je ne savais pas trop quoi dire.
Quand Géralda est rentrée de son voyage, elle est venue chez mon père avec son amie Célia et elle lui a dit en créole de Guadeloupe "tu vois, je t'avais dit que j'allais rendre ta fille pute".
J'étais dévastée, j'avais honte, pas un son ne sortait de ma bouche, l'histoire était longue à raconter. Papa lui a répondu "c'est ce que tu fais à ta fille ?, sort devant chez moi ! Tu devrais avoir honte !..."
Nous avons été convoqués à la gendarmerie de la commune où j'ai grandi et le gendarme qui nous a reçu m'a posé diverses questions et j'y répondais. Mamie attendais dans la salle d'attente et Géralda a débarqué dans la salle d'interrogatoire. Je ne m'y attendais pas. Elle m'a dit de me rétracter qu'elle est ma mère et que je lui dois obéissance. Je regardais le gendarme et je lui ai dit que je me retracte, je ne savais même pas trop ce que ces mots voulaient dire. Il m'a dit non mademoiselle... je lui ai dit mais c'est ma mère, comme une débile alala.
Il nous a ensuite demandé de patienter dans une salle, j'ai demandé pour ma grand-mère mais apparemment elle étais déjà partie. Ma mère m'a dit de me mettre à crier car on va m'emmener dans un endroit bizarre où ce sera pire encore. Je l'ai écouté et les gendarmes m'ont parlé du fait que le procureur donnera une réponse prochainement mais qu'entre temps Juliana et moi, nous allons être placées pour des raisons de sécurité. Il a rajouté que tout à l'heure j'étais bien que s'est il passé entre temps ?
J'ai regardé Géralda d'un air effrayé mais je n'ai rien dit. Il fallait juste que je patiente car un personnel de la "maison de l'enfance" allait venir me récupérer.